Profil du PPR : Dr Jim Davie
Le Dr Jim Davie est un atout précieux pour le milieu de la recherche en santé du Canada et pour les IRSC. Il est actuellement directeur du Conseil manitobain de la recherche en matière de santé (un des partenaires des IRSC), il a déjà siégé à des comités d'examen par les pairs des IRSC, en tant que membre et en tant que président, et il est titulaire d'une chaire de recherche du Canada (niveau 1) sur la dynamique de la chromatine. Le Dr Davie a à son actif plus de 165 publications, qui sont fréquemment citées. En 2004, le nombre total de citations des articles du Dr Davie se situait dans le premier percentile de toutes les citations d'articles en biologie et en biochimie des dix dernières années.
Parmi les multiples subventions et bourses salariales accordées au Dr Davie, au cours de sa carrière en recherche, celle qui ressort pour lui est la subvention du Programme de partenariats régionaux (PPR)* des IRSC. « Le PPR a appuyé une composante de mon programme de recherche qui m'a permis de retenir du personnel hautement qualifié et de continuer nos travaux sur la biologie du cancer », se souvient-il. « Sans le soutien du PPR, j'aurais eu de la difficulté à réaliser cette composante de mes travaux et je n'aurais pas été en mesure d'obtenir une chaire de recherche du Canada. Cela ne fait aucun doute dans mon esprit ».
Les travaux de recherche comme tels étaient déjà financés par l'Institut national du cancer du Canada (INCC), mais la subvention devait être renouvelée. Le Dr Davie, alors président du comité d'examen par les pairs de l'INCC chargé d'étudier la demande, a décidé d'envoyer cette dernière à un comité différent. « Sur le plan stratégique, cela a peut-être été une erreur », ajoute‑t‑il avec un petit rire.
Le Dr Davie a présenté une demande aux IRSC et à l'INCC. Bien que la demande ait été jugée admissible à du financement par les deux organismes, la note obtenue n'était pas suffisamment élevée pour dépasser le seuil de financement de chacun des deux organismes. Entre en jeu le PPR, conçu pour trouver ces projets méritoires qui se classent juste sous le seuil de financement des concours ouverts des IRSC**. Grâce à ce programme, le Dr Davie a obtenu le soutien provisoire nécessaire pour poursuivre et faire progresser ses travaux de recherche. En effet, ce soutien a permis à son équipe de recherche de recueillir « les données préliminaires importantes » qui étaient essentielles pour présenter une demande de subvention de fonctionnement – solidement étayée et hautement concurrentielle – au prochain appel de demandes de l'INCC.
Le financement du PPR a permis d'appuyer la recherche du Dr Davie sur la tumorigenèse, soit une progression d'événements résultant de modifications dans l'information génétique et dans les façons dont les gènes sont activés ou désactivés. Les modifications de l'ADN et des histones (qui agissent comme des bobines sur lesquelles l'ADN s'enroule) changent l'activité des gènes et sont appelées « processus épigénétiques ». Ces processus sont des événements potentiellement réversibles qui modifient la fonction du gène sans changer la séquence de l'ADN. Par exemple, pensez à un paragraphe imprimé sur une feuille de papier ordinaire. Imaginez maintenant que cette feuille de papier est pliée plusieurs fois comme un accordéon. Si vous dépliez la feuille, vous constatez que le pliage ne change aucunement les mots ou les lettres sur la page, mais si vous laissez une partie de la feuille pliée en accordéon, le pliage changera votre façon de lire le paragraphe original. Les processus épigénétiques sont naturels et ils sont essentiels à plusieurs fonctions de l'organisme, mais s'ils se produisent d'une manière inappropriée, ils peuvent causer de graves problèmes de santé, dont le cancer.
« Lorsque les processus épigénétiques sont réversibles, nous avons un espoir de combattre le cancer », explique-t-il.
