Évaluation à mi-parcours de l’Institut des maladies infectieuses et immunitaires (IMII)

Résumé

Décembre 2005



Table des matières


1. Résumé
    1.1 Aperçu des IRSC
    1.2 Aperçu de l'Institut des maladies infectieuses et immunitaires (IMII)
        1.2.1 Mandat
        1.2.2 Vision et mission
        1.2.3 Thèmes prioritaires de recherche stratégique
    1.3 Objectifs et questions d'évaluation
        1.3.1 Méthodologie
2. Résultats de l'évaluation
    2.1 Pertinence
    2.2 Efficacité
    2.3 Exécution
3. Recommandations
4. Réponse de la direction


1. Résumé


1.1 Aperçu des IRSC

Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) sont le principal organisme fédéral chargé du financement de la recherche en santé au Canada. Ils ont pour mission d'exceller dans la création de nouvelles connaissances sur la santé et de les mettre en application dans le monde réel en vue d'améliorer la santé de la population canadienne et d'offrir des services et des produits de santé plus efficaces et un meilleur système canadien de soins de santé.

Les IRSC ont été créés en vertu de la Loi sur les IRSC qui est entrée en vigueur le 7 juin 2000.

Ils ont pour mandat d'exceller, selon les normes internationales reconnues d'excellence scientifique, dans la création de nouvelles connaissances et leur application en vue d'améliorer la santé de la population canadienne, d'offrir de meilleurs produits et services de santé et de renforcer le système de santé au Canada. (Projet de loi C-13, 13 avril 2000).

Pour réaliser leur mandat et leur vision, les IRSC ont articulé les cinq résultats attendus suivants, dont trois sont stratégiques et les deux autres habilitants :

  • La recherche exceptionnelle : faire progresser les connaissances en matière de santé au moyen d'excellentes recherches éthiques, dans toutes les disciplines, les secteurs et les lieux géographiques;
  • Des chercheurs exceptionnels dans des milieux innovateurs : perfectionner et garder les chercheurs canadiens du domaine de la santé dans des milieux de recherche dynamiques, innovateurs et stables;
  • La mise en pratique des résultats de la recherche en santé : catalyser l'innovation en santé qui permettra de renforcer le système de santé et la croissance de l'économie canadienne.

Ces résultats stratégiques seront facilités par :

  • Des partenariats efficaces et la participation du public : engager le public au moyen de dialogues fructueux et établir des partenariats efficaces avec les principaux intervenants;
  • L'excellence organisationnelle : accomplir leur mandat sous le signe de l'excellence chez les employés, ainsi que dans la prestation de services, les systèmes et la gestion.

Les IRSC privilégient une approche multidisciplinaire pour s'attaquer aux problèmes de santé. Cette approche consiste entre autres à faire progresser la recherche dans quatre domaines (ou thèmes) : recherche biomédicale, recherche clinique, recherche sur les systèmes et les services de santé, et la santé des populations, sur les dimensions sociales et culturelles de la santé et sur les effets de l’environnement sur la santé.

Le mandat et la structure des IRSC sont uniques dans le monde. Les IRSC s'articulent autour de 13 instituts virtuels répartis géographiquement qui appuient la recherche biomédicale, clinique, sur les systèmes et les services de santé, et sur la santé des populations, ses dimensions sociales et culturelles, et les influences environnementales sur la santé. Les instituts ont leur base dans des universités ou des centres hospitaliers universitaires partout au pays, mais ils peuvent aussi avoir du personnel en poste ailleurs. Les instituts font partie d'un réseau de recherche national plus vaste qui met en contact les chercheurs et les autres intervenants dans tout le pays.

Chaque institut est dirigé par un directeur scientifique qui est un chef de file internationalement reconnu dans son domaine et compte en moyenne un personnel de cinq ou six personnes dévouées. Les directeurs scientifiques sont guidés par leurs conseils consultatifs d'institut (CCI) respectifs, composés de bénévoles de tous les secteurs de la recherche en santé : les commanditaires de la recherche, les chercheurs eux-mêmes et les utilisateurs de la recherche. Les instituts relèvent officiellement du président des IRSC, du conseil d'administration des IRSC et, par l'entremise du ministre de la Santé, du Parlement.

