Profil de recherche – La restriction du mouvement

Dr Roanne Thomas
Une chercheuse de l'Université d'Ottawa étudie la perte de fonction du bras chez les patientes atteintes de cancer du sein.
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Pour la première fois au Canada, des chercheurs étudient la fréquence des problèmes de bras chez les femmes qui ont été traitées pour un cancer du sein. Ils ont constaté que plus de la moitié ressentaient de la douleur, présentaient une enflure permanente et avaient une amplitude de mouvement limitée.
« Les professionnels de la santé et les patients ne reçoivent pas beaucoup d'information au sujet de la douleur, de l'amplitude de mouvement ou du lymphoedème », dit la Dre Roanne Thomas, titulaire d'une chaire de recherche du Canada à l'École des sciences de la réadaptation de l'Université d'Ottawa. Pourtant, ce sont les trois principales causes de la douleur au bras.
En bref
Qui – Dre Roanne Thomas, chaire de recherche du Canada, École des sciences de la réadaptation, Université d'Ottawa.
Question – Nombre de femmes qui subissent une intervention chirurgicale pour le cancer du sein ressentent de la douleur, présentent de l'enflure et ont une amplitude de mouvement réduite.
Approche – La Dre Thomas procède à l'évaluation clinique des patientes atteintes de cancer du sein après qu'elles ont été opérées pour déterminer la nature de leurs problèmes de bras.
Impact – Les conclusions de la Dre Thomas aideront à déterminer les meilleurs traitements pour les femmes qui ont perdu la fonction du bras après avoir été opérées pour le cancer du sein.
Pire encore, ajoute‑t‑elle, on connaît très mal les problèmes de bras qu'éprouvent les femmes après avoir été opérées pour un cancer du sein. Pour remédier au problème, elle a entrepris avec son équipe de recherche une étude à laquelle participent 745 femmes de quatre centres au Canada : Fredericton, Saint John, Montréal et Surrey. Les femmes ont été admises dans l'étude plusieurs mois après avoir été opérées pour le cancer du sein.
L'étude se poursuit, et les conclusions sont préliminaires. Jusqu'ici, 30 à 40 % des participantes signalent des problèmes de bras, soit beaucoup plus que ce à quoi s'attendaient les chercheurs. Et ces problèmes leur nuisent dans leurs activités de la vie courante, comme conduire une voiture, soulever des objets, ouvrir des pots, et même tenir un chien en laisse. Une patiente trappait pour gagner sa vie, mais elle a tellement mal au bras qu'elle ne peut plus manipuler les pièges, dit la Dre Thomas.
« Une très forte proportion de femmes dans l'étude ne recevaient pas de traitements pour leurs symptômes », dit‑elle. Nombre de femmes avaient des problèmes de bras quand elles ont commencé à participer à l'étude, et chez d'autres ces problèmes sont apparus des mois plus tard. Les femmes ont en moyenne 50 ans, et nombre d'entre elles travaillent encore.
Aux fins de l'étude, les symptômes des femmes sont évalués cliniquement une fois par année pendant cinq ans. Des entrevues téléphoniques avec les participantes ont aussi lieu entre les évaluations.
Jusqu'ici, un lymphoedème a été diagnostiqué chez environ 12 % des femmes. Le lymphoedème résulte de l'accumulation de liquide lymphatique et de l'enflure causées par la lésion des ganglions lymphatiques. Dans certains cas, l'enflure peut être très importante. Dans le cancer du sein, les ganglions lymphatiques situés près de l'aisselle sont parfois enlevés ou irradiés dans le traitement du cancer. Les femmes chez qui une plus grande partie des ganglions lymphatiques a été enlevée risquent plus de présenter un lymphoedème.
Depuis le début de l'étude, certains projets secondaires ont été entrepris, dont une étude visant à déterminer si des exercices de yoga peuvent aider à rétablir certains mouvements du bras chez des sous‑groupes de patientes. On est aussi plus conscient du lymphoedème chez cette population de patientes.
« Les efforts de sensibilisation au sort des patientes ont vraiment pris de l'ampleur depuis le début de l'étude. Il y a maintenant un groupe national, le Canadian Lymphedema Framework, qui est sur le point de lancer un magazine pour les patientes et les professionnels des soins de santé. Nous sommes ravis de contribuer à ce mouvement », dit la Dre Thomas.
Elle espère que la recherche fera prendre conscience davantage des divers problèmes de bras qu'éprouvent ces femmes, mais conduira aussi à de plus grands efforts pour trouver les meilleurs moyens de traiter ces problèmes et aider les femmes à retrouver l'usage de leurs bras.
« Les professionnels de la santé et les patients ne reçoivent pas beaucoup d'information au sujet de la douleur, de l'amplitude de mouvement ou du lymphoedème. »
– Dre Roanne Thomas, Université d'Ottawa
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