Le financement du PPR a permis de payer le salaire d'un technicien de laboratoire et d'un étudiant diplômé; le Dr Davie fait cependant remarquer que de nombreux étudiants diplômés de son équipe sont financés grâce aux bourses qu'ils obtiennent eux-mêmes. Il se souvient en particulier d'un postdoctorant et d'un doctorant travaillant dans son laboratoire : le « duo dynamique », comme il les appelle affectueusement. « Ils s'opposaient l'un l'autre et ont fini par être plus productifs puisqu'ils s'encourageaient mutuellement », se souvient-il. « Ces deux chercheurs s'amélioraient constamment; cependant, ce duo ne se serait jamais formé sans le soutien du PPR pour le reste des travaux.
Grâce au soutien externe obtenu par les étudiants diplômés de son équipe, le Dr Davie a pu utiliser la subvention pour les dépenses de fonctionnement qui peuvent être assez élevées. « Les expériences coûtent cher », déclare-t-il. « Par exemple, nous pouvons faire des expériences avec des anticorps. Avant de commencer ces expériences, nous essayons des échantillons d'anticorps produits par trois ou quatre compagnies différentes afin d'avoir le meilleur matériel possible pour nos travaux. Évidemment, nous devons payer ces échantillons; lorsque nous trouvons les meilleurs, nous en commandons de grandes quantités. Nous pouvons utiliser de 20 à 30 anticorps différents – et nous avons besoin d'échantillons et de grandes quantités de chacun de ces anticorps ».
Le soutien du PPR a permis au Dr Davie et à son équipe de réunir « les meilleures données jamais recueillies ». En fait, les données recueillies pour la recherche financée par le PPR s'appliquent aussi aux travaux du Dr Davie sur le cancer du sein. « Nous commençons à voir de plus en plus de cancers du sein agressifs à récepteurs d'oestrogènes négatifs chez des femmes dans la trentaine, une tendance inquiétante, explique-t-il.
Les cancers du sein à récepteurs d'oestrogènes positifs ont généralement un meilleur pronostic et ils répondent habituellement aux traitements anti-oestrogéniques. Par contre, les cancers du sein à récepteurs d'oestrogènes négatifs ne répondent pas à ce traitement et nécessitent de nouveaux traitements ciblés. Le Dr Davie effectue une recherche financée par la Fondation canadienne du cancer du sein afin de déterminer le rôle d'une peroxiredoxine (qui est un type d'enzyme antioxydant qui régule les concentrations de peroxyde d'hydrogène dans la cellule) dans la régulation de l'expression génique et de la métastase. Dans le cancer du sein, il y a surexpression des peroxiredoxines, et le Dr Davie a précédemment découvert que l'une d'elles, NKEF-A, est associée à l'ADN de certaines cellules très malignes du cancer du sein. L'ADN associé à NKEF‑A sera séquencé afin d'identifier les gènes régulés par la peroxiredoxine, et le Dr Davie et son équipe tenteront de comprendre comment l'expression nucléaire de NKEF-A – ou l'activation du gène pour produire NKEF-A – est en corrélation avec la malignité du cancer du sein.
« Cette recherche s'appuie sur les travaux financés dans le cadre du PPR », fait remarquer le Dr Davie.
Le financement obtenu dans le cadre du PPR a permis d'appuyer une part importante d'une carrière en recherche des plus fructueuses. De toutes les marques de reconnaissance qu'il a reçues, celle qui revêt le plus d'importance pour le Dr Davie est le prix de mentorat qui lui a été remis en 2006 par l'Association des étudiants diplômés en sciences de la santé de l'Université du Manitoba. Le Dr Davie reconnaît que le talent de ses stagiaires et du personnel de recherche a été déterminant dans le succès de ses travaux de recherche.
*Le Programme de partenariats régionaux (PPR) des IRSC a été mis sur pied pour développer une capacité de recherche en Saskatchewan, au Manitoba, au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse, à Terre-Neuve et à l'άe-du-Prince-Édouard et pour maintenir l'excellence de la recherche en santé qui s'effectue déjà dans ces régions.
**Les candidats des régions participant au PPR ne sont pas automatiquement admissibles à du soutien du PPR. Pour plus d'information, veuillez consulter la page Web des personnes-ressources pour PPR.
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