CLOSM - Plan stratégique 2006-2010
Table des matières
- Historique
- Analyse contextuelle
- Plan opérationnel
- Objectif 1 : Définir et structurer le domaine de recherche des CLOSM
- Objectif 2 : Subventionner les trois axes de recherche prioritaires
- Objectif 3 : Créer et financer un réseau de chercheurs chevronnés et novices
- Objectif 4 : Mobiliser et diffuser les nouvelles connaissances sur la santé des CLOSM
- Objectif 5 : Évaluer les progrès
- Contributions de l'initiative CLOSM
Préambule
Le Plan stratégique 2006-2010 de l'initiative de recherche sur les communautés de langue officielle en situation minoritaire (CLOSM) a été élaboré en tenant compte des besoins de ces deux communautés linguistiques, de l'engagement des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) et de leurs obligations de promouvoir la recherche stratégique en matière de santé dans les deux langues officielles du Canada.
Ce plan présente les objectifs et les stratégies que l'initiative de recherche sur les CLOSM entend adopter pour atteindre les objectifs visés dans les quatre prochaines années. Il a pour but de guider la prise de décision reliée aux programmes de recherche dédiés aux CLOSM, de faciliter la gestion de l'initiative et de servir d'assise pour le plan opérationnel. Les résultats de son évaluation serviront de pierre angulaire pour le développement du prochain plan stratégique.
En juin 2006, tous les membres du Comité consultatif de l'initiative CLOSM des IRSC ont participé à un exercice de planification stratégique. Ensemble, ils ont déterminé les enjeux de recherche pour faire face aux défis actuels des communautés anglophones et francophones en situation minoritaire au Canada. Ce comité, composé de représentants de groupes communautaires, de chercheurs et d'organismes intéressés au bien-être des CLOSM, il reflète les besoins en recherche de ces communautés.
Le présent document contient quatre sections. La première fait brièvement état des évènements qui ont mené à la création de l'initiative et présente la vision et la mission de l'initiative CLOSM. La deuxième fournit le résultat de l'analyse des facteurs intrinsèques et extrinsèques aux IRSC à partir desquels découlent les objectifs principaux, alors que la troisième section précise les objectifs et les actions qui seront mises en oeuvre pour répondre aux besoins de recherche identifiés ainsi que les indicateurs par lesquels il sera possible d'évaluer les progrès de la recherche en matière de santé des CLOSM. Finalement, la dernière section montre comment l'initiative CLOSM contribue aux objectifs des IRSC.
Le Plan stratégique 2006-2010 est la preuve tangible de l'engagement des IRSC envers les communautés de langue officielle en situation minoritaire au Canada. Il se veut un guide de mise en oeuvre des activités futures des IRSC en ce qui concerne le financement de la recherche en matière de santé pour les communautés de langue officielle en situation minoritaire.
Johanne A. Lapointe, Ph.D.
Chef d'équipe, Initiative de recherche CLOSM
Instituts de recherche en santé du Canada
Valérie Bourbonnais, M.A.
Agente de projets, Initiative de recherche CLOSM
Instituts de recherche en santé du Canada
Il est à noter que la forme masculine a été retenue afin d'alléger le texte.
Historique de l'initiative CLOSM
Contrairement à d'autres initiatives stratégiques des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), la création de l'initiative de recherche sur les communautés de langue officielle en situation minoritaire (CLOSM) fut motivée tant par les besoins de recherche en matière de santé de ces communautés que par des facteurs politiques et juridiques. La section suivante présente le fondement juridique et donne un bref survol des rapports préliminaires qui ont mené à la création de l'initiative stratégique de recherche sur les CLOSM aux IRSC.
Fondement juridique
En 1969, le Parlement du Canada adopte la première Loi sur les langues officielles qui proclame l'anglais et le français langues officielles de toutes les institutions fédérales au Canada.
En avril 1982, la Loi constitutionnelle canadienne est proclamée à Ottawa. En plus de l'Acte de 1867, celle-ci comprend la Charte canadienne des droits et libertés dans laquelle sont enchâssés les nouveaux droits linguistiques des communautés de langue officielle (art. 16(1).
