Plan stratégique 2013-2016 de l’ISCR
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11 avril 2013
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Table des matières
- 1. Résumé
- 2. Mission, mandat et valeurs
- 3. Contexte actuel
- 4. Objectifs et orientation stratégique de l’ISCR pour 2013–2016
- 4.1 Objectifs de l’ISCR
- 4.2. Orientation stratégique pour 2013–2016
- 4.2.1 Priorité 1 : Augmenter les capacités, la compétitivité et l’impact par les réseaux
- 4.2.2 Priorité 2 : Promouvoir le renforcement des capacités et le perfectionnement professionnel en début de carrière
- 4.2.3 Priorité 3 : Améliorer la recherche clinique, la recherche sur la santé des populations et la recherche sur les systèmes et services de santé par l’harmonisation et l’amélioration des cohortes
- 4.2.4 Priorité 4 : Contribuer aux initiatives phares pertinentes des IRSC
- 5. Conclusions
- Références
- Liste des figures
- Figure 1 : Priorités stratégiques et initiatives phares du plan stratégique des IRSC
- Figure 2 : Coût/fardeau des maladies
- Figure 3 : Total des fonds accordés par voie de subvention du POSF dans les secteurs de recherche de l’ISCR
- Figure 4 : Évolution du nombre de stagiaires financés, selon les secteurs de recherche de l’ISCR
- Figure 5 : Répartition du financement entre les quatre thèmes des IRSC
- Figure 6 : Variation annuelle relative du nombre d’articles publiés sur des essais cardiovasculaires depuis 1997 dans les dix principaux pays
1. Résumé
L’Institut de la santé circulatoire et respiratoire (ISCR) – un des 13 Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) – soutient la recherche axée non seulement sur les principaux organes et les pathologies qui y sont liées, mais aussi sur une variété de maladies chroniques qui représentent le plus lourd fardeau sur la société et l’économie. Cette réalité et l’extraordinaire diversité de ces maladies posent un défi opérationnel majeur à l’ISCR. Malgré ces difficultés et les ressources limitées à sa disposition, l’Institut s’est engagé, dans son plan stratégique 2013–2016, à stimuler l’excellence, le développement des capacités, la compétitivité, l’innovation et l’impact dans tous ses secteurs de recherche, notamment : la santé cardiovasculaire, la santé respiratoire, le sang, les accidents vasculaires cérébraux (AVC), les soins intensifs et le sommeil. De plus, prenant appui sur ses succès antérieurs, l’ISCR continuera d’entretenir ses collaborations existantes et créera de nouvelles alliances significatives avec le milieu de la recherche, les partenaires et les intervenants afin de développer la recherche en santé interdisciplinaire et intégrée qui reflète les nouveaux besoins, ainsi que les lacunes et les possibilités émergentes du Canada dans le domaine de la santé. À noter aussi, l’ISCR soutiendra fortement les partenariats avec des intervenants pertinents afin d’accélérer l’application des nouvelles connaissances au bénéfice des Canadiens.
À la lumière des possibilités et des lacunes relevées et des commentaires reçus du Comité d’examen externe international (examen international des IRSC après dix ans), des communautés de chercheurs et des partenaires de l’ISCR, et en conformité avec le plan stratégique des IRSC (L’innovation au service de la santé), l’ISCR a désigné quatre priorités de recherche pour les prochaines années. La première consistera à augmenter les capacités, la compétitivité et l’impact de nos communautés de chercheurs par les réseaux. Cet objectif reconnaît l’importance de s’aligner sur la plus importante initiative phare des IRSC, la Stratégie de recherche axée sur le patient (SRAP). Des réseaux émergents de l’ISCR seront créés dans quatre secteurs préétablis où des lacunes ont été cernées : santé respiratoire, santé vasculaire, essais cliniques en AVC et imagerie. De plus, deux secteurs particuliers – les soins intensifs et le sommeil – seront visés par l’ISCR pour l’établissement de programmes de développement communautaire ciblé. Enfin, l’ISCR continuera de soutenir, en collaboration avec le National Heart, Lung, and Blood Institute (NHLBI) des NIH, deux grands réseaux canado-américains : le Consortium sur les résultats de la réanimation (ROC) et le Réseau de chirurgie cardiothoracique (CTSN). L’Institut explorera d’autres possibilités de réseaux à l’échelle internationale.
La deuxième priorité de l’ISCR sera le renforcement des capacités et le perfectionnement professionnel en début de carrière – deux domaines où une attention particulière a aussi été reconnue comme nécessaire par les IRSC. Pour l’ISCR, des données récentes révèlent que la croissance du financement dans les secteurs de recherche relevant de son mandat est plus lente que dans tous les autres secteurs de recherche des IRSC, en particulier en santé cardiovasculaire et respiratoire. Cela a été interprété comme principalement attribuable à une baisse des capacités, notamment au niveau des jeunes chercheurs et des boursiers postdoctoraux. Plus particulièrement, le développement des capacités sous le thème des systèmes et services de santé et celui de la santé publique et des populations a été désigné comme une priorité. Au cours des prochaines années, l’ISCR travaillera en étroite collaboration avec les instituts et les groupes de travail concernés des IRSC pour s’attaquer à ce problème de capacité important et persistant, en axant les efforts à la fois sur les questions de formation/mentorat et sur les questions qui influent sur le succès des chercheurs en début de carrière. L’Institut continuera aussi de travailler avec ses partenaires et divers intervenants pour concevoir une stratégie conjointe détaillée qui s’alignera directement sur au moins quelques éléments des programmes des partenaires.
La troisième priorité de l’ISCR sera consacrée au développement des possibilités de recherche clinique, de recherche sur la santé des populations et de recherche sur les systèmes et services de santé par l’harmonisation et l’amélioration des cohortes. Cette initiative offrira aux scientifiques canadiens la possibilité unique de stimuler le développement et l’application des connaissances à une fraction des coûts associés à la création de nouvelles cohortes. De plus, cette coordination entre les cohortes permettra de profiter plus rapidement des avantages de la recherche en santé et, ainsi, de placer le Canada parmi les leaders internationaux. Ce processus permettra au Canada de mieux développer la recherche sur les populations et de concevoir des programmes communautaires de prévention et/ou d’intervention individualisés. De plus, cette initiative contribuera à stimuler le potentiel de la recherche sur la santé et les systèmes de santé par la création d’un formidable bassin de données démographiques couplées avec les renseignements des puissantes bases de données administratives canadiennes. L’harmonisation et la coordination des données aideront aussi directement à rassembler et à analyser d’importantes données éparses sur les Autochtones du Canada et d’autres populations vulnérables. Enfin, en s’attaquant à des questions comme le stockage des données et la politique d’accès, cette initiative soutiendra aussi la recherche sur l’éthique. Avec les IRSC et les autres instituts, l’ISCR aidera des milieux bien distincts et multidisciplinaires à collaborer pour créer un registre des cohortes, combler des lacunes et déterminer des moyens d’enrichir, de partager et de coordonner les ensembles de données cliniques et de favoriser leur utilisation efficiente. Compte tenu de la prévalence accrue de nombreux facteurs de risques cardiovasculaires et respiratoires, et des points communs avec les facteurs de risque de maladies chroniques graves dans d’autres domaines, cette initiative offre à la communauté de chercheurs de l’ISCR une occasion unique de créer des liens avec plusieurs autres milieux de recherche des IRSC dans la création d’outils pour stimuler la recherche clinique et la recherche sur la santé des populations et les services/politiques de santé.
