Impacts de la recherche financée par les IRSC : Prestation des services de santé

[ Table des matières ]

Avez-vous été hospitalisé aux soins intensifs?
N'oubliez pas vos médicaments!

Aperçu

Selon le Dr Chaim Bell de l'Hôpital St. Michael de Toronto, une admission au service des soins intensifs d'un hôpital peut s'avérer dangereuse pour la santé à long terme des personnes âgées qui prennent des médicaments pour traiter des maladies chroniques. Le Dr Bell a mené une étude auprès d'un groupe de patients hospitalisés en Ontario. Il a découvert que lorsque ces patients avaient reçu leur congé des soins intensifs, dans un tiers des cas, au moins un de leurs médicaments avait été abandonné par inadvertance.

Impact

À l'échelle locale, le Dr Bell et ses collègues ont mis au point un outil électronique pour la planification du congé de l'hôpital qui permet de faire le rapprochement des ordonnances du patient et de tenir compte des autres aspects des soins qui doivent être maintenus. Lancé en octobre 2009, l'outil a reçu un accueil favorable de la part de nombreux intervenants. De plus, grâce aux travaux du Dr Bell et d'autres chercheurs, l'interruption par inadvertance d'un traitement médicamenteux est maintenant au centre d'une campagne appelée Des soins de santé plus sécuritaires maintenant!, initiative visant à améliorer la qualité des soins par le rapprochement des ordonnances (processus systématiques pour assurer la continuité des soins). Les processus de rapprochement des ordonnances constituent maintenant une exigence d'Agrément Canada, à laquelle sont assujettis les hôpitaux et les établissements de soins de longue durée. Des Canadiens dirigent actuellement le volet rapprochement des ordonnances d'une initiative internationale sur la qualité des soins dirigée par l'Organisation mondiale de la santé. Le Dr Bell participe à cette initiative et fait aussi partie du groupe sur le rapprochement des ordonnances de l'initiative Des soins de santé plus sécuritaires maintenant!

Publication initiale

Résultats de la recherche en santé, IRSC, 2006-2007; mise à jour en 2009


Améliorer la prestation des soins de santé dans les régions rurales
Agir et réagir

Aperçu

Offrir des services de santé à des populations dispersées vivant dans les régions rurales ou éloignées est un défi constant. L'équipe Need to Know du Manitoba est un partenariat entre le Manitoba Centre for Health Policy, dix autorités sanitaires régionales du Manitoba oeuvrant dans les milieux ruraux et dans les régions du Nord, et Santé Manitoba. L'équipe fait de la recherche concernant ces communautés et travaille avec les autorités sanitaires régionales pour la mise en application des résultats.

Impact

S'appuyant sur les travaux de l'équipe Need to Know, les autorités sanitaires régionales dans les régions rurales et les régions du Nord du Manitoba ont établi des centres de soins de santé primaires et des maisons de soins infirmiers; mis en oeuvre des programmes de dépistage du cancer du col de l'utérus et des programmes régionaux de prévention des blessures, et proposé d'apporter des changements aux services de santé mentale. La recherche a permis d'établir un atlas des indicateurs régionaux qui est très utilisé pour la planification stratégique. Arlene Wilgosh, ancienne sous-ministre de la Santé du Manitoba, affirme que les rapports de recherche ont, au fil des ans, « influencé nos décisions relatives aux ressources ». Elle précise que le rapport de 2004 sur la santé mentale et celui de 2008 sur l'évaluation des programmes et des politiques intitulé What Works? sont particulièrement utiles. « Ils présentent les données et nous indiquent comment les appliquer », explique-t-elle.