En 1988, la Loi connaît une transformation majeure qui a pour effet d'élargir le fondement législatif des politiques et des programmes linguistiques adoptés par le gouvernement fédéral. L'inclusion d'articles visant à : 1) assurer le respect du français et de l'anglais à titre de langues officielles du Canada, leur égalité de statut et l'égalité de droits et de privilèges quant à leur usage dans les institutions fédérales, 2) appuyer le développement des communautés francophones et anglophones en situation minoritaire et favoriser la progression vers l'égalité de statut et d'usage du français et de l'anglais au sein de la société canadienne et 3) préciser les pouvoirs, les obligations et les rôles des institutions fédérales en matière de langues officielles1, obligent les institutions fédérales à promouvoir le développement de ces communautés linguistiques. Plus récemment, l'adoption du projet de Loi S-3 (2005) entraîne des conséquences importantes sur la manière dont les institutions fédérales s'acquittent de leurs responsabilités, notamment leur obligation de prendre des mesures positives pour mettre en oeuvre cet engagement (art. 41(1)(2)(3), 2005).
Disparite en Matiere de sante
En 2001, le rapport du Comité consultatif des communautés francophones en situation minoritaire (CCCFSM) au ministre fédéral de la santé révèle que les francophones sont moins en santé que leurs concitoyens anglophones et qu'il existe des écarts important en ce qui concerne l'accessibilité aux services de sante2. De plus, il indique que plus de la moitié des communautés francophones en situation minoritaire ont rarement, voire jamais, accès aux services de santé dans leur langue et émet l'hypothèse selon laquelle il existe un lien direct entre la langue et la santé des populations. Cette situation est également observée dans les communautés anglophones en milieu minoritaire, pour qui l'accessibilité aux services de santé dans les régions est souvent limitée, voire non existante à certains endroits3. Compte tenu que la barrière linguistique influence négativement l'accès aux services de santé, aux services préventifs, ainsi qu'à un diagnostique et à un traitement en temps opportun, l'accès aux services de santé dans la langue de son choix (français ou anglais) constitue un enjeu critique de santé.
Pour favoriser la création et l'application des nouvelles connaissances sur la santé des CLOSM en vue de réduire les disparités en ce qui concerne l'accessibilité aux services de santé, une série de consultations auprès des chercheurs, des représentants d'organismes communautaires et des professionnelles de la santé a permis de mieux définir les besoins et les pistes de recherche en matière de santé des CLOSM. Lors de ces consultations, trois domaines de recherche prioritaires ont été identifiés : 1) les déterminants de la santé, 2) la relation entre la gouvernance, la gestion et la prestation des services de santé et 3) le lien entre la langue, la culture et la santé (Annexe A).
Creation de l'initiative de recherche CLOSM
En 2004, conformément à leur mandat et à leurs obligations de promouvoir la recherche stratégique en matière de santé dans les deux langues officielles et afin de mieux répondre aux besoins de recherche en santé des Canadiens qui parlent français et anglais et vivent au sein de communautés minoritaires, les IRSC créent l'initiative stratégique de recherche sur la santé des communautés de langue officielle en situation minoritaire (CLOSM).
L'initiative de recherche sur les CLOSM vise à réduire les disparités en matière de santé entre les communautés linguistiques minoritaires et majoritaires de langue officielle de sorte que tous les Canadiens aient un accès adéquat à des soins de santé de qualité peu importe leur emplacement géographique ou la langue officielle minoritaire (français ou anglais) dans laquelle ils désirent recevoir les services de santé.
L'initiative de recherche sur les CLOSM a pour mission de promouvoir l'étude des déterminants de la santé et des besoins particuliers de ces deux communautés, d'identifier les domaines de recherche prioritaires, d'augmenter la masse critique de chercheurs compétitifs et productifs qui ont un programme de recherche actif sur la santé des CLOSM et d'assurer que les connaissances nouvellement créées soient transmises aux chercheurs, aux cliniciens et aux autres intervenants concernés en vue d'améliorer l'accès aux services de santé et la santé de ces communautés.
Analyse contextuelle
Aucune organisation ne fonctionne sous vide et les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) ne font pas exception. Les forces, tout comme les lacunes, inhérentes à une organisation ainsi que les opportunités et les obstacles qui sont au-delà de leur ressort peuvent agir sur les résultats anticipés. Conséquemment, les membres du Comité consultatif de l'initiative CLOSM ont inventorié les facteurs pouvant influencer l'atteinte des objectifs de l'initiative stratégique CLOSM pour ensuite élaborer un plan stratégique qui en tienne compte.
