Profil de recherche - Ce n’est plus la pharmacie d’antan
Dre Lisa Dolovich
À mesure que les pharmaciens assument plus de responsabilités dans les soins de santé primaires, les patients commencent à voir leur pharmacie comme beaucoup plus qu'un commerce de détail.
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Jusqu'à récemment, faire exécuter une ordonnance consistait à remettre une note gribouillée par un médecin, à tuer le temps en feuilletant des magazines et à écouter le pharmacien énumérer les effets secondaires possibles, souvent à l'oreille indiscrète des autres personnes dans la file.
Mais les pharmacies et les pharmaciens changent, et les perceptions des gens en font autant, selon la Dre Lisa Dolovich, professeure agrégée à l'Université McMaster.
En bref
Qui – Dre Lisa Dolovich, professeure agrégée à l'Université McMaster et à l'Université de Toronto
Question – Les pharmaciens étaient une ressource sous-utilisée dans les soins primaires.
Approche – La Dre Dolovich dirige plusieurs études financées par les IRSC, dont une qui porte sur la façon dont les efforts collaboratifs auxquels participent pharmaciens, médecins, infirmières et organismes communautaires peuvent avoir un impact sur le diagnostic, la prise en charge et la surveillance de l'hypertension pour prévenir les maladies cardiovasculaires.
Impact – La Dre Dolovich est coauteure d'un rapport publié récemment dans le British Medical Journal qui montre comment les interventions en pharmacie réduisent le nombre de personnes âgées qui doivent être hospitalisées pour des crises cardiaques et des AVC en Ontario.
« Il y a la partie avant de la pharmacie où l'on peut vendre un peu n'importe quoi, des couches au parfum, dit la Dre Dolovich, mais il y a aussi la section au fond, qui ressemble plus à un endroit où quelqu'un peut obtenir de l'aide s'il a des questions ou des craintes au sujet de ses soins. Nombre de pharmacies ont aujourd'hui des salles de consultation privées où le pharmacien peut s'entretenir avec le patient. »
La Dre Dolovich, qui dirige plusieurs projets de recherche financés par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), mentionne que ce changement reçoit un accueil favorable en raison d'un besoin d'en savoir davantage sur les médicaments qu'on prend.
« De plus en plus de gens voient le pharmacien comme la personne à qui s'adresser pour obtenir des réponses aux questions de médication et se faire simplifier les détails entourant la prise concomitante de plusieurs médicaments. Par exemple, les personnes de 65 ans et plus prennent aujourd'hui en moyenne huit médicaments par jour. Elles ont souvent des questions, des craintes ou des difficultés, et elles considèrent que leur pharmacien est la personne la mieux placée pour les aider à voir clair malgré la complexité et leur fournir une information complète et exacte. »
La Dre Dolovich prédit que les pharmaciens fourniront de plus en plus de services sur rendez‑vous pour rencontrer les patients et évaluer leur médication. Elle entrevoit un proche avenir « où l'on ira à la pharmacie avec l'attente de passer du temps avec le pharmacien de la même façon que l'on va chez le médecin ».
De récentes études indiquent qu'améliorer le rôle du pharmacien dans la prestation des soins primaires rapporte sur le plan de la santé. La Dre Dolovich est coauteure d'un rapport publié dans le British Medical Journal en février qui montre comment la tenue de séances d'évaluation du risque cardiovasculaire et de sensibilisation dans des pharmacies communautaires, dans 20 villes de taille moyenne en Ontario, a aidé à réduire considérablement le nombre d'hospitalisations chez les personnes de 65 ans et plus. Le rapport s'inscrit dans le prolongement de recherche financée précédemment par les IRSC.
« Ce que nous a permis de découvrir cette intervention, c'est que faire travailler le pharmacien avec le médecin de famille, les organismes communautaires et les infirmières de la santé publique réduisait l'hospitalisation pour cause de crise cardiaque, d'AVC et d'insuffisance cardiaque, dit la Dre Dolovich. C'est un exemple concret que lorsque les pharmaciens font partie d'équipes de soins interdisciplinaires, cela fait une différence pour le sort du patient. »
Selon la Dre Dolovich, les pharmaciens participent de plus en plus à la prestation des soins primaires.
« Partout au pays, de nouvelles lois sont adoptées et de nouveaux services peuvent être dispensés par les pharmaciens. Toutefois, une situation inhabituelle est en train de se dessiner au Canada parce que les provinces n'adoptent pas tout à fait les mêmes lois et ne mettent pas en place les mêmes services, explique la Dre Dolovich. En Ontario, en Saskatchewan et en Alberta, certains pharmaciens travaillent directement dans les cabinets de médecins de famille. Ils sont là pour travailler aux côtés des autres membres de l'équipe de soins lorsqu'ils revoient la médication d'un patient afin de s'assurer qu'elle est optimale pour sa maladie chronique. Quelque 300 pharmaciens au pays jouent ce rôle. »
À la pharmacie du coin, avoue‑t‑elle, les pharmaciens ont par contre du travail à faire encore pour que leurs clients soient à l'aise face à leur rôle nouveau et élargi dans les soins de santé.
« Cela dépend du pharmacien et de la mesure dans laquelle il veut s'engager dans ce genre de rôle nouveau. Certains pharmaciens, surtout les plus récents diplômés, ont appris à penser à la prestation des soins aux patients et à parler aux patients pour leur expliquer qu'ils sont là pour passer du temps avec eux et s'occuper directement de leurs préoccupations en matière de santé. »
« De plus en plus de gens voient le pharmacien comme la personne à qui s'adresser pour obtenir des réponses aux questions de médication et se faire simplifier les détails entourant la prise concomitante de plusieurs médicaments. »
– Dre Lisa Dolovich, Université McMaster et Université de Toronto
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