Jeter de la lumière sur une maladie chronique qui ne peut être ignorée : l’arthrose

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Dre Gillian Hawker

Dre Gillian Hawker
Hôpital Women's College
Université de Toronto

Bien qu'elle soit la forme la plus courante d'arthrite, touchant environ un Canadien sur dix, l'arthrose n'est pas une affection qui reçoit beaucoup d'attention. C'est ce qui a amené la Dre Gillian Hawker à en faire son principal thème de recherche.

La Dre Hawker se destinait à une carrière en hématologie/oncologie, mais a plutôt opté pour la rhumatologie. Elle a été attirée par sa dimension « holistique », les maladies rhumatologiques touchant presque tous les systèmes organiques. Elle est actuellement professeure de médecine et de rhumatologie au Département de médecine et au Département des politiques, de la gestion et de l'évaluation de la santé à l'Université de Toronto, médecin‑chef du Département de médecine de l'Hôpital Women's College et directrice du Programme canadien de recherche sur l'arthrose.

La recherche de la Dre Hawker porte sur deux dimensions importantes de l'arthrite : premièrement, les écarts dans les taux d'arthroplastie totale de l'articulation par genre/condition socioéconomique/région, la raison de ces écarts, et ce que nous pouvons faire pour les réduire; deuxièmement, la compréhension des déterminants et des conséquences de la douleur dans l'arthrose, y compris les effets en aval de la douleur arthritique sur la fatigue, l'invalidité, le sommeil et l'humeur.

Pour leur recherche, la Dre Hawker et son équipe ont suivi une cohorte de personnes vivant depuis 15 ans ou plus avec des douleurs arthritiques au niveau de la hanche et du genou. L'équipe donne la parole aux personnes atteintes d'arthrose par l'entremise d'un groupe consultatif, et elle a tenu des dîners‑rencontres avec les membres de la cohorte pour leur faire part des résultats à la fin de chaque phase de la recherche. Elle explore actuellement l'effet de l'arthrose sur la prise en charge d'autres affections communes comme le diabète et les maladies cardiaques, dans l'espoir que l'arthrose reçoive une attention accrue en tant qu'importante maladie chronique qui ne peut être ignorée.

Interrogée sur son travail comme médecin‑chef de l'Hôpital Women's College à Toronto, la Dre Hawker indique qu'elle passe beaucoup de temps à mettre sur pied des programmes pour réduire et prévenir l'hospitalisation chez les personnes présentant des maladies chroniques complexes.

« Environ 1 % de la population de l'Ontario compte pour environ la moitié des coûts des soins hospitaliers et des soins à domicile de la province – la plupart de ces personnes présentent plusieurs problèmes de santé : maladies du coeur, diabète, dépression et, bien sûr, des troubles musculosquelettiques, principalement l'arthrose! »

Elle espère se concentrer dans une recherche future sur des directives de traitement pour les personnes atteintes d'arthrose et qui présentent d'autres problèmes de santé, comme des maladies du coeur ou le diabète. La recherche à ce jour montre que l'arthrose n'est pas suffisamment traitée, en partie du fait de la fréquence élevée de ces autres affections, qui sont souvent perçues par les médecins et les patients comme des contre‑indications à l'utilisation de traitements contre les douleurs arthritiques (p. ex. les anti‑inflammatoires non stérodiens, AINS).