Profil du PPR: Dre Judy Wuest

Dre Judy Wuest« Tous les Canadiens doivent profiter de la recherche » , dit la Dre Judy Wuest, devenue chercheuse des IRSC dans le cadre du Programme des partenariats régionaux (PPR)* de l'organisme en 2002. Le Programme vise à soutenir le développement de la capacité de recherche en santé dans les régions moins populeuses du Canada et à miser sur les forces locales des régions participantes. « Si toute la recherche en santé au Canada était concentrée dans les grands centres urbains, nous comprendrions peu les besoins et les défis en matière de santé et de services de santé dans les zones rurales, les petites localités et les petites villes du pays. »

Professeure à la Faculté de sciences infirmières de l'Université du Nouveau‑Brunswick (UNB), la Dre Wuest étudie les effets à long terme sur la santé mentale et physique de la violence entre partenaires intimes, ainsi que les conséquences du phénomène pour le système de soins de santé et l'élaboration de la politique de santé. Ses importants travaux non seulement jettent de la lumière sur les facteurs uniques qui touchent les femmes et interviennent dans la violence entre partenaires intimes au Nouveau‑Brunswick, mais contribuent aussi aux connaissances théoriques sur la santé des femmes et la violence entre partenaires intimes, l'intimidation au travail et les déterminants sociaux de la santé, connaissances qui pourront servir à d'autres chercheurs partout au pays.

Le financement qu'elle a reçu dans le cadre du PPR a permis à la Dre Wuest de contribuer au développement de la culture et de l'infrastructure de recherche en santé au Nouveau‑Brunswick. « La bourse de chercheur des IRSC m'a donné la possibilité non seulement d'étendre mon programme de recherche, mais aussi d'aider à créer un climat propice à la recherche en santé à l'UNB », explique‑t‑elle. « Lorsque cette bourse m'a été accordée, l'infrastructure de recherche en santé à l'UNB était très limitée, et il n'y avait pas de chercheurs en santé aguerris pour faciliter son développement. Avec le financement que j'ai obtenu des IRSC, j'ai essayé d'aider à remédier à cette situation tout en m'efforçant d'atteindre les objectifs de mon propre plan de recherche. »

Ses efforts n'ont pas été vains. Depuis qu'elle a reçu sa première bourse du PPR des IRSC, la Dre Wuest a réussi à mettre la main sur d'autres fonds à titre de chercheuse principale pour une subvention de fonctionnement des IRSC et de cochercheuse principale pour une autre, ainsi qu'à obtenir deux autres subventions de fonctionnement du Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH) et une subvention de recherche financée conjointement par la Société Alzheimer du Canada et la Fondation des infirmières et infirmiers du Canada. De plus, elle détient actuellement des fonds comme cochercheuse pour une subvention de fonctionnement des IRSC, ainsi que pour une subvention d'équipe en voie de formation (EVF) des IRSC.

« Alors qu'auparavant je pouvais faire une seule étude, sur le coin de mon bureau littéralement, ce financement m'a permis de constituer une capacité de ressources humaines qui n'existait pas jusque‑là en recherche à la Faculté de sciences infirmières de l'UNB. J'ai engagé des coordonnateurs de la recherche, des étudiants des cycles supérieurs et du premier cycle, et un nouveau chercheur pour des programmes de recherche qui prenaient constamment de l'expansion », indique la Dre Wuest. « En fait, ma première bourse du PPR m'a donné la crédibilité dont j'avais besoin pour obtenir d'autres fonds de l'Initiative d'assistants à la recherche de la Fondation de l'innovation du Nouveau‑Brunswick. J'ai pu aider des étudiants presque constamment depuis 2004 avec ces fonds. »

La Dre Wuest a également essayé de contribuer aux connaissances institutionnelles de l'UNB quant à la façon d'obtenir des fonds de recherche en santé et de diriger des projets de recherche dans le contexte universitaire. Elle a été en mesure de conseiller et d'appuyer ses collègues et les étudiants de l'UNB, et elle a été un témoin privilégié de leur succès lorsqu'ils ont cherché à obtenir des fonds des IRSC et du CRSH. Les fonds que la Dre Wuest a obtenus du PPR lui ont également permis de diriger la rédaction d'une demande fructueuse de chaire de recherche du Canada pour la Faculté de sciences infirmières de l'UNB. Résultat : la Dre Barbara Patterson, titulaire d'une chaire de recherche du Canada de niveau 1, est professeure à l'UNB et une précieuse ressource pour les étudiants depuis son recrutement en 2004.

« Les étudiants doivent être exposés à des programmes de recherche et à des mentors » , insiste la Dre Wuest. « Sans un solide contingent de chercheurs en santé locaux, les brillants jeunes chercheurs du Nouveau‑Brunswick ne seraient pas exposés aux programmes qui sont si essentiels pour rendre le domaine de la recherche en santé intéressant comme cheminement de carrière – et ils ne sauraient pas comment obtenir le financement dont ils ont besoin. Créer ces liens change tout. »

Par exemple, la Dre Wuest a travaillé avec une étudiante à la maîtrise qui a utilisé les données du projet financé par l'Institut de la santé des femmes et des hommes des IRSC. Cette étudiante diplômée, Kelly Scott Story, a procédé à une analyse secondaire des données pour examiner le risque cardiovasculaire chez les femmes qui ont fui une relation abusive. Après sa maîtrise, cette étudiante a travaillé pendant un certain temps comme infirmière clinicienne spécialisée en santé cardiovasculaire, mais est revenue à l'UNB pour suivre le programme de doctorat interdisciplinaire de l'Université. Mme Story a adhéré au programme FUTURE, un réseau d'infirmières‑chercheuses en santé cardiovasculaire basé à l'Université McMaster, et elle est également en contact étroit avec l'équipe de l'UNB qui bénéficie de la subvention d'EVF des IRSC.

« L'effet boule de neige est extraordinaire », dit la Dre Wuest. « Notre talentueuse étudiante diplômée, qui a su si merveilleusement utiliser nos données pour terminer sa maîtrise, est maintenant en contact avec d'autres chercheurs dans son domaine partout au pays et peut demeurer au Nouveau‑Brunswick pour mener sa propre recherche. Notre financement l'a aidée dans son travail, et il est à espérer qu'elle obtiendra d'autres fonds qui lui permettront d'aider d'autres étudiants et collègues à l'avenir. Et le cycle continue. »

La Dre Wuest est prompte à réitérer à quel point les programmes de recherche et de financement de la recherche en santé sont précieux pour le Nouveau‑Brunswick. « Les 200 000 $ par année dont bénéficie le Nouveau‑Brunswick en vertu du PPR aident énormément à aller chercher d'autres fonds pour la recherche en santé à l'UNB », souligne‑t‑elle. « Nous avons de jeunes chercheurs incroyablement talentueux et prometteurs dans notre région. Le soutien de programmes de recherche dans des provinces comme le Nouveau‑Brunswick fait en sorte que la recherche en santé est adaptée aux besoins de tous les Canadiens. »

* Le PPR existe depuis 1997 (sous les auspices du Conseil de recherches médicales initialement). En faisaient partie au début le Manitoba, la Saskatchewan, la Nouvelle‑Écosse et Terre‑Neuve. Le Nouveau‑Brunswick et l'άe‑du‑Prince‑Édouard y participent depuis 1999.