Profil de recherche – Rétablissement culturel

Des femmes autochtones aident à modifier un programme d’intervention contre la violence conjugale

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Photo : Elder Roberta Price

Elder Roberta Price

Utilisant une combinaison d’enseignements de son propre héritage culturel (Salish du littoral/Snuneymuxw et Cowichan) et d’invités, dont d’autres aînés, Roberta Price anime une rencontre hebdomadaire pour les femmes participant au projet pilote sur la version modifiée de iHEAL. Les femmes prennent part à des activités comme la préparation de sachets d’objets rituels, au cours desquelles elles reçoivent et partagent des enseignements traditionnels en particulier sur la santé et le ressourcement.

Un programme d’intervention contre la violence conjugale est en voie d’être modifié avec l’aide de femmes autochtones pour tenir compte de leurs besoins culturels.

Le programme original, l’Intervention for Health Enhancement After Leaving (iHEAL), dure six mois et vise à répondre aux besoins sanitaires et sociaux des femmes qui sortent de relations marquées par la violence. Cependant, il peut être modifié en fonction de la population à laquelle il s’adresse, selon la Dre Colleen Varcoe, de l’Université de la Colombie-Britannique.

La Dre Varcoe et son équipe ont mis au point iHEAL pour aider les femmes à avoir accès aux services médicaux, psychologiques et sociaux dont elles ont besoin non seulement pour mettre fin à une relation de violence, mais aussi pour trouver des moyens de vivre en sécurité par la suite. Le programme est personnalisé, aucune situation n’étant identique à une autre. Il comprend des rencontres personnelles hebdomadaires avec des infirmières qui aident les femmes et font un suivi de diverses questions de santé. Les infirmières travaillent en partenariat avec les organismes de santé locaux.

« Nous passons beaucoup de temps à travailler avec chaque femme sur ce qui est important pour elle », dit la Dre Varcoe.

iHEAL soutient les femmes sur plusieurs plans, notamment pour des besoins essentiels comme se nourrir, se vêtir, se loger et trouver l’énergie pour vivre. L’intervention aide les femmes à améliorer leur sécurité physique et émotionnelle de diverses façons, par exemple en les incitant à la prudence dans leurs relations personnelles. Elle porte aussi sur les symptômes que les femmes peuvent éprouver après avoir été victime de violence, comme la douleur chronique, l’invalidité, la dépression et l’anxiété.

L’intervention a également pour but d’aider la femme à se faire une nouvelle idée de ce à quoi ressemble sa famille.

« Si vous avez quitté un partenaire violent, à quoi votre famille ressemble-t-elle maintenant? Et si vous avez des enfants, comment faire en sorte que votre famille soit en santé et en sécurité? », dit-elle.

L’équipe de recherche a mis à l’essai iHEAL chez des groupes de femmes au Nouveau-Brunswick et en Ontario. Selon la Dre Varcoe, le programme s’est révélé prometteur pour certaines mesures portant sur la santé physique et mentale et le soutien social.

Dans leur plus récent projet, les chercheurs ont modifié iHEAL pour aider les femmes autochtones vivant dans le Downtown Eastside à Vancouver. La plupart de ces femmes vivent non seulement des problèmes de violence conjugale, plusieurs sont aussi victimes de violence liée au racisme et à une grande pauvreté, ce dont il a fallu tenir compte.

En bref

Qui – Dre Colleen Varcoe, professeure de sciences infirmières, Université de la Colombie-Britannique.

Question – Chaque situation de violence conjugale est différente, pourtant les interventions traditionnelles sont généralement « uniformisées » et tiennent rarement compte des besoins culturels des femmes.

Approche – La Dre Varcoe et son équipe ont mis au point iHEAL, un programme d’intervention adaptable répondant aux besoins sociaux et médicaux des femmes qui mettent fin à une relation où elles sont victimes de violence.

Impact – Une version de iHEAL adaptée aux besoins des femmes autochtones du Downtown Eastside à Vancouver incorpore des éléments culturels et spirituels dans les interventions en violence conjugale.

La Dre Varcoe et son équipe ont commencé à travailler avec les aînés de la communauté pour élaborer la meilleure approche. Elles se sont aussi associées à la Vancouver Native Health Society (VNHS), qui fournit des services médicaux et sociaux ainsi que des services de counseling à la communauté autochtone du Downtown Eastside.

« Il nous a fallu plus d’un an pour trouver à quoi ressemblerait iHEAL dans un contexte autochtone, et nous en sommes arrivés à un modèle quelque peu différent », dit-elle.

Ce modèle comprend non seulement des rencontres personnelles hebdomadaires avec une infirmière qui s’occupe des besoins de chaque femme sur le plan de la santé et des services sociaux, mais aussi des rencontres traditionnelles appelées « cercles » une fois par semaine. Il s’agit d’une pratique autochtone englobant des enseignements culturels, sous la direction d’un aîné.

Une étude pilote utilisant la version modifiée de iHEAL a été lancée à l’automne 2012, et 20 femmes autochtones y participent.

Cette étude se poursuit, mais les premiers rapports sont positifs. Les femmes participantes disent trouver les cercles très importants. En cherchant à répondre à leurs besoins spirituels et en considérant leur culture sous un autre angle, le programme peut les aider à approfondir leur identité culturelle.

Une fois cette phase du travail terminée, les chercheurs mettront l’approche à l’essai auprès d’un groupe plus vaste de 130 femmes.

« Il nous a fallu plus d’un an pour trouver à quoi ressemblerait iHEAL dans un contexte autochtone, et nous en sommes arrivés à un modèle quelque peu différent. »
– Dre Colleen Varcoe, Université de la Colombie-Britannique.

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