Le financement de la recherche par les IRSC en 2004-2005 a été de 619 millions de dollars (en comparaison de 275 millions de dollars en 1999-2000). Les dépenses totales, y compris les dépenses administratives, ont été de 666 millions de dollars en 2004-2005, comparativement à 289 millions de dollars en 1999-2000. En 2004-2005, 84 millions de dollars ont été accordés aux instituts pour financer la recherche stratégique, et 13 millions de dollars ont été consacrés au soutien des instituts. Les fonds destinés à la recherche stratégique au sein des IRSC (ce qui comprend la recherche stratégique financée par les instituts et les IRSC) représentent environ 30 % des fonds de recherche globaux (le reste est attribué dans le cadre de concours ouverts des IRSC).

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1.2 Aperçu de l'Institut des maladies infectieuses et immunitaires (IMII)

1.2.1 Mandat

L'Institut des maladies infectieuses et immunitaires (IMII) appuie la recherche en vue d'améliorer la santé d'origine immunologique et de réduire l'incidence des maladies infectieuses, des maladies d'origine immunologique et de l'allergie, au moyen de la prévention, du dépistage, du diagnostic, du traitement, des systèmes de soutien et des soins palliatifs dans l'optique de réduire le fardeau mondial des maladies immunitaires et infectieuses et à améliorer la qualité de vie.

1.2.2 Vision et mission

La vision de l'IMII est de parvenir à jouer un rôle de chef de file au niveau national et mondial en appuyant fortement la recherche en santé et la politique publique pour lutter contre les maladies infectieuses et mobiliser des réponses immunitaires saines afin d'assurer une protection contre les menaces pour la santé ou en réduire les conséquences.

Sa mission est de jouer un rôle de premier plan et à établir des priorités et des programmes nationaux qui encouragent la recherche novatrice visant à réduire le fardeau mondial des maladies immunitaires et infectieuses et à améliorer la qualité de vie.

1.2.3 Thèmes prioritaires de recherche stratégique

En 2001, l'IMII a dégagé un certain nombre de thèmes de recherche prioritaires dans les deux sous-domaines de l'Institut (les maladies infectieuses et la réponse immunitaire), et a fixé pour chacun des buts, dont bon nombre ont déjà été atteints. Les thèmes de recherche sont les suivants :

  • Maladies infectieuses :
    • Salubrité microbienne des aliments et de l'eau potable : Élaborer une stratégie nationale de recherche qui mène à la salubrité microbienne des aliments et de l'eau potable;
    • Résistance aux antimicrobiens : Élaborer une stratégie nationale de recherche sur les pratiques biomédicales, génétiques, épidémiologiques, socioéconomiques et de soins de santé à l'origine de la résistance aux antimicrobiens;
    • Défi du VIH/sida : Élaborer un partenariat consultatif national de la recherche sur la prévention, le traitement et les soins en matière de VIH, sur les plans biomédical, comportemental et social; créer des programmes de recherche qui comblent certaines lacunes de la recherche sur l'hépatite C et les infections à diffusion hématogène, sur les plans biomédical, comportemental et social;
    • Mise au point de nouveaux vaccins : Organiser la recherche sur de nouvelles cibles de vaccins, de nouveaux dosages et de nouveaux systèmes d'administration des vaccins pour l'immunisation contre les maladies infectieuses et appuyer la recherche sur les questions d'efficacité et d'éthique liées à la vaccination;
    • Nouvelles maladies infectieuses : Appuyer la recherche concertée et innovatrice en matière de santé qui porte sur les nouvelles maladies infectieuses, les problèmes de santé publique et les menaces mondiales en santé.

  • Réponse de l'hôte :
    • Transplantation d'organes et régénération : Appuyer la recherche sur les facteurs à l'origine du rejet aigu et chronique des greffes, et sur la régénération des organes à l'aide de cellules souches ainsi que sur les répercussions éthiques et sociales de celle-ci;
    • Maladies auto-immunes : Encourager les programmes de recherche interdisciplinaires qui portent sur la compréhension des mécanismes communs à l'origine des maladies auto-immunes;
    • Asthme et allergie : Appuyer la recherche sur les causes et les traitements des allergies et de l'asthme;
    • Immunité naturelle : Promouvoir l'acquisition de connaissances sur l'immunité naturelle et son rôle dans la prévention des maladies.