Forces et opportunities intrinseques et extrinseques aux IRSC
Dans un premier temps, les membres ont examiné le mandat, la structure organisationnelle et les priorités de recherche des IRSC afin de déterminer les facteurs pouvant avoir une portée positive sur les activités de l'initiative.
Forces et opportunités intrinsèques
Chaque organisation possède des ressources qui lui sont propres. Afin d'en tirer profit il importe de les identifier. Les points saillants de cette exploration sont les suivants :
- Les IRSC, en tant que principal organisme fédéral responsable du financement de la recherche en santé au Canada, sont raisonnablement bien financés.
- Les IRSC possèdent une excellente réputation nationale et internationale en tant qu'agence subventionnaire.
- La structure décentralisée des IRSC et leur jeune âge font en sorte que les Instituts sont créateurs et dynamiques.
- Les IRSC sont ouverts à des domaines transversaux. La multidisciplinarité et l'interdisciplinarité et la diversité des domaines de recherche sont bien intégrées au plan stratégique des IRSC.
- Les IRSC, en tant qu'agence fédérale, sont assujettis à la Loi sur les langues officielles et ont l'obligation de favoriser l'épanouissement des minorités francophones et anglophones du Canada (CLOSM).
- Les IRSC ont appuyé la création d'une initiative de recherche CLOSM et la formation d'un Comité consultatif pour cette initiative dont le mandat est d'aviser les IRSC au sujet des besoins de recherche en matière de santé de ces deux communautés.
- La diversité des programmes et des axes de recherche des IRSC (piliers : biomédical, clinique, systèmes et services de santé, santé publique et des populations) offrent des opportunités plus nombreuses d'arrimage entre les intérêts des CLOSM et les IRSC.
- La capacité de lancer des programmes pouvant répondre aux besoins des diverses communautés de chercheurs représente un avantage certain.
- L'engagement de la championne des langues officielles au sein des IRSC et le leadership dynamique de l'équipe de gestion de l'initiative CLOSM favorisent l'épanouissement de ce domaine de recherche.
- Le Comité des priorités et de planification de la recherche (CPPR) des IRSC reconnaît les besoins de recherche en matière de santé des CLOSM.
- Le lien entre les besoins de recherche en matière de santé des CLOSM et la mission des IRSC se précise.
Compte tenu de l'engagement des IRSC envers les CLOSM, de la diversité des programmes et des axes de recherche des IRSC et des ressources financières dont disposent les IRSC, il importe de :
- Développer un plan stratégique novateur de recherche sur la santé des CLOSM en fonction des quatre piliers de recherche des IRSC (biomédicale, clinique, systèmes et services de santé et santé publique et des populations), visant à promouvoir la recherche en santé portant sur les CLOSM;
- Créer une synergie entre les IRSC, les CLOSM, les gouvernements, les chercheurs et les institutions de santé;
- Élaborer un plan de communication en misant sur la solide réputation des IRSC.
Forces et opportunités extrinsèques
Certaines conditions culturelles, sociétales et environnementales sont aptes à favoriser l'épanouissement des CLOSM et le succès des activités de développement des communautés de recherche qui s'y rattachent. Les reconnaître permet d'en faire bon usage. Les points saillants de cette réflexion sont les suivants :
- La recherche en santé est valorisée par la société car la création de nouvelles connaissances sur la santé et l'application des résultats de la recherche aux politiques, aux programmes et à la pratique contribue à améliorer l'efficacité et l'efficience du système de santé au Canada et la santé de la population canadienne.
- Les CLOSM, qui sont de plus en plus organisées et articulées, peuvent mieux exprimer leurs besoins.
- La connaissance accrue des besoins en matière de recherche des CLOSM acquise dans les dernières années, favorise la création de partenariats entre l'initiative et les Instituts, les universités, les communautés, d'autres agences subventionnaires fédérales et provinciales, des fondations et des organismes non gouvernementaux.
- Le temps est opportun de mobiliser les chercheurs et les intervenants intéressés aux questions de recherche prioritaires en santé des CLOSM.
- La convergence des intérêts des principaux acteurs et des organisations (par ex. Forum Social Mondial) oeuvrant auprès des CLOSM donne plus de poids à leurs recommandations concernant les besoins de ces communautés.
