Impacts de la recherche financée par les IRSC : Diabète

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Lien entre le diabète et la dépression
Il est démontré que la dépression contribue à l'apparition du diabète de type 2

Aperçu

Il est raisonnable de croire que le fait de vivre avec une maladie chronique peut entraîner la dépression. Toutefois, selon le Dr Jeffrey Johnson de l'Université de l'Alberta et ses collègues de l'Alliance for Canadian Health Outcomes Research in Diabetes (ACHORD), les données montrent le contraire : la dépression peut contribuer à l'apparition précoce du diabète de type 2 chez les personnes prédisposées. En fait, on a observé que les jeunes patients atteints du diabète de type 2 étaient 23 % plus susceptibles d'avoir déjà souffert d'une dépression (un épisode ou plus) avant l'apparition du diabète que le groupe témoin. Selon l'hypothèse du Dr Johnson et de ses collègues, la dépression peut entraîner un gain de poids, un manque d'exercice physique et des taux plus élevés de tabagisme et de consommation excessive d'alcool — tous ces facteurs contribuent au diabète de type 2. En revanche, on a aussi observé que les personnes souffrant de diabète de type 2, après cinq ans, ne présentaient pas plus de risque de dépression que les non-diabétiques.

Impact

Les médecins peuvent maintenant aider les patients atteints de dépression à éviter les comportements qui pourraient mener au diabète de type 2.

Publication initiale

Institut de la nutrition, du métabolisme et du diabète des IRSC, Bulletin de l'INMD, janvier 2006


Exercices aérobiques ou exercices de résistance?
Il vaut mieux choisir les deux

Aperçu

Au Canada, plus de deux millions de personnes ont le diabète; dans 90 % des cas, il s'agit du diabète de type 2. L'exercice pratiqué régulièrement peut aider à maîtriser le diabète de type 2. Quel est le meilleur type d'exercices? Le Dr Ron Sigal de l'Université de Calgary et le Dr Glen Kenny de l'Université d'Ottawa ont dirigé l'essai contrôlé randomisé DARE (Diabetes Aerobic and Resistance Exercise) afin de déterminer l'effet des exercices aérobiques, des exercices de résistance et de la combinaison des deux types d'exercices. Ils ont découvert que même si les deux types d'exercices permettaient d'améliorer l'équilibre glycémique, la combinaison des deux types dépassait les avantages de chacun.

Impact

Les personnes qui désirent faire de l'exercice pour maîtriser leur diabète de type 2 savent maintenant que, pour obtenir de meilleurs résultats, elles doivent combiner les exercices aérobiques et les exercices de résistance.

Publication initiale

Institut de la nutrition, du métabolisme et du diabète des IRSC, Bulletin de l'INMD, octobre 2007


Médecine traditionnelle pour traiter le diabète
Des guérisseurs et des aînés cris aident à reconnaître des traitements potentiels

Aperçu

Dans la population crie du Nord du Québec, la prévalence du diabète est passée de 4,1 % à 12,5 % entre 1989 et 2002. Le Dr Pierre Haddad de l'Université de Montréal travaille en collaboration avec des guérisseurs et des aînés cris pour reconnaître les plantes qui ont été utilisées traditionnellement pour soulager les symptômes du diabète. Ce mariage entre la médecine traditionnelle et la science moderne constitue une approche novatrice pour réduire le diabète, un fardeau qui pèse sur cette population. Le chercheur et son équipe ont étudié plus de dix plantes médicinales de la forêt boréale, dont l'écorce interne du peuplier baumier, les feuilles de la gaulthérie hispide et les aiguilles de l'épinette blanche. Un classement prioritaire des plantes médicinales étudiées, fondé sur des données scientifiques, correspond « étonnamment bien » aux plantes les plus respectées par les aînés.

Impact

Des études cliniques sur le recours à la médecine traditionnelle pour traiter le diabète sont en cours dans une communauté crie.

