Bourse d'application des connaissances des ambassadeurs de la recherche

Au sujet de la bourse

La « Bourse d'application des connaissances des ambassadeurs de la recherche de l'IALA » a été lancée en 2009-2010 pour encourager les candidats des IRSC à rédiger d'excellents résumés non scientifiques. La bourse est remise aux chercheurs principaux qui ont présenté un résumé non scientifique de qualité supérieure pour une subvention ou une bourse financée par l' IALA. Elle a été créée pour aider à atteindre les grands objectifs des IRSC, à savoir favoriser l'application des connaissances issues de la recherche scientifique pour améliorer la santé des Canadiens, accroître l'efficacité des services et des produits de santé, et renforcer le système de soins de santé. Il est important que les chercheurs soient capables de communiquer les résultats de leurs travaux à un auditoire général et à divers intervenants. L' IALA espère que la bourse contribuera au succès dans le domaine et espère continuer de reconnaître les excellents résumés non scientifiques au cours des prochaines années.

Lauréats d'une bourse

2012

Vinod Chandran (Réseau universitaire de santé)
Joy C. MacDermid (Université McMaster)
Robin N. Michel (Université Concordia)

2011

Ciarán Duffy (Université d'Ottawa, CHEO)
John Esdaile (Arthrite-recherche Canada)
Joy MacDermid (Université McMaster)
Victor Rafuse (Université Dalhousie)

2010

Douglas W. Hamilton (Université Western Ontario)
Hubert B. Labelle (Hôpital Sainte-Justine)
Joanna E. Sale (Hôpital St. Michael)

Critères d'un excellent résumé non scientifique

Les résumés non scientifiques sont jugés par les ambassadeurs de recherche ( AR) de l' IALA, un groupe de consommateurs non scientifiques désignés par les organismes de bienfaisance dans les domaines de la santé liés à l' IALA qui appartiennent au Groupe de travail sur l'échange des connaissances (GTEC) de l' IALA. Les AR choisissent les résumés non scientifiques qui sont bien écrits, complets, très instructifs et faciles à comprendre par un public non spécialiste. Les résumés non scientifiques d'excellente qualité devraient notamment :

  1. comprendre un survol des principaux éléments du projet;
  2. expliquer clairement les termes techniques dès leur première mention
  3. être présentés selon un ordre de pensée logique facile à suivre
  4. décrire les résultats prévus susceptibles d'avoir une incidence sur la recherche future dans le domaine
  5. être présentés adéquatement dans un langage vulgarisé
  6. expliquer de façon claire et logique le projet de recherche

Veuillez prendre connaissance des trois résumés retenus pour la Bourse d'application des connaissances des ambassadeurs de la recherche 2009-2010 qui suivent, lesquels sont donnés à titre d'exemples d'excellents résumés non scientifiques :

1. Le projet Firefighter Injury Reduction Enterprise: Wellness Enabled Life & Livelihood (FIRE-WELL) : réduire les risques de blessures chez les pompiers – Joy MacDermid (Université McMaster)

Dans le cadre de leur profession, les pompiers s'exposent à des risques personnels considérables pour assurer des services essentiels. Parmi les problèmes observés couramment chez ces travailleurs, citons les blessures musculosquelettiques, une mauvaise condition physique et une mauvaise santé cardiovasculaire. Les pompiers, leur syndicat et leur employeur ont approché des chercheurs afin de concevoir, de mettre en œuvre et d'évaluer un programme de mieux-être fondé sur des données probantes visant à prévenir les blessures, à optimiser un retour au travail sans danger et à réduire les coûts de soins de santé à la hausse. La mise en œuvre du programme de recherche, dont l'objectif est d'évaluer l'impact du dépistage en milieu communautaire des troubles médicaux, des problèmes liés à la condition physique et des blessures musculosquelettiques, s'effectuera en deux phases. La première phase consistera à étudier et à caractériser les problèmes de santé observés par un docteur en médecine du travail chez un groupe de 300 pompiers et à faire un suivi des services de santé dont ils ont besoin. Dans le cadre de la préparation à la deuxième phase du projet, nous définirons les exigences physiques liées aux tâches des pompiers au moyen d'un outil d'analyse des mouvements. Par la suite, nous effectuerons un examen de la condition physique et un dépistage des blessures chez 150 pompiers présentant les signes de problèmes musculosquelettiques récents. De ce nombre, 75 recevront une formation personnelle dans leur caserne sur des méthodes concrètes de réduction des risques de blessures au travail. Pour évaluer le programme, nous mesurerons, à l'aide de méthodes dont l'efficacité est démontrée, des indicateurs de santé et de travail des sujets au début du programme ainsi qu'après 6 et 12 mois, notamment le nombre, le type et le coût des blessures, l'absentéisme, l'état de santé général autodéclaré et l'évolution de la condition physique et des limites au travail. Des modèles mathématiques nous aideront à déterminer si notre approche permet de réduire le fardeau des maladies et des incapacités chez les pompiers. Les économies réalisées grâce à l'amélioration de leur état de santé seront réinvesties dans le programme de mieux-être pour en permettre la durabilité et l'élargissement. Les pompiers seront les pionniers de ce projet, et ils ont l'intention d'en faire profiter d'autres corps de métier.