- L'existence d'un cadre de référence en recherche (besoins, priorités, approches, piliers) favorise une approche intégrée, structurée et canalise les efforts de recherche.
- Il existe une opportunité de développer un programme de recherche national favorisant des alliances avec les acteurs-clés qui seront en mesure d'appliquer les connaissances par la suite.
- L'appui de Santé Canada favorise le développement de la recherche sur les CLOSM.
- Les modifications de la Loi sur les langues officielles (Loi S-3, 2005, ch. 41, art.1) favorisent le développement des domaines de recherche reliés aux CLOSM.
- Le renouvellement du Plan d'action fédéral sur les langues officielles (2003) et l'existence du Comité consultatif des ministères sur les langues officielles (CCMLO), supportent la légitimité des besoins des CLOSM.
Pour mettre à profit l'appui juridique qu'offre la Loi sur les langues officielles, la connaissance accrue des besoins de recherche en santé des CLOSM et l'intérêt grandissant de la communauté des chercheurs pour la recherche dans ce domaine, il est essentiel d'/de :
- Identifier les moyens pour examiner les questions de recherche prioritaires en santé des CLOSM et les partenaires clés (ONG, affaires, gouvernements);
- Développer des programmes de subvention qui mobiliseront les chercheurs clés et qui favoriseront des partenariats productifs;
- Favoriser les alliances multidisciplinaires et interprofessionnelles pour mieux répondre aux questions complexes et multifactorielles de recherche en santé des CLOSM.
Lacunes et obstacles intrinseques et extrinseques aux IRSC
Bien qu'il soit important d'identifier les forces sur lesquelles s'appuieront les activités futures, il s'avère tout aussi essentiel d'identifier les lacunes et obstacles contextuelles pouvant nuire aux progrès anticipés. À cette fin, les membres du Comité consultatif ont identifié les facteurs environnementaux et organisationnels pouvant faire obstacle à la réalisation du plan stratégique. Les points saillants du processus d'identification sont les suivants :
Lacunes et obstacles intrinsèques
Le Comité consultatif a examiné les politiques et la structure organisationnelle des IRSC afin d'identifier les facteurs inhérents pouvant contrarier la mise en oeuvre et le succès du plan stratégique. Les points saillants de cet examen sont les suivants :
- Les nombreux règlements qui régissent les programmes de subvention et le processus de demande de subvention représentent un défi important pour les nouveaux chercheurs et pour les chercheurs s'inscrivant dans un nouveau domaine de recherche.
- Le processus de subvention est davantage centré sur les intérêts des chercheurs que sur les besoins spécifiques de recherche en santé des communautés.
- La compétition pour obtenir des subventions de recherche aux IRSC est grande.
- Les IRSC et la communauté des chercheurs canadiens ne sont pas suffisamment sensibilisés aux défis de santé auxquels sont exposés les CLOSM.
- Les IRSC et la communauté des chercheurs canadiens ne sont pas suffisamment sensibilisés aux défis auxquels font face les chercheurs qui s'intéressent aux CLOSM, et les universités et les institutions de santé qui desservent les CLOSM.
- La décentralisation des IRSC nuit à l'émergence d'une approche unifiée pour la recherche portant sur la santé des CLOSM.
- Les IRSC n'ont pas encore formulé une vision claire de leurs obligations selon la Loi sur les langues officielles par rapport aux CLOSM dans le cadre de leur mandat.
- La culture organisationnelle des IRSC est parfois fermée aux nouveaux domaines de recherche.
- L'initiative CLOSM n'est pas intégrée dans la stratégie de l'application des connaissances des IRSC.
- Les moyens actuellement utilisés pour faire le transfert des nouvelles connaissances entre les chercheurs et la population générale sont insuffisants.
- Les partenariats entre les universités et les communautés sont à promouvoir et à développer davantage.
- Les priorités de recherche en santé des CLOSM peuvent être submergées par le grand nombre de priorités de recherche des IRSC.
- La perception que la recherche en santé des CLOSM n'est pas un domaine de recherche scientifique prioritaire est un obstacle à l'augmentation de la masse critique de chercheurs et à la création de nouvelles connaissances dans ce domaine.
- Le lien entre les chercheurs, les intervenants de la santé et le milieu social doit être mieux articulés.
