Profil de recherche – Recherche ambulante

Un laboratoire mobile étudie la santé mentale, les dépendances et la violence dans des collectivités de l’Ontario.

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Dre Samantha Wells

En bref

Qui : Dre Samantha Wells, Université Western Ontario

Question : Les problèmes de santé mentale, de consommation d’alcool ou de drogues et de violence sont souvent interreliés, et ils sont difficiles à prévenir et à traiter.

Approche : Dans le cadre du programme Researching Health in Ontario Communities, on utilise un laboratoire mobile pour recueillir des données au sujet des facteurs qui contribuent à ces problèmes dans différentes collectivités.

Impact : Le projet a déjà commencé à révéler des liens entre le stress biologique, la dépendance et la violence conjugale qui pourraient aider les collectivités à s’attaquer aux causes profondes des problèmes de santé mentale, de consommation d’alcool ou de drogues et de violence.

Les problèmes de santé mentale et de consommation d’alcool ou de drogues vont souvent de pair et sont étroitement liés à la violence. On ignore dans une large mesure pourquoi ils surgissent et comment ils peuvent être prévenus ou traités dans différentes collectivités. Un laboratoire de recherche mobile aide à trouver des réponses.

Le laboratoire mobile, une idée d’une équipe multidisciplinaire de chercheurs du Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH), s’inscrit dans le programme Researching Health in Ontario Communities (RHOC). C’est une remorque de 34 pieds comprenant un laboratoire doté d’ordinateurs et d’autre équipement, et d’une aire d’entrevue avec les participants des collectivités.

« Le laboratoire séjournera dans diverses collectivités, notamment en milieu rural, dans le Nord, en milieu urbain, et dans des communautés des Premières Nations », indique la chercheuse principale de l’étude, la Dre Samantha Wells, scientifique au CAMH et professeure agrégée d’épidémiologie et de biostatistique à l’Université Western Ontario.

« Non seulement les chercheurs mettront‑ils en évidence les facteurs liés à ces questions complexes, mais ils recueilleront aussi la véritable expérience des personnes qui recherchent et qui reçoivent de l’aide pour un problème de santé mentale », explique la Dre Wells. Comprendre ces questions aidera à clarifier où se situent les lacunes dans le système.

Améliorer les services de façon utile pour des collectivités individuelles pourrait se traduire par un traitement plus hâtif des personnes aux prises avec une maladie mentale et empêcher les problèmes existants d’empirer. La recherche vise à élucider les facteurs individuels et communautaires qui contribuent à ces problèmes.

Jusqu’ici, les chercheurs ont recueilli des données auprès de plus de 1 000 personnes (présentant ou non des problèmes de santé mentale et de toxicomanie) dans six collectivités pour examiner une gamme de problèmes liés à la santé mentale, à la consommation d’alcool ou de drogues et à la violence.

Le laboratoire séjourne dans chaque collectivité de trois à cinq mois, mais son personnel se compose de gens de l’endroit qui ont été formés pour effectuer la recherche et qui apportent de précieuses indications sur la collectivité. Le laboratoire se rendra dans 20 collectivités au cours des prochaines années.

Les chercheurs recueillent des renseignements sur les taux de troubles de l’humeur et d’anxiété, les niveaux et les sources de stress, la violence provenant du partenaire ou d’une autre personne, la consommation d’alcool ou d’autres drogues, l’invalidité et le fardeau qu’elle représente, et l’utilisation des services. En plus de mener des entrevues, les chercheurs obtiennent des échantillons biologiques – de cheveux, pour mesurer le cortisol (un marqueur biologique du stress), et de salive, pour examiner la vulnérabilité génétique aux problèmes de santé mentale et de consommation d’alcool ou de drogues.

Bien que la collecte et l’analyse des données se poursuivent, l’équipe de recherche a déjà obtenu d’importants résultats. Par exemple, elle a trouvé des liens entre le cortisol et la toxicomanie.

Le cortisol, une hormone produite par l’organisme en réponse au stress, est incriminé dans la maladie cardiovasculaire et l’immunosuppression. Des analyses d’échantillons de cheveux ont révélé des corrélations significatives entre le cortisol et les mauvaises habitudes de consommation d’alcool et l’usage du tabac.

Les entrevues en profondeur avec des personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale ou de consommation d’alcool ou de drogues ont révélé d’importants renseignements au sujet de leurs expériences dans la recherche et l’obtention de soins. Les chercheurs ont constaté que les problèmes et les coûts de transport figuraient parmi les principaux obstacles, et que certains travailleurs de la santé étaient perçus comme antipathiques.

« Les participants avaient souvent l’impression que leurs problèmes de santé mentale provenaient de l’enfance, et que la consommation abusive d’alcool ou de drogues était un mécanisme d’adaptation pour composer avec le traumatisme subi dans l’enfance », explique la Dre Wells. Toutefois, les participants ont indiqué que de nombreux professionnels de la santé – médecins de famille, psychiatres et personnel hospitalier – ne s’intéressaient pas à ces causes sous‑jacentes.

La recherche sur les conflits dans les relations intimes chez les jeunes adultes a révélé que la santé mentale ou la consommation d’alcool ou de drogues chez l’un des partenaires ou les deux étaient souvent en cause dans l’agression et la violence.

« Cela signifie que les programmes ciblant les problèmes de santé mentale et de consommation d’alcool ou de drogues chez les jeunes adultes peuvent réduire le risque de violence conjugale. De même, intervenir contre l’agression et la violence dans les relations tôt dans la vie peut contribuer de façon importante à atténuer les problèmes de santé mentale et de toxicomanie », affirme la Dre Wells.

Le projet de laboratoire mobile permettra d’élargir nos connaissances scientifiques au sujet de la santé mentale et des dépendances, qui entraîneraient annuellement des coûts directs de l’ordre de 6,3 milliards de dollars et des coûts indirects de 8,1 milliards de dollars pour les Canadiens.

« Non seulement les chercheurs mettront-ils en évidence les facteurs liés à ces questions complexes, mais ils recueilleront aussi la véritable expérience des personnes qui recherchent et qui reçoivent de l’aide pour un problème de santé mentale. »
– Dre Samantha Wells, Université Western Ontario