Rapport de l’atelier sur la transplantation
Autre format
Table des matières
- Sommaire
- Contexte
- Organisation de l'atelier
- Objectifs de l'atelier
- Aperçu des initiatives du plan stratégique des IRSC
- Exposés et discussions en sous-groupes
- Immunologie humaine
- Produits thérapeutiques
- Nouvelles technologies
- Le rôle de l'industrie
- Point de vue des patients
- Resources existante et potential de partenariat
- Comment faire pour qu'il y ait plus de dons d'organes
- Continuité des soins cliniques
- Application des connaissances
- Éthique
- Populations vulnérables
- Résumé des recommandations des sous groupes
- Prochaines étapes
- Annexe #1 - Liste des participants
- Annexe #2 - Ordre du Jour
- Annexe #3 - Questions posées aux groupes thématiques
Sommaire
Contexte
Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), principal organisme de financement de la recherche en santé au Canada, comprennent 13 instituts virtuels, dont l'Institut des maladies infectieuses et immunitaires (IMII). En 2010, le conseil consultatif de l'IMII a déterminé que la greffe d'organes pleins et la transplantation de cellules souches hématopoïétiques (TCSH) étaient un domaine où des investissements stratégiques et des programmes ciblés pourraient permettre d'améliorer les résultats cliniques. La greffe est l'intervention privilégiée en situation de défaillance d'organe en stade final et la TCSH est une intervention établie dans de nombreux cas et peut soigner certains cancers. Toutefois, il demeure ardu de répondre à la demande croissante d'organes, de cellules et de tissus, et d'assurer non seulement la survie des greffons à long terme, mais aussi une bonne qualité de vie aux receveurs de greffe. Avec l'IMII, un groupe de travail d'experts formé de chercheurs de différents domaines de recherche en santé a organisé un atelier de consultation, qui avait pour but de stimuler la discussion et la collaboration parmi les intervenants du domaine de la transplantation, de déterminer les principaux enjeux et possibilités de recherche dans le domaine et de préparer ces intervenants aux possibilités de financement offertes dans le cadre de la série d'initiatives phares du Plan stratégique des IRSC, comme celle relative à l'inflammation et les maladies chroniques. De plus, l'atelier offrait à l'IMII et aux partenaires une tribune pour solliciter des recommandations des intervenants du domaine de la transplantation au sujet de la meilleure façon de relever les défis actuels dans le domaine et d'améliorer les résultats cliniques au moyen de programmes de recherche innovateurs.
Atelier de consultation
Lors de l'atelier, qui a eu lieu le 1er et le 2 février 2011, à Montréal, la soixantaine de participants ont déterminé plusieurs enjeux et possibilités que la recherche pourrait aborder, notamment :
- améliorer la quantité et la qualité des organes provenant de donneurs vivants et décédés;
- améliorer notre compréhension des mécanismes immunitaires et des voies qui permettent une infection, l'inflammation et l'immunosuppression lors d'une transplantation chez l'humain;
- surmonter le rejet et acquérir une tolérance à long terme des greffons;
- développer des produits thérapeutiques améliorés, pour assurer une survie des greffons avec moins d'effets secondaires indésirables, et accélérer leur acceptation en pratique clinique;
- établir des politiques et des programmes de transplantation adaptés aux enfants et à d'autres groupes vulnérables;
- élaborer des normes nationales en matière de soins cliniques et des mécanismes de suivi à long terme pour les receveurs canadiens.
Résultats et recommandations
Lors des discussions, il est apparu évident que les intervenants du domaine de la transplantation ont beaucoup à apprendre l'un de l'autre, en particulier ceux du domaine de la greffe d'organes pleins et de la TCSH, qui n'ont jamais travaillé ensemble, mais qui doivent relever de nombreux défis semblables en ce qui concerne la survie à long terme des greffons, la toxicité des traitements et la continuité des soins. Il était aussi évident qu'il est nécessaire d'accroître la collaboration entre les spécialités en greffe d'organes pleins, puisque nombre des enjeux déterminés s'appliquent également à la greffe d'organes en différents sites. Les participants soutiennent largement le financement d'équipes et la création d'une structure de réseau pour faciliter la collaboration dans le domaine. Comme cela serait difficile à obtenir dans le cadre des concours ouverts des IRSC, cela représente un avantage stratégique pour les intervenants. Il est recommandé à l'IMII d'explorer les options de création d'équipe et de réseau, en partenariat avec d'autres parties intéressées. Ces partenaires pourraient être d'autres instituts des IRSC, des initiatives phares des IRSC, des organismes bénévoles et d'autres organismes gouvernementaux, comme la Société canadienne du sang (SCS). Il a été déterminé qu'un réseau favoriserait la collaboration dans le domaine, créerait les liens nécessaires entre les intervenants des domaines de la greffe d'organes pleins et de la TCSH, soutiendrait les plateformes, infrastructures, bases de données et procédures opératoires communes, et favoriserait la formation.
Aller de l'avant
En collaboration avec ses partenaires, l'IMII explorera les programmes et modèles existants qui pourront le mieux répondre aux besoins des intervenants du domaine de la transplantation. Plusieurs options sont possibles : (i) le réseautage externe de petites équipes indépendantes, (ii) le soutien de plus grandes équipes responsables de projets de groupe individuels, (iii) plusieurs petits réseaux multidisciplinaires interreliés, (iv) un grand réseau doté d'un centre administratif qui soutient la recherche sur la transplantation en de nombreux endroits au pays. Il est possible que l'initiative stratégique sur l'inflammation associée aux maladies chroniques des IRSC accorde des subventions d'équipe et que la Stratégie de recherche axée sur le patient (SRAP) des IRSC soutienne le financement d'un réseau à différents niveaux de complexité. La possibilité d'un financement « autonome » lancée par l'IMII et les partenaires n'a pas non plus été écartée. Il est à espérer que cet atelier aura préparé le milieu de la recherche sur la transplantation à ces nouvelles possibilités.
Contexte
La question de la santé
Tous les ans, des milliers de Canadiens reçoivent des greffes d'organes solides, de cellules souches et de cellules des îlots pancréatiques. L'insuffisance rénale, hépatique, pulmonaire, cardiaque et intestinale en phase terminale peut être traitée par une transplantation d'organe. Dans le cas du cancer, la greffe de cellules souches hématopoïétiques peut être synonyme de guérison. Le groupe des receveurs qui croît le plus vite est celui des personnes âgées de plus de 60 ans - segment de la population qui est appelé à augmenter considérablement dans les 20 prochaines années. Les greffes d'organes solides les plus courantes sont celles de reins, qui représentent environ 75 % du nombre total de greffes. On a beaucoup innové dans la technique employée dans la greffe du foie, de même que dans les soins préchirurgicaux et postchirurgicaux des patients. Résultat, la procédure est passée au premier rang des traitements de choix pour les patients atteints d'insuffisance hépatique terminale au Canada1. La greffe du coeur concerne à présent les deux extrémités de la pyramide des âges pour des cardiopathies de plus en plus complexes, et l'on reconnaît maintenant que les greffes sur des nourrissons ont de meilleurs résultats à long terme que les greffes du coeur pratiquées à tout autre stade de la vie. La greffe du poumon est aujourd'hui utilisée pour traiter des maladies pulmonaires au stade terminal, comme la fibrose kystique et l'emphysème. La greffe de l'intestin grêle est un nouveau domaine en pleine évolution qui peut améliorer le sort des enfants et des adultes souffrant d'insuffisance intestinale. Entre 1999 et 2008, 51 interventions de ce type ont eu lieu au Canada, et la moitié des receveurs étaient âgés de moins de 18 ans.
Avec plus de 4 000 Canadiens sur les listes d'attente des greffes d'organe, le nombre de donneurs (décédés) à l'échelle nationale ne suffit pas à répondre à la demande. Le faible taux de dons d'organes au Canada ne peut être attribué à un manque de soutien du public en la matière, mais, alors que bien des gens se déclarent prêts à faire don de leurs organes, très peu font, en fait, le nécessaire pour concrétiser cette volonté2. Des études doivent être menées afin que les taux de donneurs décédés et le nombre d'organes prélevés par donneur augmentent, et afin d'améliorer la pratique et la sécurité des dons de donneurs vivants. Des études s'imposent aussi pour améliorer la qualité des organes et des tissus greffés et pour réduire le risque de rejet. Si l'on parvenait à réduire au minimum la toxicité des médicaments et à faire en sorte que les patients se plient davantage à leur traitement, les greffes dureraient plus longtemps, ce qui éviterait d'avoir à les répéter et permettrait de garantir à chaque greffé la plus longue vie possible en bonne santé.
En plus des greffes d'organes solides, de 1 200 à 1 400 transplantations de cellules souches hématopoïétiques (TCSH) sont pratiquées tous les ans au Canada, principalement dans le traitement du cancer. D'autres formes de thérapie cellulaire, comme la greffe de cellules insulaires et de cellules souches, deviennent plus courantes. La greffe de moelle osseuse est à présent une forme établie de traitement de l'anémie aplastique, de certains troubles auto-immunitaires, des syndromes d'insuffisance médullaire, des immunodéficiences et dérèglements immunitaires, des hémoglobinopathies et des troubles du métabolisme, et elle est aujourd'hui beaucoup utilisée dans le traitement du cancer, y compris des leucémies, des lymphomes et des tumeurs solides telles que les neuroblastomes et les tumeurs cérébrales. Bien que les deux domaines présentent nombre des mêmes problèmes en ce qui concerne le rejet du greffon, les récidives, la maladie du greffon contre l'hôte, les effets toxiques des traitements et les infections, les problèmes de qualité du donneur sont moins graves dans les TCSH que dans celui des greffes d'organes solides. Dans le cas des TCSH, la greffe peut être autologue ou allogénique, et elle s'étend à présent au sang du cordon ombilical. Il existe aussi un réseau international de registres dont fait partie le Canada. La Société canadienne du sang s'occupe du « réseau de moelle et de cellules souches UniVie », qui comprend le Registre des donneurs non apparentés de moelle osseuse et la toute jeune banque nationale de sang du cordon ombilical.
Facteurs économiques
En 2009, près de 38 000 Canadiens vivaient avec une insuffisance rénale - soit plus de trois fois plus qu'en 1990. Plus de 22 300 personnes étaient en dialyse et environ 3 000 personnes étaient sur la liste d'attente pour une greffe de rein. Dans son rapport le plus récent, l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS) estime le coût de l'hémodialyse à 60 000 $ par patient par année de traitement, et cette somme n'inclut pas l'incidence économique des journées de travail perdues pendant la dialyse. Pourtant, une greffe de rein coûte environ 23 000 $ pour l'opération, puis environ 10 000 $ par an de médicaments antirejet. D'après les calculs de l'ICIS, sur cinq ans, une greffe de rein représente une économie d'environ 250 000 $ par patient. Autrement, rien qu'en 2009, les plus de 15 000 greffés du rein ont fait économiser au système de santé quelque 800 millions de dollars. L'ICIS souligne ensuite que si les 3 000 personnes en attente d'une greffe recevaient toutes un rein, cela pourrait représenter 150 millions de dollars d'économies par an3. Cependant, le coût des immunodépresseurs augmentant, cette situation va probablement changer, d'autant que l'on envisage des greffes avec plus de donneurs marginaux et pour des receveurs plus difficiles. Il se peut qu'avec l'arrivée de nouveaux traitements, le coût des futurs médicaments prescrits en cas de greffe devienne prohibitif. Par ailleurs, les organes greffés peuvent transmettre à l'hôte des maladies et des agents infectieux, ce qui ajoute encore des complications et des coûts.