Comme quatrième priorité, l’Institut a désigné « la contribution aux initiatives phares (IP) pertinentes du plan stratégique des IRSC »; on prévoit que ces programmes multi-instituts à grande échelle auront pour effet de mobiliser la communauté scientifique canadienne et de transformer la recherche dans certains secteurs à l’échelle nationale et internationale. Il est à noter que la majorité de ces vastes programmes, comme les IP de la SRAP, cadrent directement avec les priorités de l’ISCR; c’est pourquoi l’ISCR travaillera en étroite collaboration avec les IRSC et les autres instituts pour faire progresser ces importantes initiatives. Par exemple, pour soutenir l’IP Inflammation et maladies chroniques, l’ISCR financera la recherche sur l’inflammation et les maladies respiratoires dans le cadre de l’Initiative des défis de santé liés à l’inflammation chronique. De plus, l’ISCR appuiera la mise sur pied d’un consortium canadien en transplantation, de concert avec l’Institut des maladies infectieuses et immunitaires des IRSC. En contribution à l’IP Médecine personnalisée, l’ISCR participera à des projets particuliers (c.-à-d. en lien avec un de ses réseaux émergents) financés dans le cadre du programme La génomique et la santé personnalisée. En ce qui concerne l’IP Stratégie internationale de recherche concertée sur la maladie d’Alzheimer, l’ISCR investira dans la création d’un programme de recherche intégré en consortium, qui tiendra compte des facteurs cardiovasculaires pertinents et de leur rôle dans le développement de la déficience cognitive. En appui à l’IP Soins de santé communautaires de première ligne (SSCPL), l’ISCR travaillera avec Pfizer et la Fondation des maladies du cœur dans le cadre d’un partenariat unique; ce programme fournira des fonds aux équipes gagnantes du concours SSCPL qui se spécialisent en recherche cardiovasculaire. Enfin, dans le cadre de sa priorité consacrée à l’harmonisation et à l’amélioration des cohortes, l’ISCR soutiendra l’IP Voies de l’équité en santé pour les Autochtones. En étroite collaboration avec l’Institut de la santé des Autochtones des IRSC et la Fondation des maladies du cœur, l’ISCR contribuera à la création d’une sous-cohorte qui visera le phénotypage détaillé d’un échantillon de résidants de réserves autochtones. Ce projet créera une ressource précieuse pour les chercheurs et sera utile à la mise sur pied et à l’évaluation de programmes conçus pour améliorer la santé de ces collectivités et les soins qui leur sont dispensés.
Au cours des quatre années à venir, l’ISCR est très bien positionné pour influencer l’évolution du paysage scientifique canadien. En travaillant en étroite collaboration avec ses milieux de recherche et ses partenaires sur des questions urgentes d’intérêt commun, comme la création de réseaux, la formation en recherche et le développement des capacités, ainsi que l’harmonisation/amélioration des cohortes, l’ISCR continuera d’affirmer son leadership et son engagement dans la réduction du fardeau des maladies cardiaques et pulmonaires au Canada.
2. Mission, mandat et valeurs
En tant qu’un des treize Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), l’Institut de la santé circulatoire et respiratoire (ISCR) doit appuyer la mission, le mandat et le plan stratégique des IRSC dans ses plans et programmes futurs.
2.1 La mission des IRSC
La mission des IRSC, comme énoncée dans la Loi sur les IRSC en vertu de laquelle ils ont été créés, est d’« exceller, selon les normes internationales reconnues de l’excellence scientifique, dans la création de nouvelles connaissances et leur application en vue d’améliorer la santé de la population canadienne, d’offrir de meilleurs produits et services de santé, et de renforcer le système de santé au Canada1 ».
2.2 Le mandat des instituts des IRSC
Le mandat des instituts des IRSC, comme énoncé dans la Loi sur les IRSC, consiste à « recouvrir collectivement tous les aspects du domaine de la santé, y compris la recherche biomédicale, la recherche clinique, la recherche sur les services et systèmes de santé, les dimensions liées aux services et aux systèmes de santé, celles liées à la santé des populations et à l’influence du milieu sur la santé, ainsi que les dimensions sociales et culturelles et d'autres recherches, au besoin; à collaborer avec les provinces à l'avancement de la recherche en matière de santé et à la promotion de la diffusion et de l'application de nouvelles connaissances en vue d'améliorer la santé et les services de santé, et à faire intervenir les organismes bénévoles et le secteur privé et d'autres personnes ou organismes au Canada ou à l'étranger dont les intérêts en recherche sont complémentaires. »
2.3 La mission de l’ISCR
La mission de l'ISCR est de soutenir celle des IRSC en « appuyant la recherche axée sur les causes, les mécanismes, la prévention, le dépistage, le diagnostic, le traitement, les systèmes de soutien et les soins palliatifs relativement à un large éventail de maladies liées au cœur, aux poumons, au cerveau (AVC), aux vaisseaux sanguins et au sang, de même qu'aux soins intensifs et au sommeil2 ».
2.4 Le mandat de l’ISCR
L’ISCR a pour mandat de veiller au maintien de l’excellence, des capacités, de la compétitivité, de la créativité et de l’impact de la recherche dans tous les secteurs de recherche de l’Institut, à savoir : la santé cardiovasculaire, la santé respiratoire, le sang, les AVC, les soins intensifs et le sommeil. Pour atteindre ces objectifs, l’Institut encourage les collaborations fructueuses avec le milieu de la recherche, les partenaires et les intervenants ainsi que leur engagement dans le développement d’une recherche en santé interdisciplinaire et intégrée qui reflète les nouveaux besoins, ainsi que les lacunes et les possibilités émergentes du Canada dans le domaine de la santé. À noter aussi, l’ISCR soutient les partenariats avec des intervenants pertinents pour accélérer le transfert de nouvelles connaissances au profit des Canadiens.
2.5 Les valeurs qui orientent les activités de l’ISCR
- Excellence
- Rigueur
- Respect
- Responsabilité (incluant la responsabilité sociale)
- Innovation
3. Contexte actuel
3.1 Perspective mondiale
Dans la plupart des pays occidentaux, les investissements dans la recherche en santé ont été maintenus et, dans certains cas, augmentés malgré le ralentissement économique des dernières années. Néanmoins, en raison de l’incertitude économique persistante et de l’obligation pour les pays de réduire leurs déficits et leurs dettes malgré l’économie stagnante, des hausses notables du financement sont peu probables dans un avenir prochain, et il existe un risque réel de réduction du financement à court terme3. Cette situation exerce une pression supplémentaire sur les organismes de financement de la recherche, qui sont chargés non seulement de soutenir la recherche visant à combler les principales lacunes des connaissances, mais aussi de mesurer soigneusement l’impact de la recherche subventionnée sur la santé des populations et d’évaluer les retombées des investissements sur la création de richesse et la réduction des coûts des soins de santé dans leurs pays respectifs. En effet, l’augmentation des coûts de la santé, qui demeure disproportionnée par rapport à l’inflation et à la hausse du PIB, progresse à un rythme insoutenable qui menace encore davantage l’économie fragile de nombreux pays3.
- Collaboration internationale :
- Comme d’autres secteurs, la recherche en santé se mondialise et comporte plus de collaborations entre scientifiques de différents pays et régions du monde. Cela est aussi vrai au Canada4. Ce genre de partenariats, d’envergure internationale ou nationale, encourage la désignation concertée des lacunes des connaissances à combler en priorité dans un domaine particulier; l’intégration d’expertise multidisciplinaire; l’utilisation optimale d’appareils indispensables, perfectionnés et dispendieux; et l’impact accru de la recherche par la collaboration avec des organismes nationaux pouvant faciliter l’application des connaissances et le transfert technologique et rentabiliser davantage la recherche en santé. Malgré les progrès notables dans le développement de la recherche internationale, la poursuite de l’excellence en recherche est entravée par la complexité de l’organisation et du financement des études nationales et internationales complexes5.
- Innovation et transfert technologique :
- Le fossé grandissant entre les découvertes et leur application au bénéfice des populations, des patients et des systèmes de santé est largement reconnu à l’heure actuelle6–7. Malgré la hausse spectaculaire de la quantité d’articles scientifiques publiés sur la recherche en santé, les nouveaux agents et cibles thérapeutiques se font rares, ce qui menace la capacité de l’industrie biopharmaceutique à mettre au point et à commercialiser de nouveaux traitements de beaucoup supérieurs aux traitements existants. Cette situation remet en question l’efficacité des processus d’innovation actuels et les liens nécessaires entre la recherche (universitaire) et l’industrie.
- Recherche axée sur le patient :
- Depuis quelques années, le devoir de mettre au service du bon patient, au bon moment, des pratiques exemplaires fondées sur des données probantes constitue une préoccupation grandissante, tout comme la nécessité d’organiser optimalement les soins de santé pour répondre aux besoins des patients et de la société. Cette prise de conscience a conduit plusieurs pays à concevoir des stratégies visant à renforcer l’application des connaissances et à mieux soutenir la recherche axée sur le patient ciblant ces problèmes. Le financement de la recherche axée sur le patient au R.-U. a dépassé 1,6 milliard de dollars en 20118 et continue d’augmenter.
