Profil de recherche - Inspiration canadienne

Dr André Marette 
Dr André Marette

Un chercheur de Laval, inspiré par le travail de Banting et Best, jette de la lumière sur la façon dont la résistance à l'insuline se développe

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Les chercheurs en santé peuvent être attirés par un domaine pour diverses raisons. Certains ont une expérience personnelle de la maladie qu'ils étudient. D'autres sont influencés par des mentors. Pour sa part, le Dr André Marette a été inspiré par les figures iconiques de la recherche en santé canadienne que sont Frederick Banting et Charles Best.

Comme étudiant au doctorat s'intéressant aux voies métaboliques, le Dr Marette a lu La Découverte de l'insuline. Ce fascinant récit de la recherche historique de Banting et Best, oeuvre de l'historien Michael Bliss, a été une importante source d'inspiration pour le jeune chercheur.

En bref

Qui – Dr André Marette, professeur, Université Laval; chaire de recherche Pfizer-IRSC sur la pathogenèse de la résistance à l'insuline et des maladies cardiovasculaires.

Question – Des dérèglements des voies métaboliques de l'organisme peuvent conduire à la résistance à l'insuline, et finalement au diabète.

Approche – Le Dr Marette étudie les voies biochimiques qui participent à la régulation de la glycémie (glucose dans le sang). Avec ses collègues, il espère mettre au point de nouveaux traitements pour empêcher la résistance à l'insuline d'évoluer vers le diabète de type 2.

Impact – De meilleurs traitements de la résistance à l'insuline pourraient prévenir le diabète et les maladies connexes.

« Lire comment ces types ont réalisé cette découverte grâce à la collaboration a été une des raisons pour lesquelles j'ai décidé d'étudier le diabète », dit le Dr Marette.

Le diabète est un dérèglement de la façon dont l'organisme produit normalement l'hormone insuline ou y réagit.

L'insuline est sécrétée par le pancréas, et elle commande à l'organisme d'absorber et de « brûler » le glucose (sucre) dans le sang. Lorsque l'organisme devient sourd à ce signal, le pancréas stimule la production d'insuline. Cet état, appelé résistance à l'insuline, est un important facteur de risque du diabète de type 2 et des maladies cardiovasculaires. Quand le pancréas ne peut pas répondre à la demande accrue d'insuline, les taux de sucre dans le sang commencent à augmenter et peuvent conduire au diabète.

Les chercheurs ne comprennent pas totalement les causes sous‑jacentes de la résistance à l'insuline. Trop de sucre et de gras et pas assez d'exercice sont d'importants facteurs de risque, mais ils ne sont pas suffisants en eux‑mêmes pour causer le diabète.

« Je pense que le plus important est de se rendre compte [au sujet des causes de la résistance à l'insuline] qu'il s'agit probablement d'une combinaison de deux facteurs distincts, mais qui interagissent : la prédisposition génétique et un mode de vie qui laisse à désirer », dit le Dr Marette.

Avec l'aide des Instituts de recherche en santé du Canada, le Dr Marette et son équipe examinent de plus près les mécanismes qui sous‑tendent la résistance à l'insuline. Ils se concentrent actuellement sur deux importantes voies biochimiques (séries de réactions chimiques dans l'organisme) : une qui est liée à la détection des nutriments, et une autre qui déclenche l'inflammation. Le dysfonctionnement dans l'une ou l'autre de ces deux voies pourrait interférer avec la capacité de l'organisme de réguler la glycémie.

Le but ultime du Dr Marette est de trouver des approches et des traitements novateurs qui aideront à combattre la résistance à l'insuline avant qu'elle ne devienne un problème plus grave.

« Ce qui est clair au sujet de la résistance à l'insuline, c'est que plus tôt on peut l'atténuer ou la réduire, plus grandes sont les chances d'éviter le diabète de type 2 », dit le Dr Marette.

La recherche du Dr Marette a déjà mis en évidence des traitements potentiels. Son équipe a découvert que les acides gras oméga‑3 pouvaient inhiber les voies de l'inflammation qui contribuent à l'insulinorésistance. Elle a également découvert des protéines de poisson qui réduisent cette résistance dans des modèles animaux et qui semblent prometteuses chez les humains. Les chercheurs étudient aussi de nouvelles molécules isolées de végétaux qui ont des effets antidiabétiques.

« Il existe déjà des exemples de médicaments [contre le diabète] sur le marché qui sont dérivés de molécules végétales. Nous essayons donc de voir si dame nature a d'autres secrets que nous pourrions utiliser pour traiter ces syndromes métaboliques », dit le Dr Marette.

L'insuline, 90 ans plus tard

La découverte de l'insuline a permis de sauver un nombre incalculable de vies. Grâce à elle, les personnes atteintes du diabète de type 1 ont réussi à vivre avec la maladie. Néanmoins, 90 ans plus tard, il reste des défis à surmonter. Selon le Dr Marette, nous avons encore beaucoup à apprendre dans plusieurs domaines clés :

  • « Quand j'ai commencé comme étudiant, on avait l'habitude de dire que le fonctionnement de l'insuline était un mystère. C'était il y a 20, 25 ans. C'est encore un mystère, mais il commence à s'éclaircir. »
  • « Nous devons identifier les gènes qui accroissent le risque de résistance à l'insuline. »
  • « Nous devons mieux intégrer l'information que nous avons au sujet des voies moléculaires qui sous‑tendent le développement de la résistance à l'insuline », dit le Dr Marette. « Plus nous en savons au sujet des métabolites en cause, mieux nous pourrons cibler nos médicaments ou nos différents composés pour traiter la maladie. »

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