Impacts de la recherche financée par les IRSC : Maladies infectieuses

[ Table des matières ]

Évaluer la motivation des patients à adhérer à leur traitement
Un outil permet de repérer les patients qui ont davantage besoin de soutien

Aperçu

Un traitement antirétroviral sauve la vie des personnes infectées par le VIH. Toutefois, en raison des conditions compliquées à observer et des effets secondaires parfois graves, de nombreuses personnes qui entreprennent le traitement ne le poursuivent pas. La Dre Josie Geller du Centre d'excellence de la Colombie-Britannique sur le VIH/sida a mis au point un outil pour évaluer la motivation d'un patient à adhérer au traitement.

Impact

Cet outil appelé ARMS (Antiretroviral Readiness and Motivation Scale) pourrait aider les médecins et les autres soignants à mieux prévoir quels patients s'adapteront rapidement au traitement et à prendre les mesures nécessaires pour aider les autres qui auront plus de difficulté à y adhérer.

Publication initiale

Institut des maladies infectieuses et immunitaires des IRSC, Des solutions au VIH/sida grâce à la recherche, 2006


Aider les femmes qui ne peuvent dire non
Un microbicide donne aux femmes les moyens de se protéger contre le VIH

Aperçu

Le Dr Michel G. Bergeron de l'Université Laval et son équipe ont mis au point un microbicide appelé Condom invisible® (CI) qui pourrait donner aux femmes les moyens de se protéger contre le VIH, même si leur partenaire refuse d'utiliser un condom.

Impact

Selon des essais menés au Québec et au Cameroun, le CI est sécuritaire et il est bien toléré et accepté par les femmes. Un essai clinique de phase III est prévu afin de vérifier l'efficacité du CI pour prévenir une infection à VIH. Si les résultats sont concluants, le CI pourrait prévenir des millions de cas d'infections à VIH et d'autres maladies transmises sexuellement.

Publication initiale

Institut des maladies infectieuses et immunitaires des IRSC, Des solutions au VIH/sida grâce à la recherche, 2006; mise à jour en 2009


La candidose, une infection à éviter
Un problème fréquent chez les personnes aux prises avec le VIH, qui entrave l'alimentation

Aperçu

Il arrive souvent que les personnes infectées par le VIH souffrent aussi d'une candidose siégeant dans la bouche et l'oesophage. Cette infection fongique peut limiter la consommation d'aliments d'où une perte de poids qui peut compromettre la santé générale et le bien-être des patients. L'infection résiste souvent aux traitements antifongiques habituels. Le Dr Louis de Repentigny de l'Université de Montréal a découvert, dans les cellules du système immunitaire, des anomalies qui peuvent causer une candidose.

Impact

Le Dr de Repentigny et son équipe ont démontré que des anomalies dans deux différentes sortes de cellules du système immunitaire – les lymphocytes T CD4+ et les cellules dendritiques – sont responsables de la réceptivité aux candidoses des personnes infectées par le VIH. Des analyses plus poussées sont en cours et fourniront un cadre de travail pour concevoir de nouvelles stratégies agissant sur le système immunitaire pour combattre l'infection.

Publication initiale

Résultats de la recherche en santé, IRSC, 2005-2006; mise à jour en 2009


Des vaccins pour tous
Bienfaits de la vaccination universelle contre la grippe

Aperçu

En 2000, le gouvernement de l'Ontario a lancé un programme universel d'immunisation contre la grippe à grande échelle. Ce programme, le premier du genre au monde, permet d'offrir gratuitement le vaccin antigrippal à tous les Ontariens de six mois ou plus. Le Dr Jeff Kwong de l'Université de Toronto a étudié les répercussions de ce programme novateur. Il a constaté que, pendant la première année du programme, le taux de vaccination contre la grippe des résidants de plus de 12 ans a doublé, passant de 18 à 36 %, alors que les taux de vaccination ailleurs au Canada sont passés de 13 à 21 %. Toutefois, le programme de vaccination universel de l'Ontario a connu moins de succès que les programmes ciblés en ce qui a trait à la vaccination des jeunes enfants âgés de 6 à 23 mois. En comparant le programme de vaccination universel de l'Ontario aux programmes ciblés des autres provinces, on a pu établir un lien entre la mise en place de ce programme et les deux constatations suivantes : réductions relatives de la mortalité associée à la grippe et de l'utilisation des services de santé, et diminution des ordonnances d'antibiotiques.

Impact

Les travaux du Dr Kwong suggèrent que la vaccination universelle peut se révéler une mesure de santé publique efficace pour réduire le fardeau annuel de la grippe.