Publication initiale

Résultats de la recherche en santé, IRSC, 2003-2004; mise à jour en 2009


Quand les nerfs cèdent
Nouveau traitement potentiel pour le diabète de type 1?

Aperçu

La dysfonction des neurones associés à la douleur pourrait jouer un rôle clé dans le diabète de type 1, selon une recherche effectuée par les Drs Hans-Michael Dosch et Michael Salter de l'Hôpital pour enfants de Toronto, affilié à l'Université de Toronto. Ils ont découvert que les neurones défectueux ne produisent pas suffisamment de substance P, une hormone qui influe sur la quantité d'insuline libérée et son fonctionnement. Il s'ensuit un stress chronique pour les cellules des îlots pancréatiques qui, en mourant, déclenchent une réponse immunitaire qui endommage davantage les cellules survivantes des îlots pancréatiques. L'injection de la substance P chez les souris a arrêté l'inflammation et a guéri le diabète pendant quelques semaines ou quelques mois. Des recherches ultérieures ont montré que la substance P pouvait aussi être efficace contre le diabète de type 2.

Impact

La recherche se poursuit dans ce domaine. Les chercheurs désirent obtenir l'approbation réglementaire et le financement pour entreprendre des essais cliniques chez les humains; les essais cliniques pour le diabète de type 2 pourraient commencer plus tôt que les essais pour le diabète de type 1.

Publication initiale

IRSC, Recherche canadienne, impact international, 2007; mise à jour en 2009


S'attaquer au coeur du problème
Prévenir les décès attribuables aux maladies cardiovasculaires chez les diabétiques

Aperçu

Environ 80 % des personnes atteintes du diabète meurent d'une maladie cardiovasculaire. Des taux de sucre élevés dans le sang entraînent l'accumulation des cellules adipeuses sur les parois des vaisseaux sanguins. Le Dr Geoffrey Werstuck de l'Université McMaster a découvert qu'une molécule appelée valproate peut réduire la glycémie et abaisser l'accumulation de cellules adipeuses recouvrant les parois des vaisseaux sanguins.

Impact

Les chercheurs ont ensuite découvert que le valproate inhibe l'enzyme glycogène synthétase kinase-3 (GSK-3). Comme le valproate a des effets secondaires chez les humains, le Dr Werstuck et son équipe ont mis au point une procédure pour trouver de nouveaux et de meilleurs inhibiteurs de la GSK-3 et les mettre à l'essai dans des modèles murins de maladie cardiovasculaire.

Publication initiale

Résultats de la recherche en santé, IRSC, 2004-2005; mise à jour en 2009


De meilleurs traitements contre le diabète de type 1
Des chercheurs canadiens perfectionnent la greffe de cellules d'îlots pancréatiques et appliquent ainsi les résultats de la recherche fondamentale à la pratique clinique

Aperçu

Dans le diabète de type 1, le système immunitaire de l'organisme détruit les cellules productrices d'insuline dans le pancréas; la production d'insuline est donc réduite ou nulle. Les personnes aux prises avec le diabète de type 1 doivent compenser cette incapacité de produire de l'insuline en s'injectant une forme artificielle d'insuline, souvent à raison de plusieurs fois par jour. Le Dr Ray Rajotte de l'Université de l'Alberta poursuit ses travaux de précurseur dans la recherche sur la greffe d'îlots pancréatiques afin que les diabétiques n'aient plus besoin d'injections quotidiennes. Il a contribué à la création du Protocole d'Edmonton, une procédure révolutionnaire pour la greffe de cellules d'îlots pancréatiques normales productrices d'insuline dans le pancréas d'une personne atteinte du diabète de type 1. Aujourd'hui, le Dr Rajotte et son équipe s'attaquent à deux problèmes importants : ils cherchent un moyen d'éliminer la nécessité, pour le patient greffé, de prendre continuellement des médicaments immunosuppresseurs (qui protègent les cellules des îlots pancréatiques contre les attaques du système immunitaire du patient) et ils s'emploient à produire un approvisionnement illimité de cellules d'îlots pancréatiques. Chaque année au Canada, 400 pancréas sont donnés, alors que l'on diagnostique plus de 6000 nouveaux cas de diabète de type 1. Il est donc nécessaire de trouver une nouvelle source de cellules d'îlots pancréatiques. Le Dr Rajotte et son équipe travaillent avec des collègues de partout dans le monde sur l'utilisation de cellules d'îlots pancréatiques provenant de porcelets nouveau-nés comme solution possible à la pénurie de pancréas provenant de donneurs humains.

