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Montréal, le 6 juin 2005 - Le Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) débutera incessamment, en collaboration avec le Centre de recherche et d'aide pour narcomanes (CRAN), le projet NAOMI, une étude canadienne visant à déterminer si la prescription d'héroïne par un médecin permet de retenir en traitement les héroïnomanes.
NAOMI, acronyme pour North American Opiate Medication Initiative, est un essai clinique randomisé destiné à une clientèle dépendante des opiacés qui ne répond pas aux formes de traitement conventionnelles. Le projet est sous la direction du Dr Martin Schechter, du Centre for Health Evaluation and Outcome Sciences de l'Université de Colombie-Britannique. À Montréal, les Drs Suzanne Brissette et Pierre Lauzon du CHUM et M. Serge Brochu, Ph. D., chercheur au Centre de criminologie comparée de l'Université de Montréal, en assument la responsabilité.
L'étude dans son ensemble se déroulera dans trois villes canadiennes : Montréal, Toronto et Vancouver, et portera sur 470 sujets. Ces derniers seront aléatoirement distribués entre un groupe qui recevra un traitement de prescription d'opiacés injectables et un autre recevant de la méthadone par voie orale. L'objectif de l'étude est de comparer la rétention en traitement entre le groupe recevant de l'héroïne injectable et celui qui reçoit le traitement conventionnel avec méthadone. Elle permettra également de mesurer l'impact de ces deux types d'intervention sur la consommation de drogues illicites, sur l'état de santé, sur la participation à des activités criminelles et sur diverses autres sphères bio-psychosociales des participants.
Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) fournissent au total 8,1 millions de dollars et l'essai est approuvé par Santé Canada. À Montréal, 160 sujets seront recrutés d'ici les prochaines semaines selon un processus de sélection rigoureux. « Les participants devront répondre à des critères d'éligibilité dont une évaluation médicale », a indiqué la Dre Suzanne Brissette, spécialiste en toxicomanie à l'Hôpital Saint-Luc du CHUM.
« NAOMI est un essai clinique soigneusement contrôlé qui vise à accroître notre connaissance des troubles mentaux et de dépendance, a déclaré le Dr Rémi Quirion, directeur scientifique de l'Institut des neurosciences, de la santé mentale et des toxicomanies (INSMT) des Instituts de recherche en santé du Canada. L'important avec cette recherche est de diminuer la souffrance causée par ces troubles et de s'assurer que ses résultats permettront d'améliorer la qualité de vie de tous les Canadiens, une priorité essentielle aux yeux de l'INSMT. »
Une fois dans l'étude, tous les participants bénéficieront des services cliniques offerts par les médecins, infirmières et intervenants psychosociaux.
« L'intervention se déroulera sur une période d'un an suivie d'une période transitoire de trois mois qui leur permettra d'être orientés vers le meilleur traitement disponible une fois leur participation terminée », a précisé la Dre Brissette. Une équipe de recherche sera responsable de suivre les participants sur une période de deux ans afin de recueillir les données qui permettront de mesurer l'impact des diverses formes d'intervention.
Les sujets qui se verront prescrire de l'héroïne pourront se présenter à la clinique jusqu'à trois fois par jour pour recevoir leur médication. À Montréal, la clinique sera ouverte de 8 h à 20 h, sept jours par semaine et 365 jours par année. L'équipe médicale en place veillera à ce que la condition physique des sujets qui se présenteront à la clinique leur permette de recevoir la médication sans danger.
Les participants du groupe méthadone recevront leur médication par l'intermédiaire du réseau de pharmacies communautaires. Ils seront toutefois appelés à se présenter chaque mois à la clinique pour y rencontrer l'équipe médicale et les intervenants.
Ces visites permettront de dresser un bilan de santé des sujets, de leur fournir de l'information concernant les comportements à risque et de leur proposer un suivi des problèmes identifiés allant jusqu'à répondre à des besoins de première nécessité.
Par ailleurs, les responsables du projet à Montréal, comme dans les autres villes participantes au projet, sont soutenus par un comité de conseillers techniques formé de personnes d'horizons divers (usagers, policiers, décideurs du réseau public, chercheurs, éthiciens, groupes communautaires, professionnels et personnes d'affaires de la communauté ainsi que d'élus des trois paliers de gouvernement) et dont le mandat consiste à conseiller l'équipe de recherche quant à l'implantation du projet dans le milieu. Ce comité s'est réuni environ deux fois par année depuis les cinq dernières années.
Finalement, les responsables du projet de Vancouver, pour leur part, ont entrepris le traitement auprès des premiers sujets de recherche au début du mois de mars.
À PROPOS DU CHUM
Le Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) offre des services spécialisés et ultraspécialisés à une clientèle régionale et suprarégionale. Il offre également, pour sa zone de desserte plus immédiate, des soins et des services hospitaliers généraux et spécialisés. L'ensemble de ces services contribue à l'enseignement, à la recherche, à l'évaluation des technologies et des modes d'intervention en santé qui sont offerts dans une perspective de réseaux intégrés. Le CHUM contribue également à la promotion de la santé en continuité avec les services de première ligne.
L'Hôtel-Dieu, l'Hôpital Notre-Dame et l'Hôpital Saint-Luc forment le CHUM et ses quelque 10 000 employés, 900 médecins, 330 chercheurs, 5000 étudiants et stagiaires, ainsi que 800 bénévoles accueillent plus d'un demi-million de patients par année. www.chumontreal.qc.ca/
À PROPOS DES INSTITUTS DE RECHERCHE EN SANTÉ DU CANADA
Les Instituts de recherche en santé du Canada sont l'organisme de recherche en santé du gouvernement du Canada. Leur objectif est d'exceller, selon les normes internationales reconnues de l'excellence scientifique, dans la création de nouvelles connaissances et leur application en vue d'améliorer la santé de la population canadienne, d'offrir de meilleurs produits et services de santé et de renforcer le système de santé au Canada. Composés de 13 instituts, les IRSC offrent leadership et soutien à plus de 9 000 chercheurs et équipes de recherche dans toutes les provinces du Canada. http://www.cihr-irsc.gc.ca/
À PROPOS DU CENTRE DE RECHERCHE ET D'AIDE POUR NARCOMANES
Le Centre de recherche et d'aide pour narcomanes (Cran) est un organisme non gouvernemental qui offre des services cliniques médicaux et psychosociaux aux personnes dépendantes de l'héroïne et autres opiacés. Ses objectifs premiers sont d'améliorer la qualité de vie des personnes utilisatrices de drogues injectables et de réduire les méfaits liés à la consommation d'héroïne et d'opiacés en donnant accès au traitement avec méthadone et autres traitements de substitution.
Centre de recherche, le Cran développe et participe à des projets de recherche en lien avec sa mission et ses activités et offre des stages aux résidents et aux professionnels de la santé et des services sociaux.Par son Service d'appui méthadone ainsi que ses services conseils et de formation, le Cran contribue au soutien et au développement du réseau de la méthadone au Québec en collaboration avec les partenaires du réseau de la santé et des services sociaux à Montréal et en région. www.cran.qc.ca/
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Sources :
Pour le Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM)
Dre Suzanne Brissette
Pour le CRAN
Dr Pierre Lauzon
Sylvie DesRoches
Pour information :
Janet Weichel McKenzie
Communications, IRSC
(613) 941-4563
Cellulaire : 447-4794
Lise Provost, B.Sc., M.Éd.
Conseillère principale aux communications externes
Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM)
Téléphone : (514) 890-8000, poste 15380
Téléavertisseur : (514) 860-7110