Chercheur en santé de l'année du Canada – 2010

Dr Clyde Hertzman

Dr Clyde Hertzman
M.D., M.Sc., FRCPC
Directeur, HELP
Chaire de recherche du Canada en santé des populations et développement humain
Professeur, École de santé publique et de santé des populations de l'Université de la Colombie-Britannique
Vancouver (Colombie-Britannique)

Le lauréat du prix Chercheur de l'année en santé du Canada nous montre que la petite enfance a réellement une influence.

C'est une affaire de bon sens : nos premières expériences peuvent avoir une incidence importante sur ce que nous devenons plus tard. Mais lorsqu'il faut élaborer des politiques et concevoir des programmes d'éducation, le bon sens ne suffit pas. Les décideurs ont besoin de faits, et c'est là que le Dr Clyde Hertzman de l'Université de la Colombie-Britannique entre en scène.

Lauréat du prix Chercheur de l'année en santé du Canada 2010, le Dr Hertzman a consacré sa carrière à déterminer dans quelle mesure on peut utiliser le développement de la petite enfance comme indicateur de la santé. Autrement dit, à quel point nos premières expériences déterminent-elles notre santé d'adulte?

« À la fin des années 1980, j'ai commencé à m'intéresser au fait que même dans les sociétés aisées comme le Canada, l'état de santé s'améliore à mesure qu'on monte dans l'échelle socioéconomique, se souvient le Dr Hertzman. Ce qui me fascinait, c'est que cela ne s'appliquait pas seulement à un ou deux types de processus pathogéniques, mais à un large éventail de processus et se répliquait pour de nouvelles maladies lorsqu'elles apparaissaient dans la société. Quelque chose ne tournait pas rond, et on ne pouvait pas l'expliquer seulement par l'accès aux soins de santé ou le mode de vie. C'était quelque chose de beaucoup plus profond. »

Il s'est dit que la meilleure façon d'expliquer ce phénomène était de se pencher sur la petite enfance. Cependant, les facteurs qui influencent le développement de la petite enfance sont nombreux, allant de l'influence familiale à l'environnement scolaire. Le Dr Hertzman a donc adopté une approche très multidisciplinaire et observé la manière dont l'environnement « colle à la peau » de l'enfant et influence le développement de son cerveau et de son corps.

« Par exemple, notre équipe compte un chercheur qui s'intéresse au rôle des pensionnats chez les populations autochtones, explique le Dr Hertzman. Ainsi, ceux qui font de la recherche cellulaire collaborent avec ceux qui s'intéressent à des politiques sociales qui ont été appliquées pendant près d'un siècle au Canada. D'une certaine façon, le fait d'amener les enjeux sociaux à la recherche cellulaire permet de cerner les questions, et le fait d'amener les enjeux cellulaires à la recherche sociale donne de la crédibilité aux réponses. »

Les réponses trouvées par son équipe orientent grandement les politiques nationales et internationales. Le Dr Hertzman a participé à la rédaction du Plan d'action national pour les enfants, un accord fédéral-provincial visant à soutenir directement le développement de la petite enfance, dans le cadre d'une stratégie de soutien du développement de l'enfance en général. Son travail a également été pris en compte dans l'élaboration de politiques comme le passage au jardin et à la maternelle à temps plein pour les enfants de quatre et cinq ans en Ontario. Enfin, le partenariat Human Early Learning de l'Université de la C.-B. a joué le rôle de principale source de connaissances pour la Commission des déterminants sociaux de la santé de l'OMS. Ainsi, leur travail est pris en compte dans l'élaboration de politiques internationales.

L'un des prochains projets du Dr Hertzman est de concevoir un programme canadien de suivi du développement de calibre international, afin que les chercheurs puissent réellement créer des liens entre les données administratives et les données sur l'état du développement des enfants à différents moments de leur petite et moyenne enfance, et ainsi déterminer si les enfants canadiens sont bien épanouis.

« Le bon sens nous dicte que la petite enfance est importante, mais nous sommes à une époque où le bon sens est invoqué partout. Nous avons besoin d'une solide base scientifique pour vraiment connaître l'importance de la petite enfance, et une partie de cette base scientifique vient de notre compréhension de la manière dont les cellules du cerveau se développent et comment les différentes périodes de compétence apparaissent. Cela nous permet de donner de la crédibilité et la priorité à ce que nous dicte le bon sens, ce que nous ne pourrions faire autrement. »

Le prix du Chercheur en santé de l'année du Canada récompense les chercheurs qui ont fait preuve d'excellence dans leur domaine. Cette bourse prestigieuse reconnaît l'innovation, la créativité, le leadership et le dévouement en matière de recherche en santé. Elle procure à des chercheurs de classe mondiale des fonds pour poursuivre des recherches d'importance vitale et soutenir et encadrer des stagiaires.

Le Dr Clyde Hertzman, lauréat du Prix Chercheur de l’année en santé du Canada, en compagnie du Dr Alain Beaudet, président des IRSC (à gauche), et de Son Excellence le très honorable David Johnston, Gouverneur général du Canada (à droite).
Le Dr Clyde Hertzman, lauréat du Prix Chercheur de l’année en santé du Canada, en compagnie du Dr Alain Beaudet, président des IRSC (à gauche), et de Son Excellence le très honorable David Johnston, Gouverneur général du Canada (à droite).
Le présentateur, le Dr Alain Beaudet (à droite), et le récipiendaire, le Dr Clyde Hertzman (à gauche).
Le présentateur, le Dr Alain Beaudet (à droite), et le récipiendaire, le Dr Clyde Hertzman (à gauche).

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