Profil de recherche – Le fossé des générations
Une étude compare la santé et les besoins des bébé-boumeurs à ceux des générations précédentes.
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Dre Elizabeth Badley
En bref
Qui – Dre Elizabeth Badley, École de santé publique Dalla Lana, Université de Toronto.
Question – Les bébé-boumeurs ont profité de nombreuses percées médicales, et leur style de vie est très différent de celui de leurs parents et de leurs grands-parents. Par conséquent, ils n'auront peut-être pas les mêmes besoins médicaux que leurs prédécesseurs en vieillissant.
Approche – La Dre Badley et son équipe étudient quatre indicateurs de santé distincts tirés de l'Enquête nationale sur la santé de la population pour les préboumeurs et les boumeurs.
Impact – Leurs conclusions pourraient contribuer à l'établissement de politiques de santé factuelles pour les boumeurs.
En vieillissant, les bébé-boumeurs présentent-ils des problèmes de santé autres que ceux des générations précédentes? Dans l'affirmative, quelles seront les répercussions sur la santé et les services sociaux?
Ces questions sont au cœur d'une vaste étude de population sous la direction de la Dre Elizabeth Badley, professeure à l'École de santé publique Dalla Lana de l'Université de Toronto.
On s'entend généralement pour dire que la génération des boumeurs est différente des générations précédentes, mais personne ne sait exactement comment les services de santé ou autres devront s'adapter à ces différences.
« Les boumeurs ont été la première génération ayant eu accès aux antibiotiques et à un système public de soins de santé. Ils sont aussi généralement plus instruits que les personnes de la génération précédente », mentionne la Dre Badley. « En revanche, ils sont plus obèses et moins actifs que leurs prédécesseurs, ce qui pourrait avoir des effets nuisibles sur leur santé. »
De plus, les progrès dans les soins médicaux, notamment en cardiologie, ont contribué à la prolongation de la durée de vie, ce qui s'accompagne parfois de problèmes de santé chroniques.
De nombreux bébé-boumeurs sont déjà à l'âge de la retraite, et leurs besoins en matière de services de santé pourraient différer de ceux de leurs parents. Les politiques de santé encadrant les services doivent correspondre à l'évolution des caractéristiques de la population. Les chercheurs comme la Dre Badley veulent déterminer les changements qui surviendront afin que les nouvelles politiques sur les soins de santé reposent sur des données probantes.
La Dre Badley et son équipe analysent les données de l'Enquête nationale sur la santé de la population, enquête conçue pour mesurer l'état de santé des Canadiens. Les participants à cette enquête à long terme ont été interrogés par Statistique Canada aux deux ans, de 1994 à 2010.
La Dre Badley et son équipe répartissent les répondants en trois catégories selon l'année de naissance : entre 1935 et 1944 (les préboumeurs); entre 1945 et 1954 (les boumeurs âgés); entre 1955 et 1964 (les jeunes boumeurs). Des données pertinentes ont ainsi été recueillies sur la santé de plus de 1 500 préboumeurs, 2 000 boumeurs âgés, et 3 000 jeunes boumeurs.
« Notre étude porte sur quatre indicateurs particuliers », précise la Dre Badley.
Un de ces indicateurs est l'autoévaluation de la santé de ces personnes, marqueur bien établi de l'état de santé réel. Deux autres concernent la limitation des activités quotidiennes et le besoin d'assistance en raison d'un problème de santé à long terme. Enfin, le dernier indicateur est le nombre de visites chez le médecin durant l'année antérieure à titre de marqueur de l'utilisation des soins de santé.
Les chercheurs analysent actuellement les données et cernent les différences entre les bébé-boumeurs et la génération précédente, pour déterminer pourquoi ces différences surviennent. La fin de leur analyse est prévue pour l'automne 2013, ce qui permettra de mieux comprendre l'évolution de la santé de la population canadienne.
« Les boumeurs ont été la première génération ayant eu accès aux antibiotiques et à un système public de soins de santé. Ils sont aussi généralement plus instruits que les personnes de la génération précédente... voilà autant de facteurs susceptibles d'améliorer la santé en général. »
– Dre Elizabeth Badley, École de santé publique Dalla Lana, Université de Toronto
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