Impact

Depuis la conception du Protocole d'Edmonton en 2000, 160 patients ont reçu une greffe de cellules d'îlots pancréatiques à Edmonton. Dans le monde, 50 centres offrent la greffe d'îlots pancréatiques selon le Protocole d'Edmonton; de 600 à 700 patients ont ainsi pu être traités. La greffe d'îlots pancréatiques provenant de porcelets nouveau-nés a permis de traiter des singes diabétiques pendant une période d'un an, et le Dr Rajotte et ses collègues essaient de mettre au point des essais cliniques pour vérifier ces cellules chez les humains. De plus, en novembre 2007, l'Alberta Diabetes Institute, le plus grand institut de recherche autonome sur le diabète en Amérique du Nord, a ouvert ses portes à l'Université de l'Alberta. L'Institut accueillera plus de 40 scientifiques, ainsi que des étudiants des cycles supérieurs, des chercheurs universitaires et des techniciens, soit plus de 400 personnes travaillant à tous les aspects de la recherche sur le diabète de type 1 et le diabète de type 2. L'Institut est le fruit des travaux réalisés sur la greffe de cellules d'îlots pancréatiques réalisés à Edmonton.

Publication initiale

Résultats de la recherche en santé, IRSC, 2006-2007 (entre autres); mise à jour en 2009


L'insuline pour soulager les douleurs du diabète
Le maintien de la glycémie et plus encore

Aperçu

Les personnes diabétiques sont souvent atteintes d'une maladie connue sous le nom de neuropathie diabétique qui se traduit par la mort des cellules nerveuses de la peau et qui cause de la douleur. Le Dr Douglas Zochodne de l'Université de Calgary a découvert que l'insuline, déjà utilisée par les diabétiques pour maintenir leur glycémie, peut aussi favoriser la croissance des cellules nerveuses et aider à soulager la douleur.

Impact

Un essai sur l'utilisation de l'insuline par voie intranasale chez l'humain pour traiter la neuropathie diabétique est à l'étape de la planification; on attend l'approbation éthique de l'Université de Calgary.

Publication initiale

Résultats de la recherche en santé, IRSC, 2006-2007; mise à jour en 2009


Prévenir les maladies cardiaques et économiser de l'argent
On y gagne sur toute la ligne

Aperçu

Les diurétiques sont peu coûteux, mais tout aussi efficaces que les médicaments plus récents et plus coûteux pour prévenir des crises cardiaques ou des maladies cardiaques chez les personnes diabétiques. Le Dr Frans Leenen de l'Institut de cardiologie de l'Université d'Ottawa a dirigé le volet canadien d'une étude conjointe Canada-É.-U. qui a aussi permis de constater que les diurétiques étaient plus efficaces pour traiter les personnes souffrant de problèmes de tension artérielle. Le maintien d'une tension artérielle adéquate est particulièrement important chez les diabétiques.

Impact

Depuis la publication de ces résultats, les lignes directrices pour le traitement de l'hypertension chez les diabétiques recommandent d'utiliser des diurétiques comme traitement de premier choix. Plusieurs études menées aux États-Unis et au Canada au cours de la dernière décennie ont démontré que les diurétiques sont de plus en plus prescrits alors qu'ils avaient été délaissés pendant un certain temps.

Publication initiale

Résultats de la recherche en santé, IRSC, 2004-2005; mise à jour en 2009

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