3.2 Perspective du Canada/des IRSC
Le contexte mondial de la recherche influe forcément sur le contexte canadien de la recherche. Le financement de la recherche en santé au Canada, après des hausses considérables depuis 2000 (le budget total des IRSC est passé de 280 millions de dollars en 1999 à près de 860 millions en 2006), s’est stabilisé au cours des six dernières années, affichant un taux de croissance annuel d’environ 5 % (seulement 3 % en tenant compte de l’inflation) qui continue de diminuer. Étant donné que les gouvernements fédéral et provinciaux peinent à équilibrer leurs budgets en raison de l’économie stagnante et des déficits existants, le financement de la recherche en santé est peu susceptible d’augmenter rapidement au cours des prochaines années et pourrait même diminuer davantage dans certaines provinces. Naturellement, on s’attend à ce que les fonds existants soient utilisés de manière plus responsable et stratégique et soient mieux mis à contribution pour attirer d’autres investissements dans le cadre de partenariats. Cela dit, les IRSC se sont judicieusement engagés à maintenir et même, dans la mesure du possible, à augmenter le financement du Programme ouvert de subventions de fonctionnement (POSF) – le principal véhicule de soutien à la recherche des IRSC.
En accord avec le besoin de répartir stratégiquement leurs ressources, les IRSC ont choisi de se concentrer sur les quatre orientations stratégiques décrites dans leur plan stratégique :
Stratégie 1 : Investir dans l’excellence pour une recherche de calibre mondial
- But 1 : Former, retenir et soutenir des chercheurs en santé exceptionnels
- But 2 : Choisir et soutenir l’excellence en recherche
- But 3 : Promouvoir l’innovation interdisciplinaire et internationale
Stratégie 2 : S'attaquer aux priorités de la recherche sur la santé et le système de santé
- But 1 : Améliorer l’orientation, la cohérence et l’impact des investissements stratégiques des IRSC
- But 2 : Créer des stratégies et des initiatives qui permettent de s’attaquer aux priorités concernant la santé et le système de santé
Stratégie 3 : Profiter plus rapidement des avantages de la recherche pour la santé et l’économie
- But 1 : Récolter les retombées socioéconomiques de la recherche par l’application des connaissances (AC) et les partenariats
- But 2 : Améliorer l’application et l’évaluation de la recherche
Stratégie 4 : Favoriser l’excellence organisationnelle, promouvoir l’éthique et démontrer l’impact
- But 1 : Favoriser l’excellence organisationnelle et assurer la transparence et la reddition de comptes
- But 2 : Évaluer le rendement général des IRSC
- But 3 : Favoriser une culture de recherche éthique en encourageant et en facilitant le dialogue sur les principes d’éthique liés à la recherche en santé et leur application
- But 4 : Évaluer les progrès et l’impact en démontrant les résultats des investissements des IRSC
* Dans tout le document, ces Orientations stratégiques seront appelées *orientations stratégiques 1, 2, 3 et 4 des IRSC
En appui à l’atteinte de l’excellence internationale et conformément au besoin de travailler en réseau et de cibler l’utilisation des ressources, le plan stratégique des IRSC désigne cinq grandes priorités de recherche :
- axer davantage les soins sur le patient et améliorer les résultats cliniques par des innovations scientifiques et technologiques;
- soutenir un système de soins de santé accessible, viable et de qualité supérieure;
- réduire les disparités en santé chez les peuples autochtones et les autres populations vulnérables;
- se préparer à réagir aux menaces existantes et nouvelles pour la santé et y faire face;
- promouvoir la santé et alléger le fardeau des maladies chroniques et mentales.
Pour s’attaquer à ces priorités et exercer le maximum d’impact tout en optimisant leurs investissements stratégiques, les IRSC ont lancé un processus d’établissement et d’élaboration de programmes multi-instituts à grande échelle, ou initiatives phares du plan stratégique des IRSC (fig. 1). À la suite d’analyses du contexte et de vastes consultations, huit initiatives phares ont été approuvées et sont actuellement en voie d’élaboration et de mise en œuvre. On s’attend à ce que cette série de programmes – qui seront financés par les 13 instituts – rassemble la communauté scientifique canadienne et transforme les secteurs visés à l’échelle canadienne et internationale.
Figure 1 : Priorités stratégiques des IRSC et initiatives phares de leur plan stratégique
| Priorités des IRSC | Initiatives phares du plan stratégique des IRSC |
|---|---|
| Axer davantage les soins sur le patient et améliorer les résultats cliniques par des innovations scientifiques et technologiques |
|
| Soutenir un système de soins de santé accessible, viable et de qualité supérieure |
|
| Réduire les disparités en santé chez les peuples autochtones et les autres populations vulnérables |
|
| Se préparer à réagir aux menaces existantes et nouvelles pour la santé et y faire face | |
| Promouvoir la santé et alléger le fardeau des maladies chroniques et mentales |
|
3.3 Perspective de l’ISCR
3.3.1 Fardeau des maladies
Le fardeau des maladies chroniques couvertes par le mandat de l’ISCR est le plus lourd des 13 instituts des IRSC (fig. 2). De plus, l’Institut soutient la recherche axée sur les principaux organes et les pathologies qui y sont liées, à savoir : l’athérosclérose, l’insuffisance cardiaque, les AVC, l’asthme, l’apnée du sommeil et les maladies pulmonaires obstructives chroniques. Cette réalité épidémiologique et l’extraordinaire diversité de ces maladies posent tout un défi organisationnel et stratégique à l’ISCR.
Figure 2 : Coûts liés à maladie9 pour les 20 premières catégories de diagnostic, par coûts direct10 et coûts indirect11, Canada, 200012
Figure 2 : description détaillée
Bien que le prolongement de l’espérance de vie des Canadiens et des Américains depuis les 30 dernières années soit largement attribuable aux progrès dans le traitement des maladies cardiovasculaires13, on prévoit que la cardiopathie ischémique deviendra la principale cause de décès et d’invalidité dans le monde d’ici 2020, en raison de l’expansion rapide des facteurs de risque cardiovasculaire à l’échelle planétaire. D’autres maladies couvertes par le mandat de l’ISCR sont aussi d’importantes causes de mortalité et de morbidité, dont les maladies cardiovasculaires, qui constituent la quatrième cause de décès et d’invalidité (et un facteur connu de développement de la déficience cognitive), les maladies pulmonaires obstructives chroniques, qui arrivent au cinquième rang, et l’infection des voies respiratoires inférieures, au sixième. À noter aussi, les mécanismes pathologiques sous-jacents à la plupart des maladies respiratoires chroniques demeurent mal compris, ce qui limite réellement notre capacité d’influencer les résultats sur la santé. En fait, il est prévu que d’ici 2020, cinq des sept plus importantes causes de décès et d’invalidité dans le monde relèveront du mandat de l’ISCR14.
3.3.2 Recommandations du Comité d’examen externe (CEE) international de 2011
Tout comme les autres instituts des IRSC, l’ISCR a été soumis à une évaluation de ses progrès de 2005 à 2010 par un comité externe dans le cadre de l’examen international des IRSC. Le CEE a fourni une évaluation des progrès de l’ISCR et des recommandations pour guider son développement futur15. Globalement, le CEE a été impressionné par l’influence de l’ISCR sur la quantité et la qualité de la recherche en santé dans les secteurs couverts par son mandat. Sur la base des données disponibles, le comité a conclu que depuis la fondation de l’ISCR il y a dix ans, et surtout depuis les cinq dernières années, l’activité de recherche s’est davantage orientée sur l’application des connaissances au bénéfice du public et des patients. Cela a été rendu possible grâce au rôle de catalyseur qu’a joué l’Institut en faisant la promotion de la recherche multidisciplinaire, multi-instituts et financée par plusieurs partenaires, une approche qui s’est révélée fort efficace pour les maladies circulatoires, mais moins pour les maladies pulmonaires et hématiques et les troubles du sommeil. Malgré tout, le CEE a remarqué dans chacun de ces champs une hausse de l’activité correspondant à cette orientation. Selon le comité, l’établissement d’un programme d’application des connaissances productif et pourvu d’objectifs fermes est à l’origine de l’augmentation de la compétitivité internationale du Canada dans la recherche en santé et des progrès qui en découlent pour les patients. Mis à part ces succès, le CEE avait plusieurs recommandations importantes à formuler.
- Réseaux :
- Le CEE a souligné que l’établissement de réseaux dans les secteurs relevant du mandat de l’ISCR stimule le développement de la communauté de l’Institut et serait un excellent outil pour appuyer le maximum de chercheurs associés à son mandat général. Ils ont ajouté « nous encourageons vivement la création d’autres activités de ce type, non seulement pour les maladies cardiovasculaires, mais aussi pour la recherche sur les poumons, le sang et le sommeil ».
- Renforcement des capacités :
- Le CEE a exprimé des préoccupations quant à la formation et au perfectionnement professionnel en début de carrière. Il a compris que cela représente un défi requérant la collaboration de nombreux intervenants, parmi lesquels l’ISCR occupe une place relativement modeste mais importante. Le CEE a poursuivi en soulignant que « le recrutement d’un nombre optimal d’experts capables de faire progresser les initiatives de grande envergure est essentiel, de même que le recrutement d’un nombre suffisant de jeunes chercheurs compétents aux formations diversifiées ».