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1.3 Objectifs et questions d'évaluation

Le Cadre commun de mesure du rendement et d'évaluation (ci-après appelé le Cadre commun) a été établi suivant une approche hautement collégiale et a été approuvé par les 13 instituts. Il recommandait que chaque institut procède à une évaluation à mi-parcours (formative) de ses activités, produits et résultats à la fin du premier cycle de financement en 2005. Les buts de cette évaluation sont les suivants :

  • fournir aux instituts de la rétroaction sur leurs progrès globaux et leur efficacité à un moment où une telle rétroaction peut le mieux être utilisée pour guider la prise de décision stratégique au sujet de leur orientation;
  • contribuer à l'examen quinquennal des instituts, qui est exigé par la Loi sur les IRSC.

Les questions soulevées dans cette évaluation répondent aux besoins des IRSC et aux exigences du Conseil du Trésor pour les évaluations formatives, à savoir :

  • Pertinence : Dans quelle mesure a-t-on encore besoin de cet institut pour appuyer la création d'une capacité canadienne et de l'excellence en recherche dans ce domaine de la recherche en santé?
  • Exécution : Quelle a été l'influence d'autres facteurs sur l'efficacité globale des instituts?
  • Efficacité : Avec quelle efficacité l'institut a-t-il atteint ses objectifs, s'est-il acquitté de son mandat et de sa mission et a-t-il réalisé sa vision? Dans quelle mesure l'institut a-t-il contribué de façon efficace et unique à l'objectif global des IRSC?
  • Autres formules : Existe-t-il d'autres façons d'obtenir les mêmes résultats ou des résultats supérieurs pour ce qui est de la capacité, de l'excellence et de l'incidence dans cette sphère de recherche, tout en démontrant une plus grande efficience?

La portée, les problèmes, les questions et la méthodologie de l'évaluation ont été approuvés par chaque institut, le Comité directeur de l'évaluation et le Comité permanent des IRSC sur la mesure du rendement, l'évaluation et la vérification.

1.3.1 Méthodologie

Quatre sources de données principales ont servi à l'évaluation :

  • un examen de documents et de données administratives concernant l'IMII;
  • 50 entrevues avec des informateurs clés, soit des membres du personnel de l'IMII et des membres du CCI, des chercheurs, des étudiants, des intervenants et des partenaires;
  • des études de cas sur deux initiatives de l'IMII;
  • une enquête par téléphone auprès de 188 chercheurs financés et de 55 chercheurs non financés affiliés à l'IMII1.

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2. Résultats de l'évaluation


2.1 Pertinence

Les personnes interrogées et les répondants au sondage s'entendent généralement pour dire que le mandat et les priorités de recherche de l'IMII sont appropriés. Quelques-unes des personnes interrogées font remarquer que le mandat de l'IMII, même s'il reste approprié, est trop vaste compte tenu du budget de l'Institut.

La vaste majorité des personnes interrogées estime que les domaines de recherche sur lesquels se concentre l'IMII sont appropriés. Les personnes interrogées sont presque unanimes à dire que l'infection et l'immunité sont des domaines de recherche complémentaires, même si certains soulignent qu'il n'y a eu qu'une collaboration limitée entre ces deux domaines dans le passé. En combinant ou en réunissant ces deux domaines de recherche, l'Institut peut bien avoir été à l'origine d'une collaboration accrue.

D'après les résultats des sondages et des entrevues avec les informateurs clés, l'Institut est considéré par la plupart comme le mécanisme le plus approprié pour renforcer la capacité canadienne et favoriser l'excellence en recherche et l'application des connaissances. Certaines personnes interrogées estiment que l'IMII n'est peut-être pas le mécanisme le plus approprié pour l'application des connaissances, ou le mécanisme le plus approprié pour assurer seul l'application des connaissances.

