Prix du partenariat des IRSC – 2010

Eva Johnson

Projet de prévention du diabète dans les écoles de Kahnawake
Territoire mohawk de Kahnawake
Kahnawake (Québec)

Eva Johnson
Coprésidente, Comité exécutif du conseil consultatif communautaire (PPDEK)
Directrice générale, Bureau de protection de l'environnement de Kahnawake

Les lauréats du Prix du partenariat 2010 ont catalysé les forces de leur communauté pour réduire l'incidence de diabète de type 2.

Pour les habitants de Kahnawake, communauté mohawk au sud-est de Montréal, le problème du diabète de type 2 ne pouvait plus être ignoré. Une étude menée dans les années 1980 avait révélé une prévalence élevée de la maladie dans leur communauté, et ils voulaient agir pour prévenir le diabète chez les générations à venir.

« Deux médecins, Louis T. Montour et Ann Macaulay, ont été les premiers à confirmer que le diabète de type 2 représentait un enjeu important pour Kahnawake, et ils ont entrepris des projets de recherche participative ayant mené à des interventions, indique Eva Johnson, membre de la communauté. Ainsi, comme le personnel médical de nos hôpitaux locaux remarquait l'augmentation de la prévalence du diabète, ils ont décidé d'agir et ont commencé à examiner comment ils pouvaient lutter contre cette maladie. »

Grâce à cette observation et à des efforts soutenus pour trouver des sources de financement pour la recherche, le Projet de prévention du diabète dans les écoles de Kahnawake (PPDEK), projet de recherche et programme d'intervention novateurs, a vu le jour en 1994.

« L'interaction entre les universités partenaires et la communauté mène à des interventions dans les écoles, ajoute Mme Johnson, qui est aussi membre du conseil consultatif communautaire du PPDEK. En fait, les chercheurs n'entrent en contact avec les membres de la communauté qu'après avoir satisfait aux exigences du processus d'acceptation des demandes pour faire du travail de recherche dans la communauté. »

La communauté et les chercheurs prennent toutes les précautions possibles pour s'assurer que la recherche et les interventions respectent toujours les intérêts des habitants de Kahnawake.

« Nos interventions ne sont jamais très intrusives et se font en toute confidentialité. Nous travaillons soit avec les enfants à l'école, soit avec les professeurs ou les parents pour bien comprendre les habitudes alimentaires et les activités physiques, explique Mme Johnson. Les chercheurs sont accueillis dans la communauté et travaillent à partir des bureaux du PPDEK, puis leur équipe de recherche se réunit pour déterminer quelle orientation donner à la recherche. »

Kahnawake, à l'instar d'un grand nombre de communautés autochtones au Canada, est aux prises avec une prévalence du diabète de type 2 plus élevée que les autres populations. C'est ce qui motive les habitants de Kahnawake à agir et à soutenir bénévolement le personnel du PPDEK. De son côté, le PPDEK a établi des partenariats avec de nombreux organismes locaux, qui s'affairent à mettre sur pied d'autres activités de prévention du diabète.

Plusieurs facteurs ont permis à ce programme de maintenir le cap, du point de vue des activités, de la sensibilisation et de la recherche. Parmi ces facteurs, on retrouve la capacité de la communauté à se mobiliser pour les enjeux importants, sa collaboration étroite avec des chercheurs spécialisés en recherche concertée avec les communautés à l'Université McGill, l'Université Queen's et l'Université de Montréal, les ateliers du programme de formation du PPDEK et la présence de liens très étroits entre les membres de la communauté.

« Ici, tout le monde connaît tout le monde. Si quelqu'un s'est fait amputer un membre à cause du diabète, tout le monde est au courant. Au sein de la communauté, nous sommes tous visibles. Lors d'une simple visite à l'hôpital local, il est facile de constater les effets du diabète prolongé ou non traité, poursuit Mme Johnson. À mon avis, Kahnawake est un modèle presque parfait de communauté hôte pour les programmes et les projets que nous avons organisés. »

Dans le cadre du programme, les élèves des écoles de Kahnawake participent à diverses interventions, et les chercheurs ont évalué l'impact de chacune sur la modification des habitudes de vie des élèves du primaire de 1994 à 2002.

« Certains de ces enfants adoptent un mode de vie plus sédentaire à cause de toutes les nouvelles technologies auxquelles ils ont accès à la maison, au lieu d'aller jouer dehors tous les jours et de faire assez d'exercice pour rester en forme. Nous avons donc ajouté des périodes d'exercice en plus de celles consacrées au programme d'éducation physique, explique Mme Johnson. Avec l'aide du personnel de l'hôpital local, nous avons élaboré une politique nutritionnelle dont le but premier est d'aider les parents à déterminer quels types d'aliments sains placer dans la boîte à lunch de leurs enfants, et quels types d'aliments éviter pour permettre à leurs enfants de grandir en santé. »

Les partenaires responsables de la création du Projet de prévention du diabète dans les écoles de Kahnawake ont l'intention de continuer à perfectionner le programme. Ils espèrent que le Centre pour la recherche et la formation sur la prévention du diabète du PPDEK deviendra un centre d'intervention et de recherche pour la promotion de la santé et la prévention du diabète, et qu'il continuera à générer des données de grande valeur sur l'importance des choix portant sur les habitudes de vie.

Les efforts déployés par le PPDEK visent à en arriver éventuellement à une situation où « toutes les personnes sont en parfaite santé, et le diabète n'existe plus ». Cet énoncé de vision communautaire s'inspire de la philosophie mohawk et haudenonsaunee, selon laquelle on doit mesurer les conséquences de nos actions et de nos paroles jusqu'à la septième génération (ou « Ratikonsatatie », traduit littéralement par « les visages à venir »).

Mme Johnson insiste : « Ce n'est pas qu'une question d'alimentation ou d'exercice. Il y a aussi une approche psychologique pour changer l'état d'esprit des gens afin qu'ils se rendent compte qu'une intervention précoce et une prise en charge rapide des problèmes peuvent avoir un effet énorme sur leur santé future. »

Le Prix du partenariat des IRSC reconnaît les partenariats avec un ou des partenaires externes du secteur privé, bénévole ou public qui constituent des exemples d'excellence en rassemblant les communautés de recherche en santé pour créer des approches novatrices à l'égard des questions de recherche, élaborer des programmes de recherche qui répondent aux besoins, aux préoccupations et aux priorités en matière de santé des Canadiens, et accélérer l'application des connaissances au profit de la population canadienne.

Mme Treena Delormier et Mme Eva Johnson acceptent le Prix du partenariat des IRSC au nom du Projet de prévention du diabète dans les écoles de Kahnawake, en compagnie du Dr Alain Beaudet, président des IRSC (à gauche), et de Son Excellence le très honorable David Johnston, Gouverneur général du Canada (à droite).
Mme Treena Delormier et Mme Eva Johnson acceptent le Prix du partenariat des IRSC au nom du Projet de prévention du diabète dans les écoles de Kahnawake, en compagnie du Dr Alain Beaudet, président des IRSC (à gauche), et de Son Excellence le très honorable David Johnston, Gouverneur général du Canada (à droite).
Le présentateur, le Dr Malcolm King (à gauche), et les récipiendaires Mme Treena Delormier (au centre) et Mme Eva Johnson (à droite).
Le présentateur, le Dr Malcolm King (à gauche), et les récipiendaires Mme Treena Delormier (au centre) et Mme Eva Johnson (à droite).

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