Le groupe d'experts
Le groupe d'experts pour l'attelier sur la transplantaion :
- Dana Devine, V. p. Affaires médicales et scientifiques et Recherche Un membre d'un groupe de travail
- Amit Garg, Néphrologue Un membre d'un groupe de travail
- Marie-Josée Hébert, Professeure de médecine, Université de Montréal Un membre d'un groupe de travail
- Anthony Jevnikar, Co directeur, Programme de transplantation d'organes multiples, Directeur Transplantation Néphrologie Un membre d'un groupe de travail
- Kirk Schultz, Professeur, Pédiatrie Un membre d'un groupe de travail
- Lori West, Professeur de pédiatrie Un membre d'un groupe de travail
Organisation de l'atelier
Le Conseil consultatif de l'Institut (CCI) de l'IMII des IRSC a depuis peu fait des greffes l'une des priorités de l'Institut. Beaucoup de questions restent sans réponse dans la recherche dans ce domaine - des mécanismes de base de la détérioration et de la régénération de la greffe aux défis cliniques, en passant par la politique en matière de santé et les questions relatives aux services, sans oublier l'éthique. Les fonds actuels des IRSC étant nettement insuffisants dans le cadre des concours publics, les greffes ont été désignées comme domaine où des investissements stratégiques pourraient avoir des retombées importantes. Dans un premier temps, un groupe d'experts a été réuni en vue d'organiser un atelier sur invitation afin de solliciter l'avis du milieu de la transplantation en général. Faisaient partie du groupe Dana Devine, Amit Garg, Marie-Josée Hébert, Anthony Jevnikar, Kirk Schultz et Lori West. Suivant leurs recommandations, des personnes possédant tout un éventail de compétences, y compris des représentants d'organisations partenaires éventuelles, ont été invitées à participer à un atelier de deux jours, à Montréal, les 1er et 2 février 2011 (voir la Liste des participants, annexe 1).
Objectifs de l'atelier
Les objectifs de l'atelier étaient les suivants : susciter un débat dans le milieu de la transplantation; solliciter des recommandations sur la portée et la priorité d'initiatives de recherche stratégique éventuelles; cerner des possibilités de tirer parti de ressources et de programmes existants; et préparer le milieu de la transplantation à saisir les possibilités de financement qui découlent de l'initiative phare du Plan stratégique des IRSC sur l'inflammation associée aux maladies chroniques. Dans un domaine aussi vaste que celui des greffes, on ne s'attendait pas à trouver un consensus à l'atelier ou à ce que la priorité soit accordée à des sujets de recherche précis. En fait, on espérait que les discussions entre les participants permettraient au groupe d'experts de formuler des recommandations à l'intention du CCI sur la meilleure façon de procéder pour que des investissements stratégiques aient un impact clinique. L'objectif à long terme pour l'IMII et les partenaires sera de renforcer les capacités dans les régions mal desservies, de créer de nouvelles collaborations entre les thèmes et les disciplines, et de combler les lacunes de la recherche, insuffisamment financée à l'heure actuelle par les concours publics des IRSC.
Aperçu des initiatives du plan stratégique des IRSC : liens potentiels avec les greffes
Le Dr Marc Ouellette, directeur scientifique de l'Institut des maladies infectieuses et immunitaires, a présenté un aperçu des initiatives phares du plan stratégique des IRSC qui peuvent présenter un intérêt en ce qui concerne les greffes. À l'heure actuelle, sept initiatives de ce type sont en préparation, dont plusieurs peuvent intéresser le milieu de la transplantation. Ces sept initiatives sont les suivantes :
- Réseau canadien de recherche sur l'épigénétique, l'environnement et la santé
- Initiative sur les réseaux d'essais cliniques et les unités de soutien
- Soins de santé communautaires de première ligne
- Stratégie internationale de recherche concertée sur la maladie d'Alzheimer
- Inflammation et les maladies chroniques
- Voies de l'équité en santé pour les Autochtones
- Médecine personnalisée
L'initiative sur l'inflammation associée aux maladies chroniques est particulièrement pertinente en ce qui concerne les greffes, car l'inflammation joue un rôle clé dans la détérioration des organes et dans leur rejet. Un atelier à large consensus aura lieu en mai 2011, auquel participeront entre autres des membres de notre groupe d'experts et des représentants du milieu de la transplantation en général. Les possibilités de financement lancées dans le cadre de cette initiative devraient être des plus pertinentes pour la recherche dans le domaine des greffes.
Exposés et discussions en sous-groupes
L'atelier de deux jours était centré autour d'exposés suivis de discussions en sous-groupes. Il était demandé aux participants de passer en revue leur domaine de recherche, plutôt que de décrire leur contribution personnelle à celui-ci, afin de donner un aperçu général. En outre, ils étaient répartis en sept sous-groupes afin d'assurer une répartition des compétences et de faciliter le réseautage. Au cours de trois réunions en petits groupes, des questions leur ont été posées et ont ensuite été débattues en séance plénière (voir Ordre du jour, annexe 2; Questions posées aux groupes thématiques, annexe 3). Voici, ci-après, un résumé des deux journées de l'atelier.
Réunir deux solitudes : Possibilités de collaboration en matière de greffes d'organes solides et de cellules souches hématopoïétiques
Le tableau a été dressé par les exposés généraux de la Dre Lori West, sur la greffe d'organes solides, et du Dr Kirk Schultz, sur la greffe de cellules souches hématopoïétiques. Les deux domaines ont en commun bien des difficultés liées à la survie des greffons à long terme, aux effets toxiques des traitements et à la continuité des soins, mais ils présentent également des différences importantes. Par exemple, le fait qu'il soit relativement facile de s'assurer de la qualité des cellules souches alors qu'il est difficile de garantir celle des organes solides, le fait que les dons d'organes constituent un facteur qui limite les greffes alors que, dans le cas des greffes de cellules, c'est la concordance tissulaire HLA qui les limite, et le fait que la maladie du greffon contre l'hôte est la principale cause de décès pour les receveurs de cellules tandis que, dans le cas des greffes d'organes solides, c'est le rejet chronique qui l'est (même si les deux sont alimentés par une réponse allo-immunitaire chronique et par des mécanismes effecteurs, l'un ayant pour origine le donneur, et l'autre, le receveur). Le rejet par le receveur de cellules souches hématopoïétiques perfusées peut représenter un risque important, en particulier pour le sang du cordon ombilical ou les greffons appauvris en lymphocytes T. Il est à noter que, dans le cas des greffes de cellules souches hématopoïétiques, l'effet allo-immunitaire dans le traitement du cancer est bénéfique pour l'effet « greffon contre cancer », ce qui fait qu'un contrôle temporel de l'allo-immunité est nécessaire. En outre, le milieu des greffes de cellules souches hématopoïétiques est soutenu par des réseaux nationaux et internationaux dynamiques, et il a accès à de grands essais cliniques ainsi qu'à des infrastructures qui ne bénéficie pas actuellement dans des mêmes proportions que le milieu des greffes d'organes solides. Les deux groupes ont souligné que des politiques et des programmes spéciaux sont nécessaires pour répondre aux besoins particuliers des enfants qui subissent tant des greffes d'organes solides que des greffes de cellules, et ils insistent sur la nécessité de registres nationaux, de banques de tissus et de réseaux, y compris de réseaux d'essais cliniques. Il était évident que les deux milieux ont raté des occasions de travailler en collaboration sur les problèmes communs décrits ci-dessus, ainsi qu'à l'élaboration de nouvelles stratégies relatives à la régénération potentielle d'organes par des cellules souches.
Discussions en sous-groupes
Le milieu de la recherche canadien a toujours profité des retombées des investissements américains dans des registres et dans des réseaux d'essais cliniques. Cependant, en raison de changements récents dans la politique américaine en matière de financement de la recherche, il a été mis fin à plusieurs relations fructueuses. La crise économique et l'expiration de nombreux brevets de médicaments sont à l'origine de changements importants dans l'industrie pharmaceutique et d'une baisse considérable des investissements dans la recherche. Cependant, les défis sur le plan de la recherche et sur le plan clinique en ce qui concerne les greffes et la nécessité de solutions novatrices continuent d'augmenter.
Étant donné les nombreux points communs entre les deux groupes, non seulement dans la biologie du rejet, de l'inflammation, de la tolérance et de l'infection, mais aussi en ce qui concerne la politique en matière de santé, les enjeux économiques et l'éthique, les participants ont cerné une possibilité d'associer les atouts de la recherche, les nouvelles technologies et les ressources dans le cadre de réseaux. Les deux groupes utilisent bon nombre des mêmes médicaments pour éviter les rejets, ce qui donne à penser qu'il existe peut-être des mécanismes communs de réaction de rejet à la fois innés et adaptatifs. La maladie du greffon contre l'hôte est une maladie de l'organisme tout entier, par opposition au rejet plus localisé d'organes solides, mais il reste des lacunes importantes dans notre connaissance de l'immunologie fondamentale qui intervient dans les deux processus de rejet. Le manque de resources en immunologie humaine entrave la recherche, tout comme le fait que les modèles expérimentaux sur de petits animaux ne reproduisent pas forcément la biologie humaine. Par ailleurs, les études sur des primates non humains sont coûteuses et difficiles.
Les participants à l'atelier n'ont pas tardé à reconnaître les gains potentiels de la réunion des deux milieux pour faciliter la communication des connaissances et le partage des ressources. Le milieu de la greffe d'organes solides a exprimé son admiration pour les travaux des réseaux qui travaillent sur les cellules souches hématopoïétiques et a laissé entendre qu'il doit se doter de la même structure. Il a été reconnu que le Canada a laissé passer des possibilités de « pollinisation croisée » entre les « deux solitudes ». Un partenariat entre ces deux groupes pourrait créer un avantage canadien à l'échelle internationale en matière de greffes. Il a été proposé d'organiser une autre rencontre, plus petite et plus ciblée, qui réunirait les chefs de file dans le domaine des greffes d'organes solides et dans celui des greffes de cellules souches hématopoïétiques afin d'étudier de près les atouts communs, les ressources et les domaines de collaboration possibles.
La biologie des greffes : Défis et possibilités en matière de préservation, de rejet et de tolérance des organes et produits thérapeutiques nouveaux et actuels
Cette séance a commencé par quatre exposés présentés respectivement par le Dr Paul Kubes, sur le rôle de l'inflammation dans les greffes; le Dr Ken Newell, sur la tolérance des greffes dans le cadre clinique; le Dr Bruce McManus, sur les biomarqueurs et les « omiques »; et le Dr John Gill, sur les problèmes que posent les produits thérapeutiques actuels.
Le Dr Paul Kubes a présenté les nouvelles technologies d'imagerie très prometteuses qui arrivent dans le monde clinique et qui permettent de visualiser les interactions cellulaires dans l'inflammation à la fois stérile et infectieuse. Il est possible, lorsque l'on utilise ces technologies dans des modèles animaux, d'obtenir une vue « en temps réel » des interactions entre les cellules immunitaires et les cellules endothéliales dans le système vasculaire et de suivre différentes cellules de façon temporel. Ces technologies de pointe aideront à mieux comprendre la réaction inflammatoire humaine dans le cadre du rejet des greffes.
