Profil de recherche - La filière de l’insuline

Dr Gary Lewis 
Dr Gary Lewis

Un chercheur à l'Université de Toronto étudie le lien entre la résistance à l'insuline et les maladies du coeur.

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Le diabète de type 2 n'apparaît pas du jour au lendemain. Il prend du temps à se développer, et il est souvent précédé par un état appelé résistance à l'insuline. Le Dr Gary Lewis, directeur de l'endocrinologie et du métabolisme à l'Université de Toronto et directeur du Banting and Best Diabetes Centre, essaie de percer la séquence des événements qui conduisent de la résistance insulinique au diabète de type 2 avéré et à des maladies connexes, notamment les maladies cardiaques.

Les taux de diabète de type 2 sont à la hausse partout dans le monde, et il existe une corrélation étroite avec les maladies cardiaques. Il est urgent d'en savoir plus sur la façon de traiter ou de prévenir le diabète.

En bref

Qui – Dr Gary Lewis, directeur de l'endocrinologie et du métabolisme à l'Université de Toronto et directeur du Banting and Best Diabetes Centre; chercheur principal à l'Institut de recherche de l'Hôpital général de Toronto.

Question – La résistance à l'insuline entraîne une augmentation des lipides dans le sang, ce qui peut conduire à des maladies cardiovasculaires et aussi au diabète de type 2.

Approche – Le Dr Lewis étudie les mécanismes qui sous-tendent la résistance à l'insuline et l'augmentation des lipides sanguins qui en résulte chez les personnes diabétiques ou prédiabétiques.

Impact – Comprendre de quelle façon l'organisme devient insulinorésistant et comment il s'ensuit une augmentation des lipides dans le sang nous permettra de mettre au point de meilleurs traitements pour les personnes diabétiques.

« Tout impact qu'un chercheur peut avoir sur la maladie aura d'énormes conséquences pour des millions de personnes partout dans le monde », dit le Dr Lewis.

Voici ce que les chercheurs savent : lorsqu'il y a résistance à l'insuline, les importants signaux que l'hormone insuline transmet à toutes les cellules de l'organisme, essentiels au métabolisme, sont atténués, et parfois presque absents. En réponse, le pancréas augmente la production d'insuline, ce qui fait monter les niveaux de l'hormone dans le sang. Si le pancréas ne peut suffire à la demande, le taux de sucre dans le sang et le risque de diabète commencent à augmenter.

« La résistance à l'insuline est déterminée par la génétique en partie, et dépend beaucoup du mode de vie, qui influence le poids corporel et la condition physique », dit le Dr Lewis.

Peu importe la cause, toutefois, au niveau cellulaire, les conséquences de l'insulinorésistance sont potentiellement mortelles. Non seulement les taux d'insuline et de sucre dans le sang ne peuvent plus être contrôlés, mais les lipides (les molécules dont est constituée la graisse) dans le sang commencent à augmenter. De plus, le taux de « bon » cholestérol dans le sang diminue. Tout cela a pour effet de faire augmenter le risque de maladie cardiovasculaire.

Le Dr Lewis et ses collègues essaient de réunir certains des détails manquants.

« Nous posons les questions « Pourquoi? » et « Comment? » », dit le Dr Lewis. « Nous pensons que si nous pouvons comprendre les mécanismes, il sera alors possible de tenter des traitements pour les corriger et réduire les hauts taux de maladies cardiaques. »

Par exemple, les chercheurs savent depuis un certain temps que le foie stimule la production de lipides en réponse à des taux d'insuline élevés. Or, le Dr Lewis et son collègue le Dr Khosrow Adeli, de l'Hôpital pour enfants de Toronto, ont découvert que les intestins faisaient aussi augmenter la production de graisses dans le sang en réponse à des taux d'insuline élevés.

Avec l'aide des Instituts de recherche en santé du Canada, le Dr Lewis s'applique maintenant à étudier ces réponses chez les personnes qui sont diabétiques ou prédiabétiques. Ses conclusions pourraient aider à trouver des cibles pour de nouveaux traitements du diabète et des maladies du coeur.

« Je cherche surtout à vraiment comprendre les facteurs de la surproduction de graisses dans le sang par le foie et les intestins qui accompagne l'insulinorésistance », dit le Dr Lewis.

L'insuline, 90 ans plus tard

La découverte de l'insuline a permis de sauver un nombre incalculable de vies. Grâce à elle, les personnes atteintes du diabète de type 1 ont réussi à vivre avec la maladie. Néanmoins, 90 ans plus tard, il reste des défis à surmonter. Selon le Dr Lewis, des réponses doivent être apportées au niveau clinique :

  • « Nous avons besoin d'une meilleure prévention et d'un meilleur traitement de l'obésité, la principale cause du diabète de type 2. »
  • « En ce qui concerne le diabète de type 1, nous devons mettre au point des méthodes de remplacement de l'insuline qui sont vraiment physiologiques, comme des traitements à base de cellules souches et des pancréas artificiels. Les méthodes d'injection actuelles pour le remplacement de l'insuline sont inadéquates. »
  • « Nous devons mieux comprendre l'interaction entre la génétique et le mode de vie dans la prédisposition des gens au diabète. »

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