Pour les personnes interrogées, les avantages du modèle virtuel sont la souplesse et la durabilité qu'il offre. La planification de la relève et les changements de directeur scientifique seraient parmi les principales difficultés que pose ce modèle pour l'IMII. Un changement de directeur scientifique pourrait bien entraîner la perte du personnel en poste ou obliger ce personnel à déménager ailleurs au Canada. Le danger serait la perte de mémoire institutionnelle. Ce problème n'est pas particulier à l'IMII et il est probable qu'on devra s'y attaquer en haut lieu aux IRSC. Des problèmes de communication sont soulevés également, conséquence de la dispersion du personnel de l'Institut et des membres du CCI sur le plan géographique. Toutefois, la situation serait probablement la même si l'Institut n'était pas virtuel, car il n'y pas grand-chose à faire au sujet de la dispersion géographique des membres du CCI si l'on veut maintenir la qualité et la diversité de sa composition.

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2.2 Efficacité

On convient généralement que l'IMII a contribué à la création de nouvelles connaissances dans le contexte de l'objectif global des IRSC. Toutefois, nombre des personnes interrogées ont la nette impression que la contribution de l'IMII à la création de nouvelles connaissances augmentera avec le temps, à mesure que les projets financés par l'Institut produiront des résultats et de nouvelles connaissances. Le SRAS et l'Initiative sur la salubrité des aliments et de l'eau sont des domaines particuliers où des connaissances nouvelles ont été créées selon les personnes interrogées.

Un peu plus de la moitié des personnes interrogées estiment que l'application des connaissances est une priorité de l'IMII. Bien qu'une définition d' « application des connaissances » soit affichée sur le site Web des IRSC depuis plusieurs années et qu'une stratégie quinquennale en la matière ait été approuvée par le conseil d'administration des IRSC en juin 2004, les principales raisons citées par ceux et celles qui pensent que l'application des connaissances n'est pas une priorité sont le manque de direction de la part de l'administration centrale des IRSC relativement à la définition de l'application des connaissances, et l'absence de définition claire des rôles et des responsabilités des instituts à ce chapitre.

Bien que seulement la moitié environ des personnes interrogées estiment que l'application des connaissances est une priorité, la plupart sont d'avis que l'IMII y a contribué. Ce manque de cohérence apparent s'explique par le fait que nombre des personnes interrogées ne sont pas en mesure d'évaluer les priorités internes de l'IMII, mais sont capables d'évaluer ses contributions. Donc, si de nombreuses personnes interrogées ne savent pas si l'IMII a traité l'application des connaissances comme une priorité, elles sont quand même en mesure d'évaluer les impacts de l'IMII sur l'application des connaissances. Selon 76 % des répondants au sondage réalisé auprès des chercheurs financés, l'IMII a contribué à l'application des connaissances. Ces résultats du sondage sont semblables pour l'IMII et l'ensemble des IRSC.

Les faits donnent à penser que l'IMII a réussi à renforcer et à maintenir la capacité au sein des communautés de recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires. Il y est notamment parvenu en finançant 14 centres de formation qui subventionnent directement des stagiaires chaque année et en octroyant des « subventions de transition ».

En plus de renforcer la capacité humaine, on s'attend aussi des instituts des IRSC qu'ils travaillent afin de développer l'infrastructure dans leurs domaines de recherche respectifs. L'IMII a entrepris de créer une base de données de spécimens provenant de patients frappés par le SRAS. Toutefois, les efforts visant à développer l'infrastructure se limitent à peu près à cela. Il importe de mentionner que les communautés de recherche dans le domaine des maladies infectieuses et immunitaires étaient relativement bien développées avant la création de l'IMII, et qu'il existait déjà une importante infrastructure de recherche à ce moment.

Il existe des indications selon lesquelles l'IMII a contribué à la vision transformatrice des IRSC. Certaines des personnes interrogées, largement représentatives du personnel et des membres du CCI, signalent la nature transformatrice du Consortium canadien de recherche sur le SRAS et de l'Initiative sur la salubrité des aliments et de l'eau, dont les chercheurs proviennent de diverses disciplines.