Publication initiale

Profil de recherche, octobre 2007; mise à jour en 2009


Suivre l'évolution de la grippe en ligne
Google, un outil de recherche épidémiologique? Eh bien oui.

Aperçu

Que faisons-nous lorsque nous voulons obtenir de l'information? Beaucoup d'entre nous font appel à Google. Cette façon de faire est tellement répandue que, pour les anglophones, Google est devenu un verbe courant. Le Dr Gunther Eysenbach du Centre for Global eHealth Innovation du Réseau universitaire de santé de Toronto a décidé de tirer parti de cette tendance. Il a acheté dans le moteur de recherche Google une annonce, liée à un site éducatif, qui paraît lorsque les internautes canadiens entrent le terme « grippe » ou l'expression « symptômes de la grippe ». À titre d'annonceur, le Dr Eysenbach a pu vérifier le nombre de personnes qui ont cliqué sur son annonce. Lorsqu'il a comparé les données qu'il a obtenues aux données sur la grippe recueillies par l'Agence de la santé publique du Canada, le Dr Eysenbach a constaté que son système permettait non seulement de dresser un portrait fidèle du nombre de Canadiens atteints de la grippe cette année-là, mais aussi de relever les éclosions de grippe plus rapidement que les méthodes de surveillance habituelles.

Impact

Le suivi des recherches sur Internet ne remplacera pas de sitôt les pratiques de surveillance plus directes, mais il peut aider les autorités de la santé publique à repérer les endroits où la grippe sévit.

Publication initiale

Profil de recherche, octobre 2007


Déjouer un parasite mortel
Un composé chimique neutralise le parasite causant le paludisme

Aperçu

Selon l'organisme américain, Centers for Disease Control and Prevention, 41 % de la population mondiale vit dans des régions où le paludisme est transmis et, chaque année, on dénombre de 350 à 500 millions de cas et plus d'un million de décès. Les enfants vivant en Afrique du Sud du Sahara sont particulièrement touchés. Le Dr Lakshmi Kotra de l'Institut de recherche de l'hôpital général de Toronto a découvert un agent chimique qui neutralise le parasite causant le paludisme, en bloquant l'activité d'une protéine clé dont il a besoin pour se reproduire et survivre.

Impact

L'efficacité du composé a été démontrée contre le parasite du paludisme humain dans un modèle murin. Le Dr Kotra a mis sur pied un consortium international sur les nouvelles classes de médicaments antipaludiques, un partenariat entre le monde universitaire et l'industrie au Canada et en Inde pour travailler à la mise au point de ce composé et pouvoir offrir un médicament efficace pour les humains.

Publication initiale

Résultats de la recherche en santé, IRSC, 2006-2007; mise à jour en 2009


Administrer des médicaments de façon ciblée
Une technologie qui pourrait s'appliquer au traitement du cancer et à la vaccination

Aperçu

Administrer les bons médicaments aux organes qui en besoin pour obtenir les effets souhaités, voilà qui représente tout un défi, mais qui peut porter ses fruits en permettant de prévenir et de traiter les maladies. Le Dr Roy Duncan de l'Université Dalhousie tente de relever ce défi en étudiant les petites protéines transmembranaires associées à la fusion (fusion-associated small transmembrane [FAST]). À partir de ces protéines, il a mis au point un nouveau système d'administration par liposomes qui pourrait libérer des médicaments, des vaccins ou des gènes pour la thérapie génique.

Impact

En 2003, le Dr Duncan a fondé Fusogenix Inc. afin de commercialiser cette découverte. Il a établi que le système de liposomes fusogènes était au moins 80 fois plus efficace que les liposomes non fusogènes pour accroître la libération d'un peptide anticancer. La technologie a été utilisée par plusieurs groupes de chercheurs pour promouvoir la fusion cellule-cellule, qui pourrait avoir des applications dans des domaines comme le développement de cellules musculaires et la régénération des nerfs. Fusogenix a entrepris des procédures afin de transférer ses droits de propriété intellectuelle à une autre compagnie de biotechnologie canadienne pour faire avancer la technologie et produire un réactif pour favoriser la libération de l'antigène dans la formulation d'un vaccin.

