Questions et réponses : examiner le lien entre l’activité physique et l’arthrose de la hanche
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Dr John Esdaile
Centre de recherche sur l'arthrite du Canada
Université de la Colombie‑Britannique
Université de Calgary
L'arthrite (du grec « arth », qui signifie articulation, et « ite », qui signifie inflammation) est une maladie qui revêt de multiples visages. Elle regroupe plus d'une centaine d'affections différentes allant de formes peu sévères, comme la tendinite et la bursite, à des formes systémiques invalidantes, comme l'arthrite rhumatoïde (Source : La Société de l'arthrite).
L'arthrose est la forme la plus commune d'arthrite, et elle touche environ un Canadien sur dix. Elle se manifeste quand le cartilage est endommagé. Quand un patient reçoit un diagnostic d'arthrose, il se demande ce qu'il peut faire. Bien manger et faire de l'exercice sont importants pour les personnes atteintes d'arthrite si elles veulent limiter leurs symptômes. Cela les aide à réduire la douleur et à améliorer la souplesse de leurs articulations.
L'arthrose est la forme la plus courante d'arthrite de la hanche, et elle est responsable de plus de 90 % des remplacements de la hanche. Récemment, l'arthrose a été mise en cause dans de subtiles malformations de la hanche. On croit que certains types d'activité physique comme le hockey, le soccer et le cyclisme, combinés aux malformations en question, endommagent la hanche. Le Dr John Esdaile, directeur scientifique du Centre de recherche sur l'arthrite du Canada, dirige une équipe de recherche qui espère obtenir certaines réponses pour montrer de quelle façon l'activité physique, en interaction avec une ou plusieurs malformations fines, peut endommager le cartilage et entraîner des problèmes d'arthrose. Le Dr Esdaile parle de sa recherche ci‑après.
IALA : Depuis quand faites‑vous de la recherche sur l'arthrite et qu'est‑ce qui vous a fait vous intéresser à cette maladie au départ?
JE : Je fais de la recherche sur l'arthrite depuis maintenant plus de 30 ans. J'ai commencé à m'intéresser au domaine quand j'ai entrepris ma formation en immunologie clinique à l'Université McGill. Je m'intéressais à des maladies immunes complexes comme la vascularite et le lupus érythémateux disséminé.
IALA : Quel est votre domaine d'intérêt particulier?
JE : Au cours des trois dernières décennies, je me suis intéressé entre autres au lupus érythémateux disséminé, à la polyarthrite rhumatoïde et à l'arthrose de la hanche et du genou.
IALA : Brièvement, sur quoi travaillez‑vous actuellement?
JE : Je suis le directeur scientifique du Centre de recherche sur l'arthrite du Canada. Je dirige avec mes collègues un projet de 2,5 millions de dollars sur cinq ans – l'étude IMPAKT‑HiP – financée par les Instituts de recherche en santé du Canada sur la douleur de la hanche et son lien avec l'arthrose. Notre but est de montrer comment l'activité physique, par son interaction avec une ou plusieurs malformations subtiles de l'os de la hanche, peut endommager le cartilage et finir par causer l'arthrose. Nous croyons que cela peut conduire à la prévention de l'arthrose de la hanche, ce qui permettra d'éviter des interventions chirurgicales coûteuses et d'améliorer grandement la qualité de vie des Canadiens qui ont des douleurs à la hanche.
IALA : Quels sont les objectifs de votre travail pour ce qui est de modifier les orientations de la recherche sur l'arthrite et la manière dont cette recherche peut influer sur le traitement des patients atteints d'arthrite?
JE : L'accent est mis d'abord sur la capacité de reconnaître rapidement l'arthrose et d'intervenir tôt pour modifier radicalement le résultat. À mes débuts en rhumatologie, ce concept n'existait pas.
IALA : Êtes‑vous actuellement engagé dans une recherche qui porte sur l'activité physique et l'arthrite?
JE : Outre l'étude IMPAKT‑HiP, j'ai fait partie d'une équipe, dirigée par le Dr Carlo Marra, qui a mené une étude auprès de 190 patients dont le début d'arthrose au genou n'avait pas encore fait l'objet d'un diagnostic médical. Nous avons constaté qu'après six mois, notre programme simple mais complet leur avait fait faire plus d'exercice, leur avait fait perdre du poids, et avait permis de réduire spectaculairement leur douleur.
Plus récemment, j'ai travaillé avec mes collègues les Drs Chuck Ratzlaff et Jacek Kopec à une étude qui a montré l'impact marqué de niveaux extrêmes d'activité physique au cours de la vie sur la survenue de l'arthrite de la hanche et du genou.
IALA : Que faites‑vous quand vous êtes en congé? Quelle est votre activité physique préférée?
JE : Quand je suis en congé, j'aime lire, jouer au tennis et nager dans la mer chaude.
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