Même si des données quantitatives et qualitatives semblent indiquer que l'IMII a contribué à la vision transformatrice des IRSC, il semble aussi qu'on soit encore dans certains cas réfractaire à la nature interdisciplinaire des IRSC. Certains chercheurs continuent à croire que le passage du Conseil de recherches médicales (CRM) aux IRSC a eu pour effet de réduire le financement de la recherche de laboratoire. Les données financières du CRM et des IRSC réfutent ce point de vue. Certaines des personnes interrogées font remarquer que même si l'IMII a réalisé des progrès en faisant une place à la recherche dans les thèmes trois et quatre, cela n'a pas été sans peine parce que la recherche dans le domaine des maladies infectieuses et immunitaires est traditionnellement concentrée dans les thèmes un et deux.

Selon ce qui ressort des entrevues et du sondage, l'IMII s'est bien acquitté de son mandat et de ses priorités de recherche. Il ne faut pas en conclure que l'Institut a rempli son mandat et a réalisé toutes ses priorités, mais les résultats donnent à penser qu'il avance dans la bonne direction. Malgré l'importante activité observée relativement à certaines des priorités de l'Institut, les progrès sont moins marqués pour les priorités globales des IRSC que sont l'éthique et l'application des connaissances. À part des données qualitatives et anecdotiques, rien ou presque ne permet d'évaluer si l'IMII a progressé. De plus, aucun objectif de rendement qui permettrait de mesurer plus efficacement le succès n'a encore été fixé.

À la lumière des données fournies par l'Institut dans son rapport de rendement, l'IMII a établi plus de 40 partenariats, relations, alliances et échanges avec une vaste gamme d'organisations, y compris les gouvernements fédéral et provinciaux, des organisations de recherche, des organismes non gouvernementaux et des organisations internationales. Les personnes interrogées et les répondants au sondage croient généralement que l'IMII a réussi à créer des partenariats et à faciliter la collaboration.

Une méthode utilisée par les instituts pour influencer l'orientation de la recherche est la création de possibilités de financement dans les domaines d'importance de la recherche stratégique et émergente qui sont pertinents dans leurs sphères de recherche. La mesure dans laquelle les possibilités offertes suscitent une réponse de la part de la communauté de recherche est une indication du niveau d'activité et d'intérêt dans les domaines en question. Les données sur le nombre de demandes présentées en réponse à chacun des programmes de l'Institut montrent un niveau d'intérêt important au sein de la communauté de recherche. Les personnes interrogées conviennent généralement que l'IMII a réussi à influencer les programmes de recherche dans le domaine des maladies infectieuses et immunitaires. Toutefois, nombre d'entre elles ont indiqué qu'il faudra plus de temps et d'argent pour que l'IMII atteigne complètement son but.

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2.3 Exécution

L'Institut compte généralement sur les membres du CCI pour le guider dans la planification stratégique et opérationnelle. Les membres du CCI sont censés représenter l'ensemble des chercheurs et des intervenants, et donc être des intermédiaires crédibles entre l'Institut et ces deux groupes. Les réunions en face à face du CCI trois fois par année sont considérées comme les plus productives et utiles aux fins de la planification. Les téléconférences sont jugées moins productives pour les activités de planification. En plus de l'apport du CCI, le directeur scientifique se déplace fréquemment d'un bout à l'autre du Canada pour obtenir l'avis et la rétroaction des chercheurs et des intervenants, même si ceux parmi ces derniers qui ont été interrogés avaient des avis partagés à savoir s'ils participaient ou non à la planification.

Les entrevues et les résultats du sondage auprès des chercheurs financés et non financés indiquent qu'on estime, dans l'ensemble, que l'IMII a bien réussi à déterminer les priorités émergentes dans son mandat.

Le personnel et les membres interrogés du CCI sont satisfaits du fonctionnement et de la contribution du CCI. Le seul problème soulevé par quelques-unes des personnes interrogées est la tendance de certains membres du CCI à faire pression pour leur domaine de recherche. Nous constatons que cela peut être le résultat du fait que les membres du CCI proviennent de différents domaines de recherche et qu'ils peuvent avoir l'impression qu'ils siègent au CCI de l'IMII comme représentants de leurs domaines. Même si ce problème a été soulevé, rien n'indique que le fonctionnement du CCI en a été perturbé.