2. Identifier les biomarqueurs de l'arthrite psoriasique : de la découverte au pronostic – Vinod Chandran (Réseau universitaire de santé)

Le psoriasis est une maladie de la peau courante qui touche 3 % de la population canadienne. L'arthrite psoriasique est un type d'arthrite particulier dont sont atteintes 30 % de ces personnes, et qui entraîne souvent l'apparition progressive de lésions des articulations, des incapacités et une diminution de la qualité de vie. Le diagnostic et le traitement précoces peuvent contribuer à prévenir les lésions articulaires et l'incapacité, améliorant ainsi la qualité de vie des personnes atteintes. Malheureusement, le diagnostic précoce est souvent difficile à établir : l'arthrite psoriasique non diagnostiquée est donc très prévalente chez les patients atteints de psoriasis. La mise en évidence des marqueurs sanguins qui dénotent la présence de l'arthrite psoriasique contribuera à établir un diagnostic précoce et aidera à repérer les personnes les plus à risque. Puisque l'arthrite psoriasique affecte principalement la peau et les articulations, ses marqueurs pourraient être trouvés dans ces tissus. Par conséquent, la recherche de ces marqueurs sera effectuée à partir d'échantillons de peau et de liquide articulaire provenant de patients atteints d'arthrite psoriasique. Les marqueurs les plus prometteurs ainsi que d'autres marqueurs que d'autres chercheurs et nous avons déjà identifiés seront alors étudiés chez un grand nombre de sujets atteints de psoriasis ou d'arthrite psoriasique ainsi que chez un groupe témoin constitué de sujets en santé. Cette étude visera à déterminer si les marqueurs permettent de distinguer des patients atteints d'arthrite psoriasique de ceux atteints de psoriasis seulement. Nous prévoyons aussi vérifier, au moyen de méthodes élaborées dans notre clinique de suivi à long terme à l'Université de Toronto, si ces marqueurs permettent de prédire l'apparition de lésions des articulations. Les résultats obtenus nous aideront à mettre au point des analyses sanguines pouvant servir au dépistage de l'arthrite psoriasique chez les patients atteints de psoriasis. De simples analyses sanguines mises au point dans le cadre de ce programme pourraient aider au diagnostic précoce et à la prise en charge appropriée de la maladie, permettant en fin de compte de prévenir les incapacités et d'améliorer la qualité de vie de milliers de Canadiens souffrant de psoriasis et d'arthrite psoriasique.

3. Le rôle de la calcineurine et de ses modulateurs de signalisation dans le phénotype dystrophique – Robin N. Michel (Université Concordia)

L'absence de dystrophine, une protéine membranaire, dans les fibres musculaires est la caractéristique clé d'un diagnostic de dystrophie musculaire. Une des stratégies thérapeutiques prometteuses pour cette maladie consiste à remplacer la dystrophine manquante dans les muscles atteints par sa « jumelle », l'utrophine, protéine qu'on retrouve en petites quantités dans les muscles des personnes atteintes de dystrophie musculaire. Nous avons obtenu de nouveaux résultats très prometteurs, indiquant que la production d'utrophine serait contrôlée par une autre protéine musculaire, la calcineurine, une enzyme qui, d'après nos résultats, joue un rôle dans l'orchestration de la croissance des muscles. En effet, nous avons montré que lorsque la production de calcineurine est activée dans la fibre musculaire, l'utrophine est produite en abondance et présente dans les endroits habituellement réservés à la dystrophine. Ainsi, grâce à cette substitution, la calcineurine est capable de « sauver » les fibres musculaires endommagées par la dystrophie musculaire. Au cours de la durée de ce projet de recherche, nous définirons plus précisément le rôle de la calcineurine dans le processus de réparation des muscles endommagés par la dystrophie et mettrons en évidence les autres acteurs de ce phénomène, afin de mieux comprendre les effets dévastateurs de cette maladie et de mettre au point des stratégies et des interventions visant à les renverser.