- Essais cliniques :
- Le CEE a louangé la forte productivité des chercheurs en santé cardiovasculaire dans le domaine des essais cliniques significatifs. Il a cependant ajouté : « nous suggérons de varier les sujets d’étude de ces essais de manière à couvrir toutes les maladies faisant partie du mandat de l’Institut et de participer à des projets internationaux avec d’autres pays que les États-Unis. »
- Gouvernance :
- Le CEE a fait allusion au besoin d’établir les priorités de recherche de l’Institut de façon plus transparente et inclusive, en déclarant : « adopter une approche ouverte et inclusive pour l’établissement des priorités de recherche, devrait aider l’ISCR à produire des travaux de grande qualité dans les domaines associés à des maladies pour lesquelles il reste encore de grands besoins cliniques à combler, tout en tenant compte du vieillissement de la population, de l’instabilité des habitudes de vie et du besoin de s’adapter aux changements environnementaux. »
3.3.3 Autres défis et possibilités de l’ISCR
(i) Augmentation relativement lente du financement
Basée sur des données extraites de la base de données des IRSC, la figure 3 montre clairement que durant la période 2000–2010, la croissance relative du financement total (aux concours ouverts de subventions et bourses des IRSC) des chercheurs principalement associés à l’ISCR a été la plus faible parmi tous les instituts des IRSC. De 2000 à 2010, tandis que le ratio pour l’ISCR se situait à 1,77, celui des autres instituts variait de 1,89 à 9,13. Même les domaines de recherche plus traditionnels (p. ex. cancer, maladies infectieuses/immunitaires, et neurosciences/santé mentale/toxicomanie) ont vu leur financement plus que doubler. Cela est particulièrement alarmant, compte tenu du fardeau lourd et croissant des maladies couvertes par le mandat de l’ISCR.
Cette croissance relativement faible varie considérablement selon les milieux desservis par l’ISCR; le total des fonds accordés par voie de subvention du POSF est relativement stable ou en baisse dans la recherche en santé cardiovasculaire depuis 2004-2005 et la recherche en santé respiratoire depuis 2007-2008, mais il augmente dans la recherche sur le sang et le sommeil, qui sont des milieux de taille plus modeste (fig. 3).
Figure 3 : Total des fonds accordés par voie de subvention du POSF dans les secteurs de recherche de l’ISCR
Figure 3 : description détaillée
Comme décrit en détail ci-dessous, cette situation semble liée à une croissance relativement faible des capacités et, dans une moindre mesure, à un déséquilibre entre les thèmes de recherche et à un manque de compétitivité dans certains concours de recherche stratégique.
(ii) Pénurie de stagiaires et de jeunes chercheurs
Selon les données des IRSC, le nombre de demandes de bourses de formation venant des chercheurs de l’ISCR a augmenté de seulement 30 % de 2000 à 2010, comparativement à 75 % pour tous les chercheurs des IRSC durant la même période. Il est à noter que les taux de succès des candidats de l’ISCR et des autres instituts étaient généralement comparables. Il semble donc que le problème ait à voir avec le nombre relativement faible de candidats aux bourses de formation, qui demeure stable depuis les cinq dernières années, tandis qu’il est en forte hausse pour presque tous les autres instituts. À l’intérieur de l’ISCR, des variations intéressantes ont été observées entre les différents milieux de recherche (fig. 4), soit une augmentation dans les secteurs du sang et du sommeil, et une réduction dans les secteurs de la santé cardiovasculaire et respiratoire. Le plus préoccupant est la diminution quasi constante, depuis les sept dernières années, du nombre de boursiers postdoctoraux (les plus proches du début d’une carrière scientifique) spécialisés dans ces deux maladies au lourd fardeau. Ensemble, ces données semblent révéler des difficultés à attirer, à encadrer et/ou à retenir les jeunes chercheurs – un problème qui paraît particulièrement important pour les deux plus grands milieux de recherche de l’ISCR.
Figure 4 : Évolution du nombre de stagiaires financés, selon les secteurs de recherche de l’ISCR
Figure 4 : description détaillée
(iii) Manque de candidats, taux de succès inférieurs aux concours stratégiques et déséquilibre entre les thèmes des IRSC?
Bien que la croissance relativement lente du financement total des chercheurs de l’ISCR soit surtout attribuable à la baisse relative du nombre de stagiaires et de chercheurs, des données extraites de la base de données des IRSC semblent témoigner du taux de succès inférieur des chercheurs de l’ISCR à certains concours, comme ceux axés sur les systèmes/services de santé et/ou la santé publique/des populations. Par exemple, malgré l’excellent rendement des chercheurs de l’ISCR aux grands concours de recherche clinique, des données révèlent que leurs taux de succès à d’autres concours, comme ceux comportant de la recherche en équipe multithématique et multidisciplinaire et des volets AC et création de partenariats, est moins élevé et que leur taux de participation y est considérablement moindre (que celui des chercheurs des autres instituts). En effet, de 2000 à 2010, le nombre annuel de demandes de subvention soumises par les chercheurs de l’ISCR à des concours autres que ceux du POSF a baissé de 25 %, tandis qu’il a augmenté de 160 % pour l’ensemble des IRSC. De plus, les chercheurs de l’ISCR affichent des taux de succès constamment et considérablement inférieurs (de 6 % à 12 %) à ceux de la moyenne des candidats des IRSC à ces concours depuis 2006.
Fait important, ces statistiques laissent entendre qu’une partie des possibilités de financement échappent aux chercheurs de l’ISCR. Elles pourraient aussi témoigner du besoin de travailler davantage en réseau à l’intérieur et à l’extérieur de la communauté de chercheurs de l’ISCR, y compris avec des scientifiques des quatre thèmes des IRSC, des décideurs et d’autres intervenants (organismes bénévoles, organismes de financement de la recherche provinciaux, industrie), et de la nécessité de développer les capacités dans les secteurs liés aux systèmes/services de santé et à la santé publique/des populations.
L’analyse des données des IRSC relatives à la répartition du financement entre les quatre thèmes (c.-à-d. recherche biomédicale, recherche clinique, recherche sur les systèmes et services de santé, recherche sur la santé publique et des populations) dans différents milieux de recherche de l’ISCR (c.-à-d. sang, sommeil, santé cardiovasculaire et respiratoire) semble révéler une faiblesse relative et une absence de croissance en recherche sur les systèmes et services de santé et en recherche sur la santé publique et des populations (thèmes 3 et 4 des IRSC respectivement; fig. 5). La proportion du financement consacrée au thème 3 en 2010–2011 dans les secteurs de recherche de l’ISCR représente un peu plus de la moitié de ce qui a été observé pour l’ensemble des IRSC; cette proportion diminue depuis 2003 (de 5 % à 3,6 %), tandis que la proportion du financement consacrée au thème 4 demeure inférieure à celle mesurée dans l’ensemble des IRSC (7 % contre 9,45 %), malgré des progrès considérables depuis 2003. La faiblesse dans les thèmes 3 et 4 pourrait expliquer le manque relatif de financement des chercheurs de l’ISCR dans certains programmes stratégiques, en particulier ceux axés sur le transfert des connaissances.
Figure 5 : Répartition du financement entre les quatre thèmes des IRSC
L'ISCR par rapport aux IRSC – Équilibre entre les thémes
Figure 5 : description détaillée
Paradoxalement, malgré le financement relativement faible de la recherche clinique à l’ISCR et aux IRSC comparativement à d’autres pays, les chercheurs de l’ISCR sont des leaders mondiaux en recherche clinique. Cela est particulièrement vrai pour les chercheurs en santé cardiovasculaire (fig. 6) et en soins intensifs. Cependant, ces succès demeurent fragiles, et les chercheurs auront besoin d’un financement plus adéquat pour rester compétitifs.
Figure 6 : Variation annuelle relative du nombre d’articles publiés sur des essais cardiovasculaires depuis 1997 dans les dix principaux pays16
Figure 6 : description détaillée
Données tirées de la classification médicale de la US National Library of Medicine pour 2000 à 2008 par l’Observatoire des Sciences et Technologies, à la demande des IRSC.
