Profil de recherche - La révolution Rx change-t-elle quelque chose?

Dr Michael Law 
Dr Michael Law

Les nouveaux pouvoirs que les provinces et les territoires confient aux pharmaciens améliorent‑ils la santé et permettent‑ils de limiter les coûts?

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Partout au Canada, le rôle du pharmacien est en train de changer radicalement.

Le changement s'est amorcé en Alberta, cette province adoptant en 2007 une loi permettant aux pharmaciens qui possèdent la formation voulue d'établir les ordonnances pour des troubles chroniques particuliers comme l'hypertension et l'asthme. La Saskatchewan, le Nouveau‑Brunswick et la Nouvelle‑Écosse ont emboîté le pas, de même que le Québec (quand le pouvoir d'établir l'ordonnance est délégué par un médecin). Bien que la plupart des provinces et les Territoires du Nord‑Ouest autorisent maintenant les pharmaciens à fournir des services d'ordonnance d'urgence et à renouveler ou à prolonger les prescriptions, quelques provinces sont allées jusqu'à permettre aux pharmaciens d'administrer des vaccins.

En bref

Qui – Le Dr Michael Law, professeur adjoint au Centre de recherche sur les services et les politiques de santé de l'Université de la Colombie-Britannique.

Question – Les provinces et les territoires confèrent aux pharmaciens de nouveaux pouvoirs leur permettant d'établir, de renouveler et d'adapter des prescriptions. Toutefois, ces changements aux politiques et leurs conséquences pour la santé et les soins de santé ont été peu évalués.

Approche – Le Dr Law procède à une étude, d'une durée de trois ans, où il utilise les données anonymes de PharmaNet avec les dossiers des médecins et des hôpitaux pour évaluer l'impact de la décision de la C.-B. de permettre aux pharmaciens d'adapter et de renouveler les prescriptions.

Impact – Les résultats de l'étude présenteront de l'intérêt pour l'élaboration des politiques dans le domaine de la santé en C.-B. et partout au Canada.

« Cela représente un important changement dans la façon dont les médicaments peuvent être dispensés aux patients », dit le Dr Michael Law, professeur adjoint au Centre de recherche sur les services et les politiques de santé de l'Université de la Colombie‑Britannique. Le seul petit problème, c'est que personne ne sait si ces nouveaux pouvoirs et privilèges se traduisent par des avantages pour la santé des Canadiens, « compte tenu du manque flagrant d'évaluations rigoureuses de ces politiques ».

Financé par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), le Dr Law en est à la deuxième année d'une étude de trois ans qui vise à évaluer l'impact d'une décision de 2009 du gouvernement de la Colombie‑Britannique autorisant les pharmaciens à adapter et à renouveler indépendamment les prescriptions. L'hypothèse du Dr Law est que cette décision renforcera l'adhésion à la médication et réduira le nombre de consultations des médecins de famille.

« Supposons qu'une personne qui a une maladie chronique a épuisé ses médicaments, dit‑il. C'est certainement plus facile d'aller directement à la pharmacie que de prendre rendez‑vous chez le médecin pour obtenir une ordonnance et faire exécuter cette ordonnance ensuite. Dans le cas d'une personne pressée qui vient à manquer de médicaments, ou qui oublie de prendre rendez‑vous pour faire renouveler sa prescription, c'est beaucoup plus simple. Il y a des avantages potentiels, mais aussi des inconvénients potentiels. Dans notre étude, nous essayons d'explorer différents résultats. »

L'avantage potentiel saute aux yeux : le côté pratique fait en sorte que le patient continue de prendre les médicaments dont il a besoin pour rester en santé. Et les inconvénients potentiels?

« Les craintes dont j'ai eu vent concernent surtout le besoin d'assurer la continuité des soins et la justesse de la prescription, dit le Dr Law. Si quelqu'un fait renouveler une prescription par un pharmacien, cela signifie qu'il n'ira pas voir son médecin et qu'il ne recevra pas le suivi habituel, ou ne subira peut‑être pas les examens nécessaires pour certains de ses médicaments. De même, certains se sont demandé si les pharmaciens possédaient la formation clinique et diagnostique nécessaire pour apporter des modifications thérapeutiques plus délicates. »

Le Dr Law procède à son étude en coopération avec le ministère des Services de santé de la Colombie‑Britannique, qui met à sa disposition les données de PharmaNet, réseau informatique qui collecte des renseignements sur toutes les ordonnances exécutées dans les pharmacies de la province.

« Nous devrions avoir une bonne idée de ce que les pharmaciens font, des patients avec lesquels ils travaillent, et de la façon dont l'utilisation et les coûts des médicaments ont changé. Nous allons examiner si le nombre de consultations du médecin de famille et d'hospitalisations a changé en raison de cette politique. »

« Parce que d'autres provinces ont déjà des politiques semblables, la recherche devrait présenter de l'intérêt pour les responsables des politiques dans tout le Canada. »
– Dr Michael Law, Université de la Colombie‑Britannique

Résumé de l'extension des activités par province1

Renouvellement urgent des prescriptions:
BC, AB, SK, ON, QC*, NB, NS, NL, PEI, NT;
MB: Des règlements sur l'étendue de la pratique sont en voie d'élaboration, qui pourraient autoriser les pharmaciens à exécuter cette activité dans une certaine mesure.
* Pour les contraceptifs oraux seulement.

Renouvellement ou prolongation des prescriptions:
BC, AB, SK, ON, QC*, NB, NS, NL, PEI, NWT;
MB: Des règlements sur l'étendue de la pratique sont en voie d'élaboration, qui pourraient autoriser les pharmaciens à exécuter cette activité dans une certaine mesure.
* Sous réserve de délégation par un médecin par souscription.

Modification de la dose/formule d'un médicament:
BC, AB, SK, QC*, NB, NS, NL;
ON: Des règlements sur l'étendue de la pratique sont en voie d'élaboration, qui pourraient autoriser les pharmaciens à exécuter cette activité dans une certaine mesure.
* Sous réserve de délégation par un médecin par souscription.

Substitutions thérapeutiques:
BC, AB, SK, QC*, NB, NS, NL**
* Sous réserve de délégation par un médecin par souscription.
** Substitution par un médicament générique hors formulaire seulement.

Prescrire des médicaments d'ordonnance pour des affections bénignes:
SK, NS

Amorcer un traitement à l'aide de médicaments d'ordonnance:
AB, SK, QC*, NB, NS;
MB, ON: Des règlements sur l'étendue de la pratique sont en voie d'élaboration, qui pourraient autoriser les pharmaciens à exécuter cette activité dans une certaine mesure.
* Sous réserve de délégation par un médecin par souscription.

Ordonner et interpréter des analyses de laboratoire:
AB, QC, NB;
MB, ON, NS: Des règlements sur l'étendue de la pratique sont en voie d'élaboration, qui pourraient autoriser les pharmaciens à exécuter cette activité dans une certaine mesure.

Administrer un médicament par injection:
BC, AB, NB;
MB, ON, NS: Des règlements sur l'étendue de la pratique sont en voie d'élaboration, qui pourraient autoriser les pharmaciens à exécuter cette activité dans une certaine mesure.


  1. Source : Association des pharmaciens du Canada, Pharmacists' Medication Management Services, Environmental Scan of Canadian and International Services, avril 2011.

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