Évaluation du Programme de recherche communautaire : Mise à jour - Message du directeur scientifique

La fin du plus récent concours de financement dans le cadre du Programme de recherche communautaire sur le VIH/sida des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) offre une excellente occasion d'examiner le rendement de ce programme. Le Programme de recherche communautaire, qui s'inscrit dans l'Initiative de recherche sur le VIH/sida des IRSC et relève de l'Institut des maladies infectieuses et immunitaires des IRSC, fait participer les collectivités à toutes les étapes de la recherche, soit à la définition de la question à étudier, au processus de recherche lui‑même, ainsi qu'à la diffusion des résultats de la recherche. Le budget d'environ 2,7 millions de dollars par année du programme est réparti entre deux volets : recherche autochtone et recherche générale (non autochtone). Chaque volet dispose de fonds et d'un comité d'examen distincts.

Depuis que ce programme unique a été transféré aux IRSC en 2004, des efforts considérables ont été déployés pour adapter les processus et les systèmes des IRSC afin qu'ils répondent à ses besoins particuliers. Aujourd'hui, le Programme de recherche communautaire sur le VIH/sida des IRSC offre des rôles directeurs à des non‑universitaires (maintenant appelés utilisateurs des connaissances) qui ont des fonctions définies dans le système des IRSC et qui peuvent désormais bénéficier de fonds offerts dans le cadre du programme. Un système d'examen du mérite – où les propositions sont cotées du double point de vue de leur impact potentiel et de leur mérite scientifique, et qui fait appel à des utilisateurs des connaissances au sein du comité d'examen – est utilisé pour l'attribution des fonds dans le cadre de diverses possibilités de financement des IRSC. Ensemble, ces changements, qui étaient auparavant presque impossibles à concevoir, ont permis de faire en sorte que le transfert des connaissances et l'utilisation de la recherche soient au coeur du processus de recherche sur le VIH/sida.

En 2009, une évaluation du Programme de recherche communautaire sur le VIH/sida a conclu que le programme aidait les collectivités et le milieu de la recherche à lutter contre l'épidémie de VIH/sida, et que la capacité de recherche était renforcée au niveau communautaire ainsi que dans les cercles universitaires. Comme il est indiqué dans le rapport de 2010, la recherche canadienne dans le cadre du Programme de recherche communautaire sur le VIH/sida compte pour 8 % des publications mondiales en recherche communautaire, soit deux fois la proportion canadienne moyenne pour la recherche en santé.

Néanmoins, l'évaluation comprenait plusieurs recommandations clés à considérer pour la suite des choses, qui ont chacune été mise en oeuvre au cours des 18 derniers mois, ou le seront bientôt, sous la conduite et la direction du Comité directeur du Programme de recherche communautaire sur le VIH/sida et du Comité consultatif de la recherche sur le VIH/sida des IRSC. Malgré leur grande diversité, ces réponses visaient essentiellement à simplifier le programme, à fournir des outils aux nouveaux candidats et à développer leurs compétences et, par un effort résolu, à mettre le programme en valeur auprès de nouveaux auditoires.

Il importe de souligner l'importance critique d'une série de présentations sur la préparation de demandes de subvention en recherche communautaire qui ont eu lieu à nombre de conférences et de réunions au cours de la dernière année. Plusieurs présentations virtuelles ont également été faites partout au Canada, de concert avec le programme de formation financé par les IRSC Universities Without Walls.

Des partenariats financiers ont été établis avec la Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits de Santé Canada, aux termes desquels des subventions de voyage ont permis à 30 représentants communautaires dans les réserves d'assister à un atelier de trois jours sur la préparation de demandes de subvention à Ottawa. Ont également contribué à cette séance des partenaires clés comme Pauktuutit Inuit Women of Canada, l'Assemblée des Premières Nations, le Réseau canadien autochtone du sida et le Réseau ontarien de traitement du VIH. D'autres partenariats ont été établis, notamment un effort concerté avec le Centre d'action des IRSC sur le VIH/sida (CIHR Centre for REACH in HIV/AIDS) pour mettre des subventions de voyage à la disposition des intéressés en dehors de la province afin qu'ils puissent assister à la séance sur la préparation de demandes de subvention en recherche communautaire offerte par l'Ontario, et un effort innovateur avec le Réseau ontarien de traitement du VIH pour la création prochaine d'une série de DVD sur la préparation de demandes de subvention en recherche communautaire.

Quel a été l'effet cumulatif de ces efforts, combiné au travail soutenu du programme susmentionné des IRSC Universities Without Walls et du Centre d'action des IRSC sur le VIH/sida? Si l'on devait comparer où l'on en est aujourd'hui (1er avril 2010 au 31 mars 2011) par rapport à où l'on en était il y a deux ans (réponse préévaluation, 1er avril 2008 au 31 mars 2009), les tendances positives suivantes seraient observées :

  • le nombre de demandes reçues dans le cadre du Programme de recherche communautaire sur le VIH/sida a augmenté de 500 % dans le volet général, et de 900 % dans le volet autochtone;
  • le nombre de demandes finançables a augmenté de 350 % dans le volet général, et de 600 % dans le volet autochtone;
  • le nombre de demandes financées a augmenté de 350 % dans le volet général, et de 600 % dans le volet autochtone.