Afin de pallier la méconnaissance que certains chercheurs et institutions peuvent avoir à l'égard des programmes offert par les IRSC, aux défis auxquels sont confrontés les CLOSM et à la nécessité de transmettre les nouvelles connaissances aux chercheurs, aux intervenants de première ligne et aux décideurs, il importe de :
- Développer un plan de communication visant à accroître la connaissance des programmes de subvention aux IRSC et des besoins en matière de santé des CLOSM chez les partenaires communautaires, institutionnelles et dans les universités (petites et grandes);
- Faire la promotion de ce domaine de recherche auprès des Instituts et le faire reconnaître comme un domaine de recherche prioritaire;
- Favoriser la diffusion des connaissances aux chercheurs, aux praticiens et aux décideurs en collaborant avec les organismes qui en sont chargés.
Lacunes et obstacles extrinsèques
Certains facteurs peuvent négativement influencer la réalisation des objectifs. Bien que plusieurs relèvent de circonstances sur lesquelles aucun contrôle n'est possible, il est tout de même nécessaire d'en tenir compte. Les points saillants de cette exploration sont les suivants :
- Les difficultés théoriques et méthodologiques à définir le concept des minorités linguistiques, l'absence de méthodes statistiques pouvant tenir compte des petits échantillons et les difficultés reliées à l'interprétation des données provenant de petits échantillons, représentent des défis importants pour les chercheurs intéressés à ce domaine de recherche.
- Chez les francophones, le taux de natalité à la baisse et le taux d'assimilation à la hausse menace la survie de ces communautés et accroît les difficultés liées à l'accès et à la prestation des services de santé dans la langue maternelle ainsi qu'au développement de la capacité de recherche.
- Chez les Anglophones, le taux de natalité à la baisse et la migration hors du Québec affaiblit les communautés et accroît les difficultés liées à l'accès et à la prestation des services de santé dans la langue maternelle ainsi qu'au développement de la capacité de recherche.
- La mobilité des membres des CLOSM rend difficile l'étude de ces populations ainsi que la planification et la prestation des services de santé.
- La difficulté de faire avancer les dossiers des CLOSM dans les grandes universités / institutions nuit à l'augmentation du nombre de chercheurs actifs dans ce domaine de recherche.
- Les ressources limitées dont disposent les universités francophones de petite taille est un obstacle majeur pour les chercheurs qui s'intéressent au domaine de recherche des CLOSM.
- L'adoption dans les provinces canadiennes de stratégies, liant le développement et l'organisation de services aux besoins démontrés à la présence de masses critiques et aux limites des ressources disponibles, rendent difficile la réponse aux besoins des communautés francophones et anglophones en situation minoritaire.
- L'existence d'un préjugé voulant que les découvertes en santé s'appliquent de façon universelle à tous les groupes est un obstacle au développement du domaine de recherche des CLOSM.
- Le nombre de chercheurs qui font de la recherche sur la santé des CLOSM est insuffisant et ce domaine de recherche est méconnu.
- Les nouvelles priorités de santé des gouvernements (par exemple : santé publique – SRAS; réduction des temps d'attente) relèguent parfois les besoins de recherche en santé des CLOSM au second plan.
Pour pallier au petit nombre de chercheurs intéressés à la santé des CLOSM et à la pénurie de ressources pour appuyer la recherche portant sur la santé des CLOSM, il importe d'instaurer les mesures suivantes en vue de maximiser l'impact des fonds disponibles :
- Développer une stratégie nationale pour promouvoir l'intérêt chez les chercheurs pour ce domaine de recherche et ainsi favoriser la création d'une masse critique de chercheurs intéressés, compétitifs et productifs, en portant une attention particulière aux universités de petite taille dans les CLOSM;
- Bien définir les communautés francophones et anglophones en situation minoritaire ainsi que les problèmes et les besoins spécifiques en matière de recherche en santé de ces populations;
- Identifier les questions prioritaires de recherche pour préciser et développer des programmes de subvention adaptés et ciblés à la problématique de la recherche en santé des CLOSM.
Plan opérationnel
Les objectifs choisis et les stratégies d'intervention qui s'y rattachent tiennent compte des forces et des lacunes identifiées. Le plan opérationnel comprend cinq (5) objectifs ayant pour but la promotion nationale de la recherche sur la santé des communautés de langue officielle en situation minoritaire (CLOSM) et le financement stratégique permettant la création de nouvelles connaissances dans ce domaine. Alors que les objectifs favorisent la prise de décision, les stratégies d'interventions permettent de traduire les objectifs en indicateurs mesurables. Ce plan sert à garder le cap sur les objectifs ciblés et à maximiser les facteurs de réussite présents dans l'environnement.
