À propos des Voies de l'équité en santé pour les Autochtones

Les nombreuses disparités sur le plan de la santé entre les communautés autochtones et non autochtones au Canada sont bien documentées et représentent un important centre d’intérêt pour les IRSC. Les causes profondes de la mauvaise santé sont bien comprises1. Des facteurs comme le revenu, l’éducation, l’emploi, les conditions de vie, la classe sociale, le soutien social et l’accès aux services de santé contribuent tous à déterminer si les gens sont en santé ou non2. La déculturation, le racisme et la stigmatisation, la perte de la langue et du rapport à la terre, la privation environnementale et le sentiment d’être coupé spirituellement, émotionnellement et mentalement de son identité autochtone sont également défavorables3. Chez les Autochtones, la perte de cette identité peut nuire à la santé4.

Par contre, il importe tout autant de reconnaître et de comprendre les facteurs qui ont des effets positifs sur la santé des Autochtones, comme la résilience personnelle et communautaire, le rétablissement et la promotion de l’identité autochtone, la survie de la culture et de la langue, et l’autogestion.

Tenter de réduire les nombreuses inégalités en matière de santé entre les Autochtones et le reste de la population au Canada n’est pas une mince affaire. Comme les meilleures chances de réduire ces inégalités semblent résider dans la modification des facteurs sociaux qui ont tant d’incidence sur la vie des Autochtones, l’initiative des Voies de l’équité comprend un volet axé sur les interventions pratiques dont le but est d’améliorer les déterminants sociaux de la santé.

La méthode de recherche utilisée dans le cadre de l’initiative est la science de la mise en œuvre. Par cette méthode, on étudie ce qui fonctionne pour faire intervenir un changement, de quelle manière, et dans quelles conditions, et on examine si une intervention peut être adaptée pour faire son œuvre différemment en différents lieux ou dans différentes conditions. Elle permet aussi d’examiner comment une intervention qui est efficace peut être portée à grande échelle pour atteindre plus de gens et les faire profiter équitablement des avantages. Pour que le plus grand nombre de personnes possible puisse en bénéficier, tous les projets incluront des plans d’application des connaissances, qui prévoient la compilation des données et la diffusion ainsi que la communication du savoir aux communautés et aux responsables des politiques.

Les projets des Voies de l’équité encourageront aussi l’utilisation des systèmes de connaissances autochtones, qui englobent la connaissance et l’expérience des pratiques de guérison rituelles et physiques, comme le recours aux plantes médicinales. Ces pratiques comprennent les concepts de la santé, de la complétude et de la résilience, ainsi que les approches favorisant le bien-être et la guérison. Le maintien du bien-être, y compris la santé mentale, émotionnelle et spirituelle, se fonde souvent sur des rites et des enseignements traditionnels qui procurent une base favorisant une bonne image de soi et une saine identité. Les connaissances autochtones de la terre et de son écologie aident au maintien de la santé chez de nombreux membres des Premières Nations, des Inuits et des Métis. Les interventions doivent s’appuyer sur les systèmes de connaissances autochtones pour être fructueuses, parce qu’elles seront ainsi mieux adaptées à la culture autochtone et auront plus de sens pour les Autochtones, tout en étant mieux acceptées que les méthodes non autochtones.

La recherche et l’application des connaissances dans les quatre domaines prioritaires permettront d’atteindre les objectifs suivants :

  1. Accroître les connaissances permettant d’exécuter des interventions adaptables ou à plusieurs échelles qui contribueront à réduire les disparités en santé chez les Autochtones;
  2. Améliorer la santé des Autochtones dans les quatre domaines prioritaires par l’adaptation des interventions et leur utilisation;
  3. Mieux comprendre comment réduire les disparités en santé et la manière dont les connaissances acquises peuvent être appliquées à d’autres populations et dans d’autres contextes (innovation inversée, apprentissage réciproque);
  4. Augmenter la capacité de recherche dans le domaine de la science de la mise en œuvre en ce qui a trait à la santé des Autochtones et d’autres populations vulnérables.

Les quatre domaines d’intervention dans l’initiative des Voies de l’équité – le suicide, la tuberculose, le diabète et l’obésité, et la santé buccodentaire – ont été reconnus comme des priorités par les communautés des Premières Nations, des Inuits et des Métis, ainsi que par les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux. Ils correspondent tous à des problèmes de santé qu’il est possible de prévenir ou dont les conséquences peuvent être atténuées par des interventions5.

Bien que l’initiative des Voies de l’équité se concentre sur quatre problèmes de santé, les connaissances qui découleront de la recherche dans ces domaines aideront à réduire les disparités sur d’autres plans qui influent sur la santé des Autochtones, soit ceux de la santé mentale (notamment l’abus de substances, la dépression et la stigmatisation), des maladies transmissibles (comme le VIH et les maladies transmises sexuellement), des maladies chroniques (y compris les maladies cardiaques et le cancer) et des systèmes de santé (comme la prestation de soins de santé communautaires de première ligne dans les régions éloignées).

Notes en bas de page

Note en bas de page 1

Reading, C., et F. Wien, Health Inequalities and Social Determinants of Aboriginal Peoples’ Health. Centre de collaboration nationale de la santé autochtone, Université du Nord de la Colombie-Britannique, Prince George, 2009.

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Note en bas de page 2

Instituts de recherche en santé du Canada, L’innovation au service de la santé – De meilleurs soins et services par la recherche. Instituts de recherche en santé du Canada, Ottawa, 2009.

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Note en bas de page 3

Reading, C., et F. Wien, 2009.

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Note en bas de page 4

King, M., A. Smith, M. Gracey, "Indigenous perspectives on health. The underlying causes of the health gap", The Lancet, vol. 374, p. 76-85, 2009.

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Note en bas de page 5

King M, Smith A, Gracey M. 2009.

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