En ce qui concerne la tolérance, le Dr Ken Newell a parlé de l'évolution des mécanismes de tolérance par organe et temporel; des obstacles à la tolérance; du rôle important des lymphocytes B et cellules T régulateurs pour ce qui est de favoriser et de maintenir une tolérance immunitaire aux greffes d'organes solides; et de l'impact des infections microbiennes en tant qu'obstacles à la tolérance. Il a également mis en garde les dangers de l'utilisation de modèles animaux pour prédire les réactions immunitaires chez l'humain. L'application des nouvelles technologies génomique moléculaire et l'identification des biomarqueurs afin de prévoir de façon fiable la tolérance dans le cadre clinique est la nouvelle frontière.
Il a aussi été question du rôle important des biomarqueurs pour ce qui est de permettre une stratification des patients et une approche individualisée de la médecine. Pour réussir à appliquer les biomarqueurs au domaine des greffes, il faudra entreprendre une démarche coordonnée répondant à des questions cliniques définies et comprenant des personnes ayant des compétences en génomique, en bio-informatique, en économie de la santé, en réglementation et en questions de remboursement, et des personnes chargées de la prestation des soins de santé, comme les médecins, les pouvoirs publics et les partenaires du secteur privé. Le Dr McManus a décrit son centre pour la prévention de la propagation de l'insuffisance fonctionnelle des organes (PPIFO) et ses études sur les biomarqueurs du rejet chez les greffés du rein et du coeur dans lesquelles il utilise des réseaux de gènes et des approches protéomiques. Son groupe a défini un ensemble de marqueurs capables de prédire, avec une spécificité de 98 %, si quelqu'un rejettera sa greffe dans les tout premiers mois. On cherche maintenant une population d'essai plus importante pour valider ces résultats.
Le Dr John Gill a expliqué qu'il est nécessaire de mieux comprendre l'équilibre crucial entre l'immunosuppression et la survie des greffons, en particulier en ce qui concerne les cas d'échec tardif de greffe. De nouveaux agents et de nouvelles approches thérapeutiques ont réduit le nombre de rejets aigus, mais ils ne changent pas la perte de greffons à long terme. Il est certes important que les patients prennent bien les médicaments qui leur sont prescrits à vie, mais il y a aussi un manque d'information sur les causes biologiques de l'insuffisance organique à long terme. Les biomarqueurs des facteurs de risque doivent être améliorés, et il faut des points de repère fiables afin de pouvoir intervenir plus tôt pour éviter un échec de greffe.
Discussions en sous-groupes
Immunologie humaine
Les discussions ont démontré à quel point nous comprenons encore mal l'interaction complexe des voies immunitaires qui régulent l'équilibre entre la tolérance et l'allo-immunité chez les humains. De nouveaux outils à point permettront un jours la mise au point d'essais biologiques capables de mesurer la fonction immunitaire humaine et d'analyser de façon précise les réponses immunitaires. Dans le domaine des greffes, il nous faut beaucoup mieux comprendre les mécanismes qui interviennent dans les rejets tant aigus que chroniques ainsi que la tolérance immunitaire, et nous devons aussi améliorer les méthodes de prélèvement, de conservation et de perfusion des organes. L'amélioration de la qualité des organes prélevés des donneurs en état de mort cérébrale en raison d'hormones et de petites molécules (médicaments) est un champ de recherche sous-étudié qui pourrait pourtant fort bien aider à trouver des solutions au dysfonctionnement d'allogreffe aigu et à long terme. Si l'on songe aux grandes distances que doivent parcourir certains organes, il est non seulement « essentiel » de mieux comprendre, par des recherches, comment maximiser la qualité de l'organe donné, mais c'est un problème « essentiallement canadien ».
Les participants ont souligné l'importance de la recherche fondamentale dans les progrès réalisés en science de la transplantation comme moyen essentiel d'arriver à une meilleure connaissance fonctionnelle des réponses immunitaires et de l'immunosuppression dans le cadre clinique. Le Canada disposant de plateformes ultramodernes en biologie des systèmes, il devrait être possible de mettre à profit ces investissements pour en apprendre plus sur les mécanismes élémentaires précis de l'inflammation, de la dégradation des tissus, du rejet et de la tolérance. Des partenariats entre les immunologistes qui font de la recherche fondamentale et les immunologistes cliniciens pourraient être à l'origine de découvertes importantes. Malgré tout l'intérêt des systèmes reposant sur des modèles animaux pour ce qui est d'élucider les réponses immunitaires, la transposition entre les systèmes expérimentaux et humains est souvent difficile. Il devient de plus en plus nécessaire d'étudier l'immunologie fondamentale humaine sur des humains plutôt que sur des souris. L'immunologie fondamentale humaine n'est pas assez étudiée; de simples questions sur la longévité de la fonction organique restent sans réponse (quel est le rôle de la sénescence et tient-elle à une médiation immunitaire?). La transposition d'une partie de la science fondamentale, par exemple, en ce qui concerne l'ischémie-reperfusion des organes et les mesures cytoprotectrices et anti-inflammatoires, en information pertinente d'un point de vue clinique constitue un défi de taille qu'il faut relever. Cependant, il est difficile de trouver des fonds pour financer des essais cliniques et aussi d'incorporer des travaux en biologie fondamentale. Les organismes subventionnaires financent peu d'essais cliniques en transplantation, et les gouvernements provinciaux rechignent à débloquer des fonds de recherche pour des réseaux cliniques. Il a été proposé, entre autres, de structurer le financement de sorte que les chercheurs en science fondamentale puissent travailler en parallèle avec des essais cliniques en cours afin de faire de la recherche translationnelle.
Dans le contexte des greffes, les maladies infectieuses sont impliquées à deux niveaux, à savoir comme cause d'une insuffisance organique et comme résultat d'une transplantation. Ainsi, l'hépatite et l'insuffisance hépatique qui en résulte sont les facteurs qui rendent nécessaire une transplantation du foie. Les décès imputables à une infection représentent également une complication majeure après les greffes que l'on voit tant dans les greffes d'organes que dans les greffes de cellules souches. L'immunosuppression thérapeutique chronique accompagnée d'une inflammation bénigne constitue un problème plus vaste qu'un simple rejet et elle peut alimenter de façon chronique des processus de régénération défaillants conduisant à une fibrose et à une perte de fonction. Il existe sans aucun doute une relation entre l'infection, l'inflammation et la fibrose. Pour contrôler l'inflammation sans se retrouver avec une infection, il faut mieux comprendre la biologie fondamentale de la détérioration et de la régénération des tissus. L'incidence des infections qui se produisent rapidement après la transplantation sur la promotion ou le blocage de la tolérance est reconnue, mais elle n'a pas encore été bien étudiée et elle pourrait jouer un rôle essentiel dans l'efficacité potentielle des stratégies antirejet actuelles, en particulier dans l'établissement d'une tolérance opérationnelle à long terme.
Produits thérapeutiques
L'adaptation des médicaments aux informations données par les biomarqueurs qui prédisent les niveaux de risque de rejet ou d'autres comorbidités, comme le risque de cancer, d'infection et de cardiopathie, offre des possibilités thérapeutiques. Il est tout à fait pertinent de s'assurer qu'un produit thérapeutique donné est bien utilisé, non seulement au départ, mais également pour la vie du greffon ou du patient. Cette approche vise à réduire le fardeau global du traitement immunosuppresseur en réduisant au minimum les médicaments afin d'améliorer les résultats à long terme pour les patients. À ce stade, l'attitude des cliniciens est généralement d'attendre qu'il arrive quelque chose avant de réagir. Beaucoup de médicaments utilisés actuellement ne sont pas assez efficaces ou ont des effets indésirables ou intolérables. Si l'on optait pour des essais cliniques, le mieux serait de travailler avec des plateformes de biomarqueurs afin d'améliorer le déroulement de ces essais et de recueillir des données essentielles pour guider la mise au point de nouveaux médicaments. Les marqueurs devraient être utilisés pour prendre des décisions éclairées et pour stratifier les risques. Par exemple, si nous pouvions prédire, à partir de séries de biopsies de greffon, qui ferait un rejet aigu de greffe cardiaque, sera t-il possible de repérer un déclenchement de rejet chronique? Le sentiment était qu'à l'heure actuelle, les chercheurs ne comprennent pas assez bien la progression de la transplantation pour savoir si la série de mesures aide à améliorer la survie à long terme. De simples questions sur la longévité du fonctionnement des organes restent non-répondu, mais comme le Canada dispose de plateformes ultramodernes en biologie des systèmes, il devrait être possible de tirer parti de ces investissements pour apprendre à mieux connaître les mécanismes fondamentaux de l'inflammation, de la régénération des tissues et du rejet.
L'application des découvertes de la recherche fondamentale au bénéfice du patient semble être une des limites actuelles. Aujourd'hui, au Canada, en l'absence d'un réseau bien défini de résultats cliniques en matière de greffes, le système repose sur les grandes sociétés pharmaceutiques. Le chercheur qui a en main une innovation prometteuse doit, pour mener à des essais cliniques, régler des questions relatives aux politiques de l'institution, aux obstacles de la propriété intellectuelle, à l'éthique, au financement des essais cliniques et à l'accès aux patients et aux plateformes. Il est possible de former un réseau au Canada pour surmonter ces problèmes, mais il faudra pour cela de nouvelles ressources, des champions enthousiastes, et une volonté de la part des centres universitaires de partager des plateformes technologiques.
Les participants ont manifesté un intérêt pour le développement de biomarqueurs liés au diagnostic, au pronostic et aux produits thérapeutiques, en partie parce qu'il se peut que de tels marqueurs précoces améliorent l'accès au financement d'essais cliniques. Toutefois, ils ont posé la question suivante : « Où est la recherche qui réunit les biomarqueurs et les besoins cliniques? » Ils ont également demandé si des biomarqueurs fourniraient des données qui modifieraient les résultats. Ce qui manque à l'évaluation, c'est une grille de critères cliniques de base beaucoup moins rudimentaires que ceux utilisés à présent. En fait, les chercheurs mettent actuellement au point des essais relativement à la réponse antigène spécifique et non spécifique. Des paramètres de substitution sont essentiels pour réduire la durée des études et donc leur coût. Certains participants étaient d'avis que les grandes sociétés pharmaceutiques sont en panne d'idées et que c'est un domaine où le Canada pourrait avoir un avantage.
La santé des récipients des greffés avant la transplantation est un indicateur de longévité reconnu, mais comme les récipients vivent plus longtemps, le risque de décès directement lié à la transplantation est réduit, ce qui permet à d'autres risques de se manifester ou de réapparaître. Par rapport à l'ensemble de la population, les récipients des greffés présentent un risque plus élevé de cancer, de diabète et de maladies cardio vasculaires, et il est essentiel qu'ils sachent comment éviter d'autres conséquences à long terme de leur maladie primaire. Il faut mener des études pour savoir comment éduquer les récipients des greffés en ce qui concerne les déterminants de leur santé à long terme, pour faire en sorte qu'ils ne perdent pas leur organe ou qu'ils ne voient pas leur espérance de vie raccourcie par des causes évitables. Il arrive que, le temps passant, les récipients des greffés ne respectent plus aussi strictement le régime immunosuppresseur, d'où des risques accrus de rejet chronique et, pour finir, de perte de l'allogreffe. La recherche consacrée aux déterminants et aux mécanismes favorisant un suivit à long terme du traitement d'immunosuppresseurs est particulièrement intéressante pour les enfants, les adolescents et les autres jeunes patients chez qui les taux de non-respect des traitements sont généralement plus élevés et ont de lourdes conséquences en ce qui concerne le fonctionnement et la survie de l'allogreffe.
