Profil de recherche – Mise en commun de l'expertise des isotopes
Un nouveau réseau de recherche vise à réduire la dépendance à un isotope nécessaire en imagerie médicale.
[ Retour à l'article principal ]

Dr Jean-Claude Tardif
En bref
Qui – Le Dr Jean-Claude Tardif, professeur de médecine à l'Institut de cardiologie de Montréal.
Question – La fermeture de réacteurs nucléaires un peu partout dans le monde a entraîné des pénuries de technétium 99m (Tc-99m), un important isotope utilisé en imagerie médicale.
Approche – Le Réseau d'essais cliniques en imagerie médicale du Canada (MITNEC) est un réseau de centres de recherche dans tout le Canada qui travaillent à mettre au point des techniques d'imagerie médicale qui ne dépendent pas du Tc-99m.
Impact – En réduisant notre dépendance au Tc-99m, MITNEC aidera à prévenir les retards à l'avenir pour les patients qui ont besoin de l'imagerie médicale.
Des chercheurs sont sur la bonne voie pour trouver des moyens de réduire la dépendance à un traceur radioactif appelé technétium 99m (Tc-99m) en imagerie médicale.
Le Tc-99m est un isotope radioactif utilisé dans une vaste gamme de dispositifs d'imagerie médicale pour aider à diagnostiquer et à surveiller des maladies allant du cancer aux affections cardiaques. Des pénuries de l'isotope au cours des dernières années ont rendu nécessaire de trouver des solutions de rechange, selon le Dr Jean-Claude Tardif, professeur de médecine à l'Institut de cardiologie de Montréal. Ces pénuries ont eu pour résultat que des patients partout dans le monde ont dû se passer d'examens par IRM qui auraient été requis.
Le Tc-99m est habituellement produit dans des réacteurs nucléaires, mais en raison de la fermeture d'un certain nombre de réacteurs dans le monde, d'importantes pénuries sont encore probables. Bien que de nouvelles sources de Tc-99m aient été mises au point, il reste sensé de réduire la dépendance à l'isotope, selon le Dr Tardif.
Pour ce faire, les centres spécialisés dans l'imagerie et l'utilisation d'isotopes doivent collaborer.
« Ces études ne peuvent être réalisées isolément. Même si elles sont de niveau mondial, il faut unifier les ressources, les centres et les protocoles », dit le Dr Tardif.
Le Réseau d'essais cliniques en imagerie médicale du Canada (MITNEC) est un réseau de centres de recherche et de chercheurs en train de mettre en route ces genres de projets concertés. Financé en partie par les Instituts de recherche en santé du Canada, il relie aujourd'hui plus de 40 centres, dont 13 universités dans 5 provinces.
« Nous avons formé un réseau qui fait appel à trois disciplines médicales – oncologie (cancer), cardiologie, et neurologie (cerveau et nerfs) – pour mener des études qui, espérons-le, pourront réduire notre dépendance au technétium », dit-il.
Les membres du réseau suivent trois approches clés dans leurs projets.
Selon la première de ces approches, les chercheurs étudient si d'autres types d'isotopes peuvent remplacer le Tc-99m; selon la deuxième, ils se penchent sur des techniques d'imagerie qui ne requièrent aucun isotope; et selon la troisième, ils explorent l'utilisation de Tc- 99m qui n'a pas besoin d'être produit en réacteur. Pour ces trois approches, les images obtenues seront évaluées pour déterminer si leur qualité est aussi bonne, sinon meilleure, que celle des images fournies par la méthode standard, c'est-à-dire avec le Tc-99m produit en réacteur.
En cardiologie, une étude multicentres à laquelle participent 450 patients à risque de crise cardiaque est en cours. Les patients seront soumis à l'examen d'imagerie cardiaque habituel par tomographie monophotonique d'émission (TME) et Tc-99m, mais aussi à d'autres examens d'imagerie qui ne requièrent pas l'utilisation d'isotopes. Le projet comparera les diverses approches, et déterminera si l'imagerie faisant appel à d'autres technologies est aussi efficace que la TME.
Un autre projet de MITNEC consiste à examiner les technologies d'imagerie utilisées pour surveiller la propagation du cancer des os. Des chercheurs essaient de déterminer si les examens en tomographie par émission de positrons (TEP) utilisant différentes sortes d'isotopes peuvent produire des images d'aussi bonne qualité que celles qui sont obtenues pour ces patients avec le Tc-99m. De même, en neurologie, des chercheurs de MITNEC réaliseront une étude pour vérifier si les examens en TEP qui utilisent d'autres types d'isotopes peuvent fournir des images de bonne qualité pour détecter les signes précoces de démence.
Diverses autres études sont planifiées et lancées également, selon le Dr Tardif.
« Ces études ne peuvent être réalisées isolément. Même si elles sont de niveau mondial, il faut unifier les ressources, les centres et les protocoles. »
– Dr Jean-Claude-Tardif, Institut de cardiologie de Montréal
- Mise à jour :