Meilleur jeune chercheur du Canada – 2010

Dr David Hammond
Ph.D.
Professeur adjoint
Département des sciences de la santé
Université de Waterloo
Waterloo (Ontario)
Le lauréat de cette année du Prix du meilleur jeune chercheur du Canada étudie l'étiquetage des paquets de cigarettes et son influence sur les comportements.
C'est une mise en garde illustrée sur un paquet de cigarettes jeté au rebut qui a d'abord attiré l'attention de David Hammond.
« En regardant un paquet de cigarettes qui traînait sur le sol, j'ai été frappé par l'une des mises en garde illustrées, et je me suis dit : "Ne serait-ce pas génial de travailler sur des interventions qui touchent autant de personnes et qui sont aussi marquantes?" »
À cette époque, il étudiait en psychologie et songeait à poursuivre ses études en psychologie clinique, mais des mentors l'ont plutôt convaincu d'opter pour le domaine de la recherche axée sur les impacts. Il a vite compris que la lutte contre le tabagisme représentait pour lui une chance unique d'influencer la santé à l'échelle des populations.
Sous la direction de deux éminents mentors, Geoff Fong, de l'Université de Waterloo, et Roy Cameron, du Propel Centre for Population Health Impact, David Hammond a ensuite participé aux travaux de la Convention-cadre de l'Organisation mondiale de la santé pour la lutte antitabac, le premier traité international sur la santé négocié sous les auspices de l'OMS. Cette convention a permis d'aider de nombreux pays à élaborer leurs politiques de lutte antitabac.
Ses travaux liés au traité portent surtout sur les politiques d'emballage et d'étiquetage, notamment sur l'efficacité des mises en garde illustrées et sur les stratégies utilisées par l'industrie du tabac pour créer des paquets attrayants pour les consommateurs.
« Pourquoi étudions-nous les emballages? Parce qu'il s'agit de la forme de marketing du tabac la plus évidente encore permise au Canada, explique M. Hammond. L'étude des emballages permet d'en apprendre beaucoup à propos des compagnies de tabac, qu'on s'intéresse à leurs stratégies de communication ou aux moyens utilisés pour attirer de nouveaux consommateurs. »
Son autre domaine d'intérêt est l'évaluation et la réglementation des produits : la conception des cigarettes, leur composition chimique, leur teneur en nicotine. Selon M. Hammond, il n'existe pour ainsi dire aucun règlement quant à ce qui peut entrer dans la composition des produits du tabac ni à la nature des substances issues de leur consommation, et peu de chercheurs en santé publique se consacrent à l'étude scientifique des produits du tabac.
Dans le cadre de ses recherches, M. Hammond est devenu membre de groupes de travail sur la Convention-cadre et agit à titre de conseiller auprès des 171 signataires pour l'élaboration de mesures de réglementation efficaces.
« C'est une occasion unique, une chance d'élaborer des politiques pour le monde entier, ajoute M. Hammond. En introduisant dans le traité de nouvelles directives réglementaires, nous avons la possibilité d'influencer, littéralement, des milliards de personnes. En tant que chercheur, je trouve extrêmement gratifiant de pouvoir apporter des résultats de recherche pour enrichir les discussions, et de constater comment ils sont incorporés à des politiques et à des règlements appliqués partout dans le monde. »
Compte tenu du fait qu'on dénombre toujours cinq millions de fumeurs au Canada, et plus d'un milliard dans le monde, on est encore loin d'en avoir fini avec le tabagisme. Par ailleurs, M. Hammond espère aussi pouvoir appliquer certaines de ses conclusions au domaine de la nutrition.
« Si nous voulons vraiment réduire l'obésité au Canada, nous devons faciliter l'accès des consommateurs à une alimentation saine et leur offrir de l'information nutritionnelle plus accessible et compréhensible. J'étudie en ce moment l'impact de l'affichage de l'information nutritionnelle sur les menus et les panneaux d'affichage du menu, de la mention du contenu en sodium sur les aliments préemballés ainsi que des méthodes utilisées par les fabricants de produits alimentaires pour indiquer la qualité nutritive grâce aux symboles et à l'emballage, explique M. Hammond. Je peux établir un parallèle avec mes travaux sur le tabagisme : les deux comptent parmi les plus grandes menaces pour la santé publique, et dans les deux cas, nous essayons de trouver des solutions générales fondées sur les politiques qui sont aussi économiques. »
M. Hammond affirme qu'en tant que jeune chercheur, il a eu de la chance de bénéficier du soutien des Instituts de recherche en santé du Canada et de la Société canadienne du cancer, deux organismes qui lui ont offert un appui salarial, lui permettant ainsi de consacrer plus de temps à la recherche.
S'il n'avait qu'un conseil à prodiguer aux autres jeunes chercheurs, il choisirait de donner la parole à son mentor, Roy Cameron : « Il m'a appris que si nous voulons prévenir le cancer et d'autres maladies chroniques, nous devons changer notre milieu de vie, de travail et de loisirs. Il avait l'habitude de dire qu'il faut d'abord "cerner les grands problèmes, puis travailler à rebours pour trouver des solutions." »
Le prix Meilleur jeune chercheur du Canada est une bourse de développement de carrière remise aux plus brillants jeunes chercheurs canadiens en début de carrière. Cette bourse de cinq ans constitue une mesure incitative pour encourager les jeunes chercheurs à faire carrière au Canada. Par cette bourse, les IRSC contribuent à assurer aux nouveaux chercheurs talentueux le soutien dont ils ont besoin pour atteindre leurs buts.
![]() Le présentateur, le Dr Pierre Chartrand (à gauche), et le récipiendaire, le Dr David Hammond (à droite). |
![]() Le Dr David Hammond, lauréat du Prix Meilleur jeune chercheur du Canada, en compagnie du Dr Alain Beaudet, président des IRSC (à gauche), et de Son Excellence le très honorable David Johnston, Gouverneur général du Canada (à droite). |
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