Publication initiale

Agir et réagir face aux données probantes, recueil de cas d'application des connaissances de l'Institut des services et des politiques de la santé des IRSC, 2006


Aider les patients à voir clair dans le dédale du système de soins de santé
Un outil aide les patients atteints de maladies chroniques

Aperçu

De nombreuses maladies des os et des articulations sont chroniques, et les personnes atteintes doivent, tout au long de leur vie, faire preuve de détermination pour s'occuper de leur santé et faire affaire avec un système de santé souvent déroutant. Le Dr Peter Tugwell de l'Université d'Ottawa, en partenariat avec une organisation appelée Collaboration Cochrane, a recensé les diverses compétences dont les patients ont besoin pour prendre en charge efficacement leur maladie. Il s'agit de compétences qui leur permettent notamment d'utiliser l'information sur la santé pour prendre des décisions, de communiquer avec d'autres, de clarifier les valeurs et les priorités, et de négocier leur rôle comme patient. Le Dr Tugwell a créé une échelle sur l'efficacité des utilisateurs (Effective Consumer Scale ou EC-17) afin de mesurer l'efficacité des patients à faire face à leur maladie chronique et à prendre des décisions concernant leur état de santé.

Impact

L'échelle EC-17 a été validée au Canada et en Australie. Elle a été traduite en plusieurs langues et est actuellement en cours de validation en Argentine, en Irlande, en Norvège, en Suède et en Roumanie.

Publication initiale

Résultats de la recherche en santé, IRSC, 2005-2006; mise à jour en 2009


Établissement de points de repère pour les temps d'attente
La recherche éclaire les décisions stratégiques

Aperçu

En réponse à l'inquiétude généralisée du public au sujet des temps d'attente, les IRSC, en partenariat avec les ministres de la Santé du Canada, des provinces et des territoires, ont financé de la recherche portant sur les temps d'attente dans trois secteurs prioritaires : la restauration de la vue, le remplacement articulaire et le cancer.

Impact

La recherche a permis aux ministres de la Santé des provinces et des territoires d'établir, en décembre 2005, la première série de points de repère pour les temps d'attente.

Publication initiale

Rapport annuel 2005-2006 de l'Institut des services et des politiques de la santé des IRSC


Une carte sur l'utilisation des médicaments au Canada
Un atlas s'avère utile pour les responsables des politiques

Aperçu

Les médicaments d'ordonnance représentent la catégorie de dépenses de santé qui croît le plus rapidement au Canada; en 2008, on s'attendait à ce qu'ils représentent 17,4 % des dépenses de santé totale, soit une augmentation par rapport à 15 % en 1998. Dans les provinces et les territoires, les responsables du système de santé s'efforcent de lutter contre le problème complexe des coûts croissants des médicaments. Voilà pourquoi le Dr Steve Morgan de l'Université de la Colombie-Britannique a dressé un tableau exact de l'utilisation des médicaments dans tout le Canada. Le Canadian Rx Atlas met en évidence les différences dans l'utilisation des médicaments entre différentes régions du pays et détaille les facteurs qui déterminent les dépenses au titre des médicaments.

Impact

L'atlas en est maintenant à sa seconde édition. Cette source d'information sur les dépenses attribuables aux médicaments d'ordonnance au pays est régulièrement utilisée par les chercheurs, les associations professionnelles, les gouvernements et les médias. Au début de 2009, les premiers ministres des provinces de l'Ouest ont fait référence à l'atlas lorsqu'ils ont annoncé leur intention de mettre en oeuvre des politiques conjointes sur l'achat des médicaments, à l'avenir.

Publication initiale

Résultats de la recherche en santé, IRSC, 2005-2006; mise à jour en 2009


Améliorer la sécurité des patients
L'étude canadienne sur les événements indésirables

Aperçu

En 2004, la première étude nationale sur la sécurité des patients dans les hôpitaux canadiens révélait que 7,5 % des personnes hospitalisées – soit 185 000 patients sur presque 2,5 millions de personnes admises dans les services de médecine et de chirurgie au Canada en 2000 – avaient subi un événement indésirable à la suite de soins qu'elles ont reçus. On entend par événement indésirable une blessure ou une complication non intentionnelle qui cause le décès ou une incapacité, ou qui nécessite une hospitalisation prolongée. Selon l'étude, dirigée par le Dr Ross Baker de l'Université de Toronto et le Dr Peter Norton de l'Université de Calgary, la majorité des événements indésirables ont causé une incapacité temporaire ou nécessité une hospitalisation prolongée. Cependant, des événements indésirables ont causé une incapacité permanente chez 5 % des patients, et le décès chez 1,6 % des patients. Près de 37 % des événements indésirables répertoriés dans l'étude auraient pu être évités.