Nouvelles technologies
Les participants à l'atelier ont parlé d'une myriade de technologies intéressantes, comme le séquençage profond de l'ARN et l'ADNc. Des technologies aussi précises et quantitatives pourraient avoir une incidence sur la découverte de biomarqueurs et même permettre de prédire la tolérance. Les études par imagerie présentées pendant cet atelier ont ouvert les yeux des participants peu familiers avec le domaine. Des questions ont été posées : Utilise-t-on des marqueurs dans les études par imagerie? Peut-on utiliser l'imagerie pour étudier la microcirculation? Existe-t-il des technologies pour le suivi clinique des patients? On considère que FibroscanMD, une technologie mise au point pour la quantification non invasive de la fibrose hépatique, est une percée technologique qui pourrait s'appliquer à d'autres organes transplantés. Santé Canada a authorisé l'utilisation de cette technologie, qui peut fournir des images qui illustrent les propriétés mécaniques des organes. D'autres études utilisent l'IRM pour prédire la survie des organes en mesurant le niveau de la perfusion et de l'oedème. La bioluminescence est utilisée dans l'imagerie du système immunitaire. La nanotechnologie des points quantiques en thérapie pourrait se révéler utile pour l'imagerie immunologique. Aussi importantes que soient toutes ces nouvelles technologies, il restera important d'évaluer leur utilisation potentielle dans un cadre clinique. Le manque de données transposables entre la recherche fondamentale et le milieu clinique a été qualifié à la fois de lacune et de possibilité. Le champ des possibilités comprend la transposition d'une partie de la science fondamentale relative à l'ischémie-reperfusion des organes (y compris la réanimation d'organes) et les mesures cytoprotectrices et anti-inflammatoires en information pertinente d'un point de vue clinique. Des améliorations sont nécessaires dans la connaissance fonctionnelle de l'immunosuppression dans le cadre clinique, ce qui comprend de régler les désaccords sur l'utilisation de la technologie et l'interprétation des résultats.
La médecine régénérative, domaine en pleine croissance au Canada, revêt une importance considérable pour les chercheurs qui étudient les cellules souches hématopoïétiques, étant donné que la thérapie génique germinale est elle-même un type de thérapie régénérative. De l'avis des participants venant du domaine des greffes d'organes, la connaissance, par exemple, du rôle des cellules souches tirées de la moelle osseuse dans la régénération des cellules myocardiques et endothéliales dans le coeur transplanté, pourrait déboucher des travaux importants. Est-ce par ce moyen que les coeurs défaillants seront régénérés à l'avenir? Il faut aussi s'interroger sur les conséquences de la transplantation d'organes, car les cellules souches qui sont fixées aux parois vasculaires et qui se retrouvent dans le tissu interstitiel sont certainement transplantées avec l'organe et pourraient modifier la reconnaissance immunitaire et la régénération tissulaire et, donc, contribuer probablement au fonctionnement et à la survie de l'allogreffe.
Le rôle de l'industrie
Pour un chercheur qui dépend de financements extérieurs, le potentiel d'application commerciale est une préoccupation primordiale. La participation de l'industrie est importante en raison de l'accès de ressource et de perspective qu'elle comporte pour passer du laboratoire au chevet des patients. Avec la crise économique, la perte de certains brevets et le coût extrêmement élevé de la mise au point des médicaments, l'industrie investit moins. Elle doit être convaincue de recouvrir son investissement, car il faut parfois 20 ans pour lancer un médicament. En fait, on n'a pas vu de nouvelle catégorie de médicaments pour les greffes depuis plus de 10 ans. D'après les participants, dans le climat économique actuel, l'industrie n'apportera son soutien qu'à des projets à échéance à cour terme. Desormair, aucun consensus ne s'est dégagé, certains pensant que l'innovation serait récompensée, et d'autres, non. Même après avoir reconnu l'intérêt de longue date de certains fabricants, comme Novartis, les participants se déclaraient préoccupés de devoir compter sur l'intérêt des grandes sociétés pharmaceutiques. À la question de savoir s'il valait la peine de réfléchir aux investissements dans la mise au point de médicaments, ils ont répondu que ce ne serait pas l'object principale d'une initiative stratégique. Il est à noter, toutefois, que l'industrie pourrait être intéressée par des partenariats de recherche en ce qui concerne la politique et la réglementation en matière pharmaceutique.
Don d'organes et services de santé : Augmenter le bassin de donneurs et coordonner nos efforts
Le point de vue des patients
La deuxième journée de l'atelier a commencé par un exposé sur le point de vue d'un patient greffé présenté par Kathryn Richardson et son fils Tyler Wade. Tous deux ont une maladie génétique appelée syndrome d'Alport, une maladie rénale héréditaire qui peut également affecter l'oreille interne et l'oeil. Le chromosome X est porteur du marqueur génétique et ce sont les garçons qui souffrent de la forme la plus grave de la maladie qui débouche généralement sur une insuffisance rénale avant l'adolescence, ce qui est le cas de Tyler. Heureusement, son père a pu lui offert un de ses reins il y a 13 ans, alors que Tyler était âgé de 16 ans. Le père et le fils se portent très bien aujourd'hui. Cependant, Tyler et sa mère ont parlé des vicissitudes de la vie d'un greffé : la peur constante du rejet; la nécessité de prendre des médicaments immunosuppresseurs puissants, avec leurs effets secondaires; et les effets psychosociaux à long terme. Tyler et sa mère ont demandé aux chercheurs de travailler en collaboration et en réseau afin de réduire, en premier lieu, la nécessité de recourir à des greffes, puis de prolonger la durée de vie des organes transplantés et de découvrir des médicaments immunosuppresseurs ayant moins d'effets secondaires.
La séance s'est poursuivie avec des exposés du Dr Peter Nickerson, sur le paysage canadien de la transplantation, du Dr Sam Shemie, sur ce qu'il faut faire pour améliorer les dons de donneurs décédés, et du Dr Amit Garg, sur ce qu'il faut faire pour améliorer les dons de donneurs vivants.
Le Dr Peter Nickerson a parlé de la nécessité de coordonner les soins cliniques au Canada, en faisant référence à la Stratégie de recherche axée sur le patient (SRAP) des IRSC, et du fait que le Canada accuse un retard sur d'autres pays, comme les É.-U. et la Suisse, en ce qui concerne les réseaux, les cohortes et l'infrastructure des essais cliniques. Au Canada, la performance ne s'est pas améliorée de façon notable au cours des 10 dernières années pour ce qui est des donneurs et des transplantations. Depuis trois ans, il n'y a eu aucune amélioration pour ce qui est d'éviter des décès parmi les personnes figurant sur une liste d'attente, quels que soient les organes, ce qui donne à penser qu'en tant que pays, nous ne réalisons pas notre potentiel en matière de don d'organes. En 2008, la Société canadienne du sang (SCS) s'est vu confier le mandat des dons de tissus et d'organes ainsi que des greffes, et elle prépare actuellement une stratégie nationale. La question relative à la possibilité de réserver une partie des fonds à la recherche sur les greffes a été examinée, et le groupe était favorable à l'idée que l'on demande à la SCS de soutenir cette possibilité dans la nouvelle structure. Cependant, la question est compliquée par le financement provincial vis-à-vis le financement fédéral au sein de la SCS pour les activités cliniques et par l'incertitude quant au montant des fonds qui iront à la recherche.
Le Dr Sam Shemie a parlé des progrès technologiques qui estompent la démarcation entre la vie et la mort en ce qui concerne les dons d'organes de donneurs décédés et du manque de recherche interdisciplinaire consacrée à ce domaine. Par ailleurs, le défi dans les services de soins intensifs des hôpitaux consiste à amener les cliniciens à s'intéresser à la possibilité d'amméliorer le taux de donneurs et à y consacrer du temps, et on manque clairement de spécialistes formés pour s'occuper des questions relatives aux dons d'organes. L'obtention du consentement du donneur est un autre obstacle, et le processus doit être simplifié pour que le public le comprenne, en particulier ce qui concerne la probabilité d'avoir besoin d'une greffe par rapport à celle de devenir donneur. À l'âge de 20 ans, par exemple, une personne a cinq fois plus de chances, grosso modo, d'avoir besoin d'une greffe au cours de sa vie que de devenir donneur.
Pour ce qui en est des donneurs vivants, le Dr Amit Garg a expliqué que les risques de préjudice pour le donneur à court terme doivent être compensés par les effets psychologiques de l'altruisme et l'amélioration de la santé du receveur. Dans le cas des greffes de rein, comme la demande d'organes augmente, de nouveaux types de donneurs de rein sont acceptés, y compris des donneurs plus âgés, obèses, hypertendus et dont les origines raciales sont associées à un risque de complications ultérieures. Nous pratiquons également de nouveaux types de dons pour donneurs vivants, y compris avec des personnes qui participent à des dons altruistes et sur la base d'échanges par paires. Il est de notre responsabilité de suivre et d'étudier les patients pour nous assurer qu'il y a de bons résultats à long terme pour les donneurs et les receveurs, en particulier dans les groupes à risque élevé, comme les donneurs et les receveurs des Premières nations. Les donneurs vivants s'interrogent, par exemple, sur leur état de santé ultérieur, sur leur capacité de souscrire des assurances médicales et, pour les femmes, de mener à terme une grossesse sans complications. Nombre de questions de recherche sont à traiter, en particulier en ce qui concerne l'éthique relativement aux dons effectués par des donneurs vivants, l'innovation chirurgicale pour réduire la morbidité, et le recrutement de donneurs, où il y aurait des enseignements à tirer du milieu des greffes de cellules souches hématopoïétiques.
Discussions en sous-groupes
Ressources existantes et potentiel de partenariat
Le lancement des initiatives de la SCS sur les dons et les greffes d'organes (DGO), ainsi que des registres ont suscité plusieurs questions. Comme il a été expliqué, la SCS ne recevra pas de fonds publics pour financer la recherche fondamentale sur les greffes en sciences biomédicales ou sociales. On ne sait pas vraiment si la base de données sur les DGO en projet pourrait servir les différentes propositions de cet atelier de deux jours. Les participants ont encouragé les liens et la cohésion entre les initiatives relatives aux greffes et aux dons. Il a été proposé que les IRSC évaluent l'incidence du mandat de la SCS en ce qui concerne les DGO sur l'initiative relative aux transplantations. Les programmes de DGO de la SCS créeront peut-être une expérience naturelle - les IRSC voudront sans doute mettre sur pied un programme de recherche sur les interventions en parallèle au lancement des DGO. Des questions ont été soulevées au sujet d'un partenariat éventuel entre les IRSC et la SCS sur la plateforme des greffes. Les participants étaient très enthousiastes par rapport à la nouvelle initiative de la SCS, indépendamment de son rôle futur dans l'initiative relative aux transplantations. Certains s'interrogeaient sur le fait que la SCS conserve des données et se demandaient si elle les mettrait à la disposition des chercheurs, s'il y aurait des restrictions quant à la diffusion des données et aux coûts potentiels pour le milieu de la transplantation.
Comment faire pour qu'il y ait plus de dons d'organes
Pour trouver 20 donneurs de rein vivants, il faut examiner une centaine de donneurs potentiels. Autrement dit, 80 donneurs ne seront pas retenus pour des considérations sociales, des questions techniques, des restrictions éthiques et des maladies sous-jacentes. L'utilisation d'organes prélevés sur des donneurs décédés n'est pas sans problèmes non plus. Un tiers environ des coeurs disponibles pour une transplantation ne sont pas greffés. Cependant, comme on ne recueille pas de données, nous ne savons pas pourquoi les taux de non-utilisation sont aussi élevés. Il faut, pour maximiser les dons des donneurs décédés et vivants, relever un double défi, à savoir améliorer le nombre (y compris celui de donneurs et, dans le cas des donneurs décédés, le nombre d'organes par donneur) et la qualité des organes utilisés dans les transplantations.