Objectif 1 : Definir et structurer le comaine de recherche des CLOSM
Bien qu'en apparence facile, définir le domaine de recherche des CLOSM représente un défi de taille tant pour les chercheurs qui s'intéressent à la santé des CLOSM, que pour les décideurs chargés d'établir des programmes et des politiques publiques. Or, compte tenu des enjeux théoriques et méthodologiques entourant la définition de ces communautés et du domaine de recherche, le comité a pour objectif de développer un consensus sur la façon de définir les CLOSM, de promouvoir une meilleure connaissance des défis auxquels sont confrontées ces populations et de faire reconnaître l'importance de ce domaine de recherche.
En vue d’atteindre cet objectif, les interventions stratégiques suivantes seront utilisées :
- 1.1 Développer un consensus sur une définition de l'anglophone et du francophone en situation minoritaire relié au mandat des IRSC.
- 1.1.1 Créer un groupe de travail chargé d’examiner les questions de recherche reliées à la santé des CLOSM.
- 1.1.2 Atteindre un consensus pour une définition générique de ce qui constitue une communauté francophone et une communauté anglophone en situation minoritaire.
- 1.1.3 Documenter l’existence et la pertinence des définitions opérationnelles dans le domaine de la recherche sur les CLOSM.
- 1.2 Définir, structurer et encadrer le domaine de recherche sur la santé des CLOSM.
- 1.2.1 Définir le domaine de recherche, les axes et les questions de recherche prioritaires :
- revue systématique de la littérature scientifique
- regrouper les connaissances existantes en fonction des trois (3) axes de recherche déjà identifiés
- 1.2.2 Intégrer dans un document la définition des CLOSM, leurs domaines de recherche, les axes et les questions de recherche prioritaires :
- assurer une mise à jour régulière
- 1.2.3 Rédiger un article savant sur la définition et le domaine de recherche sur la santé des CLOSM (juridique, légal, démographique, défis de santé, etc.).
- 1.2.1 Définir le domaine de recherche, les axes et les questions de recherche prioritaires :
- 1.3 Sensibiliser les membres des comités d’examen par les pairs des IRSC.
- 1.3.1 Envoyer un mémorandum aux présidents et aux officiers scientifiques des comités d’examen par les pairs qui évaluent des demandes se rapportant aux CLOSM.
- 1.3.2 Présenter les définitions et les axes de recherche aux présidents et aux officiers scientifiques des comités d’examen par les pairs.
- 1.4 Faire reconnaître et accepter la légitimité du domaine de recherche sur la santé des CLOSM par son arrimage au mandat et aux priorités stratégiques des IRSC.
- 1.4.1 Examiner les priorités des 13 Instituts et identifier celles qui sont similaires aux trois (3) axes CLOSM préalablement identifiés :
- rédiger un bref document de synthèse
- explorer les programmes qui sont mutuellement bénéfiques
- 1.4.2 Travailler avec chaque institut ciblé pour préciser la mise en œuvre et les ressources affectées aux programmes identifiés.
- 1.4.3 Présenter le plan stratégique, le plan opérationnel de l’initiative CLOSM ainsi que les définitions et les axes de recherche au Comité des priorités et de planification de la recherche (CPPR) et au Conseil d’administration des IRSC. Afficher les plans stratégique et opérationnel sur le site Web des IRSC.
- 1.4.1 Examiner les priorités des 13 Instituts et identifier celles qui sont similaires aux trois (3) axes CLOSM préalablement identifiés :
Objectif 2 : Subventionner les trois axes de recherche prioritaires
Faire progresser la recherche pertinente pour les CLOSM est un engagement de l’initiative CLOSM des IRSC. Toutefois, pour y parvenir, la participation et l’engagement d’autres partenaires clés intéressés à la promotion et au bien-être des CLOSM sont nécessaires. À cette fin, les interventions stratégiques suivantes seront mises en :
- 2.1 Choisir et mettre en œuvre les programmes de financement appropriés.
- 2.1.1 Annoncer des possibilités de financement (planification et développement) en fonction des trois (3) axes CLOSM et des priorités des IRSC. Ils seront les précurseurs des Programmes de subvention d’équipe émergente prévu dans trois (3) ans.