De plus, l'exercice financier 2010‑2011 (1er avril 2010 – 31 mars 2011) a été le premier au cours duquel l'enveloppe budgétaire de 2,7 millions de dollars de subventions et bourses du Programme de recherche communautaire sur le VIH/sida a été utilisée en entier.

Ces améliorations et le nombre considérablement accru de demandes pour tous les types de financement ont eu pour effet de « relever la barre » pour la recherche communautaire sur le VIH/sida financée par le Programme. Fait tout aussi important, le milieu de la recherche communautaire (tant les universitaires que les utilisateurs des connaissances) se sont dits très satisfaits de l'orientation du Programme (ils l'ont fait verbalement ainsi qu'officiellement dans une récente consultation indépendante).

Comme le soulignait récemment le Dr Robb Travers (Université Wilfred Laurier et coprésident du Comité directeur du Programme de recherche communautaire sur le VIH/sida des IRSC) dans le rapport du Comité d'examen international sur l'Institut des maladies infectieuses et immunitaires des IRSC :

« Le Programme de recherche communautaire sur le VIH/sida des IRSC est un modèle d'organisation capable d'encourager les communautés à jouer un rôle central dans la recherche en santé sur le VIH/sida qui produit des résultats menant à des gestes concrets. Qu'on parle de personnes vivant avec le VIH/sida, de communautés autochtones, de nouveaux arrivants au Canada ou d'autres membres de communautés à risque, ce programme innovateur appuie la recherche qui offre des solutions aux utilisateurs des connaissances affectés par l'épidémie, comme les personnes atteintes du VIH/sida, les responsables des politiques et les fournisseurs de services. Il offre un modèle de recherche porteur de changement grâce à des stratégies de passage des connaissances à la pratique. »

Ces importants progrès n'auraient pas été possibles sans le dévouement des membres du Comité directeur du Programme de recherche communautaire sur le VIH/sida, le soutien du milieu de la recherche communautaire, le précieux apport de nos partenaires et l'ardeur au travail du personnel des IRSC.

Évidemment, il reste des défis à relever. Malgré les progrès accomplis, il faut continuer de mettre l'accent sur le volet financement autochtone du Programme. Bien que le nombre de demandes et de projets financés ait augmenté, il reste encore beaucoup à faire. Davantage de partenariats novateurs comme celui qui existe avec la Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits de Santé Canada doivent être établis. C'est en raison de ce besoin qu'un effort particulier a été fait au cours de la dernière année pour étendre les activités de recherche communautaire dans le Nord, ce qui a directement permis à l'Institut de santé circumpolaire (Yellowknife) de devenir le premier organisme admissible aux fonds des IRSC dans le Nord (avec deux subventions de recherche communautaire en vigueur).

Enfin, nous devons terminer le travail relatif au dernier élément de l'évaluation : l'examen des outils de financement du programme. Avec cet objectif en tête, une consultation en deux temps (sondage sur le Web et entrevues avec des informateurs clés) a été entreprise au cours de l'été 2010 pour examiner l'ensemble actuel de mécanismes de financement du programme, en accordant une attention particulière au renforcement de la capacité. Une cinquantaine de répondants ont participé à un sondage en ligne et 26 sujets clés ont été interrogés, ces personnes constituant un ensemble très représentatif des volets communautaire, universitaire, autochtone et général de la recherche.
 
Un rapport produit en décembre 2010 à la lumière de cette information est actuellement soumis à l'examen du comité directeur de la recherche communautaire sur le VIH/sida. Au cours des prochains mois, le comité directeur guidera la mise en oeuvre des recommandations du rapport avec l'objectif de continuellement s'adapter à l'évolution des besoins de la communauté. À mesure que ces changements seront introduits au cours des prochaines années, il est à noter que les principaux éléments du programme de recherche communautaire actuel – subventions Catalyseur/de fonctionnement pour soutenir la nouvelle recherche, programmes pour soutenir la prochaine génération de chercheurs universitaires en recherche communautaire et soutien au développement des capacités communautaires – continueront de faire partie intégrante du Programme.

Certes, le Programme de recherche communautaire sur le VIH/sida des IRSC est aujourd'hui plus à même d'appuyer l'excellent travail en partenariat des leaders et des chercheurs communautaires pour définir les enjeux, recueillir des données et les interpréter, et décider de la façon d'utiliser les résultats afin de guider les orientations, de changer la pratique et d'améliorer la vie des personnes qui vivent avec le VIH. Nous savons que nos efforts pour améliorer le programme doivent être soutenus, et nous continuons donc d'accueillir favorablement vos idées à cet égard et vous invitons à nous les communiquer à HIVAIDS-VIHSIDA@irsc-cihr.gc.ca.

Sincères salutations,
Marc Ouellette
Directeur scientifique
Institut des maladies infectieuses et immunitaires
Instituts de recherche en santé du Canada