4. Objectifs et orientation stratégique de l’ISCR pour 2013–2016
4.1. Objectifs de l’ISCR
En réponse aux recommandations de l’examen international des IRSC après dix ans et du dernier examen externe de l’ISCR, et à la suite des résultats de l’exploration de données et de l’analyse du contexte présentées ci-dessus, l’ISCR a établi les quatre objectifs suivants, qui cadrent avec les orientations stratégiques des IRSC* :
- Objectif 1 de l’ISCR :
- Accroître le nombre et la compétitivité des chercheurs de l’ISCR aux concours de subventions nationaux et internationaux
(*orientations stratégiques 1 et 3 des IRSC) - Objectif 2 de l’ISCR :
- Mieux répartir les efforts entre les quatre thèmes des IRSC dans les secteurs de recherche de l’ISCR
(*orientations stratégiques 1 et 2 des IRSC) - Objectif 3 de l’ISCR :
- Stimuler l’activité dans le domaine des essais cliniques dans les secteurs de recherche de l’ISCR, en particulier la santé respiratoire et les AVC, et collaborer davantage à des essais cliniques internationaux
(*orientations stratégiques 1, 2 et 3 des IRSC) - Objectif 4 de l’ISCR :
- Augmenter la transparence des processus d’établissement des priorités, de planification et de décision
(*orientation stratégique 4 des IRSC)
4.2. Orientations stratégiques 2013–2016
Dans la poursuite des objectifs ci-dessus, l’ISCR axera ses efforts sur quatre grandes priorités qui guideront ses programmes et activités au cours des prochaines années : (1) Augmenter les capacités, la compétitivité et l’impact par les réseaux; (2) Promouvoir le renforcement des capacités et le perfectionnement professionnel en début de carrière; (3) Améliorer la recherche clinique, la recherche sur la santé des populations et la recherche sur les systèmes et services de santé par l’harmonisation et l’amélioration des cohortes; et (4) Contribuer aux initiatives phares pertinentes des IRSC.
4.2.1 Priorité 1 : Augmenter les capacités, la compétitivité et l’impact par les réseaux
(*1re, 2e et 3e orientation stratégique des IRSC)
A) Création de réseaux nationaux thématiques interdisciplinaires dans les secteurs où il existe des besoins et des possibilités
Conformément à trois recommandations du CEE concernant le renforcement des capacités, la création de réseaux et le développement des essais cliniques, et compte tenu de l’importance de s’aligner sur la plus vaste initiative phare des IRSC, la Stratégie de recherche axée sur le patient (SRAP), une des principales innovations stratégiques de l’ISCR sera centrée sur la création et le soutien de réseaux nationaux.
Prenant appui sur l’excellence du Canada en recherche clinique, la SRAP se concentrera sur l’amélioration de la recherche sur les systèmes de santé afin d’améliorer l’efficacité des systèmes et la santé des Canadiens. Pour atteindre ces objectifs, la SRAP élabore quatre grands programmes : 1) Développement de l’infrastructure de recherche clinique, par : (a) la création d’unités de soutien, un programme de portée nationale établi en partenariat avec les provinces et (b) l’établissement de réseaux de recherche de la SRAP en partenariat avec les organismes bénévoles en santé et d’autres partenaires financiers afin de combler des lacunes importantes en recherche clinique; 2) Formation et perfectionnement professionnel appuyant la croissance du milieu de la recherche axée sur le patient; 3) Amélioration de l’environnement de recherche clinique et suppression de divers obstacles à la recherche clinique utile et productive au Canada; 4) Soutien aux pratiques exemplaires dans le domaine des soins de santé.
L’initiative stratégique de l’ISCR portant sur la création de réseaux nationaux diffère quelque peu de celle de la SRAP, en ce sens que les réseaux de l’ISCR peuvent se consacrer à n’importe quel aspect de la recherche clinique translationnelle, de l’acheminement de la découverte au chevet du patient et vice versa, et jusqu’à la recherche sur la santé des populations et/ou les systèmes de santé. Les réseaux soutenus par l’ISCR mobiliseront des groupes de chercheurs actifs dans les secteurs de recherche de l’ISCR, dans le but de développer une masse critique d’expertise technique et scientifique exceptionnelle à l’échelle nationale et d’exercer un leadership scientifique pour cerner les principales lacunes des connaissances. Ces lacunes seront comblées de façon cohérente de manière à maximiser l’impact potentiel de la recherche sur notre compréhension des maladies et des mécanismes pathologiques, sur l’amélioration des pratiques cliniques, sur la santé des individus et des populations et sur la prestation des soins. Les réseaux soutenus par l’ISCR axeront leurs efforts sur des questions centrales afin de diriger les études pancanadiennes les plus pertinentes possible pour les Canadiens; de plus, les réseaux produiront des données probantes et les transféreront aux responsables des soins aux patients.
Sous la direction des plus brillants cerveaux du Canada dans leurs domaines respectifs, les réseaux soutenus par l’ISCR sont censés contribuer grandement au renversement de la tendance au déclin du nombre de stagiaires et de jeunes chercheurs; ces réseaux serviront de carrefours pour attirer, encadrer et former le talent émergent et soutenir le perfectionnement professionnel en début de carrière, en particulier en santé des populations et sur les services/politiques de santé. Reliant plusieurs des meilleurs centres et équipes dans leurs champs respectifs, ils offriront des possibilités d’encadrement et de formation multidisciplinaire et multicentres personnalisés et serviront à attirer les futurs stagiaires et les jeunes chercheurs désireux de participer à des réseaux comme moyens de développer leurs compétences et leurs connaissances. À noter aussi, ces réseaux stimuleront la compétitivité en engageant la communauté scientifique et les partenaires (organismes bénévoles pourvus d’expertise en transfert des connaissances axée sur le patient, organismes provinciaux de financement de la recherche, autres organismes gouvernementaux, industrie) dans des programmes de recherche nationaux et internationaux à grande échelle. Les réseaux offriront aussi des possibilités de développement des essais cliniques, en particulier dans les secteurs où des besoins ont été cernés par le CEE, notamment les AVC et la santé respiratoire. L’appel de demandes pour les réseaux émergents de l’ISCR a été lancé à l’été 2012, et le financement débutera en octobre 2013.
Bien que les réseaux de l’ISCR puissent couvrir une plus grande variété de recherche axée sur le patient que les réseaux de la SRAP (c.-à-d. allant de la recherche « du laboratoire au chevet du patient » directement aux systèmes de santé et à la santé des populations), les réseaux de l’ISCR et de la SRAP devraient partager de nombreuses particularités. Ainsi, on s’attend à ce que certains des réseaux de l’ISCR, en plus de compléter le programme de la SRAP, entrent en compétition pour devenir des réseaux à part entière de la SRAP. Si cela se produisait, le financement de l’ISCR pour ces réseaux serait appliqué au soutien des nouveaux réseaux de la SRAP.
Se basant sur la rétroaction du Comité d’examen externe (examen international) et sur les lacunes et possibilités cernées, l’ISCR a ciblé les quatre grands secteurs suivants pour la création de réseaux.
(i) Réseau national en santé respiratoire
Selon un rapport produit en 2012 par le Conseil des académies canadiennes17, le Canada est réputé pour sa recherche sur le système respiratoire, arrivant au quatrième rang dans le monde pour sa productivité et son impact dans ce sous-secteur. La mise sur pied d’un réseau canadien en santé respiratoire dans le cadre du programme des réseaux émergents de l’ISCR prendra appui sur cette force du Canada. De plus, le nouveau réseau permettra de satisfaire le milieu de la recherche en santé respiratoire et ses partenaires qui souhaitent depuis longtemps la création d’un réseau national officiel dans un domaine où le fardeau de la maladie est important et croissant et où les lacunes des connaissances sont tout aussi importantes. Compte tenu de la tendance mondiale à la création de réseaux, il est peu probable que le milieu canadien soit en mesure de conserver sa position enviable sans la mise sur pied de ce réseau. Cela devrait aussi répondre à deux recommandations précises du CEE concernant la création de réseaux et le renforcement des capacités d’essais cliniques dans ce secteur.
(ii) Réseau national en santé vasculaire
Ce milieu vaste et bien distinct a déjà commencé à se regrouper en exprimant le désir de créer un réseau national en santé vasculaire. Profitant du travail de base entrepris par le milieu et du potentiel considérable des collaborations en santé vasculaire, l’ISCR a choisi de prioriser le soutien à la création d’un réseau dans ce secteur. Le financement de ce groupe permettra de le soutenir dans ses efforts pour collaborer étroitement dans la résolution de questions ayant un impact énorme sur plusieurs organes cibles, dont le cœur, le cerveau, les reins, les yeux, etc.
