Directrice scientifique de l'ISFH : Dre Joy Johnson
L'Institut de la santé des femmes et des hommes (ISFH) des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) demeure le seul institut de recherche en santé au monde axé sur l'étude du lien entre le genre, le sexe et la santé. En tant que directrice scientifique de l'ISFH, je suis fière de diriger un institut qui fait du Canada un précurseur. En tenant compte du genre et du sexe dans la recherche en santé, nous provoquons des changements profonds – dans nos méthodes de recherche et surtout dans l'application de la recherche à l'amélioration de la santé et des soins de santé de la population canadienne.
Toute cellule a un sexe. Toute personne a un genre. L'ISFH a été fondé il y a plus de dix ans pour combler des lacunes majeures dans l'étude de la santé des femmes, des filles, des hommes et des garçons. Nous ne pouvons plus présumer que les médicaments, les dispositifs médicaux, les interventions et les politiques de santé conviennent autant aux hommes qu'aux femmes. Au Canada, les hommes meurent plus jeunes que les femmes : 78 ans par rapport à 82,7 ans respectivement. Par ailleurs, les femmes assument une plus grande part du fardeau des maladies chroniques. Il existe de nombreuses différences entre les femmes et les hommes quant à leur attitude par rapport à la santé, à leur utilisation du système de santé et à leur réponse aux traitements. Il existe aussi des variations notables parmi les hommes et les femmes, ainsi que des similitudes importantes entre les deux, dont il faut tenir compte dans la prévention et le traitement.
Il faut répondre aux questions de recherche propres au genre, au sexe et à la santé. En recherche fondamentale, les modèles animaux utilisés sont surtout des mâles, et le sexe des lignées cellulaires est souvent inconnu. Dans d'autres secteurs, le genre est conceptualisé d'une variété de façons qui le rendent parfois difficile à opérationnaliser. L'ISFH a pour rôle de continuer à soutenir la recherche visant à combler les principales lacunes des connaissances et à élucider le lien entre le genre, le sexe et la santé. Ce savoir nous permettra de comprendre comment le genre et le sexe agissent sur l'évolution des maladies et de nous assurer que les hommes et les femmes ont accès aux soins de santé et aux produits pharmaceutiques qui leur conviennent.
Tenir compte du genre et du sexe améliore la recherche. L'Institut de la santé des femmes et des hommes croit que l'influence du genre et du sexe devrait être prise en compte dans toute la recherche en santé et dans tous les phénomènes étudiés. Si nous ne posons pas les questions de genre et de sexe dès le départ, nous risquons de produire des données incomplètes ou inexactes; nous risquons non seulement de porter préjudice (p. ex. extrapoler les résultats obtenus sur des sujets masculins à des sujets féminins), mais aussi de rater des occasions précieuses d'améliorer la santé (p. ex. ne pas détecter les avantages d'une intervention dans un sous-groupe d'hommes). Nous reconnaissons que le sexe et le genre peuvent ne pas être des considérations pertinentes dans certaines recherches, mais cette pertinence devrait être déterminée scientifiquement et non laissée à la discrétion des chercheurs.
La recherche en santé sensible au genre et au sexe s'applique plus équitablement aux besoins réels des gens. La convergence des besoins scientifiques et sociaux contribue à réduire l'écart entre les connaissances et la pratique. L'ISFH s'engage à soutenir la recherche répondant aux enjeux de santé les plus pressants et met en oeuvre des stratégies innovatrices basées sur des données probantes pour relever ce défi. L'amélioration de la santé de tous les Canadiens et Canadiennes passe par l'adaptation des preuves scientifiques et des interventions.
J'ai l'intention de continuer d'exploiter nos atouts actuels et d'innover en recherche sur le genre, le sexe et la santé, ainsi que de travailler avec le milieu scientifique pour promouvoir la prise en compte des facteurs de genre et de sexe dans tous les domaines de la recherche en santé.
Dre Joy Johnson
Directrice scientifique
Institut de la santé des femmes et des hommes
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