Les participants ont pris conscience que la population en général méprend souvent sur ce qui arrivera au corps du donneur et à ses organes après le décès, ce qui explique certainement en partie les réticences à faire des dons. En fait les taux de don sont sensiblement moindres au Canada que dans d'autres pays industrialisés. Même parmi les personnes qui acceptent de donner des organes, 40 % ne le feront finalement pas, faute de faire connaître leur intention dans les règles. Parallèlement, la transplantation dépend des intensivistes qui signalent des donneurs d'organes possibles, et il est difficile de les mobiliser de même que le personnel des urgences. Les efforts d'éducation devraient-ils cibler le grand public, les professionnels de la santé associés ou les deux? Il a été recommandé de concentrer l'attention sur les professionnels de la santé comme suit :
- Modifier les pratiques exemplaires : des organismes chargés de trouver des donneurs sont nécessaires dans toutes les provinces.
- Recruter dans les hôpitaux des équipes formées spécialement en matière de donneurs, tout particulièrement, dans ceux sans capacité de transplantation.
- Soutenir la recherche en psychologie et en psychologie sociale, ainsi que sur les comportements et les attitudes à toutes les étapes du processus de don.
- Tirer les enseignements des résultats positifs d'autres centres, comme l'accréditation liée aux résultats en matière de dons, ce qui se révèle être fructueux dans les hôpitaux américains.
- Soutenir la recherche stratégique afin d'éclairer les changements législatifs.
- Comprendre et éliminer les obstacles au don d'organes de donneurs vivants et décédés et au don de cellules souches hématopoïétiques (par exemple, éliminer les obstacles financiers pour les donneurs d'organe vivants).
Les enfants sont une priorité en ce qui concerne les donneurs décédés; il y a une baisse des dons de donneurs vivants dans le cas des enfants dont les parents veulent faire un don si une seconde greffe devenait nécessaire. Une réglementation particulière est nécessaire pour les populations vulnérables et les enfants, et il faut mener des études sur la détermination de la mort cérébrale en pédiatrie. Les nouveau-nés dont on interrompt le maintien des fonctions vitales sont généralement écartés des dons, et les donneurs sont rares chez les très jeunes enfants. La répugnance de la société à parler de dons provenant d'enfants est telle qu'il est difficile d'envisager les options, ce qui contribue ou manifestement désarroi des parents qui attendent un organe pour leur enfant mourant, et prive aussi les parents d'un enfant qui meurt la possibilité de participer à un don d'organes. D'après les participants, comparer les provinces où cela se passe bien et les autres permettrait sans doute de parler assez librement de certaines différences clés dans leur approche, mais il faudrait faire davantage pour régler ces questions délicates.
Il est nécessaire d'étudier l'incidence à long terme sur la santé des donneurs vivants, en particulier des nouveaux types de donneurs à propos desquels on a moins de recul quant aux résultats à long terme. Le Canada pourrait contribuer utilement à la recherche internationale à cet égard, étant donné les bases de données administratives sur les soins de santé dont il dispose et des nouveaux partenariats avec la SCS. Dans le cas des dons de rein en particulier, les dons de donneurs vivants peuvent représenter une solution de rechange économique qui n'existe pas toujours pour d'autres organes. De fait, pour donner un consentement éclairé, les donneurs vivants doivent bien comprendre les risques, les cas échéants, pour leur santé à long terme. Sans comprendre les risques de la procédure, ceux qui hésitent (en particulier les receveurs qui hésitent à accepter le don) hésitent peut-être tout simplement par manque d'information sur la sécurité à long terme.
Continuité des soins cliniques
Dans son exposé, le Dr Nickerson a insisté sur l'importance de la coordination des soins cliniques. Les participants croyaient fermement que le cadre de recherche des IRSC devrait comprendre un élément d'évaluation clinique objective. Selon eux, un réseau de soins cliniques reposant sur des procédures normalisées et capable de recueillir des données relativement à divers paramètres aiderait à répondre aux questions sur lesquelles il serait raisonnable de croire que l'on se penche au Canada, comme de comprendre ce qui arrive aux personnes qui ont subi une transplantation, la validation, ou la réfutation des revendications de bienfait ou de préjudice. Les Canadiens seront peut-être surpris d'apprendre que leur système de soins de santé universel financé par des fonds publics n'aide pas dans le suivi. Les cliniciens ont fait remarquer que le système actuel et la nouvelle réglementation provinciale sur la confidentialité, dans toutes les provinces, les obligent à déployer des efforts stratégiques pour réunir des renseignements sur les patients et établir les liens nécessaires entre les dossiers afin de comprendre ce qui arrive à leurs patients à long terme. D'après plusieurs participants, le modèle de l'oncologie pédiatrique est celui à suivre à cet égard. Cependant, il ne suffit pas de combiner des listes pour créer une collaboration fonctionnelle. Un réseau doit veiller à ce que des données précises soient recueillies partout afin que l'on puisse effectuer des comparaisons directes entre les centres et constituer des ensembles de données complets, sans quoi ces données seront inutiles. Un réseau clinique national devrait pouvoir définir des normes de soins. Il devrait être possible, à un moment donné, de définir aussi des procédures normalisées pour les biobanques.
De tous les besoins cernés, la difficulté que pose la collecte d'information pour le suivi à long terme est, peut-être, la plus déroutante pour les participants. Dans un système de santé entièrement financé, pourquoi n'avons-nous pas saisi la possibilité de bien suivre les greffés, de leur transplantation jusqu'à la fin de leur vie? En permettant l'établissement de liens entre les bases de données existantes, on devrait pouvoir repérer les principales caractéristiques de la survie et ce qui la menace. En faisant en sorte de constituer un ensemble de données de base, il devrait être possible d'établir même des pratiques exemplaires comme la gestion clinique. Il semblerait naturel d'attirer l'attention des receveurs sur de nouveaux problèmes et avantages, en particulier, la cohorte d'enfants parmi les receveurs qui arrivent maintenant à l'adolescence ou qui sont à présent de jeunes adultes.
Application des connaissances
Les participants ont parlé de la nécessité de remettre leurs connaissances en contexte au sein du système de santé canadien, c'est-à-dire de les appliquer. Pour eux, les politiciens et les décideurs jouent un rôle clé dans une meilleure application des connaissances au sujet des questions essentielles concernant les dépenses en santé dans la transplantation. La recherche sur les politiques de santé devrait éclairer les décisions des pouvoirs publics et motiver l'évolution du système. Étant donné les coûts énormes, les invalidités et les décès causés par des défaillances organiques terminales, il paraît logique d'étudier les politiques de gestion de nos investissements en matière de soins de santé. Ainsi, la recherche sur les politiques de santé pourrait éclairer les changements législatifs, en particulier les lois protégeant la confidentialité qui influent sur la communication des données. De plus, des ensembles de données facilitant la recherche sur les services de santé en matière de transplantation sont à la fois justifiés et nécessaires. Les gouvernements provinciaux et territoriaux, qui paient le plus gros des frais de santé croissants, devraient souhaiter financer des travaux qui pourraient maximiser les résultats sur le plan de la santé, garantir des pratiques exemplaires et réduire les dépenses de santé.
D'après les participants, il est très important de mieux faire comprendre la trajectoire de la recherche aux politiciens et aux décideurs. Les lacunes sont de taille dans la capacité des spécialistes de communiquer avec les politiciens et les citoyens au sujet de l'importance de la recherche sur les transplantations. La SCS a réussi dernièrement, dans le processus de définition de sa plateforme DGO, à mobiliser politiciens et citoyens. Sa plateforme DGO et son approche stratégique peuvent beaucoup influer sur les politiques de santé en ce qui a trait aux greffes.
Éthique
Nombre de questions d'éthique ont été examinées au cours des deux journées, y compris celle de savoir comment surmonter le fait problématique que des ressources et du temps sont systématiquement gaspillés en attendant l'approbation de tous les comités d'éthique de la recherche concernés par des études multicentriques. À propos des dons d'organes après une mort cardiaque, des interrogations ont été exprimées au sujet des cas d'« autoréanimation » signalés, ce qui a ravivé des questions sur les différences entre la mort cardiaque et la mort cérébrale. (Qu'entend-on par mort cardiaque? Est-ce logique du point de vue de la transplantation? Autres questions soulevées : S'il est conclu que les organes ne conviennent pas pour une transplantation, pourraient-ils servir pour la recherche? En cas de mort cardiaque, y a-t-il un moyen d'intervenir ex vivo? Serait-on autorisé à intervenir auprès d'un donneur potentiel pour s'assurer de la meilleure issue possible en ce qui concerne l'organe?) La discussion a porté, par ailleurs, sur des questions sociales et anthropologiques, sur les déterminants sociaux de la santé et sur l'équité sociale qui peut être menacée face aux transplantations. Il a été souligné qu'il ne suffit peut-être pas de prolonger la vie de quelqu'un par une greffe si l'on ne tient pas compte de la qualité de la vie ainsi prolongée. Le sentiment était que les gouvernements, les institutions, les professionnels et la société ont le devoir d'optimiser les ressources disponibles, d'éviter les chevauchements d'activités et de faire en sorte que les ressources soient mises équitablement à la disposition de ceux qui en ont besoin.
Nombre de scientifiques comprennent mal l'éthique, une branche de la philosophie. Les obstacles ethnoculturels aux dons de donneurs décédés et vivants sont, dans certains cas, énormes. Il est important de mieux comprendre la volonté de donner dans divers groupes. L'obstacle ethnoculturel à la fois au don et à l'acceptation d'organes ne fait pas l'objet d'assez d'études. D'après certains participants, les stagiaires ne sont pas suffisamment exposés à l'éthique et aux outils pratiques de son application à la recherche et à la médecine. Dans la recherche, l'éthique devrait être considérée comme un outil habilitant, plutôt que comme un obstacle, un outil qui uniformise les règles du jeu pour le patient et la famille lorsqu'ils travaillent avec des cliniciens et des chercheurs. Un thème commun s'est dégagé : il n'y a pas assez de compétences en éthique des greffes, l'un des domaines les plus complexes de l'éthique médicale.
Populations vulnérables
Souvent, les personnes qui ont besoin d'une greffe ou qui sont greffées deviennent vulnérables sur le plan physique, social et économique. Il arrive, en particulier, que les enfants et les jeunes se sentent aliénés par rapport à leurs pairs pendant des étapes cruciales de leur développement. Il y a eu beaucoup de questions sur la nécessité de reconnaître que les patients pédiatriques constituent une population distincte. De nombreux aspects des transplantations sont tellement différents de ceux des adultes que les options en matière de recherche et de gestion doivent être évaluées séparément. Les greffes pédiatriques ont généralement lieu dans le cas d'affections pour lesquelles il n'existe pas d'autres options thérapeutiques. De plus, l'enfant ne peut pas améliorer son état par des comportements plus sains - il dépend entièrement du système de santé pour son traitement à court et à long terme.
Séance plénière : résumé des recommandations des sous-groupes
Les discussions sur les orientations pour l'avenir étaient extraordinairement vastes. Ceux qui ont déjà travaillé dans des réseaux efficaces ont fait part de leur enthousiasme. L'une des principales recommandations était que toutes les concernées investissent dans des réseaux. Le Canada n'a pas d'organisme national de la transplantation; nous avons notre système de santé canadien et une culture de la collégialité. Une des grandes priorités devrait être de créer un réseau national en matière de greffes. La population canadienne n'est tout simplement pas assez nombreuse pour qu'il en soit autrement : nous devons entreprendre des recherches multicentriques.
