Sir Michael Marmot s’adresse à l’ISPP

L’honorable Monique Bégin L’honorable Monique Bégin, ancien commissaire de la commission de l’Organisation mondiale de la santé sur les déterminants sociaux de la santé présidée par Sir Michael Marmot, présente Sir Marmot lors d’une réception à Ottawa.

Des gradients sociaux de la santé existent partout sur la planète tant dans les pays les plus riches que dans les pays les plus pauvres. Mais ces gradients ne devraient pas être acceptés comme la norme, a affirmé Sir Michael Marmot, ancien président de la Commission des déterminants sociaux de la santé de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), lors d’un récent passage à Ottawa.

Sir Michael, qui fait actuellement partie d’une commission européenne d’examen des déterminants sociaux de la santé de l’OMS, a pris la parole à l’Université d’Ottawa le 28 mai lors d’une réception privée organisée par l’Institut de la santé publique et des populations des Instituts de recherche en santé du Canada (ISPP des IRSC). Il a traité des principaux messages de son rapport de 2008 et fait état de recherches européennes qui mettent en évidence les avantages d’améliorer les déterminants sociaux de la santé des populations.

Dans son exposé, Sir Michael a affirmé qu’intervenir relativement aux déterminants sociaux de la santé était une affaire de justice sociale. Même si les gradients sociaux de la santé ne disparaîtront probablement jamais, l’ordre de grandeur de ces gradients varie avec le temps et entre les pays. Sir Michael a insisté sur le fait que les gouvernements ont la capacité d’améliorer les gradients et, par le fait même, peuvent réduire la mortalité toutes causes confondues chez leurs citoyens.

« Dépenser de l’argent pour améliorer la vie des gens donne des résultats, voilà ce que les données montrent », a déclaré Sir Michael dans son exposé.

Sir Michael Marmot Sir Michael Marmot parle des déterminants sociaux de la santé lors d’une réception privée à Ottawa

Par exemple, il a montré que des dépenses accrues au titre du soutien à la famille, des possibilités d’emploi et des prestations d’assurance-emploi réduisaient dans les trois cas les taux de suicide dans les populations.

« Nous essayons d’avoir une société plus juste. Et si nous y parvenons, nous le saurons parce que nous aurons amélioré la santé et réduit l’ampleur des inégalités évitables en matière de santé », a-t-il indiqué.

Le message de Sir Michael est particulièrement important pour les universitaires et les responsables des politiques canadiens.

« La vérité, c’est que le Canada, un des dix pays les mieux nantis au monde, est si riche qu’en dépit de la situation économique inquiétante dans le monde, il parvient à occulter la réalité de la pauvreté, de l’exclusion sociale, de la discrimination, de l’érosion de l’emploi, de la santé mentale et du suicide des jeunes », a indiqué l’honorable Monique Bégin, ancienne membre de la Commission Sir Michael, et une des conférencières qui a présenté Sir Michael. « Nous sommes un des pays qui dépensent le plus pour les soins de santé, mais l’un des pires pour ce qui est de mettre en place un filet de sécurité sociale. »

Sir Michael a également été présenté par le Dr Richard Massé, président du conseil consultatif de l’ISPP, la Dre Judith Bossé, sous-ministre adjointe à la Direction générale de la promotion de la santé et de la prévention des maladies chroniques de l’Agence de la santé publique du Canada, et Denis Prud’homme, doyen de la Faculté des sciences de la santé de l’Université d’Ottawa.