Profils de recherche : Le vieillissement en tête

Le nombre de Canadiens aux prises avec la maladie d'Alzheimer ou d'une démence apparentée (ADA) devrait plus que doubler au cours des 30 prochaines années, passant de 500 000 à 1 125 000. Le fardeau économique associé à ces troubles devrait passer de 15 milliards à 152 milliards de dollars. Entre‑temps, aucun traitement efficace ne permet vraiment de ralentir ou d'enrayer la progression de la maladie d'Alzheimer. Il n'existe que des médicaments pour traiter les symptômes.
Les IRSC financent des recherches pour aider à atténuer le fardeau sanitaire, social et économique de la maladie d'Alzheimer, et les chercheurs canadiens réalisent de grandes avancées sur tous ces plans.
La Dre Lili‑Naz Hazrati, par exemple, acquiert une meilleure connaissance du rôle des synapses – les zones de contact entre deux neurones – dans la maladie d'Alzheimer. Beaucoup de recherche a porté sur la mort neuronale, mais la Dre Hazrati pense qu'il peut s'agir là seulement de la manifestation la plus visible d'une perte qui commence ailleurs dans le cerveau. Ses travaux pourraient conduire à des traitements pouvant ralentir, voire stopper, la maladie.
Le Dr Donald Weaver poursuit aussi ce but. Par un travail minutieux, il a réussi à circonscrire la recherche d'un composé qui interférera avec les protéines mal repliées en cause dans la maladie d'Alzheimer. Il soumet actuellement ce composé à des tests pour voir s'il pourrait constituer le point de départ d'un médicament qui permettrait de traiter la maladie.
Si la recherche de la Dre Hazrati et du Dr Weaver peut déboucher sur de nouveaux traitements pour ralentir la progression de la maladie d'Alzheimer, ces traitements ne permettront pas de réparer les dommages subis par le cerveau. C'est pourquoi la recherche de la Dre Sylvie Belleville est si importante. Elle a déterminé les meilleurs tests auxquels soumettre les personnes qui signalent une légère perte de mémoire en vieillissant pour savoir lesquelles seront atteintes de la maladie d'Alzheimer ou d'une démence apparentée. Ce diagnostic précoce permettra d'amorcer le traitement plus rapidement, de manière à prévenir le dommage pendant qu'il est encore temps.
Enfin, la Dre Pia Kontos se concentre sur les personnes chez qui la maladie a progressé au point qu'elles se retrouvent en centres de soins de longue durée. La Dre Kontos croit que, lorsqu'elles ne peuvent plus parler, les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer peuvent quand même communiquer qui elles sont et ce qui est important pour elles. L'art dramatique permet à la chercheuse d'aider les soignants à comprendre ces communications. Elle a constaté que la prestation des soins est grandement facilitée et le recours aux moyens de contention et aux médicaments pour maîtriser le comportement est réduit lorsque les soignants voient leurs patients comme des personnes d'abord.
Ces chercheurs contribuent au tout complexe que forment la prévention, le diagnostic et le traitement de la maladie d'Alzheimer. Reconnaissant cette complexité, les IRSC pilotent la création de la Stratégie internationale de recherche concertée sur la maladie d'Alzheimer (SIRCMA), une initiative qui unifiera les stratégies nationales de nombreux pays différents pour faciliter l'intégration et l'application des conclusions de la recherche. Notre but est de réduire les conséquences personnelles, sociales et économiques de l'ADA en répondant à plusieurs questions importantes :
- Pouvons‑nous mettre en évidence des facteurs de risque fiables et importants pour l'ADA?
- Pouvons‑nous améliorer le diagnostic précoce de l'ADA?
- Pouvons‑nous mettre au point des interventions précoces, aussi bien thérapeutiques qu'axées sur le comportement et le mode de vie, pour retarder l'apparition et la progression de l'ADA?
- Existe‑t‑il des stratégies de prévention efficaces?
- Comment assurons‑nous la réponse optimale du système de santé pour les personnes atteintes de l'ADA ou à risque?
Des chercheurs tels que ceux dont les travaux sont mis en valeur ici nous aideront à répondre à ces questions et contribueront ainsi à notre capacité, comme société, nation et membre de la communauté internationale, de faire face au fléau grandissant de la maladie d'Alzheimer et des démences apparentées avant qu'il ne soit trop tard.
Dre Anne Martin-Matthews
Directrice scientifique
Institut du vieillissement des IRSC
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