- 2.1.2 Faire annuellement des annonces de priorités pour des bourses de recherche et des bourses de stagiaire de recherche.
- 2.2 Établir des partenariats (internes et externes aux IRSC) pour financer les axes de recherche des CLOSM.
- 2.2.1 Identifier les partenaires financiers potentiels pour ensuite les approcher et leur faire part des axes de recherche proposés :
- liste des Instituts ayant des priorités de recherche similaires
- liste des anciens partenaires (ONG)
- utilisation des réseaux des membres du Comité consultatif CLOSM
- liste de ministères ayant des intérêts similaires
- effectuer une analyse de l’environnement pour identifier le type de recherche subventionné par les partenaires potentiels
- 2.2.1 Identifier les partenaires financiers potentiels pour ensuite les approcher et leur faire part des axes de recherche proposés :
Objectif 3 : Creer et financer un reseau de chercheurs chevronnes at novices
Pour accroître la connaissance des chercheurs vis-à-vis les programmes offerts par les IRSC et les possibilités de financement spécifiques de recherche en matière de santé des CLOSM, de promouvoir l'étude des déterminants de la santé et des besoins particuliers de ces deux communautés, et d'augmenter le nombre de chercheurs qui s'intéressent à cette problématique, les interventions stratégiques suivantes seront mises en oeuvre :
- 3.1 Renforcer la capacité de recherche sur les CLOSM tout en renforçant les liens entre les chercheurs et les communautés.
- 3.1.1 Identifier les chercheurs actifs et les étudiants intéressés par la recherche sur les thématiques prioritaires des CLOSM (par ex. IRSC, Conseil de recherches en sciences humaines du Canada - CRSH, Santé Canada, Patrimoine Canada, Fondation de recherche sur les services de santé, chaires de la Fondation canadienne pour l’innovation - FCI).
- 3.1.2 Annoncer une possibilité de financement – équipe en émergence - axée sur les thématiques prioritaires des CLOSM en partenariat avec les communautés (par ex. recherche action).
- 3.1.3 Offrir des bourses d’étude (doctorat, post-doc, jeunes chercheurs) ciblant les thèmes prioritaires des CLOSM.
- 3.1.4 Organiser un institut d’été dédié aux CLOSM.
- établir des partenariats financiers avec organismes intéressés
- assurer le lien entre les IRSC et le site de l’institut d’été
- 3.1.5 Faire la promotion des programmes de recherche ciblant les CLOSM auprès des chercheurs et des étudiants.
Objectif 4 : Mobiliser et diffuser les nouvelles connaissances sur la sante des CLOSM
Pour que les connaissances nouvellement créées soient transmises aux chercheurs et aux cliniciens en vue d'améliorer la santé des populations canadiennes et aux décideurs pour qu'ils servent d'assises scientifiques aux politiques et programmes visant ces populations, les interventions stratégiques suivantes seront mise en oeuvre :
- 4.1 Mettre en œuvre des stratégies de gestion de connaissance et de communication qui rejoignent l’ensemble des partenaires des CLOSM
- 4.1.1 Élaborer une stratégie et un plan de transfert des connaissances spécifiques aux CLOSM.
- 4.1.2 Mettre en œuvre le plan de transfert des connaissances
Objectif 5 : Evaluer les progres
Tout plan stratégique doit faire l'objet d'une révision périodique. Cet exercice a pour but de mesurer les progrès réalisés et d'assurer que les solutions choisies ont permis d'atteindre les objectifs fixés. À cette fin, l'intervention stratégique suivante sera utilisée :
- 5.1 Évaluation de l’impact du plan opérationnel
- 5.1.1 Identifier les critères pour évaluer la faisabilité des activités prévues (temps, argent dédié à chaque activité) :
- élaborer un plan d’impact pour chaque activité<
- 5.1.1 Identifier les critères pour évaluer la faisabilité des activités prévues (temps, argent dédié à chaque activité) :
Contributions de l'initiative CLOSM
Le Plan stratégique 2006-2010 de l'initiative de recherche CLOSM des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) contribuera à la réalisation de plusieurs priorités des IRSC dont :
- Encourager et appuyer la présentation de propositions créatrices de la part d'excellents chercheurs canadiens dans l'ensemble du domaine de la recherche en santé.