L'IMII cherche à rester visible au sein des communautés de recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires en participant régulièrement à des rencontres nationales et internationales sur des thèmes qui se rapportent au mandat de l'Institut. Le personnel de l'IMII considère ces rencontres comme importantes parce qu'elles permettent l'échange de connaissances et conduisent à l'établissement de nouvelles initiatives de recherche. Les membres du CCI sont encore vus comme des intermédiaires clés qui permettent d'avoir accès à l'ensemble des chercheurs et des intervenants. Une importante méthode de consultation informelle avec les communautés est offerte lors des trois réunions en face à face du CCI chaque année. Un souper est organisé à l'occasion de chacune de ces réunions, et l'IMII y invite des membres de la communauté de recherche locale et des représentants des intervenants. Le personnel de l'IMII et les membres du CCI ont ainsi eu amplement l'occasion de fraterniser avec les chercheurs et les intervenants locaux.

L'Institut utilise divers mécanismes pour communiquer avec ses principaux auditoires, soit les chercheurs, les intervenants et le grand public. Le sondage auprès des chercheurs a révélé que 95 % des chercheurs financés et 94 % des chercheurs non financés connaissaient l'IMII au moins dans une certaine mesure. Les mécanismes utilisés incluent la préparation de documents de communication, les présentations et les relations avec les médias. Bien que l'IMII ait transmis certaines communications directement au public, ces communications ne sont pas considérées en général avoir eu un important effet sur le grand public.

Certaines indications donnent à penser que la collaboration en matière de communication entre l'IMII et l'administration centrale des IRSC pourrait être améliorée. Certains signes d'insatisfaction à l'égard de la relation entre l'IMII et l'administration centrale des IRSC sont apparus au cours de cette évaluation. Certains membres du personnel et du CCI estiment que la relation pourrait être améliorée en ce qui regarde précisément le processus d'examen par les pairs; l'intégration des programmes; la communication et interaction avec le personnel des 13 instituts en poste à Ottawa; et la clarification du rôle de l'administration centrale des IRSC par rapport aux instituts.

Les personnes interrogées s'accordent pour dire que les fonds mis à la disposition de l'IMII sont insuffisants compte tenu de son mandat. Certains ont proposé que l'Institut adapte son mandat en fonction de son budget. Cependant, le mandat et les priorités de recherche de l'IMII correspondent et sont liés au mandat et aux objectifs globaux des IRSC. Réduire le mandat et les priorités de l'IMII sous-entend que les IRSC pourraient ne pas atteindre leurs objectifs pour ce qui est de la recherche sur les maladies infectieuses et immunitaires.

L'évaluation a révélé certains signes d'insatisfaction relativement à l'inclusion de la recherche fondée sur les sciences sociales dans le mandat des IRSC et de l'IMII. Cette insatisfaction découle d'un malentendu au sujet des fonds destinés aux thèmes un et deux au sein des IRSC par rapport au financement disponible auparavant par l'entremise du CRM. Certains des chercheurs interrogés estiment que l'accent mis par les IRSC sur les quatre thèmes de recherche a pour résultat que moins d'argent va à la recherche biomédicale et clinique. Cependant, les données sur le financement par les IRSC et le CRM indiquent que ce n'est pas le cas. Au contraire, les fonds totaux destinés à la recherche biomédicale et clinique ont augmenté par rapport à leur niveau du temps du CRM.

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3. Recommandations

Suivent les recommandations qui se dégagent de cette évaluation à mi-parcours de l'IMII. À noter que les recommandations ci-après sont celles qui s'appliquent à l'Institut seulement. D'autres recommandations sur des points qui ne relèvent pas de l'Institut seront faites aux instances appropriées, à l'administration centrale des IRSC.

