Établir un dialogue sur la santé à l’école

Des ateliers d'application des connaissances permettent à des élèves et à leurs parents de devenir des partenaires en santé à l'école.

Dre Donna Murnaghan

  • Professeure agrégée, École des sciences infirmières, Université de l'Île-du-Prince-Édouard
  • Membre du conseil du ministère de la Santé de l'Î.-P.-É.

Associés et partenaires

Problème

L’adoption d’un mode de vie sain débute dès l’enfance et l’adolescence. Lorsque de bonnes habitudes en matière d’alimentation, d’activité physique et de maintien de l’estime de soi sont acquises dès le jeune âge, cela peut avoir des effets positifs sur la santé et réduire les risques de maladie chronique plus tard dans la vie.

Les professionnels de la santé, les éducateurs et les parents constatent que les écoles ont un rôle important à jouer dans la promotion d’un mode de vie sain auprès des jeunes. 

À l’Île-du-Prince-Édouard, des écoles, des associations de parents et d’autres groupes communautaires se sont révélés des participants et des partenaires enthousiastes du projet Youth Excel–Connaissances & action liées pour une meilleure prévention (CLASP). Financées par le Partenariat canadien contre le cancer (PCCC), ces études d’échange de connaissances sur la santé des jeunes permettent d’amasser des données de recensement sur la santé des jeunes de la province. On a enregistré un taux de participation extraordinaire de 90 % au sondage du projet. 

Compte tenu de cet enthousiasme, la Dre Donna Murnaghan de l’Université de l'Î.-P.-É et son équipe du Groupe de recherche sur la santé globale à l’école ont voulu aider ce partenariat communautaire remarquable à poursuivre sur sa lancée en se penchant sur deux lacunes clés des connaissances concernant la santé à l’école : les niveaux de connaissance et les perceptions des élèves et des parents.

« Nous voulions déterminer ce que les élèves savent sur leur santé et comment ils se procurent cette information et la mettent en pratique », explique-t-elle. « De même, les parents jouent un rôle crucial dans la santé et le bien-être de leurs enfants, et nous voulions savoir comment les mobiliser. »

Recherche

À l’aide d’une subvention de dissémination des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), la Dre Murnaghan et son équipe ont organisé deux ateliers d’échange de connaissances sur la santé à l’école et la santé des élèves avec des élèves et des parents. 

À l’atelier d’une journée pour les élèves, 28 jeunes de la 7e à la 12e année ont réfléchi à ce que veut dire « être en santé » et aux moyens employés pour les aider à être en santé. Ils ont aussi lancé des idées sur les mesures que pourraient prendre les familles, les amis, les écoles, la communauté et la société pour améliorer la santé des jeunes, et sur la façon dont ils pourraient eux-mêmes influencer la création d’environnements plus sains dans leur communauté.

Le degré d’engagement des élèves a dépassé les attentes. Ils ont directement exprimé leurs avis aux autorités scolaires et de la santé publique sur l’efficacité des programmes scolaires et sur la façon d’obtenir de meilleurs résultats.

« Les élèves ont proposé des idées fantastiques », souligne la Dre Murnaghan. « Il nous arrive parfois de sous-estimer le degré de compréhension des jeunes. Leur message était : vous pouvez nous mobiliser assez facilement si vous nous en donnez la chance. »

Les élèves ont exprimé une tonne d’idées sur la façon de promouvoir un mode de vie plus sain à tous les niveaux : individuel, scolaire, familial, communautaire et sociétal. Par exemple, les familles pourraient opter davantage pour la cuisine maison. Les écoles pourraient promouvoir les aliments santé et aider les élèves à planifier et à diriger les activités physiques. Les communautés pourraient créer des installations de conditionnement physique et des espaces pour les activités familiales. Les gouvernements pourraient abolir les taxes sur les aliments santé.

Les parents ont désigné la bonne santé mentale et la nutrition comme les fondements d’un mode de vie sain. Ils ont souligné combien il est important pour les parents et les écoles d’être au même diapason, d’encourager les activités et les comportements sains et de travailler ensemble pour le bien des enfants. Ils veulent être informés de la vie scolaire de leurs enfants et y être engagés.

« Les jeunes d’aujourd’hui vivent dans des environnements stressants, et ils désirent que leurs parents et leurs mentors les aident à fixer les paramètres de leur bonne santé, » indique la Dre Murnaghan.

Résultats

La prochaine étape est une intervention – où les chercheurs travailleront en collaboration avec les élèves, les écoles et les parents à la mise sur pied d’activités à impact concret, et évalueront les effets ultérieurs de ces interventions sur le mode de vie et la santé.  

« Si nous pouvons établir un dialogue avec les élèves, les parents, les écoles et la communauté, la santé de nos jeunes pourra devenir un enjeu communautaire », estime la Dre Murnaghan. « Les ateliers d’échange de connaissances ont vraiment fait ressortir que lorsque les gens prennent conscience que leur voix peut changer les choses, ils peuvent devenir des partenaires consentants du changement social. »

La Dre Murnaghan et son équipe font partie d’un réseau de chercheurs du secteur de la santé à l’école et de la santé des populations, qui échangent de l’information d’un océan à l’autre.

« Une énorme partie de mon travail consiste à saisir les occasions d’établir des liens et de collaborer avec des partenaires de tout le Canada », précise la Dre Murnaghan. « Le financement d’organismes locaux et nationaux comme les IRSC, CLASP et le PCCC exerce un effet catalyseur et nous permet de concevoir des projets de recherche plus solides, plus rigoureux et plus éclairés. »

Le taux de participation élevé à cette étude réalisée à l'Î.-P.-É. nous procure une occasion unique d’apprendre ce qui fonctionne dans les activités de promotion de la santé à l’école et d’application des connaissances ciblant des populations de jeunes et d’élèves.

Cette recherche peut avoir un impact énorme au Canada et à l’étranger.