(iii) Réseau national d’essais cliniques en AVC
Le Canada possède un RCE (réseau de centres d’excellence) sur les AVC qui a permis de changer la façon de percevoir les AVC dans la population et de les traiter dans le système de soins de santé. Le réseau proposé de l’ISCR ne sera pas un prolongement de ce RCE; il se concentrera plutôt sur les essais cliniques dans le traitement de l’AVC, un secteur qui n’est pas ciblé en priorité par le RCE. Ainsi, l’ISCR profitera de l’expertise du milieu des essais cliniques en AVC, solide mais financièrement fragile, et complètera (sans chevauchement) le travail accompli par le RCE sur les AVC, dont l’élimination progressive est prévue en 2013.
(iv) Réseau ou consortium (réseau de réseaux) national en imagerie
Deux réseaux productifs en imagerie associés au mandat de l’ISCR sont soutenus par les IRSC depuis quelques années : le Réseau canadien d’imagerie en athérosclérose (CAIN) et le Réseau d’essais cliniques en imagerie médicale du Canada (MITNEC). De plus, en 2009, l’ISCR et ses partenaires ont financé quatre équipes de recherche en imagerie clinique dans le cadre de l’appel de demandes en imagerie clinique sous la direction de l’ISCR, conformément à une des priorités antérieures de l’ISCR (2006–2010). Ensemble, les groupes ci-dessus constituent une masse critique d’expertise de calibre mondial. L’Initiative des réseaux émergents de l’ISCR permettra à ces groupes de combler les lacunes qui les empêchent de s’unir et, de façon optimale, de s’allier à d’autres initiatives phares importantes (p. ex. médecine personnalisée). Le nouveau réseau en imagerie sera axé sur le renforcement des aspects techniques innovateurs de ce vaste secteur transversal productif associé à l’ISCR et à ses partenaires. Il est à noter que des experts en S-T canadiens ont désigné l’amélioration des diagnostics comme un secteur où le Canada est positionné pour devenir un leader mondial17.
B) Établissement de programmes de développement communautaire ciblé
La communauté de chercheurs de l’ISCR englobe un certain nombre de milieux de recherche spécialisés très solides et productifs dans d’autres secteurs non mentionnés ci-dessus, notamment la recherche sur les soins intensifs et le sommeil. Jusqu’ici, ces groupes ont pu réaliser des recherches majeures qui ont influencé les pratiques et ce, sans financement extérieur notable en raison des circonstances exceptionnelles qui leur ont donné naissance et en raison de la culture qui favorise leur succès. Cependant, ces groupes sont aujourd’hui à la croisée des chemins : ils peuvent continuer avec difficulté comme ils le font actuellement, ou encore optimiser et étendre leurs programmes pour renforcer les volets formation et transfert des connaissances. Tenant compte des atouts de la communauté de chercheurs de l’ISCR, de la rétroaction du CEE (examen international) et des lacunes relevées, l’ISCR a choisi les secteurs des soins intensifs et du sommeil pour la création de programmes de développement communautaire ciblé. Le lancement de ces programmes de financement est prévu pour 2014.
(i) Programme national en soins intensifs
Le Groupe canadien d’essais cliniques dans le domaine des soins intensifs (CCCTG) se compose de cliniciens-chercheurs qui travaillent ensemble depuis quelques années à la préparation et à la réalisation d’essais contrôlés randomisés, dont les résultats influencent la façon de traiter les patients aux soins intensifs dans le monde entier. En raison du succès de ce groupe, son modèle a évolué pour former un groupe de recherche international en soins intensifs, sous la direction du président du CCCTG. Ce groupe ne reçoit actuellement aucun financement des IRSC ou de l’ISCR. Or, le financement d’un programme dans ce domaine permettrait d’accélérer la réalisation d’études pilotes, ce qui aurait pour effet de stimuler le développement des connaissances qui guident le traitement des patients aux soins intensifs. Cela faciliterait aussi le renforcement des volets formation et transfert des connaissances du groupe, qui évolue dans un milieu où les pratiques exemplaires sont la norme.
(ii) Programme national dans le domaine du sommeil
En juin 2009, l’ISCR et ses partenaires ont lancé deux programmes de subventions (subventions d’équipe et de fonctionnement) en recherche sur le sommeil et les rythmes circadiens, conformément à une des priorités stratégiques de l’Institut (Plan stratégique de l’ISCR 2006–2010). Il est à noter que durant l’examen de l’Institut, le CEE a souligné que la recherche sur le sommeil était une des forces canadiennes qui pourrait profiter de la création d’un consortium national. Tenant compte de ce commentaire et s’appuyant sur ses initiatives antérieures, l’ISCR a choisi de soutenir un vaste programme national dans ce domaine; la création d’un réseau découlant de cette association permettra au milieu canadien de la recherche sur le sommeil d’envisager des approches plus multidisciplinaires et multithématiques, de collaborer plus efficacement et d’avoir plus de succès dans l’obtention d’autre financement canadien et étranger. On prévoit que ce réseau sera formé par le regroupement des quatre équipes actuellement financées, et par l’addition d’autres groupes de recherche solides dans le domaine du sommeil au Canada.
C) Soutien des réseaux internationaux d’essais cliniques existants
Selon un rapport produit en 2012 par le Conseil des académies canadiennes17, le niveau de collaboration internationale du Canada est particulièrement élevé dans les secteurs liés à la médecine clinique. Prenant appui sur cette force, l’ISCR collabore étroitement depuis 2003 avec le National Heart, Lung and Blood Institute (NHLBI) des NIH au soutien de deux grands réseaux canado-américains. Le Consortium sur les résultats de la réanimation (ROC) est un réseau qui effectue des recherches cliniques qui améliorent les techniques de réanimation partout dans le monde.
Le Réseau de chirurgie cardiothoracique (CTSN), est le principal réseau de recherche cardiothoracique au monde. Le ROC et le CTSN se livrent à des recherches uniques dans des secteurs extrêmement exigeants, ce qui en fait des ressources mondiales. En appui à la vision des IRSC – axer davantage les soins sur le patient et améliorer les résultats sur la santé – et compte tenu des contributions significatives des chercheurs canadiens au succès de ces deux réseaux, l’ISCR entend continuer de financer ces programmes au cours des prochaines années.
4.2.2 Priorité 2 : Promouvoir le renforcement des capacités et le perfectionnement professionnel en début de carrière
(*1re orientation stratégique des IRSC)
Des données récentes révèlent que la croissance du financement dans les secteurs de recherche relevant du mandat de l’Institut est plus lente que dans tous les autres secteurs de recherche des IRSC. Cela pose un problème particulier dans le milieu de la santé cardiovasculaire et respiratoire, où le financement est en déclin. L’analyse de la situation laisse supposer que cela est attribuable, du moins en partie, au nombre moindre de nouveaux chercheurs, un problème qui semble découler au moins partiellement du manque de stagiaires de niveau avancé (boursiers postdoctoraux). Un deuxième problème cerné est la grave pénurie de stagiaires et de jeunes chercheurs pourvus d’expertise en systèmes et services de santé et en santé publique et des populations (thèmes 3 et 4 des IRSC) dans les secteurs relevant du mandat de l’ISCR.
Selon un rapport de 2012 du Conseil des académies canadiennes17, le Canada possède le plus grand nombre de détenteurs de diplômes postsecondaires de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) – une base solide sur laquelle bâtir; cependant, cette situation ne se traduit pas par des légions de diplômés au doctorat qui contribueront au développement scientifique et technologique du pays. De plus, le rapport a laissé entendre que le Canada tirait de l’arrière sur d’autres pays quant au nombre de chercheurs et à la formation de la prochaine génération de chercheurs. Il est à noter que les IRSC ont désigné la formation et le perfectionnement professionnel comme un secteur requérant davantage d’attention. C’est pourquoi les IRSC préparent des recommandations et de nouveaux programmes pour stimuler le progrès dans ce secteur. Un groupe de travail du CCI de l’ISCR, enrichi par la participation de proches partenaires de l’Institut, s’est également penché sur ce problème et travaille à formuler des recommandations pour combler les lacunes dans le secteur. Il faut souligner que l’ISCR souhaite surtout mettre sur pied des initiatives qui appuieront la formation et le perfectionnement professionnel des chercheurs de l’Institut, en particulier ceux dont le travail est en lien avec les thèmes 3 et 4 des IRSC.
Au cours des prochains mois, l’ISCR collaborera étroitement avec les divers groupes de travail des IRSC, en particulier celui de la SRAP sur la formation et le perfectionnement professionnel (présidé par N. Rosenblum), pour remédier à ce problème important et chronique. L’ISCR continuera également de travailler avec des partenaires et divers intervenants à l’élaboration d’une stratégie conjointe détaillée, qui s’alignera directement sur au moins certains éléments des programmes des partenaires.