- Encourager et appuyer la recherche interdisciplinaire et collaborative visant à résoudre les questions complexes relatives à la santé des CLOSM.
- Renforcer la capacité des chercheurs dans l'ensemble du domaine de la recherche en santé, dans un milieu de recherche dynamique, innovateur et stable.
- Faire avancer la recherche dans l'utilisation des connaissances sur la santé.
- Établir des partenariats avec des organismes canadiens, qui ont des valeurs et des objectifs en commun dans le domaine de la recherche en santé, et faire en sorte qu'ils soient maintenus.
- Assurer le leadership et la coordination dans l'établissement de l'orientation sur les questions importantes liées à la recherche en santé.
Annexe A : Les trois domaines de recherche prioritaires
Déterminants de la santé
L'importance de la langue revêt une dimension particulière pour les questions de santé, tant au plan de la promotion de la santé, de la prévention des maladies et de la communication efficace entre les patients et les intervenants de la santé. Les quelques études effectuées sur les communautés de langue officielle en situation minoritaire (CLOSM) révèlent la présence d'un différentiel négatif de santé lorsque comparé aux membres de communautés de langue officielle en situation majoritaire, ainsi qu'un rôle plus marqué de certains déterminants, dont le fait de vivre en situation linguistique minoritaire.
La perspective de recherche en santé des populations permet de considérer l'ensemble des déterminants de la santé : l'environnement social et physique dans lequel évoluent les populations, les ressources dont elles disposent, les services de santé, les habitudes de vie, les pratiques culturelles, les déterminants biologiques. Elle incorpore deux grands facteurs qui peuvent expliquer les inégalités de santé : le facteur individuel qui examine les caractéristiques des individus et le facteur contextuel qui examine les milieux de vie (les ressources et les infrastructures) et le fonctionnement collectif (les caractéristiques socioculturelles et historiques de la communauté, le degré d'intégration, la mobilité, les normes et les valeurs).
Ce domaine prioritaire de recherche vise à identifier les déterminants bio-psycho-sociaux de la santé, les besoins des CLOSM en matière de santé, à documenter l'accès aux services de santé de ces populations et à mesurer l'effet de l'accessibilité sur leur santé.
Gouvernance, gestion et prestation des services de santé
La gouverne des institutions de santé par les minorités linguistiques officielles et son effet sur la santé de ces communautés ne sont pas encore clairement documentés. Il importe d'étayer les connaissances pour mieux comprendre les effets d'une plus grande participation des communautés minoritaires de langues officielles aux instances de gouvernance des établissements de santé et pour la prise de décisions.
Langue, culture et santé
Les liens entre la langue, la culture et la santé concernent les effets du vécu langagier, entre autre, sur l'accès aux services de promotion de la santé et de prévention, ainsi qu'aux soins de santé primaires et spécialisés. Les liens entre « langue, culture et santé » touchent particulièrement certaines « clientèles » : la petite enfance, les jeunes, les personnes âgées, les femmes, les nouveaux arrivants, les personnes vivant des problèmes de santé mentale et des problèmes psychosociaux. La parole, l'échange verbal et non verbal, le sens des « signes » et la compréhension générale sont intimement liés à la culture et à la langue. À plus forte raison lorsqu'il s'agit de problèmes de santé, il est capital de pouvoir exprimer dans sa propre langue ses symptômes, son état mental, ses peines et sa douleur à un professionnel qui comprend notre langue. Il importe de mieux comprendre la situation vécue par les membres des CLOSM, comment ils perçoivent les limites auxquelles ils se heurtent dans l'accès aux services et l'impact de cette situation sur leur santé. Dans le contexte d'une politique d'immigration active, la situation particulière des nouveaux arrivants francophones en provenance des pays d'Afrique, d'Asie et des Antilles s'inscrit dans la mouvance des questions d'accès aux services en français. L'importance de la langue et de la culture se pose avec plus d'acuité pour la personne aînée souffrant de problèmes de mémoire et pour la personne dépressive qui éprouve une grande détresse psychologique
- Loi sur les langues officielles
- Rapport au ministre fédéral de la santé : Comité consultatif des communautés francophones en situation minoritaire - Septembre 2001
- Rapport à la ministre fédérale de la santé : Comité consultatif des communautés anglophones en situation minoritaire - Juillet 2002
- Mise à jour :