Recommandation 1 :

L'Institut fait bien, a-t-on constaté, et il est encouragé à poursuivre les actions suivantes :

  1. poursuivre ses efforts en ce qui concerne l'excellence en recherche, le renforcement de la capacité et le financement des priorités stratégiques;
  2. conserver la structure et le fonctionnement actuels du CCI;
  3. poursuivre ses efforts actuels en matière de collaboration et de partenariat;
  4. poursuivre ses efforts de création de connaissances en accordant une attention accrue à la communauté de recherche sur l'immunité;
  5. poursuivre ses activités actuelles d'application des connaissances;
  6. poursuivre ses contributions au domaine de l'éthique.

Il est recommandé que l'Institut prenne des mesures dans les domaines suivants en vue d'améliorations :

Recommandation 2 :

Communication - Bien que les activités de l'Institut aient, au cours de certaines années, bénéficié d'une importante couverture de la part des médias, l'IMII devrait, avec l'aide de l'administration centrale des IRSC, évaluer des mécanismes permettant de rehausser son profil au sein de la communauté et auprès du grand public en attirant l'attention sur ses activités et ses résultats.

Recommandation 3 :

Mécanismes de planification et de consultation - Bien que les mécanismes de planification et de consultation aient été jugés efficaces dans l'ensemble, l'Institut devrait déterminer s'il y a lieu de rechercher plus activement l'avis des intervenants (c'est-à-dire partenaires) et, le cas échéant, la meilleure façon de le faire (c'est-à-dire des options pour améliorer le taux de réponse aux sondages à l'avenir puisque le mécanisme des sondages permet une participation plus globale des milieux des chercheurs et des intervenants).

Recommandation 4 :

Application des connaissances - L'IMII devrait revoir ses efforts pour appuyer l'application des connaissances. Ses efforts à ce chapitre ne semblent pas très connus des membres du CCI, des chercheurs et des intervenants. La question doit être revue pour déterminer dans quelle mesure les efforts ont des chances de donner les résultats que l'IMII espère obtenir, et comment les partenariats et les collaborations qui ont été établis pourraient être utilisés efficacement pour l'application des connaissances.

Recommandation 5 :

Contribution à la vision transformatrice - Même si des efforts ont été faits globalement pour mettre en oeuvre la vision transformatrice des IRSC, et s'il est encouragé à poursuivre ces efforts, l'IMII devrait, avec l'aide de l'administration centrale des IRSC, communiquer aux chercheurs les avantages des IRSC, l'incidence qu'ils ont eue sur le plan financier et leur vision transformatrice.

Recommandation 6 :

Surveillance du rendement et rapports - Afin de s'assurer que l'Institut obtient les résultats voulus, il est recommandé que le rendement soit systématiquement contrôlé et fasse l'objet de rapports, et, là où c'est possible, que des cibles de rendement utiles soient fixées pour mesurer les résultats.

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4. Réponse de la direction

Commentaires globaux sur le rapport, y compris, si désiré, commentaire sur la première recommandation selon laquelle certaines activités qui vont bien devraient se poursuivre :

