Profil du PPR : Dr Jason Berman
La Nouvelle‑Écosse possède l'une des communautés de recherche sur le cancer qui se développe le plus rapidement au Canada. Le Programme de recherche sur le cancer de Dalhousie a été lancé en 2001, et il a depuis attiré plus d'une douzaine de chercheurs talentueux dans la province. Parallèlement, l'IWK Health Centre (qui travaille en étroite collaboration avec l'École de médecine de Dalhousie, le Programme de recherche sur le cancer de Dalhousie et d'autres organismes) a recruté au cours des dernières années un certain nombre de chercheurs de premier niveau pour son équipe de recherche sur le cancer.
Un des jeunes chercheurs vedettes de l'IWK Health Centre est le Dr Jason Berman, qui s'est joint à l'École de médecine de Dalhousie et à l'IWK après un stage à Harvard et à l'Hôpital pour enfants de Boston en 2005. Comme clinicien‑chercheur, le Dr Berman apporte une expertise en recherche unique au Canada. C'est un hématologue‑oncologue pédiatrique, et il utilise le poisson-zèbre – un poisson rayé de petite taille qui est remarquablement semblable aux humains par sa génétique et sa physiologie – pour étudier la leucémie. En particulier, le Dr Berman s'attaque à la leucémie myélo-aiguë (LMA), la forme la plus difficile à traiter de la maladie qui représente environ 20 % des cas de leucémie infantile. « Les traitements actuels permettent de guérir à peine plus de la moitié des enfants », explique‑t‑il. « En étudiant le développement des cellules sanguines chez le poisson-zèbre – qui est à peu près le même que chez les humains –, nous espérons mettre le doigt sur les changements génétiques qui conduisent à la leucémie. »
En 2007, le Dr Berman a reçu des fonds des IRSC dans le cadre du Programme de partenariats régionaux (PPR), qui est conçu pour aider à bâtir une capacité de recherche dans des régions cibles du pays, dont la Nouvelle‑Écosse. Le programme lui a été présenté par la Dre Jean Marshall, chef du Département de microbiologie et d'immunologie à l'Université Dalhousie. Cette dernière a encouragé le Dr Berman à demander des fonds des IRSC – en raison entre autres de la possibilité offerte par le PPR. « Nombre de mes collègues établis depuis plus longtemps m'ont dit qu'ils avaient commencé à obtenir des fonds des IRSC grâce au PPR », dit‑il.
Le Dr Berman se trouvait en Angleterre lorsqu'il a su que sa demande de financement dans le cadre du PPR avait été acceptée. « J'étais au septième ciel », se souvient‑il. « Comme chercheur débutant, votre première tentative pour obtenir un financement au niveau national peut représenter un défi. Les pairs examinateurs veulent parfois voir plus de données de base dans votre demande, mais en réalité sans un financement « tremplin » comme celui du PPR, il peut être impossible de recueillir ces données. Cette subvention m'a permis de recueillir plus de données et de réellement faire avancer mon programme. J'ai été productif grâce au PPR – je ne peux être trop élogieux à l'égard de ce programme. »
Simplement « productif » peut être un euphémisme. Le financement du PPR a contribué à un des principaux axes de recherche dans le laboratoire du Dr Berman : mettre en évidence les mastocytes dans le poisson-zèbre et les caractériser. Les mastocytes sont responsables de nombre des symptômes associés à l'inflammation et aux réactions allergiques, mais une erreur dans leur développement peut entraîner une augmentation des mastocytes anormaux et une maladie appelée mastocytose systémique (MS). Cette pathologie pouvant évoluer vers la LMA, le Dr Berman et son équipe introduisent des gènes associés à la MS dans le poisson-zèbre afin de créer un modèle de MS humaine qui les aidera à trouver de nouveaux traitements efficaces pour cette maladie. Une meilleure compréhension du développement des mastocytes et de l'évolution de la MS vers la LMA peut non seulement améliorer notre connaissance globale des étapes moléculaires vers la LMA, mais également conduire à de nouveaux traitements médicamenteux qui pourraient être appliqués au stade prémalin, avant que la leucémie n'apparaisse.
« Le traitement de la LMA n'est pas encore aussi avancé que nous le voudrions », dit le Berman. « Grâce à des modèles génétiques puissants et innovateurs comme le poisson-zèbre, nous espérons mieux comprendre les voies moléculaires qui sous‑tendent cette maladie et mettre au point des traitements moléculairement ciblés qui amélioreront le sort des enfants et des adultes qui en sont atteints. »
Jusqu'ici, les résultats de la recherche ont conduit à la publication d'un article qui a eu un impact marqué et d'un deuxième article décrivant une approche originale pour examiner les cellules sanguines chez le poisson-zèbre. Le Dr Berman se livre présentement aux affres de la rédaction d'un troisième article, et les expériences en vue d'un quatrième sont en cours. Le PPR a permis de payer des techniciens pour terminer certaines de ces études, en plus de procurer des fonds de fonctionnement. Ces études ont été dirigées par le premier étudiant diplômé du Dr Berman, qui a récemment terminé sa thèse au laboratoire.
Le Dr Berman collabore aussi et participe à l'application des connaissances auprès de la communauté de recherche régionale. Les embryons de poisson-zèbre sont virtuellement transparents, ce qui permet aux chercheurs d'étudier la maladie, d'essayer des traitements et de surveiller la réponse sous le microscope – souvent sans sacrifier le poisson. Le Dr Berman partage son expertise des modèles poisson-zèbre avec d'autres chercheurs qui souhaitent adopter cette méthode de recherche efficace et humaine, et il est un membre fondateur de l'Atlantic Zebrafish User's Group (AZUG), qui regroupe plus de dix laboratoires utilisant le modèle, tous basés dans le Canada atlantique. Il coordonne le premier symposium régional de ce groupe, qui aura lieu en juin à l'Université Dalhousie. Les fonds du PPR ont également été utilisés pour envoyer des stagiaires et du personnel diffuser les conclusions de son laboratoire à la Conférence internationale sur le poisson-zèbre à Madison (Wisconsin). Le Dr Berman travaille également avec le Dr Patrick Lee (Université Dalhousie) pour examiner les effets de lésions de l'ADN dans des modèles poisson-zèbre transgéniques.
Le Dr Berman a également attiré au sein du Cancer Genetics Research Group des généticiens chercheurs et cliniciens, des cliniciens auprès des adultes et des enfants, ainsi que des directeurs de laboratoire clinique. En même temps, sa participation au Children's Oncology Group, plus précisément au comité directeur pour la maladie myélo, lui permet avec ses collègues d'évaluer les pratiques cliniques dans tout le Canada pour déterminer les façons les plus efficaces de diagnostiquer, de traiter et de surveiller les leucémies et les lymphomes pédiatriques.
Fort de son expertise et de son expérience de financement récente, le Dr Berman met à profit son amabilité et sa facilité d'approche pour participer à fond aux efforts d'orientation et de recrutement de l'Université Dalhousie – même auprès de personnes en dehors de sa sphère d'activité courante aux départements de pédiatrie (Division d'hématologie et d'oncologie) et de microbiologie et d'immunologie. « Je parle toujours aux gens du PPR » , dit‑il. « C'est une possibilité unique et une excellente façon d'obtenir des fonds au niveau national. Le PPR est un important véhicule pour se mettre en marche. Les trois à six premières années d'une carrière en recherche sont cruciales pour prendre son élan, et le PPR nous permet de créer ou de maintenir cet élan. Compter sur le PPR est important pour attirer des gens et les encourager à continuer de mettre sur pied des programmes de recherche. »
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