Les éléments de cette stratégie détaillée comporteraient des engagements des établissements recruteurs (concernant le soutien salarial, l’encadrement structuré, la protection du temps de recherche, la qualité des locaux et des appareils fournis, les fonds de démarrage, la clarté des perspectives de carrière universitaire) et feront appel à des partenariats avec des réseaux de l’ISCR et/ou à des partenaires de l’ISCR pour les fonds de démarrage. Comme indiqué ci-dessus, le développement des capacités dans les thèmes 3 et 4 sera une considération hautement prioritaire.
Avec une stratégie de formation/mentorat et de perfectionnement professionnel efficace et axée sur les facteurs essentiels au succès des trois premières années de carrière des chercheurs, on s’attend à attirer des stagiaires de niveau avancé, à recevoir plus de candidatures de nouveaux chercheurs et à voir ceux-ci mieux réussir.
4.2.3 Priorité 3 : Développer les possibilités de recherche clinique, de recherche sur la santé des populations et de recherche sur les systèmes et services de santé par l’harmonisation et l’amélioration des cohortes
(*4e orientation stratégique des IRSC)
La Stratégie canadienne de santé cardiovasculaire18 a recommandé de prioriser la mise sur pied d’une cohorte cardiovasculaire pour permettre au Canada de mieux développer les connaissances sur le rôle relatif de divers facteurs de risque, y compris ceux liés à l’environnement et à la collectivité, et ceux liés au mode de vie et aux déterminants biologiques des maladies cardiovasculaires. Dans le contexte de la prévalence accrue de nombreux facteurs de risque cardiovasculaire, cela devient un enjeu crucial.
Un certain nombre de scientifiques, de groupes, d’équipes et de réseaux canadiens dans le domaine de la santé ont, au fil des ans, mis sur pied une variété de cohortes, financées au moins en partie avec des fonds publics, chacune pour un champ d’études précis (p. ex. maladies cardiovasculaires, diabète, maladies respiratoires, cancer, enfants, etc.). Malheureusement, la plupart de ces cohortes ont été créées indépendamment les unes des autres et sont sous-utilisées, rarement partagées avec des scientifiques d’autres établissements et presque jamais avec des scientifiques d’autres domaines/disciplines malgré les données recueillies sur plusieurs facteurs de risque similaires. Compte tenu des efforts et des coûts associés à la mise sur pied d’une seule cohorte, les cohortes existantes constituent une ressource relativement inexploitée pour la recherche canadienne et offrent une occasion de comparer, de coordonner et d’extrapoler des données de santé similaires à l’échelle internationale.
Par cette priorité, l’ISCR vise la création d’un programme qui aidera à coordonner et à améliorer le travail des cohortes actuelles par l’enrichissement des cohortes et l’harmonisation de leurs données; ce programme fournira aux scientifiques canadiens (surtout dans les secteurs de la recherche clinique, de la recherche sur les systèmes de santé et de la recherche sur la santé des populations) un outil unique et formidable qui pourrait stimuler le développement et l’application des connaissances à une fraction des coûts associés à la création de nouvelles cohortes.
De plus, la coordination des cohortes permettra d’accélérer les retombées de la recherche en santé, faisant ainsi du Canada un leader international à cet égard.
Avec les IRSC et leurs autres instituts, l’ISCR travaillera d’abord à permettre à des communautés de chercheurs multidisciplinaires actuellement bien distinctes de travailler ensemble à l’objectif commun de créer un registre des cohortes, pour ensuite combler les lacunes et déterminer comment partager et coordonner les ensembles de données cliniques pertinentes. L’harmonisation et l’enrichissement des multiples cohortes canadiennes existantes permettront au Canada de mieux développer la recherche sur les populations et de concevoir des programmes de prévention et d’intervention communautaires personnalisés. De plus, cette initiative contribuera à stimuler le potentiel de la recherche sur la santé et les systèmes de santé par la création d’un formidable bassin de données démographiques couplées avec les renseignements des puissantes bases de données administratives canadiennes qui sont à la disposition des chercheurs et des professionnels de la santé pour surveiller les résultats de santé et l’utilisation des services de santé. L’harmonisation et la coordination des données aideront aussi directement à réunir et à analyser d’importantes données actuellement disparates sur les Autochtones du Canada et d’autres populations vulnérables. Enfin, en s’attaquant aux problèmes liés à l’harmonisation et au stockage des données, aux politiques d’accès, aux conseils d’éthique de la recherche (CER) et à l’obtention d’un deuxième consentement, cette initiative stimulera l’excellence organisationnelle et les possibilités de développement des connaissances en recherche sur l’éthique.
4.2.4 Priorité 4 : Contribuer aux initiatives phares pertinentes des IRSC
(*4e orientation stratégique des IRSC)
Les IRSC ont mis sur pied huit grandes initiatives phares en appui aux objectifs de leur plan stratégique. Comme indiqué précédemment, la plus grande de ces initiatives et celle qui concorde le mieux avec les priorités de l’ISCR est la Stratégie de recherche axée sur le patient (SRAP). Cependant, comme expliqué ci-dessous, l’ISCR participe directement ou indirectement à la plupart des autres initiatives phares.
A) Inflammation et maladies chroniques
(i) Initiative des défis de santé liés à l’inflammation chronique
L’inflammation est un processus physiologique qui aide normalement à lutter contre l’infection et contribue à la réparation des tissus. Le dysfonctionnement de la réponse inflammatoire, par contre, favorise le développement et la progression de plusieurs maladies chroniques communes, par exemple l’asthme, la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) et la bronchique chronique – domaines de recherche clé sous le mandat de l’ISCR. L’inflammation contribue aussi au développement et à la progression de plusieurs autres problèmes de santé comme les maladies cardiovasculaires, l’arthrite, le diabète, les maladies neurodégénératives, les troubles neurologiques et neuropsychiatriques et le cancer. Ces maladies et d’autres sur fond de pathologie inflammatoire représentent un fardeau du point de vue des coûts de santé et de la souffrance humaine à la grandeur de la planète. Cependant, nous possédons toujours une compréhension limitée du rôle de l’inflammation chronique dans le développement et la progression des maladies, et les défis scientifiques restants sont énormes.
Cette initiative phare vise à cerner les points communs entre des maladies où l’inflammation joue un rôle, une approche qui pourrait aboutir à une compréhension plus précise de la physiopathologie et permettre des diagnostics plus précoces et des possibilités de traitement plus efficaces. Pour soutenir l’atteinte de ces objectifs, qui cadrent directement avec l’une des anciennes priorités de l’ISCR (plan stratégique 2006–2010), l’Institut financera les projets de recherche qui traitent de l’inflammation dans le contexte de la santé respiratoire.
(ii) Initiative de recherche sur la transplantation
Une initiative, étroitement liée à l’initiative phare sur l’inflammation chronique et mobilisant bon nombre de mêmes intervenants, porte sur la transplantation, domaine où l’inflammation a aussi une grande influence. Comme la transplantation a été désignée comme une priorité de recherche de l’ISCR (dans le plan stratégique 2006–2010) par sa communauté de chercheurs, l’Institut continuera de travailler avec l’Institut des maladies infectieuses et immunitaires des IRSC et d’autres partenaires à l’établissement d’un consortium national en transplantation. En réunissant les plus brillants cerveaux du pays, en partageant les plateformes et les ressources et en créant des équipes et des réseaux en transplantation, on espère que cette initiative transformera la recherche sur la transplantation au Canada, ce qui mènerait à une augmentation de la qualité et de la quantité des organes provenant de donneurs et à l’amélioration des résultats de santé à long terme des greffés.
B) Médecine personnalisée
Selon des experts canadiens en sciences-technologies17, la médecine personnalisée est l’un des principaux secteurs scientifiques-technologiques émergents où le Canada est en bonne position pour devenir chef de file mondial. Notamment, le thème des « biomarqueurs pour les maladies chroniques » figure parmi les principales priorités de l’ISCR depuis 2006. Pour promouvoir davantage la découverte, la validation et l’application des biomarqueurs d’intérêt pour la communauté de chercheurs de l’ISCR, l’Institut s’est joint au programme Génomique et santé personnalisée – une composante de l’initiative phare Médecine personnalisée. L’ISCR s’est engagé à investir des fonds particuliers dans des projets qui concordent directement avec un de ses quatre réseaux émergents; nous espérons que les équipes soutenues dans le cadre du concours Génomique et santé personnalisée qui auront des affinités avec l’ISCR établiront des liens de collaboration solides avec les réseaux émergents de l’Institut, dont certains devaient accorder une grande place aux biomarqueurs dans leur programme de recherche.