Impact

L'étude canadienne sur les événements indésirables et les activités menées tout au long de celle-ci ont incité plusieurs organisations professionnelles, dont l'Association médicale canadienne et l'Association canadienne des soins de santé, à élaborer des initiatives stratégiques et des programmes d'éducation pour améliorer la sécurité des patients et réduire les événements indésirables. Les Drs Baker et Norton sont membres d'un groupe consultatif sur la sécurité des patients mis sur pied par le Conseil canadien d'agrément des services de santé. Ce groupe a contribué à l'établissement d'une série d'objectifs sur la sécurité des patients et à l'élaboration des pratiques organisationnelles nécessaires qui ont été mises en oeuvre au cours des visites d'agrément, à partir de 2006.

Publication initiale

Rapport annuel 2004-2005 de l'Institut des services et des politiques de la santé des IRSC; communiqué des IRSC, le 24 mai 2004


Un moyen simple pour prescrire des médicaments en toute sécurité
Un système informatisé permet de réduire les erreurs d'ordonnance

Aperçu

Les problèmes de santé liés à l'utilisation de médicaments sont à l'origine de 5 à 23 % des admissions à l'hôpital. Dans de nombreux cas, les erreurs se produisent parce que les patients voient différents médecins qui leur prescrivent des médicaments et parce qu'ils achètent leurs médicaments à différentes pharmacies. Ainsi, ils se retrouvent seuls pour gérer leurs médicaments. La Dre Robyn Tamblyn de l'Université McGill a mis au point un système informatisé pour la prescription et la gestion des médicaments. Ce système informatisé permet à des médecins québécois de vérifier rapidement dans le dossier du patient, les ordonnances, les maladies, les allergies et toute autre mise en garde quant à la prescription de médicaments. Le système, appelé MOXXI (Medical Office of the 21st Century), permet de réduire les risques d'erreur humaine en demandant aux médecins de choisir les médicaments à partir d'une liste automatisée et d'indiquer le problème pour lequel le médicament est prescrit.

Impact

Plus de 200 médecins, près de 80 pharmacies et, depuis le 1er janvier 2009, plus de 68 000 patients au Québec participent à l'essai, qui en est maintenant à la troisième phase.

Publication initiale

Profil de recherche, mai 2007; mise à jour en 2009


Aider les urgentologues à prendre des décisions
Des règles qui permettent le traitement méthodique des blessures

Aperçu

Les urgentologues doivent régulièrement traiter des blessures aux pieds, aux chevilles, aux genoux, au cou et au cerveau. Il peut être difficile de savoir quels examens prescrire et quand. Le Dr Ian Stiell de l'Institut de recherche en santé d'Ottawa leur facilite la tâche. Afin de guider les médecins, il a mis au point les règles d'Ottawa concernant les blessures au genou et à la cheville ou Ottawa Ankle and Knee Rules ainsi que des règles canadiennes sur l'utilisation de la tomodensitométrie pour les blessures à la tête et à la colonne cervicale appelées Canadian C-Spine and CT Head Rules.

Impact

L'utilisation de règles pour la prise de décisions permet de réduire les coûts, de gagner du temps et d'améliorer le roulement des patients. Ces règles ont été validées par plus de 20 autres études réalisées dans le monde, traduites en plusieurs langues et adoptées mondialement. Un récent sondage a révélé que 89 % des urgentologues canadiens utilisaient ces lignes directrices. De plus, elles ont été mentionnées plusieurs fois dans la populaire série télévisée américaine « Urgences ».

Publication initiale

Résultats de la recherche en santé, IRSC, 2003-2004; mise à jour en 2009

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