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Dr Carlo Marra 
Dr Carlo Marra

Les pharmaciens du Canada peuvent surveiller l'innocuité et l'efficacité d'un médicament « dans le monde réel », selon un chercheur de l'Université de la Colombie-Britannique.

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C'est une armée virtuelle de soignants déployée d'un océan à l'autre : selon l'Association nationale des organismes de réglementation de la pharmacie, on dénombre actuellement plus de 32 000 pharmaciens autorisés et plus de 8 400 pharmacies communautaires au Canada.

C'est une force que le Dr Carlo Marra, de l'Université de la Colombie-Britannique, aimerait que l'on recrute pour assurer la « surveillance active » de l'innocuité et de l'efficacité des médicaments après leur mise sur le marché.

En bref

Qui – Dr Carlo Marra, professeur agrégé à la Faculté de sciences pharmaceutiques de l'Université de la Colombie-Britannique et directeur de la Collaboration for Outcomes Research and Evaluation.

Question – Bien que les essais cliniques permettent de vérifier l'innocuité et l'efficacité de tout nouveau médicament, ces évaluations se déroulent normalement dans des conditions contrôlées, avec des groupes de patients particuliers.

Approche – Le Dr Marra a récemment dirigé une étude d'un an financée par les IRSC sur la faisabilité de mettre à contribution les pharmaciens communautaires pour la surveillance active de la prise d'antihypertenseurs par les femmes enceintes.

Impact – Le but est d'aider les décideurs à voir la valeur de la participation des pharmaciens à la surveillance active de l'innocuité et de l'efficacité des médicaments déjà sur le marché.

Pour la majorité des Canadiens, les pharmaciens représentent le point de contact le plus fréquent pour les soins primaires. « En moyenne, les patients voient leur pharmacien environ sept fois plus souvent que leur médecin de famille, dit le Dr Marra. Donc, les pharmaciens occupent une position unique pour déterminer si un patient suit un traitement ciblé quelconque ou présente un problème de santé ciblé quelconque. »

Autrement dit, les pharmaciens sont dans une position idéale pour recueillir des données lorsqu'il existe des craintes qu'un médicament particulier ait un effet indésirable.

« Avec les pharmaciens, c'est facile et rapide de réaliser une étude ciblée où quiconque se présente avec une ordonnance peut être recruté et invité à répondre à des questions précises pour permettre un suivi, dit le Dr Marra. Le pharmacien sait que le patient est un utilisateur et il est en contact régulier avec lui. Ainsi, lors des visites, le pharmacien a la chance de recueillir (de façon relativement rapide) des données supplémentaires et de vérifier dans une certaine mesure comment les choses évoluent. Il est ainsi possible de recruter un grand nombre de patients pour étudier un médicament dans le monde réel, plutôt que dans le cadre d'un essai clinique randomisé. »

Le Dr Marra a récemment codirigé un projet pilote d'un an pour examiner la faisabilité de faire appel aux pharmaciens communautaires pour déterminer si oui ou non les femmes enceintes en Colombie-Britannique bénéficient d'un traitement antihypertenseur sûr, quand elles en ont besoin. L'étude a été entreprise par le Réseau sur l'innocuité et l'efficacité des médicaments (RIEM), établi grâce à un partenariat entre les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) et Santé Canada.

Le Dr Marra a recruté une trentaine de pharmaciens dans toute la Colombie-Britannique qui ont surveillé la santé de presque 100 femmes enceintes ou allaitantes sur une période de six mois.

« Notre but était de montrer avec quel succès les pharmaciens pouvaient recruter des femmes enceintes ou allaitantes, et déterminer quels étaient leurs traitements médicamenteux. Nous avons suivi la pression artérielle d'un sous‑ensemble de ces femmes, la mesurant à la pharmacie et créant des données. Nous pouvons déclarer avec certitude que nous avons réussi à certains égards; nous avons entre autres trouvé certaines personnes dont l'hypertension n'avait pas été diagnostiquée. »

Les pharmaciens ont participé au projet avec un vif intérêt, selon le Dr Marra, même s'ils n'étaient pas rémunérés pour le faire et s'ils ont dû se rendre disponibles pour recevoir un peu d'information – sous forme de cours et de webinaires. « Ils ont fait tout cela de bon coeur et ont réussi à insérer cette tâche dans leur emploi du temps déjà chargé. »

Vu le succès du projet pilote, le Dr Marra et ses collègues font des plans pour former un réseau transcanadien de pharmaciens qui examinera diverses préoccupations relatives aux médicaments et à la pharmacovigilance.

« Nous espérons que cette recherche contribuera de façon importante à l'influence politique du RIEM. Il est à souhaiter que les décideurs non seulement voient la valeur de la participation des pharmaciens à la pharmacovigilance, mais légifèrent pour que ce rôle fasse partie de leurs attributions professionnelles. »

« Avec les pharmaciens, c'est facile et rapide de réaliser une étude ciblée où quiconque se présente avec une ordonnance peut être recruté et invité à répondre à des questions précises pour permettre un suivi. »
– Dr Carlo Marra, Université de la Colombie-Britannique

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