Profil de recherche – VIH, hépatite C et sous-alimentation
Une grande partie des personnes co-infectées par le VIH et l'hépatite C ont un accès limité à des repas réguliers.
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Dr Joseph Cox
En bref
Qui – Drs Joseph Cox et Anne-Marie Hamelin, Université McGill.
Question – L'insécurité alimentaire est un problème répandu chez les Canadiens vivant avec le VIH.
Approche – Les Drs Cox et Hamelin se servent de la Cohorte canadienne de co-infection pour étudier la sécurité alimentaire chez les personnes co-infectées par le VIH et le VHC.
Impact – Une meilleure compréhension des causes de l'insécurité alimentaire chez les personnes co-infectées par le VIH et le VHC pourrait permettre aux chercheurs de concevoir des interventions efficaces pour favoriser la sécurité alimentaire dans cette population vulnérable.
Une étude de longue durée sur des personnes infectées par le VIH et le virus de l'hépatite C (VHC) pourrait aider les chercheurs à comprendre un facteur fondamental pour la santé : le manque d'accès à une quantité suffisante d'aliments nutritifs.
Établie en 2002, la Cohorte canadienne de co-infection (CCC) est dirigée par des chercheurs de 18 centres au Canada. Elle suit 1 050 sujets infectés à la fois par le VIH et le VHC afin de déterminer l'influence du VIH sur la progression de la maladie hépatique. Le VHC chronique est une maladie infectieuse pouvant endommager le foie à long terme.
« Une alimentation inadéquate peut aggraver l'état de santé de tous les malades, y compris des personnes co-infectées par le VIH et le VHC », estime le Dr Joseph Cox, professeur adjoint de médecine et d'épidémiologie à l'Université McGill. Le Dr Cox travaille avec la Dre Anne-Marie Hamelin, cochercheuse principale du projet.
« Nous pensons que l'insécurité alimentaire est assez répandue chez les personnes vivant avec le VIH. En fait, une étude réalisée en Colombie-Britannique laisse entendre que le problème touche jusqu'à 70 % de cette population, ce qui signifie que ces gens n'ont tout simplement pas accès à une quantité suffisante de nourriture », explique le Dr Cox. Même si l'insécurité alimentaire semble répandue dans cette population, le problème n'a jamais été étudié dans le contexte de la co-infection, et jamais sur une longue période.
Un pourcentage élevé des quelque 12 000 Canadiens co-infectés par le VIH et le VHC présentent un problème d'alcoolisme ou de toxicomanie.
« Les problèmes de dépendance, y compris les antécédents de consommation de drogue injectable, sont maintenant beaucoup plus fréquents chez les personnes vivant avec le VIH », précise le Dr Cox.
Les chercheurs souhaitent répondre à une série de questions, notamment sur la place de l'insécurité alimentaire dans cette population, son lien avec les comportements individuels et la qualité de vie, ainsi que ses effets sur les conséquences du VIH et du VHC et la santé en général.
L'infrastructure est déjà en place pour permettre aux chercheurs de la CCC de visiter les participants tous les six mois afin de recueillir de l'information sur leur santé générale. L'équipe du Dr Cox ajoute à l'évaluation existante de la santé un questionnaire qui s'inspire du sondage sur la sécurité alimentaire de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes. Les chercheurs prévoient suivre les participants pendant deux ans.
« Nous étudierons l'interaction entre l'insécurité alimentaire, l'utilisation des services de santé, ainsi que le traitement ou le non-traitement du VIH ou du VHC. Nous examinerons également les relations entre l'insécurité alimentaire et l'apparition d'autres maladies concomitantes – comme la dépression, les troubles psychiatriques et, peut-être, les maladies caractéristiques du sida et la cirrhose consécutive à l'hépatite C », explique le Dr Cox.
Les chercheurs espèrent trouver des indices et des idées d'intervention qui aideront cette population et qui permettraient, avec le temps, à certaines personnes de passer de la sous-alimentation à la sécurité alimentaire.
« Nous pourrons peut-être comprendre comment y parvenir et quels facteurs peuvent favoriser la transition de l'insécurité à la sécurité alimentaire. Par exemple, cette transition pourrait avoir un lien avec des changements sur le plan du logement ou des comportements, ou encore avec l'accès à des programmes de réadaptation ou de traitement de la toxicomanie. »
Dans le cadre du projet, les chercheurs réaliseront également des entrevues qualitatives plus détaillées avec vingt personnes dans trois villes : Montréal, Toronto et Vancouver. Ces entrevues visent à mieux comprendre pourquoi il existe un lien entre l'infection au VIH et l'insécurité alimentaire. Un questionnaire a maintenant été conçu et mis à l'essai, et le recrutement a débuté à l'Université McGill. Les entrevues sont censées commencer plus tard en 2013 dans d'autres centres de la CCC.
« Nous pensons que l'insécurité alimentaire est assez répandue chez les personnes vivant avec le VIH. En fait, une étude réalisée en Colombie-Britannique laisse entendre que le problème touche jusqu'à 70 % de cette population, ce qui veut dire que ces gens n'ont tout simplement pas accès à une quantité suffisante de nourriture. »
– Dr Joseph Cox, Université McGill
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