C) Stratégie internationale de recherche concertée sur la maladie d'Alzheimer
Étant donné que les maladies cardiovasculaires jouent un rôle aussi important, sinon plus important, que la maladie d’Alzheimer, dans le développement de la déficience cognitive19, et puisque « le vieillissement et le système cardiorespiratoire » ont été désignés comme une priorité de recherche (plan stratégique 2006–2010 de l’ISCR), l’ISCR travaillera en étroite collaboration avec l’Institut du vieillissement à la mise sur pied de cette initiative, qui permettra de relier un certain nombre de groupes pourvus d’expertise dans le domaine de l’Alzheimer. L’ISCR financera pendant cinq ans la création d’un programme de recherche intégré en consortium, qui tiendra compte des facteurs cardiovasculaires pertinents (volet du mandat de l’ISCR) et de leur rôle dans le développement de la déficience cognitive.
D) Initiative phare Soins de santé communautaires de première ligne
Pour atteindre un meilleur équilibre entre les quatre thèmes de recherche des IRSC et répondre au besoin de stimuler la recherche sur les systèmes et les services de santé en lien avec le mandat de l’ISCR, l’Institut entend participer et contribuer à l’initiative Soins de santé communautaires de première ligne (SSCPL). Les contributions de l’Institut seront façonnées par des collaborations uniques avec Pfizer et la FMCC. Ensemble, l’ISCR et ces partenaires concevront un programme pour appuyer les équipes qui seront financées dans le cadre de l’initiative phare SSCPL et dont les recherches seront axées sur la santé cardiovasculaire. Pour augmenter la capacité de recherche sur les soins de santé communautaires de première ligne en lien avec le mandat de l’ISCR, une priorité de l’ISCR sera de créer des programmes conjoints de formation et de perfectionnement professionnel en début de carrière en partenariat avec l’Institut des services et des politiques de la santé (ISPS) des IRSC.
E) Voies de l'équité en santé pour les Autochtones
L’ISCR, dans le cadre de l’initiative d’harmonisation et d’amélioration des cohortes (troisième domaine prioritaire de l’ISCR), vise à mettre sur pied, en collaboration avec l’Institut de la santé des Autochtones (ISA) des IRSC, une cohorte de 2000 résidants de réserves autochtones. Dans le cadre de cette initiative, l’ISCR travaillera avec sa communauté de chercheurs, la Fondation des maladies du cœur et un comité d’experts de l’ISA pour soutenir la création de cette sous-cohorte, qui visera le phénotypage détaillé d’un échantillon de résidants de réserves autochtones, y compris le phénotypage contextuel. Ce projet créera une ressource importante qui servira à la conception et à l’évaluation de programmes visant à améliorer la santé et les soins de santé de ces collectivités. Il est à noter que les données recueillies par le biais de la sous-cohorte pourraient être très précieuses pour les chercheurs et les programmes qui seront créés dans le cadre de l’initiative phare des IRSC Voies de l’équité en santé pour les Autochtones.
F) Environnements et la santé
Dans le cadre d'un partenariat avec les Instituts suivants des IRSC, soit Santé publique et des populations, Maladies infectieuses et immunitaires, Développement et de la santé des enfants et des adolescents, ainsi que l'Institut de Nutrition, du métabolisme et du diabète, l'Institut de Santé circulatoire et respiratoire contribuera au développement de l'Initiative stratégique sur les Environnements et la santé. Cette initiative portera sur les effets de l'environnement physique (environnement naturel et environnement bâti), de l'exposition aux produits chimiques, de même que de l'environnement social et culturel, et des effets des interactions entre ceux-ci, sur la santé et la maladie. Pour l'ISCR, des sujets tel que la qualité de l'air, l'exposition aux produits chimiques, de même que les caractéristiques de l'environnement bâti revêtent un intérêt particulier pour la santé circulatoire et respiratoire des populations. Compte tenu de la priorité que l'ISCR accorde à l'harmonisation et au rehaussement de cohortes existantes comme outil de développement de la recherche appliquée, nous apporterons notre appui aux initiatives visant à harmoniser et enrichir des cohortes existantes avec des données environnementales à caractères générique et spécifique. Ultimement, cette initiative offrira aux chercheurs des outils qui leur permettront d'analyser comment divers environnements influencent la santé, et de comprendre comment des systèmes à caractère intersectorielle peuvent être mis à contribution pour éviter, réduire ou mitiger l'exposition aux menaces environnementales à la santé, ou à accroître la résilience des populations à ces expositions.
5. Conclusions
Par la mise en œuvre de ce plan stratégique au cours des prochaines années, l’ISCR tentera de renverser la tendance au déclin relatif des capacités de recherche dans plusieurs de ses secteurs de recherche. L’Institut propose d’accomplir cette mission en soutenant le perfectionnement professionnel en début de carrière et en stimulant la création de plateformes; cette approche servira à attirer des chercheurs dans les différents secteurs relevant de son mandat et contribuera à leur succès. L’ISCR a établi trois grandes stratégies pour atteindre ces objectifs. La première consistera à mettre sur pied une série de réseaux thématiques qui mobiliseront les plus brillants cerveaux pour combler les lacunes des connaissances et créer des possibilités de multiplier les ressources par les partenariats. La deuxième stratégie – l’harmonisation et l’amélioration des cohortes – comportera un travail de coordination entre plusieurs instituts et partenaires des IRSC; nous espérons que cette approche permettra à l’ISCR d’attirer des chercheurs du domaine des systèmes de santé et de la santé des populations dans les secteurs liés à son mandat. Enfin, la participation et la contribution de l’ISCR à diverses initiatives phares des IRSC offriront à notre communauté de chercheurs de multiples occasions de faire appel et de s’associer à d’autres groupes et équipes solides ayant des intérêts similaires au Canada.
Notes en bas de page
- Note en bas de page 1
-
Loi sur les IRSC, 2000; 13 février 2013 – Page 3.
- Note en bas de page 2
-
Énoncé de mission de l’ISCR; http://www.cihr-irsc.gc.ca/e/8663.html.
- Note en bas de page 3
-
Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) – données sur la santé 2012.
- Note en bas de page 4
-
Vers l’avenir – Rendement global des IRSC : De l’investissement en recherche à l’application des connaissances. Publication des IRSC, 2011–12–09.
- Note en bas de page 5
-
Morgan S, Grootendorst P, Lexchin J, Cummingham C, Greyson D. The cost of drug development: A Systematic Review. Health Policy 2011; 100:4-17.
- Note en bas de page 6
-
Berwick DM. Disseminating innovation in Health Care. JAMA 2003; 289(15):1969–1975.
- Note en bas de page 7
-
Herzlinger RE. Why innovation in Health Care is so bard- Big Picture. Harv. Bus. Rev. On point 2006 (mai):1-10.
- Note en bas de page 8
-
National Institute for Health Research (R.-U.) 2011 (Rapport annuel).
- Note en bas de page 9
-
D’après les couts totaux attribuables à la maladie (147,9 milliards de dollars). Les couts des soins offerts dans d’autres établissements et les autres couts sanitaires directs ne sont pas compris.
- Note en bas de page 10
-
Les coûts directs comprennent les hôpitaux, les médicaments et les médecins.
- Note en bas de page 11
-
Les coûts indirects incluent la mortalité, invalidité de longue durée et invalidité de courte durée.
- Note en bas de page 12
-
L’Agence de la santé publique du Canada – Données tirées de Fardeau économique de la maladie au Canada, 2000, http://www.phac-aspc.gc.ca/cd-mc/cvd-mcv/mcv_femc-cvd_ebic-fra.php.
- Note en bas de page 13
-
Lenfant C. Clinical Research to Clinical Practice-Lost in Translation. NEJM 2003; 349:868-874.
- Note en bas de page 14
-
Murray CJL et Lopez AD. Alternative Projections of Mortality and Disability by Cause 1990–2020. Global Burden of Disease Study. Lancet 1997; 349:1498–1504.
- Note en bas de page 15
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Rapport pour l’examen international des Instituts de recherche en santé du Canada – Rapport de l’Équipe d’examen composée d’experts pour l’ISCR – S. Holgate – 2011 (février).
- Note en bas de page 16
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Institut de la santé circulatoire et respiratoire des IRSC – Évaluation interne pour l’examen international 2011 – Page 12
- Note en bas de page 17
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Conseil des académies canadiennes : L’état de la science et de la technologie au Canada 2012.
- Note en bas de page 18
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Stratégie canadienne de santé cardiovasculaire et Plan d’action – Building a Heart Healthy Canada – Santé Canada 2009 (février).
- Note en bas de page 19
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Kovacic JC, Fuster V. Artherosclerotic risk factors, vascular cognitive impairment and Alzheimer disease. Mt Sinai J Med 2012;79(6):664-673.
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