Profil du PPR: Dre Debra Morgan

Debra Morgan

La recherche de la Dre Debra Morgan est guidée par les besoins de la population vieillissante de la Saskatchewan. Cette province compte la plus forte proportion de personnes âgées au Canada, dont la majorité habite dans les régions rurales. Selon l'Étude sur la santé et le vieillissement au Canada (ESVC), la prévalence des cas de démence continuera d'augmenter dans cette population vieillissante, ce qui met au défi les collectivités rurales d'offrir des traitements et des soins adéquats.

« Nous savons qu'il existe un grand nombre de cas de démence dans la province – plus de 18 000 – et que ce nombre augmente sans cesse avec le vieillissement de notre population », explique la Dre Morgan. « L'accès aux soins spécialisés pour la démence est limité ? tant dans la collectivité, pour les cas de démence au stade précoce, que dans les centres de soins de longue durée, pour les cas plus avancés. »

Pour apporter les améliorations requises au traitement de la démence en milieu rural, la Dre Morgan, chercheuse au Centre canadien de santé et sécurité en milieu agricole à l'Université de la Saskatchewan, a dirigé une équipe de recherche multidisciplinaire à titre de chercheuse principale d'un projet financé par une subvention d'équipe en voie de formation (EVF) de 1,25 million de dollars des IRSC. Cette aide financière (qui a aussi englobé les contributions de l'Université de la Saskatchewan, de la Saskatchewan Health Research Foundation et de la Société Alzheimer de la Saskatchewan) d'une durée de cinq ans a permis à la Dre Morgan et à son équipe de concevoir et d'évaluer une nouvelle Clinique de la mémoire en régions rurales et éloignées faisant appel à la vidéoconférence et à d'autres innovations pour améliorer l'accessibilité des services de dépistage et de traitement pour les personnes âgées en milieu rural.

La clinique, qui existe depuis 2004, se veut un « guichet unique » pour l'évaluation et le diagnostic de la démence. Située sur le campus de l'Université de la Saskatchewan, à côté du Royal University Hospital, la clinique offre des services d'évaluation par un neurologue, une équipe de neuropsychologues, un gériatre et un physiothérapeute. Les patients sont adressés à la clinique par leur médecin de famille, et tous les membres de leur famille sont invités à y participer. Cette approche familiale permet à l'équipe de cliniciens d'évaluer la santé psychologique et le fardeau des personnes qui s'occupent du patient. À la fin de la journée d'évaluation, les patients et les membres de leur famille rencontrent le neurologue et le neuropsychologue pour discuter du diagnostic probable et examiner des options possibles en matière de prise en charge et de traitement.

Ce regroupement de spécialistes de différentes disciplines épargne aux patients et à leur famille les longs voyages en ville pour consulter divers médecins. Les évaluations précliniques et les suivis sont effectués par télésanté, nom donné à la technologie de vidéoconférence utilisée pour fournir des services de santé et d'éducation à distance.

Évidemment, la Clinique de la mémoire a récolté les éloges des patients et de leur famille et a été désignée comme un excellent modèle de soins à suivre dans la région sanitaire de Saskatoon par le Conseil canadien d'agrément des services de santé. Ce projet vedette n'aurait peut-être pas pu voir le jour sans le financement initial reçu par la Dre Morgan dans le cadre du Programme des partenariats régionaux (PPR) des IRSC. De 1999 à 2004, elle a profité d'une bourse de nouveau chercheur des IRSC dans le cadre du PPR, lequel vise à stimuler le développement des capacités de recherche dans les régions moins peuplées du Canada.

« L'aide du PPR m'a assurément donné plus de crédibilité pour les autres concours », se rappelle la Dre Morgan. « Le temps et le soutien à la recherche fournis par cette subvention m'ont permis de publier cinq articles sur mes travaux de doctorat, ce qui sera utile pour mes demandes de subvention futures. La bourse de nouveau chercheur des IRSC dans le cadre du PPR m'a réellement aidée à prendre mon élan comme chercheuse. »

Cette crédibilité et cet élan ont été très bien mis à profit. En 2002, la Dre Morgan a reçu de la Saskatchewan Health Research Foundation une subvention d'établissement pour nouveaux chercheurs; en 2003, son équipe a décroché la subvention d'EVF qui a engendré la Clinique de la mémoire et d'autres projets connexes.

« Le succès de notre équipe [au concours des IRSC] découle directement du travail que j'ai accompli comme titulaire de bourse de nouveau chercheur des IRSC dans le cadre du PPR », explique la Dre Morgan. « Je travaille toujours avec les mêmes collègues. Pour avoir droit à une subvention d'EVF, notre équipe devait compter au moins six chercheurs, dont deux chercheurs chevronnés. Or les chercheurs chevronnés de notre équipe sont aujourd'hui des personnes avec qui j'ai travaillé à l'époque de mon doctorat et de ma bourse de nouveau chercheur. »

Comme détentrice de bourse de nouveau chercheur des IRSC dans le cadre du PPR, la Dre Morgan a tissé des liens en dehors du milieu de la recherche, avec le monde des décideurs. « À titre de boursière postdoctorale [financée par la Société Alzheimer du Canada, 1997-1999] et de détentrice de bourse de nouveau chercheur, j'ai fait le tour des régions sanitaires de la province – qui à l'époque en comptait 30! J'ai rencontré leurs conseils d'administration et j'ai organisé un atelier pour cerner les problèmes et les besoins. Ils ont été vraiment ravis d'être inclus dans le processus de recherche, et nos liens durent encore aujourd'hui. »

En fait, les liens établis par la Dre Morgan avec les régions sanitaires ont facilité d'autres discussions dans le cadre de la subvention d'EVF pour la Clinique de la mémoire. « Je pense que les membres de l'équipe ont dû parcourir ensemble quelque 10 000 kilomètres pour discuter de la clinique avec les régions sanitaires [la province en compte maintenant 13] », dit-elle en riant. « Nous avons consacré la première année du projet à ces consultations, mais l'investissement s'est révélé payant. Nous avons utilisé les idées recueillies pour concevoir la clinique et avons eu la chance de discuter de sa faisabilité et de sa viabilité. »

Loin de tirer à sa fin, l'élan de la Dre Morgan gagne en vigueur. Elle a récemment obtenu une chaire de recherche appliquée sur les services et les politiques de santé financée conjointement par les IRSC et la Saskatchewan Health Research Foundation. Cette chaire permettra d'investir 925 000 $ sur cinq ans dans la poursuite du travail de la Clinique de la mémoire et la recherche de moyens d'améliorer le diagnostic et le traitement de la démence. Le programme de chaire de la Dre Morgan est guidé par un conseil consultatif des décideurs, composé de soignants professionnels et naturels, d'administrateurs et d'autres intervenants. De plus, un comité consultatif scientifique a été formé pour établir l'orientation stratégique du programme.

L'équipe de la Dre Morgan a déjà accompli – et continuera d'accomplir – des progrès remarquables dans la conception de stratégies visant à rendre les traitements spécialisés pour la démence plus accessibles aux personnes âgées de la Saskatchewan. « Le soutien du PPR a permis à mon équipe de réussir » , souligne-t-elle. « Cela m'a aidé à m'établir (tout comme d'autres chercheurs) et à initier des étudiants à des programmes de recherche. Nous avons fait de grands pas au cours de la dernière décennie. L'expérience a eu un effet très transformateur. »