Profil du PPR: Dre Colleen MacQuarrie

Dre Colleen MacQuarrie

« La recherche m'a toujours fascinée », affirme la Dre Colleen MacQuarrie, professeure agrégée au département de psychologie de l'Université de l'Île-du-Prince-Édouard. Au début, je ne savais pas exactement ce que j'allais faire, mais je suis une universitaire engagée et, tout au long de ma carrière, j'ai approfondi divers aspects de la justice sociale en faisant de la recherche dans le domaine de la santé.

La Dre MacQuarrie fait de la recherche afin de mieux comprendre les multiples facettes de la santé et du mieux-être. Ses travaux visent à comprendre les « processus de changement » qui accompagnent les comportements ayant une incidence sur la santé (c'est-à-dire quels facteurs naturels et/ou déterminants orientent les décisions en matière de santé), les transitions vécues par les personnes aux prises avec une maladie particulière, et les interventions en matière de santé de la population. Afin de mieux comprendre comment les choix en matière de santé, tant des familles que des individus, sont appuyés par le milieu de vie, la Dre MacQuarrie a recours à une approche communautaire pour effectuer ses travaux de recherche – ce qui signifie qu'elle explore les facteurs favorables et les facteurs défavorables en tenant compte des points de vue de la communauté dans ses travaux. Le concept de « communauté » est fluide; une communauté peut être composée de personnes qui vivent dans un même lieu géographique, qui souffrent de maladies similaires, qui font face aux mêmes événements de la vie, ou qui ont en commun certaines caractéristiques (comme le sexe, la race ou l'orientation sexuelle). « Beaucoup de mes travaux portent sur l'apprentissage de l'autonomie et les moyens de faire une différence dans la vie des gens », fait-elle remarquer.

La Dre MacQuarrie, en tant que chercheuse principale, bénéficie actuellement d'une subvention de fonctionnement des IRSC pour étudier le tabagisme et la cessation de cette habitude chez des adolescentes enceintes âgées de 14 à 19 ans qui s'adaptent à leur rôle de mère. L'incidence du tabagisme est de plus en plus élevée chez certains groupes tels que les jeunes à faible revenu et peu instruits, et les adolescentes enceintes représentent une portion importante de ces groupes. Les travaux de la Dre MacQuarrie permettront d'enrichir les connaissances actuelles sur les interventions efficaces auprès de cette population et de préciser de meilleurs moyens de travailler efficacement auprès de ces adolescentes.

« Personne n'a étudié la transition que vivent les adolescentes entre la grossesse et la vie de mère, et la place du tabagisme durant cette période », déclare-t-elle. « C'est ce que nous faisons. Le point de vue des adolescentes sera appliqué directement aux données, ce qui est aussi unique ».

Avant d'effectuer cette recherche en tant que chercheuse principale, la Dre MacQuarrie a participé en tant que co-chercheuse à des travaux de recherche financés grâce à deux autres subventions de fonctionnement des IRSC accordées dans le cadre du Programme de partenariats régionaux (PPR). Ce programme a été mis sur pied pour développer une capacité de recherche dans des régions ciblées du pays, notamment l'Île-du-Prince-Édouard (Île-P.-É). Selon la Dre MacQuarrie, l'expérience qu'elle a acquise grâce aux subventions du PPR lui a permis d'obtenir ultérieurement du financement des IRSC pour réaliser sa recherche actuelle. « En tant que co-chercheuse du PPR, j'ai acquis de l'expérience en travaillant en collaboration avec deux équipes différentes et actives », explique-t-elle. « J'ai participé pleinement à la rédaction de la demande de financement des IRSC et j'ai acquis une expérience pratique des moyens de décrocher une subvention et du processus pour obtenir du financement ».

Le processus du PPR à l'ή-P.-É. est unique. Tous les candidats au PPR (dans chaque région participante) doivent s'inscrire auprès de leur conseil consultatif respectif avant de présenter une demande aux IRSC. À l'ή-P.-É., on ajoute une étape de plus en faisant évaluer par des pairs toutes les candidatures possibles. L'institut de recherche en santé de l'ή-P.-É revoit les demandes et trouve ensuite un examinateur pour procéder à un deuxième examen (anonyme)

« Nous avons eu beaucoup de rétroaction. Cela a été un mois incroyablement intense », dit en riant la Dre MacQuarrie. « Il faut avoir l'esprit d'aventure pour rédiger une proposition de recherche. Il n'est pas facile de recevoir des critiques; cependant, ces examens préliminaires sont utiles. En donnant suite aux questions des examinateurs, nous avons ainsi la chance d'étayer les demandes que nous présentons aux IRSC. Au cours de mes études supérieures, j'ai été « l'auteure fantôme » de propositions de recherche, mais j'ai appris beaucoup plus dans le cadre du processus du PPR ».

La Dre MacQuarrie est aussi d'avis que le PPR a contribué à renforcer les assises de la recherche à l'Université de l'Île-du-Prince-Édouard. La chercheuse a étudié dans plusieurs régions du pays, ayant fait ses études de premier cycle à l'Université de l'Île-du-Prince-Édouard et ses études supérieures à l'Université Carleton et à l'Université Simon Fraser. L'infrastructure de l'Université Simon Fraser favorise davantage la recherche », affirme-t-elle. « Le soutien n'est pas tout à fait le même à l'Université de l'Île-du-Prince-Édouard, mais on commence à y faire de la recherche ».

Contrairement à de nombreuses universités du pays qui sont plus grandes, l'Université de l'Île-du-Prince-Édouard a très peu de programmes d'études supérieures – ce qui signifie que les professeurs de cette université enseignent et corrigent les travaux des étudiants sans l'aide d'assistants à l'enseignement. Enseigner à 170 étudiants peut donc devenir une tâche immense. Toutefois, travailler dans une université de premier cycle permet à la Dre MacQuarrie de trier sur le volet des étudiants talentueux pour l'aider dans ses travaux de recherche.

« Si un étudiant de premier cycle veut devenir mon assistant de recherche, il doit avoir l'intention de faire des études supérieures », affirme-t-elle. « Dans le cas de la recherche sur les adolescentes enceintes, j'ai supervisé un étudiant effectuant un travail au niveau de la maîtrise. La plupart de mes étudiants poursuivent des études supérieures dans des universités canadiennes, et je dois dire qu'ils sont très bien formés lorsqu'ils entreprennent ces programmes ».

Grâce au PPR et à d'autres subventions, les étudiants ont un contact avec des programmes de recherche, un contact extrêmement valable qui suscite leur intérêt pour la recherche et les études supérieures – mais plus important encore, le financement procure à ces étudiants des « héros locaux » qui leur servent de modèles.

« Lorsque vous êtes au début ou au milieu de votre carrière, cela vous donne confiance de voir d'autres chercheurs chevronnés persévérer et obtenir du financement pour la recherche », mentionne la Dre MacQuarrie. « Je ne pense pas que les chercheurs auraient été aussi persévérants ici, dans un petit milieu universitaire, sans les possibilités offertes par le PPR, car ce programme apporte une motivation additionnelle pour investir les efforts nécessaires afin de rédiger des propositions de recherche concurrentielles qui peuvent être financées. »