Réseaux
Pour beaucoup, un réseau unique et transformateur sur le plan clinique serait le meilleur axe de l'initiative sur les transplantations, même si les participants s'interrogeaient sur l'objet principal du réseau, sa taille et sa structure initiales, et sa viabilité à long terme, en soulignant les dépenses importantes que nécessiterait l'officialisation de ses fonctions. L'accent a été mis sur la nécessité, mentionnée plus tôt, d'encourager les collaborations entre les milieux des greffes d'organes solides et des greffes de cellules souches hématopoïétiques, ce qui peut se faire dans le cadre d'un réseau, à l'avis de tous. La portée des objectifs du réseau comptait de simples fonctions d'inventaire de plateformes, de gestion d'actifs et d'échanges d'information à la création de registres, de réseaux cliniques, de biobanques et de réseaux d'essais cliniques. L'approche à adopter pour parvenir à un réseau variait. Certains participants souhaitaient que l'initiative commence par établir des objectifs à long terme (à 10 ans et 20 ans), comme « les receveurs canadiens ont les meilleurs résultats à long terme du monde (survie, survie du greffon, qualité de vie liée à la santé) » ou « dans 10 ans, le Canada n'aura plus besoin de greffes d'organes de donneurs vivants ». Il a été souligné qu'en fait, cela revient à demander une Stratégie nationale en matière de transplantation. Cependant, la majorité estimait que des réseaux sont essentiels si le Canada veut être compétitif sur la scène mondiale. Les participants ont mentionné comme modèle le Centre pour la recherche et le développement des médicaments (CRDM), car bon nombre d'universités canadiennes y sont affiliées. Ce centre fondé à l'initiative de chercheurs en Colombie-Britannique fait maintenant partie du MaRS Discovery District, qui comprend entre autres les universités McMaster et McGill. Il a été souligné que le fonds opérationnel substantiel accordé sans condition est une des clés du succès du CRDM.
Un réseau de transplantation canadien fournirait une plateforme pour établir des protocoles et des procédures normalisés et pour créer des bases de données et des installations centrales communes, et faciliterait l'intégration avec des organisations telles que la SCS. Il encouragerait aussi des collaborations entre chercheurs sur les quatre thèmes de recherche : biomédicale; clinique; politiques et services de santé; santé des populations. Un tel réseau s'alignerait bien sur la SRAP des IRSC et serait bien placé pour profiter de possibilités de financement futures. Il a été convenu que la normalisation des données et des protocoles serait essentielle pour que le réseau fonctionne. Un système central pour la gestion et l'analyse des données pourrait être créé par processus concurrentiel et devrait être relié aux DGO de la SCS pour une meilleure saisie des données. Cependant, l'accès aux données ne serait pas compétitif. Un centre de données marque une étape au-delà du simple assemblage de données existantes. La plateforme pourrait prendre la forme d'un « observatoire » qui veillerait à ce que :
- les demandes concordent avec les priorités établies par les structures de gouvernance;
- les réseaux cliniques collectent l'information et procèdent à des évaluations de façon normalisée et comparable entre les centres;
- la connectivité soit établie grâce à la technologie de l'information;
- des protocoles relatifs à la biostatistique et au transfert de données soient établis, afin de pouvoir créer des liens entre des bases de données existantes qui collectent déjà des données sur les patients;
- des protocoles de transfert de données soient définis;
- les participants soient formés;
- l'adhésion à des procédures normalisées nationales, p. ex. en ce qui concerne les protocoles de transplantation, les protocoles relatifs à l'immunosuppression, les biobanques, soit mesurée.
Certains ont souligné que les réseaux fructueux sont ceux qui se forment d'eux-mêmes et que le milieu doit démontrer sa capacité d'agir en partenariat. Il a été proposé de commencer par une subvention de développement, afin que les participants puissent s'organiser. Une telle subvention d'un montant aussi minime que 25 000 $ à 50 000 $ pourrait suffire pour préparer une demande, comme dans le cas du Réseau d'essais cliniques sur le VIH/sida, qui est maintenant concentré à Vancouver, ainsi que du Réseau d'essais cliniques sur l'imagerie médicale, que financent depuis peu les IRSC. D'autres fonds dépendront de la réalisation d'objectifs et de résultats énoncés dans la proposition.
Équipes
Certains estimaient qu'il ne serait sans doute pas bon de concentrer tous les efforts sur un seul réseau, alors qu'il y a tellement de problèmes pressants. D'après les participants, il est essentiel d'accomplir ce qui suit : faire en sorte qu'il y ait suffisamment de dons, améliorer la qualité et la sécurité des greffons, remplacer les résultats à court terme par des résultats à long terme, et entreprendre d'appliquer les connaissances que recèlent les découvertes scientifiques existantes. Parmi les domaines de recherche susceptibles de beaucoup influer sur le court terme, mentionnons les interventions stratégiques destinées à faire augmenter le nombre de donneurs d'organe décédés et de nouveaux mécanismes de préservation et de perfusion des organes pour améliorer la qualité et la durée de vie de ceux-ci. Dans le premier cas, on peut mettre au point des stratégies pour que plus de personnes s'inscrivent sur les registres de donneurs d'organes, afin d'autoriser les prélèvements après leur décès. Dans le second, soulignant que la détérioration due à l'ischémie intervient en quelques minutes, ce qui ne suffit pas pour produire des variations protéiques ou génétiques, y a-t-il un rôle pour les -omiques lorsque la détérioration est manifestement post-translationnelle? Sera-t-il possible d'arrêter les premiers événements au chevet du patient avec de petites molécules? Quoi qu'il en soit, le processus de détérioration initial progresse au fil des jours, ce qui pourrait, si la situation est bien comprise, présenter des possibilités d'intervention et d'amélioration. Voici d'autres domaines potentiels : des études sur l'immunologie humaine visant à mieux connaître les mécanismes immunologiques intervenant dans le rejet et la tolérance des greffes, la validation de nouveaux biomarqueurs d'imagerie, des études sur les processus biologiques fondamentaux intervenant dans les lésions, l'infection et l'inflammation. L'initiative phare du Plan stratégique des IRSC sur l'inflammation associée aux maladies chroniques portera, entre autres, sur le milieu de la transplantation et le milieu de la recherche profitera peut-être de possibilités de financement prévues relatives au rôle de l'inflammation dans le rejet des greffes.
Une autre approche pourrait donc être à deux volets et commencer par l'obtention de l'appui d'un certain nombre d'équipes multidisciplinaires afin d'établir des collaborations initiales - comme entre le groupe des greffes d'organes solides et celui des greffes de cellules souches hématopoïétiques -, pour ensuite créer l'occasion d'établir des contacts afin de former un véritable réseau national de la transplantation, potentiellement dans le cadre de l'initiative SRAP des IRSC. L'attente serait que ces équipes initiales s'élargissent pour former avec le temps un réseau plus vaste. D'après les participants, il y aurait des avantages à laisser le réseau se développer de manière « organique » sur plusieurs années. Les équipes se réuniraient tous les ans afin de favoriser les liens et la collaboration dans l'optique de demander un jour la création d'un réseau national de la transplantation. Entre-temps, les équipes pourront combiner différents domaines de compétence afin de se concentrer sur bon nombre des sujets de préoccupation susmentionnés, le but étant d'améliorer les résultats cliniques pour les greffés.
Prochaines étapes
Certains participants étaient d'avis que l'atelier avait déjà atteint un de ses objectifs en réunissant le milieu de la transplantation et que de nouvelles collaborations s'organisaient déjà. Afin de renforcer cette dynamique, le groupe d'experts se réunira pour synthétiser les recommandations qui seront présentées au CCI-IMII en mai 2011. Le personnel de l'Institut préparera ensuite un plan de mise en oeuvre, en consultation avec ses partenaires.
Annexe #1 - Liste des participants
| Louis Beaulieu PDG |
Québec Transplant 4100, rue Molson, bureau 200 Montréal (Québec) H1Y 3N1 514 286-1414, poste 222 |
|
| Lorraine Bell Directrice, Transplantation rénale pédiatrique |
Centre universitaire de santé McGill Hôpital de Montréal pour enfants 2300, rue Tupper, # E222 Montréal (Québec) H3H 1P3 lorraine.bell@mcgill.ca 514 412-4461 |
|
| Céline Bergeron Pneumologue et chercheuse |
CHUM and CRCHUM 3840, St Urbain Montréal (Québec) H2W 1T8 celine.bergeron.1@umontreal.ca 514 890-8000, poste 15639 |
|
| Tom Blydt Hansen Chef, néphrologie pédiatrique |
Université du Manitoba FE009 - 840, rue Sherbrooke Winnipeg (Manitoba) R3A 1S1 tblydthansen@exchange.hsc.mb.ca 204 787-2275 |
|
| Eric Brown Professeur et président |
Université McMaster Département de biochimie et des sciences biomédicales 1200, rue Main ouest Hamilton (Ontario) L8N 3Z5 ebrown@mcmaster.ca 905 525-9140, poste 22454 |
|
| Patricia Campbell Professeure agrégée |
Université de l'Alberta 11.107 Clinical Sciences Building Edmonton (Alberta) T6G 2G3 trish.campbell@ualberta.ca 780 407-7579 |
|
| Marcelo Cantarovich Professeur de médecine, Directeur associé |
Centre universitaire de santé McGill 687, avenue Pine ouest Montréal (Québec) H3A 1A1 marcelo.cantarovich@muhc.mcgill.ca 514 934-1936, poste 36223 |
|
| Michel Carrier Directeur médical |
Québec Transplant 4100, rue Molson, bureau 200 Montréal (Québec) H1Y 3N1 mcarrier@quebec-transplant.qc.ca 514 286-1414 |
|
| Guy Cloutier Professeur de radiologie et de génie biomédical |
Université de Montréal Lbum crchum 2099, rue Alexandre de Sève Montréal (Québec) H2L 2W5 guy.cloutier@umontreal.ca 514 890-8000, poste 24703 |
|
| Dana Devine V. p. Affaires médicales et scientifiques et Recherche Un membre d'un groupe de travail |
Société canadienne du sang Programme de recherche communautaire 2350 Health Sciences Mall Vancouver (Colombie Britannique) V6T 1Z3 dana.devine@blood.ca 604 822-7270 |
|
| Aida Fernandes Directrice Programme médical/scientifique |
Fondation canadienne de la fibrose kystique 2221, rue Yonge Pièce 601 Toronto (Ontario) M4S 2B4 afernandes@cysticfibrosis.ca 416 485-9149, poste 229 |
|
| Stephen Ronan Foley M.D., F.R.C.P.C. |
Hamilton Health Sciences Juravinski Site 711, rue Concession Hamilton (Ontario) L8V 1C3 elsonlau@hhsc.ca 905 527-4322, poste 42074 |
|
| Beth Foster Pédonéphrologue |
Hôpital de Montréal pour enfants 2300, rue Tupper Montréal (Québec) H3H 1P3 beth.foster@muhc.mcgill.ca 514 412-4461 |
|
| Amit Garg Néphrologue Un membre d'un groupe de travail |
London Health Science Centre 800, chemin Commissioners London (Ontario) N6A 4G5 amit.garg@lhsc.on.ca 519 685-8502 |
|
| Lucie Germain Professeure, Département de chirurgie, Faculté de médecine |
Université Laval et Centre LOEX Aile R, CHA 1401, 18e rue Québec, P.Q., G1J 1Z4 luciegermain@videotron.ca 418 682-7511, poste 1696 ou 1684 |
|
| John Gill Professeur agrégé de médecine |
Université de la Colombie Britannique Hôpital St. Paul's (Providence Health Care building) Vancouver (Colombie Britannique) V6Z 1Y6 jgill@providencehealth.bc.ca 604 681-7191 |
|
| David Grant Directeur médical Centre de greffe |
