Profil de recherche – Un nouveau genre de consultation à domicile

Dre Sandra Jarvis-Selinger
Des chercheurs de l'Université de la Colombie-Britannique étudient la mise en œuvre de programmes de télésanté à domicile.
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Les technologies des communications rapprochent les habitants de la planète. Seul un ordinateur ou un téléphone intelligent suffit pour entrer en communication vidéo avec des gens de l’autre bout du monde. Ces technologies pourraient aider à résoudre l’un des problèmes les plus délicats de la prestation des soins de santé : mettre en contact les patients avec les fournisseurs de soins.
La télésanté permet aux patients de consulter des fournisseurs de soins ou de leur envoyer leur information médicale à l’aide d’outils technologiques (p. ex. téléphone, vidéoconférence, ordinateur, téléphone intelligent). Elle pourrait être particulièrement utile aux Canadiens des régions éloignées et mal desservies par les services de santé.
En bref
Qui – Dre Sandra Jarvis-Selinger, Université de la Colombie-Britannique.
Question – La télésanté pourrait aider les patients à mieux gérer leurs maladies chroniques, mais les décideurs ont besoin de plus de données probantes avant d’implanter la technologie.
Approche – La Dre Jarvis-Selinger et ses collègues se sont livrés à un examen narratif de la littérature sur l’usage de la télésanté à domicile dans la gestion des maladies chroniques. Ils s’emploient à créer une base de données qui aidera les gens à obtenir facilement les données de recherche dont ils ont besoin.
Impact – L’accessibilité de données probantes de haute qualité sur la télésanté à domicile permettra aux décideurs d’implanter ces technologies de manière éclairée.
Toutefois, avant que les provinces commencent à investir massivement en télésanté, il leur faut plus de données sur la façon dont la technologie devrait être implantée, sur l’endroit où elle sera la plus efficace et, surtout, sur ses effets sur la santé des patients.
Pour répondre à quelques-unes de ces questions, la Dre Sandra Jarvis-Selinger de l’Université de la Colombie-Britannique passe au crible la littérature existante sur un type particulier de télésanté appelé télésurveillance à domicile. Avec son équipe, elle a recensé et analysé toutes les données de recherche existantes sur ce type de télésanté à domicile.
« Ce projet avait pour but de produire de l’information que les décideurs des autorités de la santé peuvent appliquer dans l’exercice de leurs responsabilités quotidiennes et la prise de décisions relatives à la répartition, qu’il s’agisse de ressources humaines, de fonds ou d’orientations stratégiques », explique la Dre Jarvis-Selinger.
Grâce au financement des Instituts de recherche en santé du Canada, les chercheurs étudient comment les patients peuvent se servir de la télésanté dans la gestion de maladies chroniques comme le diabète et les maladies cardiovasculaires. Ils ont constaté que la qualité et la quantité des données probantes varient grandement d’une maladie à l’autre.
Par exemple, les chercheurs ont découvert de nombreuses études démontrant que les patients en cardiologie faisant usage de la télésanté à domicile affichaient un taux élevé d’utilisation du programme. Pour les personnes ayant subi un accident vasculaire cérébral, beaucoup d’études comparaient la télésanté à domicile avec des visites traditionnelles chez le médecin. Cette recherche a semblé indiquer que les résultats obtenus par la télésanté et par les interactions en personne étaient comparables.
Leur examen de la littérature leur a notamment permis de conclure que pour évaluer une expérience de télésanté à domicile, il faut tenir compte de plusieurs facteurs, dont la technologie utilisée, sa place dans les systèmes de santé existants et le groupe démographique des patients, pour ne nommer que ceux-là. De plus, ils ont noté des lacunes importantes dans la recherche, notamment sur l’impact économique de la télésanté à domicile et l’influence de la comorbidité (présence de plus d’une maladie).
« Les études examinées portaient habituellement sur des sujets souffrant d’une seule maladie chronique, car elle formait l’objet de la recherche, explique la Dre Jarvis-Selinger. Mais nous savons que dans la réalité des soins de santé, les choses ne sont généralement pas aussi simples; par exemple, les patients diabétiques peuvent aussi afficher une incidence élevée d’hypertension ou de cardiopathie. »
Selon la Dre Jarvis-Selinger, un des principaux obstacles à l’implantation des technologies de télésanté est peut-être le fossé qui sépare les chercheurs des décideurs.
« Nous devons cerner les possibilités de partenariat dès le début, indique-t-elle. Cela aide vraiment les chercheurs comme moi à comprendre les choses et à se poser des questions sous un angle pratique : comment nos travaux aideront-ils les décideurs et d’autres intervenants clés à influencer positivement le changement? »
C’est pourquoi la Dre Jarvis-Selinger collabore avec les utilisateurs finaux éventuels des résultats de ses recherches. Avec son équipe, elle a organisé deux forums d’application des connaissances, qui ont attiré des représentants des autorités de la santé de la Colombie-Britannique, d’organismes non gouvernementaux et de groupes de défense des intérêts des patients, ainsi que des professionnels de la santé.
Les chercheurs veulent s’assurer que leurs conclusions sont largement diffusées et que leur impact est durable.
« Nous voulons non seulement comprendre comment la technologie peut être mise au service des soins de santé, mais aussi utiliser la technologie pour aider les décideurs à accéder aux recherches fondées sur des données probantes de façon facile et utile », conclut la Dre Jarvis-Selinger.
« Nous devons cerner les possibilités de partenariat dès le début. Cela aide vraiment les chercheurs comme moi à comprendre les choses et à se poser des questions sous un angle pratique. »
– Dre Sandra Jarvis-Selinger, Université de la Colombie-Britannique
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