Publication initiale

Résultats de la recherche en santé, IRSC, 2003-2004; mise à jour en 2009


Mettre au point un nouvel antibiotique
Un nouveau médicament pourrait traiter la pneumonie et la méningite

Aperçu

Utilisés depuis plus d'un demi-siècle, les antibiotiques permettent de lutter efficacement contre les infections. Cependant, de nombreux antibiotiques ne sont plus aussi efficaces qu'ils l'étaient, en partie parce que les bactéries infectieuses ont appris à leur résister. Le Dr David Byers affilé au Centre de santé IWK de l'Université Dalhousie a mis au point un nouvel antibiotique qui agit en interférant avec l'une des principales enzymes dont la bactérie a besoin pour créer l'endotoxine. On trouve l'endotoxine dans la membrane externe de certains types de bactéries. Le Dr Byers a conçu et synthétisé, par modélisation informatique, une molécule capable d'inhiber un joueur clé dans la synthèse de l'endotoxine. Le nouveau composé pourrait être utilisé pour traiter la pneumonie, les maladies gastro-intestinales et la méningite.

Impact

Le Dr Byers et ses cochercheurs ont mis sur pied DeNovaMed, une petite entreprise de biotechnologie, et ont synthétisé plus de 250 nouveaux composés, dont nombreux sont brevetés. Même si aucun essai clinique n'a été réalisé jusqu'à maintenant, DeNovaMed continue de chercher du capital de risque additionnel pour stimuler sa croissance et ses efforts de commercialisation.

Publication initiale

Résultats de la recherche en santé, IRSC, 2005-2006; mise à jour en 2009


Accroître la sécurité de l'approvisionnement en sang
Un test peu coûteux permet de détecter des parasites

Aperçu

Au lendemain du scandale du sang contaminé, au début des années 1990, on a porté une attention particulière à l'innocuité du système d'approvisionnement en sang au Canada. À l'heure actuelle, le sang des donneurs n'est pas soumis à un test de dépistage des parasites parce que les méthodes de détection sont coûteuses et complexes. Le Dr Momar Ndao de l'Université McGill a mis au point un test peu coûteux mais complet permettant de déceler toutes les principales maladies parasitaires et de déterminer si le sang est sûr.

Impact

Le Dr Ndao et son équipe valident actuellement le test en utilisant des échantillons de sang provenant de diverses régions géographiques. Ils ont reçu du financement des IRSC pour poursuivre les étapes préparatoires à la commercialisation, et plusieurs entreprises se sont montrées intéressées.

Publication initiale

Résultats de la recherche en santé, IRSC, 2005-2006; mise à jour en 2009


La circoncision peut réduire les infections à VIH
Percée médicale de l'année selon le Time Magazine

Aperçu

Un essai contrôlé randomisé financé en partie par les IRSC et mené par le Dr Stephen Moses de l'Université du Manitoba, entre autres, a révélé que la circoncision de jeunes hommes africains pouvait réduire l'incidence du VIH chez ces derniers.

Impact

Time Magazine classe cette découverte parmi les principales percées médicales de 2007. Maintenant, de nombreux pays d'Afrique, particulièrement en Afrique australe, songent à offrir davantage de services sécuritaires pour la circoncision. Certains pays comme le Swaziland ont déjà entrepris le processus, alors que d'autres en sont encore à l'étape de la planification. Le Botswana, qui compte l'un des plus haut taux d'infection à VIH dans le monde, a lancé en mai 2009 un programme visant à circoncire 460 000 hommes – soit 80 % des hommes admissibles – afin de freiner la propagation du VIH/sida.

Publication initiale

Un visage humain, rapport annuel 2006-2007 des IRSC


S'attaquer à la racine du problème
Vacciner les bovins pour prévenir les infections à E. coli

Aperçu

En 2005, plus de 1000 Canadiens ont souffert de la « maladie du hamburger » , une infection causée par la bactérie E. coli O157:H7. Les bovins peuvent être porteurs de la bactérie sans montrer de signe de maladie; cependant, la bactérie rend malade quiconque mange de la viande provenant de ces bovins ou boit de l'eau contaminée par leurs excréments (c'est ce qui s'est produit à Walkerton, en Ontario). Le Dr Brett Finlay de l'Université de la Colombie-Britannique a mis au point un vaccin qui réduit considérablement le nombre de bactéries pathogènes chez les bovins. Lors des tests, on a constaté une réduction de 92 % de la colonisation de E. coli O157 chez les bovins vaccinés.

Impact

Le vaccin est commercialisé par une entreprise ontarienne, Bioniche Life Sciences. Aux États-Unis, le vaccin a été autorisé sous conditions en février 2008. Au Canada, la mise en marché a été autorisée en octobre 2008 et le vaccin peut être utilisé sans restriction par les vétérinaires et les producteurs de bovins.

Publication initiale

Profil de recherche, juillet 2007; mise à jour en 2009

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