Hôpital pour enfants de Toronto 555, avenue University Pièce 6432 Hill Wing Toronto (Ontario) M5X 1X8 david.grant@uhn.on.ca 416 509-7532 |
|
| Marie Josée Hébert Professeure de médecine, Université de Montréal Un membre d'un groupe de travail |
CHUM Hôpital Notre-Dame 1560, rue Sherbrooke est Montréal (Québec) H2L 4M1 marie-josee.hebert.chum@ssss.gouv.qc.ca 514 890-8000, poste 25017 |
|
| Atul Humar Directeur Transplant ID |
Université de l'Alberta 6 030 Katz Rexall Edmonton (Alberta) T6G 2E1 ahumar@ualberta.ca 780 492-3885 |
|
| Thomas Issekutz Professeur et chef, Divison d'immunologie |
Université Dalhousie 5850, avenue University Halifax (Nouvelle-Écosse) B3K 6R8 thomas.issekutz@iwk.nshealth.ca 902 470-8933 |
|
| Anthony Jevnikar Co directeur, Programme de transplantation d'organes multiples, Directeur Transplantation Néphrologie Un membre d'un groupe de travail |
LHSC, University Hospital 339, rue Windermere London (Ontario) N6A 5A5 jevnikar@uwo.ca 519 663-3688 |
|
| Shaf Keshavjee Directeur, greffe de poumon |
Réseau universitaire de santé 150, rue Elizabeth Toronto (Ontario) M5G 2C4 shaf.keshavjee@uhn.on.ca 416 340-3863 |
|
| S. Joseph Kim Néphrologue transplantologue |
Hôpital général de Toronto 585, avenue University 11c 1183 Toronto (Ontario) M5G 2N2 joseph.kim@uhn.on.ca 416 340-3228 |
|
| Greg Knoll Directeur médical transplantations de reins |
Institut de recherche de l'Hôpital d'Ottawa 1967, promenade Riverside Ottawa (Ontario) K1H 7W9 gknoll@toh.on.ca 613 738-8400, poste 82536 |
|
| Paul Kubes Professeur |
Université de Calgary Faculté de médecine Hric 4aa16 3280, promenade Hospital NW Calgary (Alberta) T2N 4Z6 pkubes@ucalgary.ca 403 220-8558 |
|
| Megan Levings Professeure agrégée |
Université de la C. b. A4 186 950 West 28th Vancouver (Colombie Britannique) V5Z 4H4 megan.levings@ubc.ca 604 875-2000, poste 4686 |
|
| Gary Levy Directeur, Transplant Institute |
Université de Toronto 585, avenue University Ncsb 11 1236 Toronto (Ontario) M5G 2N2 glfgl2@attglobal.net 416 340-5166 |
|
| Joaquin Madrenas Professeur et titulaire d'une chaire de recherche du Canada |
Université Western Ontario Institut de recherche Robarts CP 5015, 100, promenade Perth London (Ontario) N6A 5K8 madrenas@robarts.ca 519 663-5777, poste 24242 |
|
| Locksley McGann Professeur |
Université de l'Alberta Édifice CBS 8249, 114e rue Edmonton (Alberta) T6G 2R8 locksley.mcgann@ualberta.ca 780 431-8764 |
|
| Bruce McManus Directeur |
UBC James Hogg Research Centre, St. Paul's Hospital 1081, rue Burrard Pièce 166 Édifice Burrard Vancouver (Colombie Britannique) V6Z 1Y6 bruce.mcmanus@hli.ubc.ca 604 806-8586 |
|
| Robert McMaster Directeur exécutif |
Vancouver Coastal Health Research Institute #100 2647, rue Willow Vancouver (Colombie Britannique) V5Z 3P1 robm@interchange.ubc.ca 604 875-5641 |
|
| Daniel Muruve Professeur |
Université de Calgary 3330, promenade Hospital NW Calgary (Alberta) T2N 4N1 dmuruve@ucalgary.ca 403 220-2418 |
|
| Kenneth A. Newell Directeur, Living Donor Kidney Program et professeur agrégé |
Université Emory 101, Woodruff Circle Pièce 5105 WMB Atlanta, Georgia, 30322 kanewel@emory.edu 404 727-2489 |
|
| Vicky Ng Directrice médicale, Programme de greffe du foie |
Hôpital pour enfants de Toronto 555, avenue University Pièce Black Wing 8262 Toronto (Ontario) M5G 1X5 vicky.ng@sickkids.ca 416 813-7733 |
|
| Peter Nickerson Directeur médical exécutif, Bureau des organes et des tissus, Société canadienne du sang, doyen associé (Recherche), |
Université du Manitoba Édifice Société canadienne du sang Pièce 312 777, avenue William Winnipeg (Manitoba) R3E 3R4 pnickerson@hsc.mb.ca 204 789-1125 |
|
| Marc Ouellette Directeur scientifique |
Institut des maladies infectieuses et immunitaires 2705, boul. Laurier Pièce TR Québec (Québec) G1V 4G2 marc.ouellette@crchul.ulaval.ca 418 577-4688 |
L'Institut des maladies infectieuses et immunitaires des IRSC (IMII) appuie la recherche et aide à renforcer les capacités de recherche dans les domaines des maladies infectieuses et du système immunitaire. Dans le cadre des programmes de l'Institut, des chercheurs s'attaquent à une vaste gamme de problèmes de santé relatifs à l'infection et à l'immunité, y compris les mécanismes morbides, la prévention et le traitement de la maladie et la promotion de la santé par les politiques publiques. |
| Kevork M Peltekian Directeur médical Équipe chargée des greffes de foie |
Atlantic Programme de transplantation multi organes de l'atlantique 1276, rue South Park Halifax (Nouvelle Écosse) B3H 2Y9 kevork.peltekian@dal.ca 902 473-2898 |
|
| Claude Perreault Professeur et chercheur principal |
IRIC Université de Montréal C.P. 6128, succursale Centre ville Montréal (Québec) H3C 3J7 claude.perreault@umontreal.ca 514 343-6126 |
|
| Kathryn et Tyler Richardson Présidents nationaux |
Fondation canadienne du rein 300 5165, rue Sherbrooke ouest Montréal (Québec) H4A 1T6 514 369-4806 / 1 800 361-7494 Télec. : 514 369-2472 |
Kathryn a commencé à s'intéresser à la Fondation du rein lorsqu'elle a appris que son fils, Tyler, alors âgé de trois ans, était atteint du syndrome d'Alport, une forme d'insuffisance rénale. Treize ans plus tard, Tyler a reçu une greffe de rein. Kathryn est devenue membre du National Volunteer Development Committee en 2003 et a aidé à élaborer un programme d'orientation national pour les bénévoles en leadership de la Fondation. Elle siège au Conseil national en qualité d'administratrice par mandat spécial depuis 2005 et en a été élue vice présidente en 2006. |
| Michel Roberge Directeur scientifique |
Centre for Drug Research and Development 2259 Lower Mall Vancouver (Colombie Britannique) V6T 1Z4 mroberge@cdrd.ca 604 822-2304 |
|
| Jean Rouleau Directeur scientifique |
Institut de la santé circulatoire et respiratoire 5000, rue Bélanger S 2096 Montréal (Québec) H1T 1C8 jean.rouleau@umontreal.ca 514 593-7431 |
L'Institut de la santé circulatoire et respiratoire des IRSC (ISCR des IRSC) appuie la recherche axée sur les causes, les mécanismes, la prévention, le dépistage, le diagnostic, le traitement, les systèmes de soutien et les soins palliatifs relativement à un large éventail d'affections associées aux maladies du coeur, des poumons, du cerveau (AVC), du sang, des vaisseaux sanguins, du sommeil et aux soins intensifs. |
| Kirk Schultz Professeur, Pédiatrie Un membre d'un groupe de travail |
Hôpital pour enfants de la C. b. / Université de la Colombie Britannique 4480, rue Oak, A119 Vancouver (Colombie Britannique) V6H 3V4 kschultz@interchange.ubc.ca 604 875-3886 |
|
| Sam Shemie Professeur de pédiatrie |
Hôpital de Montréal pour enfants 2300, Tupper, C 806 Montréal (Québec) H3H 1P3 sam.shemie@mcgill.ca 514 412-4400, poste 23806 |
|
| Lianne Singer Directrice médicale, Programme de greffe pulmonaire |
Réseau universitaire de santé 585, avenue University Ncsb 11c 1194 Toronto (Ontario) M5G 2N2 lianne.singer@uhn.on.ca 416 340-4996 |
|
| Robyn Tamblyn Directrice scientifique |
Institut des services et des politiques de la santé 1140, avenue Pine ouest Montréal (Québec) H3A 1A3 robyn.tamblyn@mcgill.ca 514 934-1934, poste 32997 |
|
| Lee Anne Tibbles Professeure agrégée |
Université de Calgary 3280, promenade Hospital NW Calgary (Alberta) T2N 4Z6 tibbles@ucalgary.ca 403 220-2064 |
|
| Jacques P. Tremblay Professeur |
Université Laval Crchul 2705, boul Laurier, bureau 9300 Québec (Québec) G1V 4G2 jacques-p.tremblay@crchul.ulaval.ca 418 654-2186 |
|
| Anne Van Dam Directrice, recherche et application des connaissances |
Association pulmonaire du Canada 1750, croissant Courtwood Pièce 300 Ottawa (Ontario) K2C 2B5 avandam@lung.ca 613 569-6411, poste 222 |
L'Association pulmonaire du Canada se consacre à sa mission, qui est de promouvoir et d'améliorer la santé pulmonaire de tous les Canadiens. L'Association, un organisme de bienfaisance dans le domaine de la santé, sans but lucratif et reposant sur le bénévolat, dépend des dons du public pour aider la recherche, l'éducation, la prévention et la défense des intérêts dans son domaine. |
| Bruce Verchere Professeur, Université de la Colombie Britannique Département de pathologie, de médecine de laboratoire et de chirurgie |
Institut de recherche sur l'enfant et la famille 950, avenue West 28th Vancouver (Colombie Britannique) V5Z 4H4 verchere@interchange.ubc.ca 604 875-2490 |
|
| Donald Vinh Professeur adjoint |
Université McGill donald.vinh@mcgill.ca |
|
| Donna Wall Directrice MBMT Program |
Action cancer Manitoba Pièce ON2009 675, avenue McDermot Winnipeg (Manitoba) R3E 0V9 donna.wall@cancercare.mb.ca 204 787-7095 |
|
| Lori West Professeur de pédiatrie Un membre d'un groupe de travail |
Université de l'Alberta 6002, Li Ka Shing Research Inst. Edmonton (Alberta) T6G 2E1 ljwest@ualberta.ca 780 492-3200 |
|
| Wim Wolfs Directeur, Programme national de recherche |
Fondation canadienne du rein 5165, rue Sherbrooke, bureau 300 Montréal (Québec) H4A 1T6 wim.wolfs@kidney.ca 514 369-4806, poste 225 |
La Fondation canadienne du rein est l'organisme national bénévole dont l'objectif est d'alléger le fardeau que représentent les maladies rénales :
|
| Linda Wright Directrice, Bioéthique et soins palliatifs |
Réseau universitaire de santé, entre conjoint de bioéthique et département de chirurgie Université de Toronto 585, avenue University Ncsb 11c1270 Toronto (Ontario) M5G 2N2 linda.wright@uhn.on.ca 416 340-4800, poste 8750 |
|
| Serdar Yilmaz Directeur médical | Foothills Medical Centre Room 729 North tower 1403 29th St. Calgary (Alberta) T2N 2T9 serdar.yilmaz@albertahealthservices.ca 403 944-4266 |
|
| Personnel des IRSC | ||
| Paul Bélanger Directeur adjoint |
Institut de la nutrition, du métabolisme et du diabète 160, rue Elgin Ottawa (Ontario) K1A 0W9 paul.belanger@irsc-cihr.gc.ca 613 941-6465 |
|
| Judith Bray Directrice adjointe |
Institut des maladies infectieuses et immunitaires et Institut du cancer 160, rue Elgin Ottawa (Ontario) K1A 0W9 judith.bray@irsc-cihr.gc.ca 613 954-7223 |
|
| Diane Christin Agente de projets |
Institut des maladies infectieuses et immunitaires et Institut du cancer 160, rue Elgin Ottawa (Ontario) K1A 0W9 diane.christin@irsc-cihr.gc.ca 613 941-0997 |
|
| Marilyn Derosiers Directrice adjointe, Exécution des programmes |
Direction des initiatives ciblées des IRSC, 160, rue Elgin Ottawa (Ontario) K1A 0W9 marilyn.desrosiers@irsc-cihr.gc.ca 613 954-6242 |
|
| Serge Desnoyers Directeur adjoint |
Institut des maladies infectieuses et immunitaires des IRSC 2705, boul. Laurier, Pièce TR 104, Québec (Québec) G1V 4G2 serge.desnoyers@crchul.ulaval.ca 418 656-4141, poste 46251 |
|
| Jaime Flamenbaum Conseiller principal en politiques |
Bureau de l'éthique des IRSC 160, rue Elgin Ottawa (Ontario) K1A 0W9 jaime.flamenbaum@irsc-cihr.gc.ca 613 941-0836 |
|
| David Hartell Associé, Initiatives stratégiques de l'Institut |
Institut des maladies infectieuses et immunitaires et Institut du cancer 160, rue Elgin Ottawa (Ontario) K1A 0W9 david.hartell@irsc-cihr.gc.ca 613 941-4329 |
|
| Erik Landriault Associé |
Institut des services et des politiques de la santé 160, rue Elgin Ottawa (Ontario) K1A 0W9 erik.landriault@irsc-cihr.gc.ca 613 946-3369 |
|
| Maura Ricketts Consultante |
Maura Ricketts Consulting 2280, chemin Bowman, Ottawa (Ontario) K1H 6V6 maura.n.ricketts@cma.ca 613 986-7852 |
|
Annexe #2 - Ordre du jour
| Réunion : | Atelier de l'ICIS sur les greffes |
|---|---|
| Date : | 1 et 2 février 2011 |
| Endroit : | Hôtel Sheraton, Montréal - 1201, boulevard René Levesque Ouest |
| Pièce : | Salon A et B - sous sol |
But de l'initiative : Soutenir la recherche conduisant à un changement de paradigme dans le domaine des greffes au Canada et à de meilleurs résultats cliniques pour les greffés.