Recommandation Réponse Plan d'action
1. Consultation et communication - Bien que les activités de l'Institut aient, au cours de certaines années, bénéficié d'une importante couverture de la part des médias, l'IMII devrait, avec l'aide de l'administration centrale des IRSC, évaluer des mécanismes permettant de rehausser son profil au sein de la communauté et auprès du grand public en attirant l'attention sur ses activités et ses résultats. D'accord L'Institut, de concert avec le Portefeuille des affaires générales (Direction du marketing et des communications) des IRSC, est en train d'élaborer un plan de communication qui vise des auditoires cibles (chercheurs, intervenants, gouvernement et public par l'entremise des médias). Le plan s'inscrira dans le prolongement des véhicules de communication actuels de l'Institut (site Web, bulletin d'information, liste de diffusion par courriel), et cherchera de nouvelles possibilités et de nouveaux mécanismes pour informer un plus vaste auditoire.
2. Mécanismes de planification et de consultation - Bien que les mécanismes de planification et de consultation aient été jugés efficaces dans l'ensemble, l'Institut devrait déterminer s'il y a lieu de rechercher plus activement l'avis des intervenants (c'est-à-dire partenaires) et, le cas échéant, la meilleure façon de le faire (c'est-à-dire des options pour améliorer le taux de réponse aux sondages à l'avenir puisque le mécanisme des sondages permet une participation plus globale des milieux des chercheurs et des intervenants). D'accord L'organisation et la structure du deuxième cycle de planification stratégique de l'Institut sont en train d'être définies. L'apport des intervenants sera activement recherché au cours de ce processus. Des mécanismes permettant la participation à plus long terme des divers éléments de la communauté des maladies infectieuses et immunitaires, comme des consultations dans le cadre des réunions annuelles des sociétés professionnelles et des organismes de charité dans le domaine de la santé, seront examinés dans le cadre du processus.
3. Application des connaissances - L'IMII devrait revoir ses efforts pour appuyer l'application des connaissances. Ses efforts à ce chapitre ne semblent pas très connus des membres du CCI, des chercheurs et des intervenants. La question doit être revue pour déterminer dans quelle mesure les efforts ont des chances de donner les résultats que l'IMII espère obtenir, et comment les partenariats et les collaborations qui ont été établis pourraient être utilisés efficacement pour l'application des connaissances. D'accord Définir la portée et la teneur de l'application des connaissances est un défi constant. L'Institut a entrepris un important effort afin de participer de façon proactive à la détermination d'une politique nationale et internationale et des résultats par rapport à son mandat dans le domaine des maladies infectieuses et immunitaires, en particulier dans sa relation continue avec l'ASPC. L'Institut continuera à obtenir la participation d'autres organismes gouvernementaux, de sociétés professionnelles, d'organismes bénévoles dans le domaine de la santé, et d'organisations nationales et internationales clés pour tirer parti d'un répertoire établi d'activités qui favoriseront le transfert et l'utilisation des connaissances et influencer l'élaboration de politiques visant à améliorer la santé des Canadiens. L'Institut mettra en évidence ses activités d'application des connaissances dans son plan de communication afin que les membres du CCI, les chercheurs et les intervenants soient au courant de ces activités.
4. Contribution à la vision transformatrice - Même si des efforts ont été faits globalement pour mettre en oeuvre la vision transformatrice des IRSC, et s'il est encouragé à poursuivre ces efforts, l'IMII devrait, avec l'aide de l'administration centrale des IRSC, communiquer aux chercheurs les avantages des IRSC, l'incidence qu'ils ont eue sur le plan financier et leur vision transformatrice. D'accord

L'Institut continuera à créer des programmes qui mettent en valeur le potentiel accru qu'offrent des programmes de recherche collaborative à la fois stratégiques et multidisciplinaires. En faisant la promotion de ces initiatives, l'Institut fera connaître les buts et les résultats attendus des stratégies exposées dans ces programmes.

La définition de la vision transformatrice sera également incluse dans le plan de communication, cette notion n'étant pas bien définie ou comprise par les groupes sondés au cours de la recherche et des entrevues avec des informateurs clés.

L'Institut travaillera avec le Portefeuille des affaires générales (Évaluation et analyse) pour établir de meilleurs mécanismes permettant de suivre les contributions aux quatre thèmes des IRSC.

5. Surveillance du rendement et rapports - Afin de s'assurer que l'Institut obtient les résultats voulus, il est recommandé que le rendement soit systématiquement contrôlé et fasse l'objet de rapports, et, là où c'est possible, que des cibles de rendement utiles soient fixées pour mesurer les résultats. D'accord L'Institut est parfaitement conscient du besoin d'évaluer systématiquement le rendement et les résultats de ses activités et de ses programmes, et il a affecté des ressources en personnel considérables à l'évaluation à mi-parcours et à l'examen international des IRSC. Un effort soutenu sera fait pour travailler avec l'Unité d'évaluation et d'analyse du Portefeuille des affaires générales pour affiner les indicateurs communs et établir un processus de surveillance continue du rendement. L'Institut recueillera des données sur le rendement des programmes de recherche qu'il finance. Ces données seront utilisées par l'Institut et le CCI pour peaufiner les initiatives futures et évaluer les résultats et les impacts de la recherche.



1À noter que le sondage auprès des chercheurs était un sondage inter-instituts réalisé par EKOS Research Associates.

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