Transcription – Vidéo avec la Dre Macaulay – Voici les faits (Printemps 2013, volume 1, numéro 4)
Partenariat équitable : une communauté unie pour lutter contre le diabète de type 2
Au milieu des années 1980, une hausse spectaculaire de l’incidence du diabète de type 2 a été observée sur le territoire mohawk de Kahnawake.
Dre Ann C. Macaulay
Université McGill
Dre Ann C. Macaulay : Si on demande à une classe de première année combien comptent un membre de la famille aux prises avec le diabète de type 2, presque tous les élèves lèvent la main. Voilà une indication de l’impact.
La communauté s’est tournée vers la Dre Macaulay et le regretté Dr Louis T. Montour pour se pencher sur le problème.
Dre Ann C. Macaulay : Nous avons pris conscience de l’ampleur de la demande et nous avons décidé de former une équipe que nous estimions en mesure de monter un projet de recherche.
Le Projet de prévention du diabète dans les écoles de Kahnawake (PPDEK) sert depuis de modèle de recherche communautaire.
Alex McComber
Chercheur et membre du conseil consultatif communautaire du PPDEK
Alex McComber : Ce qui m’était et m’est encore particulièrement important, c’est notre vision de l’avenir pour les prochaines générations d’Autochtones, sept générations, nos petits-enfants et nos enfants, sur le plan de la santé.
Un conseil consultatif communautaire formé de résidants de Kahnawake a orienté le PPDEK dès le départ.
Dre Ann C. Macaulay : La communauté nous a guidés tout le long du projet. Le conseil consultatif communautaire est la clé du succès du PPDEK. C’est indéniable.
Au début du projet, il existait très peu d’information sur la façon de mener à bien un projet de recherche communautaire.
Dre Ann C. Macaulay : Notre projet était, dans les années 1990, l’un des rares à être dotés d’un code détaillé d’éthique de la recherche, ce qui a suscité l’utilisation ou l’adaptation par d’autres groupes du code que nous avions établi pour le PPDEK.
À mesure que progressait le PPDEK, d’autres éléments clés d’une collaboration fructueuse se sont ajoutés.
Alex McComber : L’élément clé est la consultation, une consultation honnête des membres et des organismes de la communauté, en insistant sur la nécessité d’un partenariat équitable.
Alex McComber : Il est important de ne rien présumer. Nous devons constamment nous rappeler les racines et les origines de la communauté, tout en tenant compte de la science. Nous savons que la science a évolué, de même que les connaissances, à mesure que de nouvelles conclusions sont tirées. Nous devons également les appliquer à la communauté.
Le PPDEK a permis non seulement de mieux sensibiliser la communauté à la santé, mais également d’accroître la capacité de recherche.
Plusieurs membres de la communauté ont poursuivi leurs études aux cycles supérieurs et se sont joints à l’équipe de recherche du PPDEK.
Dre Ann C. Macaulay : Ces nouveaux diplômés universitaires bénéficient d’un amalgame d’acquis des plus avantageux : ils connaissent et comprennent la communauté, y sont ancrés et en font partie intégrante, et ils possèdent une formation scientifique en plus. Il s’agit là d’un amalgame puissant.
Le PPDEK continuera à répondre aux besoins de Kahnawake.
Alex McComber : La communauté se demande si elle fera l’objet d’une autre recherche et pourquoi. Nous devons être en mesure de lui répondre avec respect et de lui montrer que toute recherche demeurera utile à son bien-être et respectueuse de son essence.
Dre Ann C. Macaulay : Depuis maintenant 18 ans, les membres du conseil se réunissent chaque mois autour d’un repas-partage, sauf en juillet et août. Ils sont très dévoués, et je sais que la tradition sera maintenue. Voilà comment se dessine l’avenir du PPDEK.
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