Objectifs de l'atelier :
- Faire un survol du milieu de la transplantation au Canada, en mettant en lumière les possibilités et les défis actuels;
- Cerner les principaux domaines de recherche qui ne reçoivent pas l'attention voulue à travers les sources et les mécanismes de financement existants;
- Proposer des recommandations au personnel de l'IMII et au comité directeur d'experts sur la portée et l'éventail des initiatives de recherche stratégique possibles qui amélioreraient les résultats cliniques en matière de transplantation;
- Améliorer le dialogue, le réseautage et la communication entre les différents groupes de recherche et milieux de recherche (piliers) concernés par la transplantation;
- Repérer des possibilités de profiter de programmes et de ressources existants;
- Rédiger un document consensuel décrivant les observations, les conclusions et les orientations futures de la transplantation au Canada.
Animatrice : Judy Bray
Membres du groupe d'experts : Dana Devine, Amit Garg, Marie Josée Hébert, Anthony Jevnikar, Kirk Schultz, Lori West
Instituts des IRSC participants :
Institut des maladies infectieuses et immunitaires (IMII)
Institut de la santé circulatoire et respiratoire (ISCR)
Institut des services et des politiques de la santé (ISPS)
Institut de l'appareil locomoteur et de l'arthrite (IALA)
Institut de la nutrition, du métabolisme et du diabète (INMD)
Mardi 1er février 2011 – Salle de réunion : Salon A et B
| Heure | Description | Animateur/Animatrice |
|---|---|---|
| 8 h |
Déjeuner - Salon C | |
| 9 h |
Accueil et présentation du groupe directeur | Judy Bray |
| 9 h 10 | Entrée en matière : Aperçu des initiatives stratégiques des IRSC et de l'alignement potentiel avec le domaine de la transplantation | Marc Ouellette |
| 9 h 40 | Survol de l'atelier : buts et objectifs | Judy Bray/ Tony Jevnikar |
| 9 h 50 | Transplantation d'organes entiers : Principaux défis et possibilités | Lori West |
| 10 h 10 | Greffe de cellules souches hématopoïétiques : Principaux défis et possibilités Intervenants : exposés de 15 minutes, suivis de 5 minutes chacun pour des questions aux fins de clarification. |
Kirk Schultz |
| 10 h 30 | Pause santé - Foyer A, B, C | |
| 11 h | Discussions en petits groupes | |
| 12 h | Compte rendu des séances en sous groupes | |
| 12 h 30 | Dîner - Salon C | |
| 13 h 30 | Inflammation et transplantation : Que savons nous? | Paul Kubes |
| 13 h 50 | Tolérance à la transplantation dans le cadre clinique : Le rôle de l'infection, la surveillance et les défis futurs | Ken Newell |
| 14 h 10 | Biomarqueurs et omiques : Ne pas confondre enthousiasme et espoir | Bruce McManus |
| 14 h 30 | Le problème des produits thérapeutiques actuels : Modèles d'évaluation pour l'avenir Intervenants : exposés de 15 minutes, suivis de 5 minutes chacun pour des questions aux fins de clarification. |
John Gill |
| 14 h 50 | Pause santé - Foyer A, B, C | |
| 15 h 20 | Discussions en petits groupes | |
| 16 h 20 | Compte rendu des séances en sous groupes | |
| 16 h 50 | Résumé et derniers commentaires | Marc Ouellette/ Tony Jevnikar |
| 17 h | Fin de l'atelier | |
| 18 h 30 | Réception de réseautage suivie d'un dîner Le Restaurant Ariel 2072 Drummond |
Tous |
| Mercredi 2 février 2011 Salle de réunion : Salon A et B | ||
| Heure | Description | Lead |
| 8 h 15 | Déjeuner - Salon C | |
| 9 h | Résumé du jour 1 | Maura Ricketts |
| 9 h 15 | Perspective du patient | Kathryn Richardson Tyler Richardson |
| 9 h 35 | Le paysage canadien de la transplantation : Problèmes organisationnels | Peter Nickerson |
| 9 h 55 | Comment peut on améliorer les dons d'organes de donneurs décédés : Problèmes et défis | Sam Shemie |
| 10 h 15 | Comment peut on améliorer les dons d'organes de donneurs vivants : Problèmes et défis Intervenants : exposés de 15 minutes, suivis de 5 minutes chacun pour des questions aux fins de clarification. |
Amit Garg |
| 10 h 35 | Pause santé - Foyer A, B, C | |
| 11 h 05 | Discussions en petits groupes | |
| 12 h 05 | Compte rendu des séances en sous groupes | |
| 12 h 30 | Dîner - Salon C | |
| 13 h 30 | Discussions en petits groupes - par thème Planification stratégique et recommandations en ce qui concerne différentes initiatives/activités de recherche |
|
| 14 h 30 | Compte rendu des séances en sous groupes | |
| 15 h | Examen en séance plénière des recommandations de l'atelier | Tous |
| 15 h 30 | Fin de l'atelier | |
| 15 h 30 - 16 h 30 | Réunion du comité directeur - planification des prochaines étapes | |
Annexe #3 - Questions de discussion
Séance 1
- Y a t il des sujets ou des questions qui n'ont pas été abordés au cours des deux discussions et qui devraient l'être?
- Quels sont les thèmes, les défis et les obstacles communs? Quelles sont les différences?
- Où sont les occasions potentiellement manquées de collaboration entre les secteurs de la greffe d'organes pleins et ceux de la greffe de cellules souches hématopoïétiques? Existe t il des possibilités de travailler différemment, par exemple en réseaux? Veuillez donner des exemples.
- Quelles sont les technologies, les ressources et l'expertise existantes qui pourraient être mises en commun? Lesquelles sont nécessaires?
Séance 2
- Y a t il des sujets qui n'ont pas été abordés et dont nous devrions discuter?
- Quels sont les possibilités, les défis et les obstacles les plus importants en matière de biologie des greffes?
- Quelles sont les possibilités thérapeutiques à proximité de la clinique? Quel est le rôle de l'industrie en tant que partenaire de la recherche sur les greffes?
- Quelles nouvelles technologies ou ressources sont nécessaires à la recherche sur les greffes, et quelles technologies ou ressources existantes peuvent être mises en commun?
- Que devrons nous faire pour faire de la recherche sur les greffes au Canada un domaine exceptionnel? Sur quels points forts nationaux pourrions nous miser pour renforcer la position de chef de file du Canada?
Séance 3
- Y a t il des sujets qui n'ont pas été abordés et dont nous devrions discuter?
- Quels sont les principaux défis et obstacles relatifs au don d'organes au Canada? Quelle est la meilleure façon de s'y attaquer?
- Quelles sont les leçons que nous pouvons tirer des autres pays, et comment pouvons nous adapter ces leçons au contexte canadien?
- Est ce un secteur auquel les IRSC peuvent s'attaquer seuls, ou existe t il des partenaires importants qui doivent aussi participer? Si oui, qui sont ils? Comment peut on les faire participer?
Séance 4
- Selon ce que vous avez entendu à cet atelier, où sont les meilleures possibilités de recherche qui permettraient de contribuer significativement à l'avancement du domaine des greffes au Canada d'ici cinq ans?
- Quelles ressources seraient nécessaires, et où pourrait on les trouver? Qu'est ce qui est faisable?
- Quel est le rôle des IRSC, et plus particulièrement de l'Institut des maladies infectieuses et immunitaires, dans l'avancement du domaine?
- Quels sont les types de programmes et de structures de financement nécessaires qui n'existent pas déjà dans le concours ouvert des IRSC? Quelle sera la valeur ajoutée de vos recommandations?
- À quels résultats vous attendez vous à court, à moyen et à long terme? Comment peut on mesurer ces résultats?
- Institut canadien d'information sur la santé, Traitement du stade terminal de l'insuffisance organique au Canada, de 1999 à 2008 - Rapport annuel 2010 du RCITO (Ottawa, Ont. : ICIS, 2010)
- Final Report : Views Toward Organ and Tissue Donation and Transplantation Prepared for Canadian Blood Services by Ipsos Reid, 20 juillet 2010
- Rapport annuel du Registre canadien des insuffisances et des transplantations d'organes : Traitement du stade terminal de l'insuffisance organique au Canada, de 2000 à 2009, ICIS, téléchargé le 3 février 2011
Supplemental content (right column)
- Mise à jour :